‹ Gui de Bourgogne chanson de geste publiée pour la première fois d'après les manuscrits de Tours et de Londres par mm. F. Guessard et H. MichelantChapitre 4 sur 6 · SOMMAIRE · texte numérisé non relu

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epuis plus de vingt-sept ans Charlemagne et ses barons étoient en Espagne , où ils avoient conquis nombre de cités, de bourgs et de châteaux. Un jour, après avoir pris la vjffe 3e Nobles, l'empereur dit à ses vassaux : a Barons, tout ce pays est à nous; je ne sais point de château , de bourg , de ville ou de cité où nous n'ayons de force introduit la foi chrétienne, excepté pourtant la riche cité de Cordes , qui obéit au roi Desramé. Là se trouvent en abondance et Por et l'argent, et les précieuses étoffes de soie, et les destriers rapides , et les faucons mués. Allons-y, barons, au nom du ciel, car de tous ces trésors nous pourrons enrichir nos parents pauvres.» — L'empereur veut partir le lendemain ; mais Ogierle Danois ne l'entend point ainsi : il rappelle les peines et les souffrances que Charlemagne a fait endurer dès longtemps à ses barons, et éclate en reproches contre lui : On dit que c'est Charlemagne qui conquiert tous les royaumes; par saint Denis! il n'en est rien. C'est Roland, c'est Olivier, c'est N aimes le barbu, c'est Ogier enfin, qui font toutes'ces conquêtes. L'empereur couche dans un bon lit . mange des gâteaux , des paons, des pluviers, menace l'Espagne de la détruire, mais ne aonne jamais le moindre coup d'épée. — Réponse de Charlemagne : Ogier est son vassal et commet un grand péché en tenant pareil langage ; d'ailleurs • -

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reproches sont injustes: « Il y a vingt-sept ans, dit l'empereur, qjie nous sommes venus en Espagne , et, depuis lors, je n'ai jamais couché sans ma cotte de mailles. Mes vêtements sont en lambeaux, et, pour moi, me' voici plus velu que chevreuil ou biche. Quoique ce soit une vilenie, je me vanterai , puisqu'il lefaut : depuis Ouessant sur Mer jusqu'à Saint-Gilles, depuis le mont Joux jusqu'en Galice, et plus loin, vers Rome, en deçà des montagnes , il n'est château , bourg ou domaine que je n'aie réduit par la force. J'ai conquis Bordeaux, j'ai fondé une ville à Pamiers; j'ai pris Le Groing. L'Éstoile(i) et Carion; je suis maître et seigneur de toutes ces contrées, et quiconque s'y réclameroitde moi y seroit reçu à grand honneur! » P. 1-3. — Ce n'est pas l'avis de Richard, duc de Normandie : « Vous dites, empereur, s'écrie-t-il , que tout ce pays est à vous; mais nous ne le disons pas, nous. Je sais telles cités , au nombre de cin^, où l'on se feroit couper la tête si l'on s'y réclamoit de vous comme de son seigneur. — Nommez-les donc, Richard », dit l'empereur. — Refus de Richard. — Insistance menaçante de Charlemagne. — Richard se décide à nommer Montorgueil , Montesclair, Luiserne sur Mer, la Tour d'Augorie et la riche cité de Carsaude. — L'empereur, pour se renseigner, fait mander un de ses interprètes, Floriant ae Nubie. Floriantconnolt Luiserne, Montorgueil, Montesclair, la tour d'Augorie et la cité de Carsaude; mais que l'empereur les laisse en paix : il ne les prendroit pas. — « Par ma barbe, dit Charles, dussé-je y passer tous les jours de ma vie , je me rendrai maître de ces cinq cités. » — Murmures des François , qui maudissent le duc Richard. P. 3-5. — Le duc Naimes supplie l'empereur de rentrer en France. — Refus de Charlemagne. — Il se couche dans un grand lit à pommeaux d'or, mais il n'y dort point : il a trop à

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