‹ Guerre du Canada; relations et journaux de différentes expéditions faites durant les anées 1755-56-57-58-59-60;Chapitre 3 sur 22 · HIVER HE 1755 A · texte numérisé non relu

HIVER HE 1755 A

Journal de la campagne de M. de Le'ry +. commandant du détachement que M. le marquis de Vaudreuïl s’est déterminé d’envoyer sur les forts remplis de vivres et de munitions de guerre destinés pour V entreprise que les Anglais ont médité de faire, cette année, sur Niagara et Frontenac.

Après plusieurs nouvelles qui apprenoient à M. le marquis de Vaudreuil que les deux forts, qui sont aux deux extrémités du portage qui conduit de Corlar à la rivière, qui est celle même qu’on traverse au fort de Chouaguen, étoient deux entrepôts, où les Anglois faisoient de grands amas des choses nécessaires pour leur projet de prendre le Canada, il décida qu’il devoit tenter presque l’impossible pour s’opposer de bonne heure à la marche de nos ennemis. On verra par la suite de ce journal, qu’il y avoit une impossibilité apparente de piouvoir seconder ses vues par la longueur du

* Ce journal n’est pas signé ; mais on sait par le Journal de Montcalm qu’il a été écrit par M. de Charly, major du détachement. Cf. ce Journal avec celui de Montcalm qui en donne un résumé, p. 114, et avec le récit de la même expédition dans les Mémoires sur le Canada, p. 70 — N. de l’éd.

f M. de Léry, issu d’une des familles nobles delà Nouvelle- France, était lieutenant dans les troupes de la colonie. C’était un officier d’une rare bravoure qui se distingua dans plusieurs expéditions.

chemin qu’il nous falloit faire à pied, les vivres sur le dos, l’inconstance des sauvages qui chaque jour nous menaçoient de nous abandonner, et les mauvais temps de la saison d’hiver qui dévoient faire un très grand obstacle à notre marche. Malgré tout, le départ est fixé au 24 février.

Le 24 février. — Le détachement s’étant rendu à Lachine, M. le marquis de Yaudreuil s’y rendit aussi avec plusieurs officiers qui lui firent compagnie ; il le passa en revue, visita les armes et renvoya les soldats ou habitants qui lui parurent trop foibles pour un voyage de cette nature ou n’avoir pas assez de volonté. Il en revint le soir très satisfait de l’envie et du zèle de toute la troupe, des officiers surtout, qui se montrèrent déterminés à tout entreprendre.

Le 25. — Il fit un si grand froid qu’il ne fut pas possible de prendre son parti sur l’embarras douteux d’aller à pied ou en bateaux à la Présentation, où étoit marquée l’assemblée générale des sauvages qui dévoient être des nôtres.

Le 26. — Le froid ayant encore augmenté la nuit du 25 au 26, nous jugeâmes le matin qu’il étoit impossible de commencer la route autrement qu’à pied. Comme major du détachement, par ordre de M. de Lé.ry, notre commandant, je fis charger les traînes. Nous partîmes et vînmes coucher à la Pointe-Claire, trois lieues au-dessus. Le soir, M. de Langy, officier des troupes de la marine* alla au Sault-Saint-Louis assister au festin de guerre que les sauvages de ce village faisoient avant que de partir. Il eut ordre de nous rejoindre le plus tôt qu il pourroit. On envoya aussi un courrier au

village des Deux-Montagnes pour avertir les sauvages que nous devions les attendre au fort de la Présentation, et qu’ils n’avoient qu’à s’y rendre.

Le 27. — Nous avons marché avec beaucoup de peine',, faute de neige, et nous nous sommes rendus au coteau des Cèdres, où M. Varin avoit assuré que nous trouverions nos vivres rendus pour la dite route. Nous avons été très surpris à notre arrivée de n’en trouver pas même suffisamment pour donner le prêt ce jour-là. Sur le rapport que j’en ai fait à M. de Léry, il a fait partir M. de la Saussaye, officier, pour en rendre compte à Monsieur le général. Ce même jour, sur les quatre heures, après le départ de l’ollicier, il nous est arrivé dans des voitures une partie des vivres et de l’équipement pour notre détachement. J’ai fait sur-le-champ la distribution du tout. Quelques heures après, nous avons appris par un sergent de nos troupes que les bateaux chargés de vivres qui nous précédoient et que nous comptions déjà rendus, se trouvoient arrêtés et pris dans les glaces, sans qu’il fût possible de les en tirer. Il étoit pourtant nécessaire qu’ils se rendissent, sans quoi nous ne pouvions point partir de la Présentation, puisqu’ils étoient chargés de tous nos vivres. Le sergent est parti subitement pour donner avis de ce contretemps à Monsieur le général, et nous serons a l’ancre jusqu’à son retour, dans l’incertitude du parti qu’il y a à prendre.

Le 28. — J’ai fait délivrer le reste du corps de réserve et disposé notre départ pour le lendemain.

Le 29. — Nous serions tous partis des Cèdres, dont le séjour commençoit à nous ennuyer beaucoup, d autant

plus que les vivres qui s’y consumoient inutilement ne pourroient se réparer, si nous n’avions été rejoints par M. de Langy qui nous conduisoit vingt-cinq Iroquois du Lac qui demandèrent à passer le jour pour se préparer au voyage. On ne les refusa pas, et nous sommes obligés d’attendre que le cérémonial soit fini pour achever le décampement. M. de Léry profite de ce retardement pour leur faire dire par l’interprète, au moyen d’un collier, qu’il les attache immuablement à sa volonté, qui est celle de leur père, et qu’il attend d’eux qu’ils surmonteront avec lui tous les obstacles qu’ils rencontreront dans leur marche. Nous avons été très contents de leur réponse ; mais, à la première occasion, on va voir qu’ils oublièrent tout.

A sept heures du soir, sont arrivés M. Langy et le sergent qui conduisoient quarante Canadiens avec plusieurs traînes, pour en réparer plusieurs des nôtres qui étoient déjà hors d’état de servir après deux jours de marche seulement. Dans le même instant, l’officier commandant la première division qui étoit parti le matin, nous fit savoir par un courrier qu’il a trouvé de si mauvais chemins, qu’il a jugé à propos de ne pas avancer plus loin, jusqu’à ce que M. de Léry voie par lui-meme la vérité des choses. Mais la lettre de Monsieur le général, dont est chargé M. de la Saussaye, ne lui permettra pas de rien examiner ; il l’engage à surmonter tous les obstacles. Nous l’avons fait, contre toutes les apparences de réussir.

Le l01 mars. — MM. de Léry, de Moutigny et moi, et le reste du détachement, avons parti à une heure aprèsmidi, et, malgré beaucoup de pluie qu’il a fait tout le

jour, nous avons arrivé à la rivière au Baudet dans le lac Saint - François. Chemin faisant, nous trouvions partout les débris des traînes cassées de la division qui nous précédoit, à qui M. de Trégarois donne ordre de partir. Nous avons estimé cette journée de six lieues.

Le 2. — On a envoyé un sauvage et deux Canadiens de la Présentation pour prévenir de l’arrivée du détachement qui est venu coucher ce soir au-dessus de la pointe Maline (Maligne).

Le 3. — Le détachement s’est rendu aux Mille-Roches, où on l’a employé à traîner sur les glaces, à force de bras, les bateaux chargés jusques au pied du Long- Sault, où la navigation étoit libre. Les Abénaquis ont rapporté que les Anglois avoient voulu engager les Cinq-Nations à prendre la hache, en leur présentant un collier de porcelaine noire, et quelles l’avoient refusé.

Le 4. — Le détachement n’a pu faire que quatre lieues, à cause des glaces, et a campé vis-à-vis l’Ile-au- Chat.

Le 5. — On a fait quatre lieues et on s’est rendu au-dessus du Rapide-Plat.

Le 6. — Le détachement s’est rendu vis-à-vis le fort de la Présentation, et M. de Léry s’y est rendu sur l’invitation des sauvages d’assister à leur festin de guerre.

Le 7. — On s’est servi de bateaux pour traverser le détachement du côté du fort, et on l’a fait camper un peu plus haut, le long de la petite rivière de Chouaguen, qui donne le nom au village que les sauvages ont sous le canon du fort. M. de Léry, ayant assemblé les

sauvages, les a harangués. Ils lui promirent de le suivre.

Le 8. — [Ce jour] fut employé à distribuer les munitions, former des compagnies, ainsi qu’un ordre de marche et de bataille.

Le 9. — M. de Léry fit la revue générale du détachement. Comme on alloit partir, il est arrivé dix Iroquois de la Présentation, qui revenoient de Chouaguen, avec neuf prisonniers anglois. Leur déposition étoit conforme à celle de l’Onéyout qui avoit déterminé le projet de Monsieur le général sur le fort. Les sauvages du Lac, les Algonquins et Népissings, ont joint.

Le 10. — Distributions de vivres, festin général des sauvages.

Le 11. — Les soldats et miliciens ont été campera une lieue et demie du fort.

Le 12. — Le détachement réuni avec les sauvages a

campé à trois lieues du fort, le long de la rivière de Chouegalsy.

Le 13. — On a séjourné, parce que deux Iroquois sont venus avertir qu’il arrivoit un Onontagué qu’il soupçonnoit d etre espion. On l’a interrogé ; on a fait la visite des vivres, et on s’est aperçu que quelques soldats et miliciens avoient laissé partie de leurs vivres au camp. Il fallut les y ramener pour les prendre. Plusieurs officiers voulurent traverser la petite rivière sur des patins, ils pensèrent se noyer ; le fils de Réaume, officier de milice, y périt. On obligea MM. de Cournoyer et de Richerville de quitter le détachement, étant incommodés.

Le 14. — On fit trois lieues par un très mauvais temps. Les sauvages vouloient renoncer à l’entreprise ; on leur dit qu’on se passeroit d’eux. La nuit du 14 au 15, deux sauvages de la Présentation arrivèrent pour apprendre l’incendie de dix cabanes de leur village. Tous les sauvages vouloient relâcher. M. de Léry essuya leurs larmes, assura qu’Ononthio rétablirait les cabanes. Les autres nations s’en rendirent caution, et, sur cela, il ne relâcha que vingt sauvages.

Le 15. — Séjour à cause du mauvais temps. Les sauvages ayant proposé de revenir après l’expédition parla baie de Maouré, M. de Léry a écrit à M. de Vaudreuil de faire trouver au fond de cette baie des rafraîchissements et des bateaux pour le retour.

Le 16. — On a continué la route le long d’un petit lac. On y a passé les charges sur des traîneaux ; on a ensuite marché dans des bois très mauvais ; on a fait six lieues, et on a campé sur le bord d’une rivière qui prend sa source à ce petit lac.

Le 17. — On ne fit que cinq lieues, et, comme on arriva de bonne heure et qu’on se trouva dans un endroit de chasse, on tua plusieurs chevreuils qu’on distribua à la troupe.

Le 18. — On fit cinq lieues, et on s’arrêta sur le bord de la rivière de Chouegalsy qu’on avoit abandonné depuis trois jours. On s’aperçut que l’Onontagué s’étoit sauvé. Les sauvages coururent après, et on l’arrêta. M. de Léry l’engagea, par deux branches de porcelaine, à promettre de ne pas s’en aller, et cependant on le fit garder à vue.

Le 19. — De la pluie et du mauvais temps qui obligèrent à séjourner. On a envoyé quelques découvreurs qui n’ont rien appris.

Le 20. — On arriva sur le midi à la rivière aux Ecorces, qui va tomber dans la baie de Niaouré. On ne put la passer qu’à la nuit, parce qu’il fallut faire des radeaux. Vingt sauvages de la Présentation ont abandonné le détachement.

Le 21. — On a fait six lieues par une mauvaise route ; rivière à traverser jusques au-dessus de la ceinture; montagnes ercarpées.

Le 22. — Séjour, les sauvages ayant voulu tenir des conseils et proposé d’envoyer des découvreurs.

T e 23. — Dès la pointe du jour, M. de l’Espervanche est parti avec trois sauvages pour la découverte. Les sauvages vouloient séjourner et attendre son retour. On est parti à deux heures après-midi, et on a rejoint M. de l’Espervanche à quinze lieues du fort qui n’avoit vu aucune trace. On a assemblé les chefs des différents villages, et on est convenu d’envoyer une découverte jusqu’au fort.

Le 24. — MM. de Florimond et de l’Espervauche sont partis pour la découverte, dès la pointe du jour, avec dix sauvages. Le détachement est parti à deux heures après-midi. On a fait environ cinq lieues et campé au bas d’une montagne. Les vivres manquant, on a tué deux chevaux dont on a fait la distribution à la troupe.

Le 25. — Jour de la Vierge. On entendit la messe solennelle. On marcha jusqu’à midi. M. de Léry, n’ayant point de nouvelles des officiers découvreurs, lit partir Perthuis, interprète, avec cinq Iroquois, et leur

donna des branches de porcelaine pour arrêter les sauvages étrangers. Les sauvages reconnurent la piste de deux chasseurs, ce qui leur fit craindre d’être découverts. Un sauvage arriva à toutes jambes dire que l’on avoit rencontré six Onéyouts. On les joignit, ainsi que les officiers découvreurs partis la veille, qui n’avoient pu faire leur découverte, parce que les sauvages les a voient égarés. M. de Léry donna trois paroles aux Onéyouts, en présence des chefs : par deux branches de porcelaine, il essuya les larmes de leurs parents qui étoient morts ; par un collier de six pieds de haut, il les engagea à n’être pas surpris de sa marche, qui n’étoit que pour leur bien et pour leur rendre des terres que les Anglois avoient usurpées; par un autre collier en forme de hache, il les invita à se venger de l’ Anglois et les assura du secours de leur père. Les Onéyouts acceptèrent les colliers, promirent de les rendre à leur village pour y parler des bonnes affaires ; ils dirent qu’ils étoient partis depuis deux jours des forts, et qu’on y attendoit le colonel Johnson.

Le 26. — Le détachement partit de bonne heure, et, après avoir fait quatre lieues, arriva sur le midi à un quart de lieue du fort. On envoya à la découverte MM. de Montigny et de Portneuf, qui rapportèrent qu’ils avoient vu les forts d’En-Haut et d’En-Bas en bon état, et qu’il passoit à tous moments des chariots de vivres ; ce qui fit d’autant plus de plaisir que le détachement n’avoit pas mangé depuis deux jours. Sur les quatre heures, il arriva un Onéyout de la part de ceux que l’on avoit vus la veille pour dire que, quoiqu’ils fussent au fort, ils ne découvriroient rien aux Anglois

qu’ils ne boiroient pas, parce que les sauvages sont indiscrets dans l’ivresse ; et ils convinrent des moyens de se reconnoître avec nous, dans le cas où les Anglois voudroient les engager à nous poursuivre.

La nuit du 26 au 27, il a neigé sans discontinuer jusqu’à huit heures du matin; le détachement a beaucoup souffert du froid.

Le 27. — Le détachement partit à huit heures du matin. A peine arrivé sur le bord du chemin, il trouva plusieurs chariots chargés de vivres qui passoient. Les sauvages s’en saisirent sans faire aucun bruit, et on fit la distribution des vivres à toute la troupe.

Les dépositions des prisonniers portèrent qu’il y avoit dans le fort du côté de Chouaguen cinquante hommes de garnison, et quinze dans une maison vis-à-vis des bateaux, pour leur garde. Dans le fort du côté de Corlar, il y avoit cent cinquante hommes, et cent dans une île. Comme on achevoit d’écouter leur déposition, on vit venir neuf bateaux sur des chariots, et ils furent pris avec leurs conducteurs. Les Onéyouts voulurent nous quitter. M. de Lery fit donner l’absolution ; on avança en bon ordre jusqu’à deux arpents du fort, et de suite on courut se saisir des meurtrières. Une partie de la troupe fusilloit ceux qui se montroient, et d’autres, entre autres les soldats de terre, s’occupèrent à abattre les pieux et briser la porte; ce qui fut fait au bout d’une heure de temps, malgré le feu continuel et les grenades que les ennemis jetoient. A peine étoit-on entré, qu on s’aperçut que le feu qui avoit pris dans des maisons de 1 intérieur alloit se communiquer à la pou-

drière ; on n’eut que le temps de se retirer à deux arpents que le feu y prit. Le fort fut entièrement rasé.

On vint camper ce même jour à une demi-lieue du fort ; l’on passa la nuit. Le grand fort ayant envoyé vingt hommes au secours ou pour avoir des nouvelles, ils furent défaits par les sauvages qui étoient restés en arrière. La perte des ennemis a été grande, et par celle du fort et par celle de l’amas considérable de vivres et munitions qu’ils y avoient. Les prisonniers ou les chevelures ont été au nombre de quatre-vingts. Nous y avons eu un soldat de la marine tué, un sauvage tué, quatre blessés, ainsi que deux soldats des troupes de terre.

Le 28. — On vint camper à cinq lieues du fort. On a appris depuis que le colonel Johnson avoit marché au secours, mais trop tard.

Le 29. — Beaucoup de neige ; on ne fit que quatre lieues.

Le 30. — On a envoyé les Abénaquis de Saint- Erancois porter les nouvelles à M. le marquis de Vaudreuil, et on a fait six lieues.

Le 31 — Le temps fut assez beau ; on en fit huit.

Le 1er avril. — On manquoit totalement de vivres par le peu d’attention à les conserver ; on envoya trois sauvages à la baie de Niaouré, où M. de Cournoyer devoit être avec des bateaux, pour lui dire d’envoyer vingt Canadiens porter des rafraîchissements. Suivant la mauvaise coutume des Canadiens, on avoit mangé en quatre jours les vivres distribués pour huit.

Le 2. — Malgré le mauvais temps, l’envie de trouver des vivres, dont on manquoit totalement, fît faire sept lieues.

Le 3. — On fut découragé, en arrivant à la baie de Niaouré, de n’y trouver aucun bateau ; le détachement travailla à faire des cajeux pour traverser de l’autre côté, malgré la certitude morale de périr faute de vivres et de souliers. Comme on étoit dans cette triste situation, les bateaux arrivèrent ; l’on distribua les vivres, et, comme il n’y avoit pas assez de bateaux pour amener tout le détachement, M. de Léry s’embarqua avec la plus grande partie, et M. de Montigny conduisit par terre les plus ingambes, pour aller de la baie de Niaouré au fort de la Présentation.

Le 4 et le 5. — Tout le détachement partit, et celui qui descendoit par eau vint coucher à l’Ile-au-Chevreuil, où il resta dégradé par les vents contraires la journée du 5.

Le 6. — On arriva le soir au fort de la Présentation.

Le 7. — Séjour, et la portion du détachement aux ordres de M. de Montigny qui venoit par terre rejoignit.

Le 8. — L’entier détachement s’embarqua, et le vent étant favorable, on vint camper sur les dix heures du soir de l’autre côté du lac Saint-François.

Le 9. — Le détachement rentra à Montréal sur les trois heures après-midi.

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