‹ Guerre-militarismeChapitre 26 sur 42 · MEMENTO BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

MEMENTO BIOGRAPHIQUE

Ackermann (Louise-Victorine-Choquet), 1813-1890; femme écrivain et poète. Parmi ses œuvres, Premières poésies (i863), Poésies philosophiques (1872) et Pensées (Tune Solitaire (1882).

Armée Coloniale (1'}. Inutile de dire quelles sont ses opinions. Le titre suffit.

Anbanel (Théodore), 1829-1886; poète provençal; un des fondateurs du félibrige.

Aurore {V), journal fondé en 1897, par Vaughan, avec des apparences éclectiques. Mais ayant appris à V Intransigeant, le journalisme de l'engueulade, Vaughan a coulé son journal en le lançant dans cette voie. Il essaie sans succès, de le renflouer en en faisant une tribune politicienne.

Barras (Paul-François-Jean-Nicolas, vicomte de), 1755-1829; fut un des cinq membres du Directoire qui contribua à ressusciter l'esprit monarchique.

Bauer (Henry), i852; publiciste et critique. Envoyé à la Nouvelle-Calédonie pour participation à la Commune. A souvent des idées larges dans ses écrits.

Bergerat (Auguste-Emile), 1845 ? Littérateur, critique et auteur dramatique.

Bismarck (Otto-Edouard, prince de), 1815-1899; une des bétes féroces qui sortent de temps à autre des rangs de l'humanité, et que celle-ci admire en raison du mal qu'ils lui font.

Bonnetain (Paul), 1858-1898 ; quitta la littérature pour devenir directeur des affaires indigènes au Soudan oîi il mourut.

Boucher de Çrèvecceur de Perthes (Jacques), 1788-1868; surtout connu pour la longue lutte qu'il eut à soutenir contre les savants officiels pour faire reconnaître le travail de l'homme, et sa haute antiquité, sur les instruments de pierre taillée. A publié plusieurs travaux là-dessus : Des outils de pierre (i865); Rien ne naît, rien ne meurt, la forme seule est périssable (i865) et divers morceau.x de littérature où, à côté d'idées réactionnaires, il a des aperçus et des conceptions larges sur la vie sociale.

Bradamante» pseudonyme d'une collaboratrice de talent de la Fronde. On dit qu'elle était la veuve d'un officier supérieur. A même, par là, de bien connaître l'armée.

Burke (Edmond) 1730-1797; orateur, écrivain et politicien anglais. Homme d'une rare intégrité et grand désintéressement. A la barre du Parlement, il fut l'accusateur de Warren Hastings, gouverneur général de l'Inde. Malgré l'éloquent exposé des souffrances et mauvais traitements infligés aux indigènes, fait par Burke, Hastings fut acquitté. Un Parlement, du reste ne pouvant agir autrement. Par contre, ce fut son livre : Réflea:ions sur la Révolution en France qui a arrêté, en Angleterre, le progrès des idées révolutionnaires. Burke, parait-ii, ayant voyagé en

France, avait été offusqué par les atrocitéîi de la Terreur. Comme si une révolution était une chose qui se règle comme un ballet! M. H. T.

Btirton (Sir Richard}, 1821-1890; célèbre explorateur, écrivain, savant orientaliste anglais. Fit le pèlerinage de El Medinah et de la Mecque, déguisé en pèlerin mahométan afghan, une situation pleine de dangers, protégé par sa seule connaissance des langues orientales, des mœurs et du rituel mahomét«in. Fut le compagnon du capitaine Speke aux lacs de l'Afrique centrale. A écrit plusieurs livres traitant du pays desSomalis, du Dahomey, de la Syrie, etc. M. H. T.

Calmette (Gaston), secrétaire de rédaction au Figaro.

Carol (Jean), publiciste ; fut directeur du Jùurnai officiel, à Tananarive. Les infamies qu'il raconte, il les a vues.

Chatnfort, 1741-1794 ; polémiste vigoureux. Compromis avec les Girondins, se brûla la cervelle pour échapper aux argousins de la Terreur.

Chateaubriand (François-René, vicomte de), 1768-1S48; écrivain. Fut ministre sous la Restauration. Ses principaux ouvrages sont : Le génie du Christianisme, Ataia, Les Natche^.

Ghatrian hoir Erckmann).

Chenu (Jean-Charles), 1808-1879: naturaliste. Fntra au corps de santé de l'arraée. Fut médecin principal, inspecteur et directeur des ambulances pendant la guerre de 1 870-1871.

Chervin (Arthur), né en i85o; docteur en médecine. Membre de la Société d'anthropologie de Paris.

Chevalier (Michel), 1806-1879; économiste, député et sénateur. Débuts si je ne me trompe, par le Saint-Simonisme, école qui a fourni beaucoup irop de tinanciers.

Ctaretle (Jules), né en 1840; membre de l'Académie, administrateur de la Comédie-Française. Auteur d'une compilation furieusement réactionnaire des événements de 7071.

Clemenceau (Georges), homme politique. Eut la chance d'échouer aux élections ; se révéla alors comme littérateur philosophique de premier ordre. Depuis a eu la faiblesse de retourner à la politique. Requiescat in pace.

Condorcet ( Marie-Jean- A ntoine-Nicol as-Car itat, marquis de), 1743-1794 ; mathématicien, membre de la Convention. Compromis avec les Girondins, s'empoisonna pour échapper à l'échafaud.

Considérant (Prosper-Vicior), i8o8-iSy3 ; capitaine du génie, démissionna pour se livrer à la propagande fourlériste. Fut député de Paris. Tenta la création de phalanstères qui échouèrent. Ses principaux ouvrages sont: Manifeste deféco/e sociétaire (1841), Principes du socialisme 11847), Le socialisme devant le vieux monde (1848).

Corre (A.), docteur de la marine, auteur de différents ouvrages d'anthropologie, entre autres : Nos Créoles, Crime et suicide (1891), Documents de criminologie rétrospective (1894), etc.

Courrier (Paul-Louis), 1 772-1 825 ; savant helléniste. Vigoureux pamphlétaire contre le clergé et la Restauration. Fut tué par un de ses vignerons, ce qui laisserait supposer qu'il était un propriétaire mal commode.

Darwin (Charles-Robert), 1809-1882; naturaliste et écrivain, dont la plus grande partie* de sa vie s'écoula à la campagne, en observations et expériences dont il lira les conclusions et formules des théories qu'il résuma en son livre l'Origine des Espèces (1^59). Fnsuite, cj furent: La descendance de l'Homme, Les récifs Je

corail, etc. D'une santé chétive, c'est grâce aux soins d'une femme dévouée, et à son caractère patient, tenace et persévérant qu'il put tant accomplir en sa vie. M. H. T.

Daudet (Léon-Alphonse), né en 1868; fils de Alphonse Daudet. Auteur de différents ouvrages qui ont fait du bruit. Est tombé dans le nationalisme et l'antisémitisme.

Delacroix (Eugène), 1799-1863; peintre de grand talent que les impressionnistes actuels réclament comme un de leurs précurseurs.

Denis (Pierrei, journaliste, républicain sous l'empire. Joua, depuis, un rôle interlope dans les agissements bonapartistes et boulangistes.

Descaves (Lucien), né en 1861. Littérateur et journaliste. A écrit plusieurs ouvrages de valeur, en dehors de ses romans anti-militaristes plus conmis : La Teigne, Les Emnïurés,

Desmolins (Edmond), né en i852; historien et sociologue, disciple de Le Play. A fondé, aux Roches, en Normandie, une école où il s'agit de former de jeunes bourgeois, parf:iitemenl armés pour la lutte !

Dickens (Charles), 1812*1870; romancier anglais, le plus populajre de son siècle. Les misères et privations de sa jeunesse sont décrites dans David Copperfield (ÎH49I, ^^ PWs fameux de ses livres, dont il n'y a aucun qui n'ait un cri de flétrissure contre l'oppression des petits par les lois injustes, contre les iniquités sociales ou l'hypocrisie religieuse. C'est en se privant sur ses repas pour acheter des livres qu'il s'instruisit. Son père fut enfermé pendant de longues années en la prison pour dettes. Dickens en a laissé la description drôle et poignante à la fois, commt il savait envisager les choses, dans la Pelit\e Dorritt (i855). A citer encore Contes de Noël {1H43). M. H. T.

Drmnont (Edouard), né en 1844; polémiste de talent. Inventeur, en France, de l'antisémitisme qui a fait sa fortune.

Dryden (John), i63 1-1700; un des plus grands noms de la littérature anglaise. Fut le fondateur de l'école critique de la poésie anglaise. Dramaturge, satirique, polémiste, il laissa une masse d'oeuvres peu lues aujourd'hui, quoique son style poétique soit peut-être le plus parfait qui existe en la littérature anglaise. M. H. T.

Dubois (Ph.), rédacteur à V Intransigeant puis à V Aurore.

Diibois-Desaulle. Connaît les choses de Biribi, car il y a passé.

Du Camp (Maxime), 1822-1894; poète, romancier. Un de ses meilleurs titres pour être élu de l'Académie, fut d'avoir été un des chacals qui s'acharnèrent contre les Taincus de la Commune. On peut avoir du talent, et n'être qu'un petit caractère.

i>uclaux (Emile), né en 1840. Professeur de physique et de chimie biologique. Membre de l'Académie des Sciences, directeur de l'Institut P<isteur. Auteur de nombreux mémoires scientifiques. Au moment de l'affaire Dreyfus, quitta le laboratoire pour le forum.

Dtt Cleuziou. S'est surtout occupé des choses celtiques.

Dufraîsse (Marc-Etienne-Gustave), 1811-1876; avocat, député en 1848 et en 1875.* Son principal ouvrage est : Histoire du Droit de paix et de guerre, de 178g à 181 5.

Echo de Paris (1*), devenu l'organe de la * Patrie Française», des Lemaitre et autres Q. de Beaurepaire.

Eclair (1'), nationaliste, comme le précédent, ayec cette aggravation qu'il est inspiré par un ancien communard comme Humbert, et un ancien collaborateur de journaux révolutionnaires, comme Montorgueil.

Erclianann-Chatrian, !e premier, né en 1822, mort en 1899 ; le second, 1826 1890. Romanciers, ayant traité spécialement de la période des guerres de la Repu-

blique et de l'Empire. Ils eurent l'honneur de résister au courant chauvinard et impérialiste, et de raconter la guerre comme elle est.

Esquiros {Henri-Âlphonse), 1814-1876; député, sénateur. Auteur de différentes ouvrages politiques et littéraires.

Favrc (Jules), ?-?; député, sénateur, membre du gouvernement, dit de la Défense nationale au 4 Septembre. Lui et ses collègues donnèrent la mesure du patriotisme bourgeois, en tournant tous leurs eAorts à décourager ceux qui voulaient lutter ; préférant conclure la paix avec l'envahisseur, que de devoir la victoire au peuple en armes, avec lequel il aurait fallu compter ensuite. Millière paya de sa vie pour avoir divulgué les actes malpropres de ce dirigeant.

Th. Féré, a publié plusieurs livrçs de science.

Flammarion (Camille), astronome, auteur d'ouvrages de vulgarisation. Spirite à moments perdus.

Fourier (Charles), 1772-1837. ^ — Commis, quelque peu détraqué, avec des intuitions géniales, dans l'élaboration de son système.

France (Anatole-François-Thibault, dit Anatole), né en 1844; académicien, ce qui ne Tempéche pas, dans des ouvrages d'une fine ironie, comme M. Bergeret ^1900), L'Orme du Mail (1897), les Opinions de Jérôme Coignard, de porter de rudes coups à l'état social dans la hiérarchie duquel il a pris rang.

France (Hector), tils du général de ce nom. Officier de spahis, prit part au mouvement insurrectionnel de 1871. Ayant réussi à échapper à la fusillade, se réfugia en Angleterre, où il devint professeur à l'école de Woolwich — quelque chose comme notre Ecole polytechnique. — Préluda à la propagande antimilitaire par V Homme qui tue. A citer Les Va-nu-pieds de Londres.

Franklin (Benjamin), 1706-1790; publicîste, physicien, homme d'Etat américain; l'un des fondateurs de l'indépendance américaine.

Frédéric II (dit le Grand, parce qu'il sut voler pas mai ses voisins et organisa l'armée prussienne), 1712-1786; roi de Prusse, qui s'assura la servilité des écrivains en sachant les flatter.

Freycinct (Charles-Louis de Saulses de), né en 1828; ingénieur, membre de l'Académie Française et des Sciences. A été plusieurs fois ministre de la guerre. Bourgeois dans toute la force du terme.

Fronde (La), journal de revendications féministes, fondé par Marguerite Durand. En politique est un peu le sabre de Prudhomme.

Qarchine (Vsevolode), né en i855, se suicida en 1888; considérant comme une guerre nationale, )a guerre de 1877 contre la Turquie, il s'engagea ne voulant pas laisser les autres se battre pour lui. Ce sont ses souvenirs qu'il raconte, et forment une belle page contre la guerre.

. Gaulois (le), journal royaliste, antisémite et dirigé par un juiL

Qeffroy (Gustave), né en i855 ; littérateur et critique. Son œuvre principale : ■ L'Enfermé^ vie de Blanqui (1893).

Germinal, revue fondée par de jeunes littérateurs, mais qui a eu peu de durée.

Ginisty (Paul), né en i855; littérateur et directeur de théâtre.

Godwin iWilliam), 1756-1830, fut philosophe, romancier et historien, son rôle en Angleterre correspondit avec celui de Rousseau en France. Fils et petit-fils de pasteurs sectaires, Godwin suivit la même profession jusqu'à l'Age de 26 ans, quand, perdant la foi, il renonça à sa cure et devint homme de lettres. Sa célèbre Enquête sur la Justice politique énonçait, en 1793, les bases d'un nouveau système sociaL oïl les institutions telles que le mariage et la propriété ne trouvaient plus place. Ce

livre, plus tard, exerça une grande influence sur Shelley qui devint l'ami et le beau-fils de Godwin. Le plus connu de ses romans, Caleb Williams, démontre en la persécution d*un domestique par son maître, comment toutes nos institutions se prêtent à l'oppression des pauvres par les riches. La violence en actes ou en paroles répugnait à GodNvin, mais il ne craignait pas d'élever la voix pour la défense de ceux moins calmes que lui, et son adresse aux jurés à un procès célèbre où cinq de ses amis étaient accusés de haute trahison, amena leur acquittement. Il se maria à Mary Woolstoncraft, écrivain de talent, pionnier du féminisme. M. H. T.

Concourt (Edmond et Jules Huot dei, le premier, né en 1829, mort en 1870; le second, né en i83o, mort en 1896 ; littérateurs de talent. Dans leur œuvre, à côté de recherches historiques sur les femmes du xvuT siècle, on remarque Charles Demailty (1860), La fille Elisa (1877K Germinie Lacerteux (1889}.

Guillaume II, empereur actuel d'Allemagne. Joli spécimen du détraquage que peut apporter l'exercice du pouvoir.

Quyot (Yves}, né en 1848; député, ministre; fit de la littérature sentimentale pour le bon peuple, pour se retrouver économiste féroce ensuite. C'est lui, qui, au lendemain de la Commune, écrivait des articles radicaux dans le Radical de Mottu, et, en même temps des articles réactionnaires, sous le pseudonyme de Veranneau,. dans le Bien Public.

Harduin (}i.), journaliste qui, lorsqu'il fait de l'ironie, s'en acquitte pas trop mal, mais lâche de fortes bourdes lorsqu'il veut discuter la question économique.

Hacckel (Ernest-Henri), né en 1884; biologiste, professeur à l'Université de léna. Profondément réactionnaire en politique, mais un des meilleurs propag«iteurs de la théorie de l'évolution. Son ouvrage principal. Histoire de la création des êtres organisés (1874), fait époque.

Hérodote (d'Halicarnasse), 484 vers 407 avant J.-C. ; historien grec.

Hugo (Victor-Marie), i8o2-i885 ; dépiité, sénateur, membre de l'Académie. A passé par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel politique. La bourgeoisie lui a fait des obsèques nationales parce qu'elle se glorifiait en lui. Son œuvre est considérable et est connue de tour le monde.

Hugo (Georges), petit-fils du précédent. Son livre. Souvenirs d'un matelot, est parmi les meilleurs de ceux qui ont été écrits sur le militarisme.

Hnysmans (Joris-Karl), né en 1848; écrivain réaliste avec .4 rebours. Les sœurs Vatard (1879), A vau-l'eau (1882!; s'est tourné depuis vers le mysticisme chrétien. Il y en a qui affirment la sincérité de sa conversion. Moi, je veux bien.

Illustration (L'), journal d'un parfait bourgeoisisme.

Intransigeant (L*), journal où Rochefort opère ses tours d'acrobate politique.

Jourdain (Frantz), né en 1847; architecte et écrivain, à tendances libérales dans le bon sens du mot.

Journal (Le), fondé par les Letellier aux approches du dénouement du Panama. Débuta avec une bonne rédaction littéraire, dans laquelle il s'est fait pas mal de trous, depuis.

Journal de la Rive Gauche (Le), petit journal d'opposition littéraire sous l'empire.

Journal officiel (Le), tout le monde en a entendu parler. Il y en a même qui le li.sent.

Julllen (Jean), ?-?: journaliste, critique et auteur dramatique d'une grande conscience littéraire, que l'on salue lorsqu'on Id rencontre; car elle est rare à notre

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époque. II y a des livres de nouvelles de lui, de critique théAtrale. Parmi ses pièces: Le Maître, La Afer, La Poiffne, L'Ècoiière.

Juvénal (Decimus-Junius-Juvenalis), 42-123; connu surtout par ses satires'oîi il flétrit la corruption de la Rome décadente.

Karr (Jean-.^lphonseï, 1808-1890; professeur, puis journaliste, romancier. Vn peu oublié aujourd'hui. Quelques-uns de ses romans sont cependant originaux. Entre autres : Une heure trop tard. Sous les Tilleuls. Les Guêpes, pamphlets mensuels qu'il publia pendant dix ans, à partir de i83g. Cest lui qui a trouvé, pour combattre la peine de mort, cette boutade qui parut si spirituelle : « Que messieurs les assassins commencent »,

La Bruyère (Jean de), 1645-1696; précepteur du petit-fils du Condc, appelé le Grand, parce que, soldat sans scrupules, il fut toujours au service de celui qui le payait le plus,

Lacombe (P.), inspecteur honoraire d'académie,, auteur d'ouvrages sur l'enseignement.

Lactance (Firmianus), né au milieu du m* siècle; écrivain latin converti au christianisme. Fut précepteur d'un des fils de l'empereur Constantin. On voit beaucoup d'écrivains, aux aspirations larges — dans leurs écrits — précepteurs de fils de rois ou de princes. 11 ne semble pas qu'ils aient inculqué beaucoup de leurs idées généreuses à leurs pupilles. Est-ce la faute du précepteur, du pupille ou delà situation ?

Lamennais (abbé Hugues-Félicité-Robert de), 17^4-1854; se sépara de l'église. Ouvrages les plus connus : Paroles d'un croyant. Le livre du Peuple, Fut député en 1848. ' *

Lanessan (Antoine de), né en 1848; député, ministre, gouverneur de l'Indo- Çhine. S'était cependant fait connaître pour un homme de valeur en sciences^ Ouvrages principaux. Le Transformisme, La lutte pour l'existence et L'association pour la lutte.

Laporte (Gaston), député, boulangiste, rédacteur au Patriote du Centre, Larroque (Patrice), 1801-1879; inspecteur, puis recteur d'académie. En dehors

de l'ouvrage cité, a publié : Examen critique des doctrines chrétiennes (1859»,

Religion et Politique (1878).

Lazare (Bernard), écrivain, journal iste. On a un peu trop oublié, qu'il fut le premier alors qu'il était seul, qu'il y avait un véritable danger à être écrasé, à proclamer bien haut l'innocence de Dreyfus et les machinations de l'État-Major.

Lemonnier (A -L.-Camille), i835-?; littérateur "belge. Parmi ses œuvres les plus connues : Vn mâle 118821, Happe-Chair (1886), La fin des bourgeois 11892». . Le Roux 1 Robert-Henri dit Hugues), littérateur et sartemt joarnaliste.

Letourneau (Charles), 1831-1901 ; médecin, professeur à l'Ecole d'atithropologie de Paris. Républicain militant sous l'Empire, oublia de se mêler à la curée des places. II laisse une œuvre importante sur l'anthropologie: Science et Matérialisme, sur l'évolution de la Propriété, de la Littérature, de la Religion^ etc.

LevercUi}rs (E.), 1835-1890. Républicain au bon sens du mot. Parmi ses œiavres, une critique serrée du parlementarisme : Les Assemblées parlantes.

Libre Parole iLai» journal créé pur Drumont et q-uî, pour la sincérité et la bonne foi dans la polémique vaut V Intransigeant At Rochefort.

Lockroy (Etienne-Auguste-Edouard Simon dit), né en i838; journaliste, député, ministre. Parfait bourgeois.

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Loti ^Julien Viaud, dit Pierre), i?<5o-?; littérateur, capitaine de vaisseau, académicien. Parmi les œuvres les plus connues : A/on frère Yves (1899), Pécheurs d'Islande {1886), Madame Chrysanthèmey etc.

Machiavel (Nicolas), 1469- 1 527 ; fut chargé de missions diplomatiques. Historien. Le plus connu de ses ouvrages Le Prince qui a fait donner le nom de l'auteur aux combinaisons les plus retorses, est un ensemble de conseils donnés aux rois, mais peut-être aussi une leçon aux peuples.

Magre (Maurice), jeune poète.

Marat (Jean-Paul), 1744-1793; médecin des écuries du comte d'Artois, fut élu député à la Convention. Avait de vagues aspirations humanitaires, et ne fut qu'un jacobin autoritaire. Mais il le fut sincèrement, aussi fut-il le promoteur des actes hardis qui pouvaient assurer le succès de la Révolution. Il fut assassiné par Charlotte Corday, fanatisée par les déclamations des Girondins. A écrit des ouvrages sur Ja médecine, encore estimés.

Margneritte (Paul et Victor), le premier, né en 1H66, le second, en 1867; fils du général Margiaeritte, tué en 70. Victor, officier de dragons, donna sa démission pour se consacrer à la littérature. Malgré leurs aspirations humanitaires, ont conservé une vague et inconsciente admiration du « militaire ». Ont écrit une trilogie sur la guerre de 70-71 : Le Désastre {1898), Les Tronçons du giaive (1901), et Braves gens (1901).

Marmoiit j Auguste-Frédéric-Louis-Pierre de), 1774-1852; maréchal du premier empire, en fit lout-es les campagnes, le trahit en i8i5. C'est admirable comme tous ces laquais changent de maîtres avec facilité.

Toute leur noblesse n'empêchait pas ces gaillards-là d'avoir des âmes de valets.

Maupassaiit ( Henri-Albert-^ juy dei, iSSo-iSgS; conteur et romancier de grand talent. Fut un de ceux qui a su le mieux tirer parti de sa copie, en la publiant dans les quotidiens d'abord, les revues de second ordre ensuite, et en la donnant ensuite en volume.

Mémorial de la Librairie (le), organe du cercle de la librairie.

Menant (Louis-Nicolas), 1822-1901; helléniste et écrivain. Un des rares honnêtes hommes qui eurent le courage, au moment des fusillades, de défendre les insurgés de Juin 1848. Ouvrages principaux : Prologue d'une Révolution, Histoire des anciens peuples d'Orient { 1882).

Mirbeau (Octave-Henri-Mariei, né en 1848; critique dramatique, devint souspréfet dans l'Ariège sous le 16 mai. 11 a évolué depuis. Parmi ses meilleures œuvres. Le Caipaire (1886) ; Sébastien Roch ( i8qo) a aussi écrit Le Jardih des Supplices ( 1899) et le Journal ^'une femme de chambre (1901), vrais bijoux littéraires, mais marqués d'une morbidité gênante. A citer, dans le théâtre . Les mauvais bergers (1898); Le Portefeuiile (1902).

Moch (Gaston), capitaine démissionaire d'artillerie.

Molinari (G. de). Rédacteur en chef du Journal des économistes.

Monselet (Charles), 1825 ; journaliste et littérateur. Parmi ses ouvrages : Les Tréteaux du sietir Monselet (1859), L'Argent maudit (1862) Scènes de la vie cruelle (1876).

Montaigne (Michel, Emquerre de), i533-i592; célètve par ses Essais.

Naqnet (Alfred-Joseph), chimiste de talent, paraît-il, mais fichu politique député, sénateur républicain, se mêla à l'aventure boulangiste. Auteur de la loi sur le divorce. Son principal ouvrage est Religion, Propriété, Famille (1869), a publié chez Stock. Les Temps futurs (1900) et Patrie et Humanité (igoi).

Novlcow(S.), riche banquier d'Odessa, parait-il. Auteur de La Lutte dans les

races humaines (iSgB); La Guerre et ses prétendus bienfaits {1894); Les Gaspillages dans les Sociétés humaines (1894I.

Opinion médicale (1'), organe de corporation.

Peladan. Ecrivain, nqn sans talent, mais qui doit surtout sa renommée à son puftîsme.

Penvrler lAchilIe), membre de V Alliance scientifique internationale.

Pied de nez (le), journal éphémère.

Ponsard (Francis), 1814-1867; poète dramatique. Ouvrage principal : Charlotte Cordav.

Pottier (Eugène), 1816-1887; membre de la Commune, chansonnier. Ses chansons ont été réunies en volume sous le titre : Chants révolutionnaires.

Progrès de Nantes (le), organe socialiste aujourd'hui disparu.

Qaételet, savant, a laissé un ouvrage très cité sur la prostitution.

Raison (la), journal politicien, anticlérical, fondé par Tex-abbé Victor Charbonnel.

Ranc (Arthur), i83i; journaliste, député, sénateur. En dehors du Roman d'une Conspiration a publié un autre roman : Sous l'Empire, Une évasion à Lambèse, préface et notes à une Histoire de la Conspiration de Babœuf, par Buonarotti. Le parfait politicien.

Raspail (François-Vincent), 1794-1878; chimiste, député. Ami du peuple, ce qui ne l'a pas empêché de devenir millionnaire, inventeur d'une méthode de traitement que la famille continue à exploiter. Parmi ses ouvrages : Histoire naturelle de la santé et des maladies che^ les végétaux, che^ les animaux, et en particulier che^ r homme (1843).

Reibrach (Jean, Brachet dit), capitaine d'infanterie qui démissionna pour se consacrer à la littérature.

Renan (Joseph-Ernest), 1823-1890; philologue, philosophe, académicien, fil ses études pour être prêtre, mais n'y mordit pas. Parmi ses ouvrages : La Vie de Jésus (i863); Dialogues philosophiques (1873); L'Avenir de la Science.

Son nom figure parmi ceux qui offrirent une médaille à Brébant pour les avoir nourris, pendant le siège de 1871, de façon à ce qu' « ils ne se sont pas aperçus des privations !

Revue Blanche (la), Revue littéraire publiant de fort bonnes choses, mais qui. pour se poser a quelques fois cherché les choses à tam-tam.

Revue Bleue (la), Revue philosophique et politique.

Richet (Charles), savant, qui semble s'être consacré à combattre la guerre.

Rochefort (Victor-Henri), marquis de Rochefort-Luçay dit Henri), i83i; journaliste, vaudevilliste et politicien, fit une opposition féroce à l'Empire, ce qui le fait considérer comme son tombeur, membre du gouvernement dit de la défense nationale, ne se distingua de ses collègues qu'en y restant moins longtemps qu'eux. Ce fut lui qui apprit en secret, à Pyat, la trahison de Bazaine, et laissa démentir la chose par ses collègues, laissa Pyai, pendant trois jours, sous la menace de mort de la foule qui l'accusait de trahison. A, depuis, inventé l'alliance russe, le boulangisme. Est l'allié de l'étai-major et de la prêtraille.

Rod (Edouard-Louis), 1857; littérateur suisse, professeur de littérature à ITniversité de Genève. Parmi ses ouvrages : La Vie privée de Michel Teissier; Essai sur Goethe (1898); Dernier Refuge (1896).

Rosny (Léon de), savant orientaliste, professeur à la Sorbonne.

Saissy, journaliste.

Secretan, littérateur suisse.

Shelley (Percy-Bisshe), 1792-1822, est un des plusgrcinds des poètes anglais, comme lyrique peut-être le premier. Fils d'une famille riche et noble, sa courte vie fut aussi tragique que sa mort. Doué d'un tempérament extrêmement sensible, timide ei exairé â la fois, enthousiaste, passionné pour le vrai, le bon et le beau, Shelley se trouvait, dès ses premiers ans, aux prises avec les conditions de notre vie soidisant civilisée. *La Révolte d'Islatm^ nous présente, en quelques lignes, un tableau émouvant du pauvre petit garçon persécuté à Técole; plus tard, il fut expulsé de rUniversité d'Oxford, ayant publié une brochure intitulée : La nécessité de l'athéisme. Plus tard encore, il fut abandonné par sa famille, non seulement comme l'auteur de Queen Mab, mais aussi pour un mariage imprudent avec une enfant incapable de l'apprécier.

La séparation suivit, et finit par le suicide de Harriett et le remord de Shelley. Privé de ses enfants par Tordre du Lord Chancellor, comme athée et personne indigne de les élever, Shelley, en 1818, fut chassé d'Angleterre par les persécutions que ses opinions lui attiraient. Il se réfugia en Italie où, soigné par sa femme noble et sympathique — Mary Godwin, auteur de Frankenstein — il donnait au monde ses chef-d*œuvres : Prometheus, Epipsychidion, Julian et Muddalo et Les Cenci. Noyé près de Spezzia, ses cendres reposent à Rome.

Simon (Jules-François-Simon dit Jules), 1814; publiciste, philanthrope, politicien, académicien. Le type accompli du bourgeois égoïste qui s'occupe des pauvres pour faire sa fortune. Parmi ses œuvres : La Liberté de Conscience {i^53); L'Ouvrier (iH63l; La Peine de Mort 11869).

Société Nouvelle {la). Revue littéraire et socialede grande valeur, fondée par Brouez, à Bruxelles, disparue à la mort de son fondateur.

Spencer (Herbert), 1820; il vient de publier son adieu au monde : Des faits et des commentaires (1902). Il a voué sa vie et sa fortune à la compilation et publication d'un Système de philosophie synthétique qui l'a occupé pendant 36 ans.

On peut faire ses réserves sur certaines idées férocement bourgeoises et économistes de Spencer (effet de milieu et d'éducation); mais lorsqu'on considère cette œuvre prodigieuse on est frappé d'admiration pour l'intelligence large qui l'a conçue. lu main patiente qui l'a exécutée, le courage et la volonté qui ont distribué le travail, et i'ont mené à sa fin, sans défaillir, sans perdre les proportions arrêtées, sans nuire à l'ensemble, et, à côté de cette tâche. Spencer a donné à l'Angleterre et à l'Europe des livres inappréciables, tels que VÈducation, Justice, Principes de sociologie^ L' Individu contre l'État, etc. Est individualiste, mais à la façon des économistes, il combat l'État au profit de la société capitaliste; c'est toujours l'écrasement des pauvres et des malechanceux.

Sa grande œuvre — Le Système de Philosophie synthétique prit 36 ans de sa •vie. Il se mita cette tâche à l'âge de 40 ans, alors que sa modeste fortune était déjà sérieusement diminuée par la continuelle production de livres qui ne payaient pas leurs dépenses. Il faut considérer de plus qu'il souffrait depuis 5 ans d'une maladie chronique, résultant d'un surmenage du cerveau, qui nécessitait des relâches pendant des semaines, jdes mois, — une fois des ans entiers. M. H. T.

Spinoza (Bar uch). 1632-1677; philosophe hollandais. Juif de naissance, il fut, pour ses écrits, excommunié et chassé de la synagogue; il abjura le judaïsme, et, ce qui est un bon point, ne voulut se faire ni catholique ni protestant, et eut toutes les sectes contre lui. Ses ouvrages écrits en latin ne furent traduits qu'après sa mort. Parmi eux : Tractatus theologico-politicus (1670).

Spronck ( Maurice 1, député nationaliste.

Suisse ila), organe ix)urgeois.

SnlIyoPnidhomine (René-François-Armand Prudhomnie dit), membre de l'Académie, cpmmandeur et membre du Conseil de l'ordre de la Légion d'honneur qui enleva la croix de Zola à propos de l'aflaire Dreyfus. Parmi ses œuvres : Les Destins {iSj2); La Justice {i^jS).

Swift I Jonathan I, 1667- 1744; ecclésiastique, politicien et écrivain satirique, de grand talent, mais de caractère bizarre, pour ne pas dire plus : intrigant, généreux, violent, avare, il termina sa vie en patriote Irlandais. Après son livre le plus connu: Voyages de Guiliver, satire politique et sociale, on cite encore : La Bataille des Livres, Le Conte du Tonneau. M. H. T.

Théry (1807-?), député, sénateur.

Times Ithe), organe de la bourgeoisie anglaise.

Tolstoï (Léon, comte). Dont les oeuvres, traduites en toutes les langues, ont fait le tour de '.'univers. A des idées larges, gAtées quelque peu par le mysticisme.

Tricoche (génénJ)

Veuiilot I Louis-François), i8i3; journaliste catholique et littérateur de uien t. Parmi ses ouvrages: La Guerre et V Homme de Guerre (i855); Waterloo (i86U; L'Esclave V index (1849).

Vigny < Alfred- Victor, comte de), 1799-1863; officier démissionnaire; littérateur, poète, académicien. Outre l'ouvrage cité, à noter : Cinq-Mars et diverses poésies.

Vogt (Cari Christophe), 1817-1895*, savant physiologiste allemand. Prit part à l'insurrection (allemande) de 1848; se réfugia à Genève où il devint professeur; fut un honnête homme, comme beaucoup de cette génération.

Voltaire (François-iMarie Arouet de), 1694-1778; académicien, plat valet de Frédéric 11, de Louis XV et de la Pompadour, prouverait, s'il était besoin, que talent et caractère font deux. Ses ouvrages sont connus:

Wîlly (Gauthier-Villars dit), fils de l'éditeur de ce nom; littérateur et critique musical, se dit nationaliste. A des ouvrages, très drôles: MaÙresse d'Esthète, {i^gj). Un vilain Monsieur {\^,q^).

Wyclif (John de), 1324-1384; fut un des premiers et des plus célèbres réformateurs anglais. Il prêchait l'émancipation du roi de l'autorité papale; l'émancipation de la conscience de l'individu de l'autorité du roi et du pape; le retour de l'église à la pauvreté primitive et l'emploi de ses biens à des objets d'utilité nationale, la séparation de l'Église et de l'État,

Un tel programme lui' valut une vie de persécutions, mais il fut protégé par plusieurs puissants nobles jusqu'en i3Si où éclata la révolte des paysans, attribuée par ses ennemis, à l'influence de ses doctrines et la prédication de ses disciples. Il lui fut défendu de continuer la dissémination de ses doctrines à Oxford, fut exilé en sa paroisse de Lutterworth, petit village perdu où il compléta sa traduction de la Bible en anglais, — tel que le parlaient les gens du peuple, — dont le siyie est si simple, si fort et si pittoresque, qu'il peut être considéré comme le père de la prose anglaise.

Beaucoup de ses œuvres existent seulement en manuscrit. D'autres ont été imprimées à l'étranger, jamais en Angleterre. Entre autres, le Trialogus, une des œuvres les plus réfléchies du moyen-àge. Wyclif exerçait une grande influence en Bohême, par Jean Huss et Jérôme de Prague. M. H. T.

Zola (Emile), 1^40; littérateur dont l'œuvre colossale, J^s Rougon-Macquart est connue de tout le monde. Son rôle dans l'affaire Dreyfus n'a pas besoin non plus d'être rappelé, A eu la faiblesse de vouloir être de l'Académie.

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