‹ Gui de Bourgogne chanson de geste publiée pour la première fois d'après les manuscrits de Tours et de Londres par mm. F. Guessard et H. MichelantChapitre 5 sur 6 · le Groing, LogTono. — - L'Estoile, Estella · texte numérisé non relu

le Groing, LogTono. — - L'Estoile, Estella

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penser. — Un ange lui apparoît, qui le réconforte, lui ordonne, au nom du Seigneur, de marcher sur Luiserne , et lui promet un puissant secours. — Dès le lendemain matin. Charlemagne, rassuré par cette apparition divine, donne à son armée Tordre du départ. — Elle s'avance par marches de douze grandes lieues. — Tristesse des François, qui regrettent leurs femmes et leurs enfants. — A ceux qui voudraient s'en retourner Chartemagne offre leur congé , mais à une condition , c'est que quiconque en profitera tombera dans le servage , lui et toute sa lignée.— Quatre mille cina cents hommes quittent l'armée , tous Gascens ou Angevins, sans exception. — Charles en fait dresser un rôle où leurs noms sont inscrits : c'est de là que date l'origine du servage. — Arrivée à Luiserne : Tempereur en commence le siège le premier jour de l'été. P. 5-7.

Au même moment , les enfants de France se réunissent à Paris, sur la grève de Seine, au nombre de cinquante-quatre mille. Ils ont le dessein d'élire un roi pour remplacer Charlemagne, depuis si longtemps absent : « Il y a vingt-sept ans , dit Bertrand , le hls du duc Naimes, que Charles est parti pour l'Espagne, avec ses barons, avec les pères qui nous ont engendrés. Depuis lors nos mères nous ont tant couchés et levés qu'à la fin nous voici armés chevaliers. Faisons un roi, si vous le trouvez bon, que nous établirons juge du bien et du mal, et de qui nous tiendrons tous nos héritages; car s'il arrivoit mêlée entre nous, ceseroitune grande vilenie. » — Approbation unanime. — «Jurons, ajoute Bertrand, que celui qui sera élu roi ne pourra refuser la couronne , sous r>eine de la vie. » — Nouvelle approbation. — « Qui ferons-nous roi ?» se demandent les bacheliers. — Bertrand désigne le jeune Gui, fils de Sanson de Bourgogne et neveu de Charlemagne. Si l'empereur revient en France , il ne tuera point le fils de sa sœur; s'il ne revient point, le jeune Gui héritera de la couronne ; « car nous ne voulons point ,

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dit Bertrand , deshériter Charlemagne. » — On offre la couronne à Gui , qui l'accepte, aimant mieux, dit-il 2 être roi que d'avoir la tête coupée. — On lui rend foi et hommage , et il ordonne à ses nouveaux vassaux de se préparer sur-le-champ à aller rejoindre leurs pères, ils emmèneront avec eux , dans des chars à quatre roues, pour que le train en soit plus doux ? leurs mères, leurs sœurs, et même les vieillards, qui seront là pour le conseil , pendant que les jeunes gens iront au combat. Pour lui , il ne veut tenir en France ni château, ni cité; il ne veut recevoir un denier du revenu des domaines impériaux; il sait bien qu'aux trement Charles, à son retour, lui feroit couper la tête. P. 7-9.

' Les jeunes chevaliers s'en vont dans leur pays , où ils s'apprêtent au départ. Ils font provision ae vivres pour dix ans, et sont de retour à Paris à la Saint- Jean , avec leurs mères et leurs sœurs. — Désolation et clameurs des dames : « Sire Gui de Bourgogne , disent-elles, Charlemagne nous a enlevé nos maris; tu feras grand péché si tu nous enlèves nos fils. » — Mais Gui leur impose silence: « Si quelqu'une de vous ose dire mot. fût-ce la sœur de Charlemagne, fût-ce la belle Aude elle-même , fût-ce ma mère , que j'aime et que je révère tant, je lui ferai arracher les membres. »

Départ de l'armée. — C'est au fils du duc Naimes qu'est confié le soin des chars où sont transportées les dames. — Proclamations du roi relatives à la police de l'armée et à l'achat des vivres. — Miracles à Paris, au moment du départ de Gui de Bourgogne : pluie de sang, éclipse de soleil, appréhension de la fin du monde. — Itinéraire de l'armée jusqu'aux frontières d'Espace. P. 5-1 1. — Rencontre d'un pèlerin qui revient de Saint-Jacques, a D'où êtes-vous? qui êtes-vous ? demande le pèlerin à Gui de Bourgogne. — Je suis roi de France, répond Gui. — Vous vous moquez, reprend le pèlerin ; vous n'êtes point Char-

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lemagne, le fort roi couronné: je l'ai vu naguère à Luiserne sur Mer. Hélas! il a les poings et les genoux enflés , à peine peut-il monter à cheval , et tous ses hommes souffrent de la faim. » — Consternation de Gui à ces nouvelles: « Ami. dit-il au pèlerin, puisque tu as fait séjour au camp de Charlemagne, tu dois connoître quelqu'un des douze pairs. — Oui , certes, et je puis vous les nommer tous. » — Noms des douze pairs. — Emotion de Gui lorsqu'il entend nommer Sanson de Bourgogne ; il s'informe de lui avec un tendre intérêt. — Il veut savoir la cause de la détresse de Charlemagne et de ses pairs. — a Sire, répond le pèlerin , c'est la cité que vous voyez là , sur cette hauteur. Charlemagne s'y est arrêté quatre ans sans pouvoir la réduire ; il l'a laissée sur ses derrières, et ce fut une grande faute, car aujourd'hui ses communications sont coupées, ses convois de vivres interceptés. » — A ces mots, Gui de Bourgogne donne l'ordre de marcher sur la ville, et jure de ne se point dépouiller de ses armes avant de l'avoir prise. P. 1 1«

Marche de l'armée sur la ville de Carsaude. — Erreur des Sarrasins : ils pensent voir Charlemagne qui rentre en France , après avoir levé le siège de Luiserne. — Boïdant, run des leurs, les détrompe: ce n'est pas Charlemagne qui s'en retourne, c'est un renfort qui va à son aide. — Boïdant va au-devant des François. — Son entretien avec Gui de Bourgogne , qu'il cherche à détourner de l'attaque de Carsaude. — Retour de Boïdant auprès des siens. On l'interroge : a Quels sont ces gens avec qui tu as parlementé ? — Ce ne sont pas des gens, mais des anges, réplique Boïdant. Si vous les voyiez 1 Leur Dieu veille sur eux ; les nôtres dorment. C'est du leur que nous viennent les biens de ce monde : le pain . le vin t la chair salée, le piment , le claret. — Ami , dit le roi Escorfaut , tu m'as tout l'air d'un converti. » Puis il appelle les Sarrasins aux armes. P. i*-i6. — Sortie des Sar-

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rasins. — Prière de Gui de Bourgogne. — Les François , à genoux et tournés vers POnent , reçoivent la bénédiction de l'archevêque Turpin. — Bataille. — Rencontre d'Escorfaut et de Gui de Bourgogne. Mort d'Escorfaut. — Quatre mille païens sont tombés au premier choc; aussi les chevaux ne sont-ils pas rares sur le champ de bataille. Qui veut un bon destrier n'a pas besoin de le disputer à son voisin , ni de fournir caution pour le payement. — Joute du païen Cornicas et de Gui de Bourgogne ; défaite et mort de Cornicas. — Les Sarrasins fléchissent : « Vous allez les voir prendre la fuite , dit le jeune Gui ; serrez-les de près, et vous entrerez derrière eux dans la ville : c'est le seul moyen de la prendre. » — Fuite des Sarrasins. — Plus ae quinze mille François s'introduisent à leur suite dans Carsaude. — Maître de la ville , Gui de Bourgogne exige des vaincus une immense quantité de vivres. — Il en fait charger dix mille mulets, et autant de buffles ou de chameaux, pour les envoyer à Charlemagne , sous l'escorte de dix mille chevaliers.

— Noms des principaux chevaliers qui marcheront en tète du convoi. — Sur le point de partir, l'un d'eux, le fils du duc Naimes, dit à Gui de Bourgogne : a Nous allons voir pour la première fois les pères qui nous ont engendrés : nous permettez-vous de leur parler? — Par saint Denis, repond Gui, et par cette couronne aue vous m'avez imposée malgré moi, si quelqu'un de vous se fait connoïtre à son père , il aura la tête coupée au retour. » — Consternation des jeunes chevaliers. Ils maudissent de nouveau l'heure où ils ont couronné Gui de Bourgogne. P. 16-21.

— Le jeune roi va reconnoître la tour qui domine la ville, et qui est encore au pouvoir des Sarrasins*, il prie Dieu de lui laisser conquérir le grand palais qu'il aperçoit. — Un miracle répond à sa prière: la tour de marbre se fend en deux moitiés , et s'écroule sur les Sarrasins qu'elle renferme. — Nouveau butin. — Départ du grand convoi pour Luiserne. P. 22.

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Dans le même temps , le fils de Pépin vient de se lever et s'est assis devant sa tente. Il regarde avec douleur ses jambes et ses pieds noircis et enflés. Puis il fait venir les pairs , à l'exception de Roland et d'Olivier, qui sont allés faire une reconnoissance dans les montagnes : « Je le vois bien , leur dit-il tristement, je ne puis prendre Luiserne ; voilà longtemps que nous l'assiégeons en vain, et nous n'avons plus que pour deux jours de vivres. Il faut lever le siège, hélas! dont vous me voyez courroucé et marri. » — Il leur raconte un songe qu'il a eu pendant la dernière nuit. — Le vieux duc Naimes l'exnorte à se résigner et à s'en remettre aux volontés du ciel. — A ces mots, Charlemagne regarde dans la plaine et voit venir de loin Jes chevaliers de France avec leur convoi. — A ses yeux, c'est une troupe de Sarrasins : il donne l'ordre de courir aux armes. — Hésitation et découragement de l'armée. — Ogier lui-même refuse le combat : il a les pieds et les poings si enflés qu'il ne pourroit chausser ses étriers, et qu'en trente coups il n'achèveroit pas un Sarrasin. — a Barons , dit l'empereur, quand vous me verrez mourir, ce sera pour vous une grande honte ; car vous n'aurez jamais meilleur seigneur. O Dieu! ajoute -t- il, vous me haïssez! Naguère j'étois accoutumé à prendre châteaux et cites j il n'étoit forteresse ni donjon qui pût m'arrêter, ni grande salle de pierre, ni muraille , pour si haute ou'elle fût; et maintenant je ne puis plus rien faire, (font je suis tout assoté. Donnez-moi la mort, ô mon Dieu! si c'est votre plaisir. » — Il ne peut se défendre de pleurer, et cette vue navre le cœur de* ses hommes. — Ogier, le premier, mais sans espoir, appelle ses compagnons aux armes et à la mort. — Ils s'arment et attachent leurs éperons à leurs pieds nus , car ils n'ont plus ni chausses , ni houseaux , ni souliers : tout est pourri. — Ils montent sur leurs chevaux, qui ne mangent plus ni foin ni avoine, et qui ne paissent que l'herbe des champs. C'est ainsi qu'au nombre de quinze

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mille, divisés en quatre corps, ils marchent à la rencontre de leurs enfants. P. 22-25. — La rencontre a lieu dans une vallée. — Aux croix peintes sur les écus qu'il aperçoit , le duc Naimes reconnoît des enfants de France. — Plein de joie à cette vue , il pique son cheval , et le premier des jeunes chevaliers qu'il aborde c'est son fils Bertrand. — Il le salue et le presse de questions : Qui sont-ils ? que signifie ce grand convoi ? Seroient-ils , par aventure , des marchands ? Veulent-ils vendre à Charlemagne les vivres Qu'ils conduisent ? L'empereur les paiera au poids de 1 or. — a Nous ne sommes point aes marchands, répond Bertrand , et nous n'avons point acheté ce que vous voyez là. Nous sommes de France, le pays des vins clairs, et hommes du roi. Mais vous-même, qui êtes-vous, qui tirez ainsi la bride de mon cheval? — Sur ma tête , répond le duc , je vous dirai la vérité : On m'appelle Naimes, et je suis des douze pairs.» — Vive émotion du jeune Bertrand , qui n'ose se faire connoître : Gui de Bourgogne le lui a défendu si sévèrement! — Mais, à son tour, il va rendre au duc Naimes et la surprise et l'attendrissement qu'il vient d'éprouver : « Votre femme et votre fils ne doivent guère vous aimer, lui dit-il , vous oui ne les avez jamais vus de votre vie — Mon fils! s écrie Naimes ; ah Dieu! ai-je donc engendré un fils? — Oui, certes, dit Bertrand , un fort beau bachelier, qui n'est pas plus grand que moi , et peut bien être de mon âge. Par le saint apôtre qu'on invoque aux près de Néron , je lui ai entendu jurer sur les Evangiles que s'il vous peut rencontrer il vous séparera la tête du buste, pour avoir laissé sa mère aussi longtemps veuve ! » r. 26-27. — Même scène, dans le même temps, entre le duc Eudes de Langres et son fils Estout, entre Berard de Montdidier et son père, le duc Thierri d'Ardenne. — Nouvelles questions du duc Naimes ; son étonnement en apprenant la prise merveilleuse de Carsaude. P. 27-29.

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En s'entretenant ainsi et en chevauchant côte à c6te les pères et les fils sont armés au pavillon de l'empereur. — H est là, le menton appuyé sur une de ses mains , dans l'attire de la douleur. — C est Bertrand qui, le premier, lui adresse la parole, et, de la part du roi de France, lui fait présent des dix mille mulets, des chameaux et des buffles, qui portent assez de vivres pour le nourrir sept ans, lui et ses compagnons.— « De la part du roi de France ! dit Charlemagne , en se levant brusquement , les yeux enflammés de colère : y a-t-il donc en France un autre roi que moi ? — Nous ne vous connoissons pas ^répond Bertrand, nous ne connoissons que le roi Gui. Ah ! il feroit beau vous voir à Paris , et toutes les dames du royaume en même temps , chacune armée d'un bâton; elle vous en frotteroient tant et « bien que , pour n'être point à pareille fête , vous donneriez volontiers le fief d'Avalon. Ne leur avez-vous pas arraché leurs maris? — Par saint Denis, baron , je le confesse , dit Charlemaene , c'est un grand péché que j'ai sur le corps. » — Il demande ou a été pris tout ce butin qu'on lui offre. — « A Carsaude , re pond Bertrand. — Et quand donc y êtes-vous venus?— II y a quinze jours, continue Bertrand ; nous avons donné l'assaut le matin , et , avant le coucher du soleil , la ville étoit prise. — Comment se nomme votre seigneur? demande Charles. — Il s'appelle Gui. — De quel comté est-il? — Je ne vous le djrois pas pour tout ce que vous possédez »- Colère de Charlemagne, menaces. - Bertrand défend Gui de Bourgogne : i n'a pas pris, dans toute la France un château, ni une c'té; il n'a pas reçu de rente un Renier vaillant. Quel est donc son crime ? A peine

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des siens. I! faut en savoir gré au jeune roi, au lieu de le menacer. P. 20-32.

Retour de Rolana et d'Olivier; leur étonnement, leur joie, à la vue des bêtes de somme chargées de vivres. — a Beau neveu, dit l'empereur, approchez, vous allez entendre de joyeuses nouvelles. Ils ont fait un roi en France , fort beau bachelier, bon justicier , à ce qu'on me dit , et le plus riche et le meilleur chevalier qui se puisse trouver dans toute la chrétienté. — Sire, dit Roland en riant, ils ont fait là de bonne besogne ; puisque ce roi est si gentilhomme , vous lui laisserez sans doute la France à garder, et vous . en revanche , vous prendrez Luiserne pour vous y établir. » — L'empereur ne goûte pas cette raillerie de Roland , et peu s'en faut qu'il lui donne de son gant par le nez. — Olivier prend la défense de Roland et menace de s'en retourner. « J'en ferai autant, ajoute Roland; laissons là ce vieux radoteur, et qu'il aille à tous les diables. » P. 32-33. — Survient Ganelon, avec son compagnon Hardré : il éclate en invectives contre ces garçons de France et contre leur roi ; il conseille à Charlemagne de faire mettre à mort les jeunes messagers. — L'empereur réunit ses barons pour prendre leur avis. — Discours de Ganelon. ~ Réponse du duc Naimes. — Ganelon veut que les vivres soient distribués seulement aux princes, aux ducs , aux comtes et aux marquis : si les pauvres y ont part, ils les auront bientôt mis au pillage. Naimes demande au contraire que les vivres soient donnés à tous; loin de mettre à mort les messagers de Gui de Bourgogne , l'empereur doit les héberger pour cette nuit, et, en les congédiant le lendemain, transmettre au jeune roi ses grands mercis et le faire prier de lui venir en aide. — Fureur de Ganelon : il jure de se venger, avec Hardré, Tiebaut ; Alori, et tous ceux de son maudit lignage. Ils ne tiendront que trop leur serment à Roncevaux. P. 33-36.

Distribution des vivres. — Les messagers passe-

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rcmt la nuit au camp de l'empereur. — Pour leur faire place, Charlemagnefait déloger les Allemands de leurs tentes. — Visite de l'empereur et de ses barons aux tentes des messagers. — Entretien amical. — Questions sur le roi Gui. — « Et les dames, que font-elles ? demande Charlemagne. — Nous les avons amenées avec nous, répond Bertrand ('); votre sœur y est, et belle Aude aussi , la sœur d'Olivier. » — Joie de Roland à cette nouvelle. P. 36-39.

Charlemagne prend congé des jeunes chevaliers. — Comme il retourne à sa tente , il rencontre un pèlerin , et lui propose d'échanger entre eux leurs vêtements. — Charlemagne en pèlerin. — Pour compléter le déguisement , il se taillade les pieds avec un canif et les souille dans un tas de fumier, puis il raconte â Ogier le projet qu'il vient de former. Ainsi travesti , il veut pénétrer dans Luiserne , pour savoir où les murs sont le moins forts, et, en même temps, pour montrer à tous qu'il est encore capable d N un trait d'audace : a Une fois que je serai dans la ville, dit-il à Ogier, prenez mes armes et mon écu , montez sur mon cheval , et donnez un assaut à la porte , vous et Naimes le barbu . avec une troupe de trois mille hommes. » — Charlemagne arrive à la porte de Luiserne, entièrement défiguré, la tête branlante, la bouche torte , et traînant la hanche ; mais , comme il se présente au guichet, un coup de vent abat son chapeau et détruit en partie l'effet de son déguisement. — Il est reconnu par Boïdant, un interprète sarrasin qui a été en France : « Avez-vous jamais vu Charlemagne ? dit Boïdant au chevalier qui garde la porte ; le yoilà. Il vient sans doute pour épier; il va parler

1. Le texte dit Berart; mais quelques lignes plus bas, on lit que Roland voudroit avoir un destrier, un bon faucon mué ou un épervier ramage, pour en faire don à Bertrand , tint est grande sa joie de savoir que belle Aude est si près de lui. Il faut donc lire Berart ou Bertrand dans les deux passages.

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à notre seigneur Aquilant. Suivons-le et nous lui couperons la tête. » P. 39-41. — L'empereur, qui entend ces paroles, implore l'assistance divine. — A peine a-t-il achevé sa prière qu'il voit les cieux s'entr'ouvrir; l'ange Gabriel descend vers lui et lui dit à l'oreille : « Empereur de France, sois sans crainte; celui oui t'a amené ici te conduira. » — Charlemagne, rassure, se dirige vers le palais du roi sarrasin. Appuyé sur son bourdon, il salue Aquilant en grec, ca>* il sait tous les langages : « D'où viens-tu ? demande Aquilant ; où vas-tu r quel est ton pays ? — Sire, je suis né à Palerme, et je reviens de la Mecque , où j'ai porté mon offrande. C'est grand merveille que je sois revenu , car Charlemagne a coupé tous les chemins , de façon qu'il n'y a plus de sûreté pour les pèlerins et pour les messagers. J'ai vu naguère votre père, le riche roi Macabré ; vous recevrez de lui bientôt un renfort de cent mille Turcs. » — Comme il dit ces mots, survient l'interprète Boïdant, qui l'a suivi. Il va droit au faux pèlerin , le saisit par sa barbe blanche, et le tirant violemment à lui: «vieux rusé, lui dit-il, on vous a reconnu , et , à cette heure , il faut changer de ton. » — Charlemagne pense qu'il est perdu s'il laisse dire un mot de plus à Boïdant, et d'un coup de poing il l'étend mort aux pieds d'Aquilant. — Colère d' Aquilant : il veut faire pendre le pèlerin , mais le roi Salatré s'y oppose ; le coupable , à ses yeux , ce n'est pas le pèlerin ? c'est Boïdant. S'il avoit reçu quelque outrage > Aquilant lui eût fait justice ; mais il a voulu se venger lui-même, sans défi : s'il lui est arrivé malheur, c'est par sa faute. — Au même instant on vient annoncer A Aquilant que Charlemagne est aux portes, qu'il a brisé le pont et comblé le fossé : « Aux armes ! barons, s'écrie Aquilant. Frère, attendez -moi ici, dit-il au pèlerin ; je reviens à vous dès que l'assaut sera repoussé. » P. 41-44. — Pendant que les Sarrasins s'élancent aux murailles, l'empereur parcourt les rues désertes de la ville : il l'examine en long et en

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large , reconnoît que les murailles ne redoutent aucun assaut , sort par le guichet où il est entré et va re- \omdre \es siens ? auxquels il ordonne de cesser l'attaque. — Rentre dans son camp , Charlemagne congédie les messagers de Gui de Bourgogne, et les charge de demander pour lui l'assistance du jeune roi. » P. 44-46.

Dans le même temps, Gui de Bourgogne interroge \e pèlerin qui lui a donné naguère des nouvelles de Charlemagne; il lui demande s'il connoît quelque cité, quelque forteresse, que Pempereur n'ait pu réduire, a J'en sais trois , répond le pèlerin; et d'abord Montorgueil sur Mer, qui obéit au roi Huidelon.» — Description de cette ville, entourée de plusieurs rivières, dont les eaux renferment des aimants. « Charlema-

f;ne, dit le pèlerin, l'a assiégée trois ans sans succès. 1 alla 'ensuite à Montesclair, et, après huit mois de siège , l'abandonna encore, pour aller à Augorie , où règne le sarrasin Escorfaut. Enfin, il a quitté Augorie pour Luiserne, où il est depuis sept ans. — Tu me mèneras à Montorgueil , reprend Gui ; il faut que je prenne cette cité avant de Yoir Charlemagne. » — Retour des messagers que Gui a envoyés à l'empereur. — Départ de Gui et de son armée pour Montoreueil. — Arrivée devant cette ville. — Campement de l'armée sur le bord d'une rivière. P. 46-50. — Conseil de guerre pour aviser aux moyens de prendre Montorgueil. — La force n'y peut rien ; u faut donc employer la ruse : a Faites armer, dit Bertrand^ dix jeunes damoiseaux, que vous conduirez vousmême à Montorgueil. Si nous pouvons entrer dans la ville , nous ferons accroire à Huidelon que nous sommes des messagers de Charlemagne , et que nous venons de la part de l'empereur lui demander ses fiefs et ses terres. Une fois introduits dans son palais, si vous le trouvez bon , nous parlerons un tout autre langage. — Sur ma tête , dit Gui , voilà un bon conseil : vous viendrez avec moi ; choisissez vos compa-

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gnons. » — Débat entre les chevaliers, qui se disputent l'honneur de prendre part à cette périlleuse entreprise. — Turpm veut être du nombre , car s'il est un bon clerc et sait bien invoquer le seigneur Dieu , il ne sait pas moins bien joûter et s'escrimer en bataille, a Voilà un bon prêtre, dit Gui ; bénie soit l'heure où il fut engendré ! » — Départ de la petite troupe.

— Elle rencontre sept cents payens qui , sous la conduite de Maucabré , gardent le château et le fief qui en dépend. — Entrevue de Maucabré et du roi Gui.

— « Nous allons à Montorgueil, dit Gui, de la part de Charlemagne, pour mander Huidelon auprès de Pempereur. Charles est en courroux contre son neveu Roland, et a juré de le déshériter. Si Huidelon veut se faire chrétien, c'est à Huidelon qu'il donnera l'Espagne. — Voilà de bonnes nouvelles , dit le Turc. — Oui, reprend Gui, mais comment parler à Huidelon ? Nous ne le saurions sans passer ces rivières aimantées, et le moyen , revêtus comme nous sommes de nos hauberts ?» — Le Turc s'offre à les conduire par une chaussée oui a dix pieds de large et douze lieues de long. — Miracle : les eaux se retirent pour laisser passer Gui et ses compagnons. — Maucabré quitte les chevaliers après leur avoir montré leur route.

Entrée du roi Gui et de ses compagnons dans Montorgueil. — Ce qu'ils y voient. — Ils se dirigent vers le palais de Huidelon. — Arrivés à la porte principale, ils y trouvent un géant hideux qui la garde. — Portrait du géant. — <x Huidelon est-il là ? demande Gui. Pouvons-nous lui parler ?» — Réponse du géant, qui lève le bâton auquel il attache ses clefs , pense en frapper Bertrand , mais n'atteint que son cheval , qui tombe mort. — Gui de Bourgogne coupe la tète au portier. — Entrée des messagers dans le palais au moment où Huidelon y harangue ses barons. — Costume du roi sarrasin. P. 54-56. — Son discours.

— Il rappelle les conquêtes de Charlemagne, et re-

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doute le moment où il reviendra de Luiserne. — Les François arrivent devant lui à l'improviste , couverts de leurs écus, et l'épée à la main. — Discours de Gui: menaces terribles si Huidelon bouge pied ou main. — « Qu'est donc devenu mon portier ? » s'écrie le païen. — Il apprend qu'un des messagers lui a tranché la tête. — Sa colère. — Discours menaçant de Bertrand: il somme Huidelon, au nom de l'empereur Charlemagne, de lui rendre Montoreueil avec ses dépendances, et la tour de Montesclair. — Discours d'Estout, fils d'Eudes de Langres: nouvelle sommation, nouvelles menaces. Il faut que Huidelon consente à se faire chrétien, qu'il noue une grande bourse autour de son cou , en signe de servage , et qu'il la porte à Charlemagne , avec quatre deniers dedans ; sinon , Charlemagne le fera traîner à la queue d'une cavale , lui fera arracher les boutons d'or qui pendent à sa barbe et lui fera brûler ses moustaches. — Discours de Turpin , le gentil clerc : Si Huidelon ne veut point rendre hommage à Charlemagne, on lui arrachera du corps les mains et les pieds , ses fils seront écorchés tout vifs, sa femme sera brûlée ou aura pour le moins les mamelles arrachées. — A ces menaces terribles, Huidelon appelle ses chevaliers et leur ordonne de s'armer. — Mêlée des païens et des François. — Défaite et fuite des païens. P. 56-61 .

Restés maîtres du palais, les enfants de France tirent les barres et ferment les portes. — Mort d'un bossu qui garde la tour. — Consternation de Gui lorsqu'il reconnoît que le palais ne renferme point de vivres. — Nouvelles recherches pour en trouver. — Découverte d'une salle d'armes et d'une armoire où se trouvent quelques provisions suffisantes pour tenir huit jours. — Dans le même temps Huidelon assemble ses païens et fait venir ses deux fils de Montesclair. — Les païens, qui savent aue les vivres manquent au palais, sont d'avis de réduire les François par la famine. — Aux prises avec la faim , les François

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tiennent conseil. — Leurs regrets d'avoir agi si légèrement avec si peu de forces.— Discours de Bertrand. — Il est d'avis d'accuser Huidelon de trahison. Le païen a attaqué les messagers; il faut qu'il se défende de cette accusation les armes à la main. — Gui de Bourgogne partage cet avis : c'est lui qui combattra avec Huidelon. — D'une des fenêtres du palais il défie le roi païen. — Huidelon accepte le défi, prend l'un de ses fils pour champion, se résigne, s il est vaincu , à reconnoître Charlemagne pour suzerain ; mais , au cas contraire . il menace Gui et ses compagnons de les faire pencfre. — Débat entre Gui et les siens à qui se chargera de la bataille : « Je suis votre seigneur lige , dit Gui ; c'est à moi qu'est confié votre salut; c'est moi qui me battrai pour vous délivrer. » P. 62-67.

Il sort. — Huidelon lui fait rendre ses armes. — Portrait du roi Gui désarmé. — Il est pâle : il y a trois jours qu'il n'a mangé. — Huidelon appelle son sénéchal et fait servir au jeune roi un pain bluté et un paon, avec un plein hanap de vin. — A la vue de ce repas ? Gui de Bourgogne s'attendrit jusqu'aux larmes ; mais il ne veut pas donner un coup de dents avant de savoir si ses compagnons en auront autant. — Huidelon le lui promet. — Gui mange le paon tout entier, et le pain aussi ; il boit tout le vin qu'on lui a servi. — Raillerie des Sarrasins à la vue de ce fort mangeur. — Huidelon leur impose silence : un homme qui mange si bien , dit-il , ne sauroit jamais faire une lâcheté. P. 67-69. — "Huidelon lui fait apporter ses armes . lui donne un cheval et recommande aux Sarrasins ae ne faire aucun outrage au jeune roi. — Discours de Huidelon à son fils avant le combat. — Portrait du roi Danemont, fils de Huidelon. — Son armure. — Son cheval. — Harnachement du cheval. — Les deux champions sont mis en présence. — Défis. P. 69-72.

Huidelon veut que les païens se tiennent coi , quand

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même son fils seroit vaincu ; mais le frère de Danemont, Dragolant , les réunit autour de lui et leur dit ; a 11 est écrit qu'un païen ne peut tenir contre un François ; faites donc armer trois cents des nôtres et faites-les sortir par la fausse poterne. » — Embuscade des païens dans un taillis. — Joûte de Gui et de Danemont. — Incidents divers. — Prière de Gui de Bourgogne. P. 72-78. — Son cheval est tué.

— Prière de Parchevêque Turpin. — Le cheval de Danemont est tué. P. 78-8 1 . — Combat à pied des deux champions. — Mouvement de Dragolant au secours de son frère. — Turpin s'en aperçoit et crie à la trahison. — Les François s'arment pour courir en aide à leur roi. — Le vieux Huidelon, de son côté, qui reconnoît la trahison de son fils Dragolant, marche au-devant de lui et de sa troupe, tue le premier païen qu'il rencontre, défend aux autres de faire un pas de plus, puis vient vers Gui et le rassure. — Au même instant accourent les François. — « Pourauoi êtes-vous descendus de la tour? leur demande Huidelon. — Pour secourir ce gentil bachelier, répondent-ils. quand nous avons vu sortir vos Sarrasins. »

— Huidelon avoue qu'ils ont eu sujet de craindre, et aue Dragolant s'est mal conduit : «On va partout, dit-il , nraccuser de trahison , et je serai montré au doigt à la cour de Charlemagne. » Il veut donc que Gui le conduise au camp de l'empereur; il veut se soumettre au jugement des Francs, et, s'il est déclaré traître , il consent à perdre sa terre et à voir couper ia tête de son fils. — Réponse courtoise de Gui : Huidelon sera conduit, comme il le désire, auprès de Charlemagne. — Entrevue de Huidelon et de son fils Danemont. — Reprochesde Huidelon. P. 81-8^.

Cependant Charlemagne, devant Luiserne, s'inquiète de ne point voir arriver Gui de Boureogne à son secours. — Le duc Naimes^ lui e a ^^ z e y"

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duc Naimes, répond Charlemagne , avec Thierri l'Ardenois et Sanson de Bourcocne.» — Départ des barons pour le camp de Gui de Bourgogne. — Ils vont à Carsaude, apprennent que le jeune roi est parti depuis trois jours pour Montorgueil , et se dirigent vers cette ville. — Erreur du roi Gui , qui les prend de loin pour une bande de Sarrasins. — Il se dispose à faire marcher contre eux une troupe des siens; mais Bertrand reconnoît bientôt les vieux barons de Charlemagne, et s'écrie en riant: « Voyez, sire, il faut que Charles de Saint-Denis vous aime bien, puisqu'il vous envoie chercher par ses meilleurs chevaliers. — Dieu ! s'écrie Gui à son tour, si mon père étoit du nombre ! — Il est là, sur ma tête 1 répond Bertrand. — Ami, dit le jeune roi, fais-le-moi donc voir. — Le voilà devant vous, reprend Bertrand, avec cette pelisse grise et cette barbe blanche qui lui tombe sur la poitrine. Voilà le duc Naimes à la moustache fleurie; voilà les pères de tous les damoiseaux qui vous ont suivi dans ces contrées étrangères. — Sire Gui de Bourgogne, s'écrient les jeunes chevaliers, laissenous aller baiser nos pères. — Par saint Denis ! répond le roi, il n'est un seul de vous ? quel qu'il soit, s'il se fait connoître à son père, à qui je ne fasse séparer la tête du buste. » P. 85-87. — Huidelon s'informe d'où sont ces chevaliers dont la venue cause si grande rumeur. — « Ils sont de France, beau sire; ils sont de notre pays, répondent les compagnons de Gui; s'il ne vous déplaît point, nous irons ensemble au-devant d'eux. » — Rencontre des deux troupes. — « Où est le roi de France? demande Naimes. — On va vous le faire voir, répond Gui; venez avec nous dans sa tente.» — Entrevue du duc Naimes et de ses compagnons, du jeune roi et de ses chevaliers, dans la tente de Gui de Bourgogne. — Questions du duc Naimes. — Réponses courtoises de 'Gui. — Mais quand le vieux duc lui demande : « Quel est donc vo-

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tre père ? — Vieux radoteur ! lui répond Gui ; par saint Denis de France, si vous dites un mot de plus je vous ferai séparer la tête du buste. » P. 87-89. La présence des vieux pairs de Charlemagne en-

gage Huidelon à prendre la parole dans cette assemlee. — Il raconte le message des dix François oui sont venus le sommer de rendre hommage à Charlemagne, le combat de Danemont et de Gui de Bour-

f;ogne , et la tentative de trahison de son fils Dragoant. 11 demande à cette occasion que sa conduite soit examinée et jugée par les François. — Gui de Bourgogne confirme le récit du Sarrasin : il croit qu'on ne sauroit trouver un Turc plus loyal en soixante cités.

— Avis du duc Naimes : à ses yeux Dragolant n'est

f>as coupable, parce qu'il n'est pas chrétien; on doit ui pardonner, à condition qu'il se fera baptiser. — C'est le sentiment de tous les barons, et Huidelon s'y rend aussitôt : il est disposé à recevoir le baptême , lui , ses fils et tous ses vassaux ; il consent que ceux qui refuseront aient la tête coupée , et se tient prêt à reconnoître Charlemagne pour son seigneur. — Grande joie des barons. — L'archevêque Turpin apprête les fonts, et baptise Huidelon, ses deux fils et ses hommes, au nombre de vingt mille. P. 89-92. — Mais Huidelon veut encore faire baptiser sa femme , qui est demeurée à Montorgueil, et remet aux François les clefs de la ville. — Départ des chevaliers avec les nouveaux convertis. — Leur entrée à Montorgueil. — Baptême de dame Marguerite, femme de Huidelon. — « Maintenant, je vous rends votre terre et votre seigneurie, dit à Huidelon le roi Gui.— Non, certes , répond Huidelon, par la foi que je dois au fils de sainte Marie, je ne tiendrai pas un pied de ma terre avant d'avoir vu Charles, le roi de Saint-Denis.»

— On laisse donc la ville à la garde de la reine , et Huidelon retourne au camp des François.

Le duc Naimes fait effort pour ramener Gui de Bourgogne à Luiserne. — Refus du jeune roi : il Gui de Bourgogne. c

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veut, avant de voir l'empereur, avoir conquis la forte tour d'Augorie et la cite de Maudranep). Il ne cède pas davantage aux instances de son père Sanson de Bourgogne , et lui promet seulement d'envoyer à Charlemagne un nouveau secours en vivres et en armes. P. 92-95.

Retour du duc Naimes et de ses compagnons au camp de l'empereur, sous Luiserne. — L empereur se réjouit de revoir ses barons , mais ce jeune roi qui a pris Montorgueil et fait baptiser Huidelon , qui est-il ? Pourquoi tarde-t-il tant à venir le rejoindre ) Ce souci trouble le sommeil de Charlemagne. Toutefois , il ne

Suittera pas Luiserne avant la venue si désirée de Gui e Bourgogne, car telle est la volonté de Dieu.

Cependant Gui de Bourgogne s'apprête à conquérir la tour d'Augorie, accompagné de Huidelon et de ses fils. — C'est Huidelon lui-même qui veut mener à bout l'entreprise avec cent de ses meilleurs amis et cent chevaliers françois. — Arrivé en vue de la tour, il se détache de l'armée de Gui avec cette petite troupe et se dirige vers la cité , lui en tête avec les siens, les François derrière. — Le portier laisse entrer Huidelon sans défiance, mais la vue des François l'étonné : « Tous ces chevaliers, beau sire, sont-ils de votre compagnie ? — Vous le saurez, lui répond Danemont, avant l'heure de complies. Où est le roi Escorfaut, ajoute- t-il? — Il est là haut, beau sire, avec cent de ses chevaliers. » — Entrevue de Huidelon et d'Escorfaut. — Huidelon raconte à son neveu qu'il a été dépouillé de sa terre par Gui de Bourgogne. — Colère

1. Il parott manquer (page 94) un vers après celui où le roi Gui exprime le désir de conquérir la fort tor d'Augorie. Nous suppléons le nom de Maudrane , qui se retrouve plus loin (page 96, v. 12), et qui a été certainement oublié ici, puisque , quelques vers plus bas , dans la même page , Gui de Bourgogne parle de deux cités qu'il veut avoir en sa justice avant d'aller rejoindre Charlemagne.

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d'Escorfaut. — Menaces de vengeance. — Inquiétude des chevaliers françois. — Escorfaut considère Berard et Bertrand, et reconnoît qu'ils sont de France : « Qui sont ces chevaliers?» demande- t-il à Huidelon. — C'est Danemont qui lui répond : « Bel oncle, il n'est plus temps de ruser : ce sont des vassaux de Gui de Bourgogne , qui vous fait sommer par nous de lui rendre hommage et d'embrasser la foi chrétienne ; sinon, c'en est fait de vous.» — Huidelon répète la sommation et les menaces de son fils : « Ni l'amitié ni la parenté ne m'empêcheront, dit-il , de te faire rogner (a tête, ni de te faire arracher du corps et les mains et les pieds. » — Les chevaliers françois mettent l'épée à la main, et la mêlée commence. P-. 97-102. — Elle se termine bientôt en leur faveur. — Escorfaut , dès qu'il voit la résistance impossible, se soumet aux conditions qu'on lui impose : « J'aime mieux, dit-il, perdre ma terre que ma tête ; mais je cède à la force

f)lus qu'à l'amitié. — Peu m'importe, répond Huideon : je n'en suis pas moins joyeux. » — Escorfaut met la tête à l'une d<$ fenêtres du palais, et de là voit ses hommes réunis en armes au nombre de plus de trente mille ; il leur parle en ces termes : « Seigneurs, écoutez-moi : j'ai rendu aux François ma terre et mon pays; je vais me faire baptiser, et vous reauiers de rendre aussi vos terres. — Par Apollon ! repondent les païens, nous allons assaillir ces François, et les mettre en pièces. — Faites ce dont je vous prie, reprend Escorfaut, ou vous m'allez voir, la tête rognée, et mourir de maie mort, car j'aperçois là-bas le roi Gui avec son armée. » Soumission des païens, cjui mettent bas les armes. — Bertrand, en signe de victoire, attache une enseigne vermeille au haut de la tour du palais, et , dès qu'il la voit flotter , Gui de Bourgogne s'ecrie : a La ville est nôtre! » — Occupation de la ville par les François. — Proclamation du roi Gui qui défend à ses chevaliers de rien prendre aux Sarrasins. Huidelon et son fils Dragolant amènent Escorfaut de-

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vant le roi Gui : a Tenez , sire , dit Huidelon , je vous livre Escorfaut , lui et toute sa terre , pour en disposer à votre gré. — Ami , dit Gui de Bourgogne au Sarrasin , veux-tu croire en Dieu et recevoir le saint baptême avec foi et humilité ? — Oui, sire , je le veux sincèrement » , répond le païen. — Baptême d'Escorfaut et des siens par l'archevêque Turpin. Tous ceux qui refusent de croire en Dieu sont mis à mort. P. 102-104.

Les nouveaux convertis, réunis aux compagnons du roi Gui, forment une armée de plus de cent mille hommes, tout prêts à se porter au secours de l'empereur. — « Combien de temps nous faut-il , demande Gui à Huidelon et à Escorfaut, pour arriver sous les murs de Luiserne? — Sur ma foi, répond Huidelon, trois jours ne se passeront pas sans que nous voyions le roi de Saint-Denis et les barons de France. — Sans doute, dit en riant Escorfaut, mais auparavant nous trouverons une forte cité assise sur un rocher, et dont lermuraillessontde marbre vert et bis. Elle renferme quinze tours fortifiées avec leurs murs et leurs ponts tournants. Il n'est pas d'homme, si puissant soit-il, si nombreux soient ses chevaliers, qui la puisse réduire par la force d'ici au jour du jugement. — Comment a nom cette ville, beau sire? demande le roi Gui. — On l'appelle Maudrane, répond Escorfaut. Elle obéit à Emaudras, un traître maudit, qui est fils de ma sœur. Si nous le laissons derrière nous , nous avons tout à craindre; mais il n'y demeurera pas, je vous le promets. Voici Huidelon qui m'a livré : je vous livrerai de même Emaudras. » — Marche de 'armée sur Maudrane. — Aspect extérieur de cette ville. — Huidelon est d'avis qu'elle ne sauroit être prise que par ruse; la force n'y peut rien. « Mais soyez sans crainte, sire, dit-il à Gui de Bourgogne; s'il plaît à Dieu et à saint Pierre, avant qu'il soit demain pareille heure , nous la mettrons en votre pouvoir. Donnezmoi dix mille de vos hommes; j'en prendrai autant de

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mes meilleurs barons , mais les vôtres auront pieds et poings liés. Nous ferons accroire aux gardes du pont

3ue ce sont autant de prisonniers, enlevés à l'armée e Gui , et que nous menons à Emaudras pour en faire justice; nous entrerons ainsi dans la ville et nous la prendrons. » — Gui de Bourgogne approuve l'entreprise. P. 105-107.

Vingt mille chevaliers sont armés et partent sous la conduite de Huidelon , de son neveu Escorfaut et de ses deux fils , Danemont et Dragolant. — Les portes de la ville leur sont ouvertes, et ils pénètrent jusqu'à Emaudras, qu'ils trouvent sous un olivier, dans le jardin de son palais , jouant aux échecs avec un de ses barons. — Joie d'Emaudras à la vue des dix mille prisonniers : « Vous avez fait bonne besogne , dit-il a Huidelon et à Escorfaut ; il nous faut maintenant aller à Luiserne au secours d'Aquilant, mon seigneur; nous délogerons l'armée de (îharlemagne et lui ferons couper la tête. J'ai eu naguèresde ses nouvelles par un pèlerin , qui m'a dit qu'a peine peut il se tenir sur ses pieds , que les vivres manquent à son armée, et que les destriers sont épuisés. — Sur ma tête, dit Huidelon, je marcherai 1 un des premiers contre lui, car je hais ce vieillard plus que personne au monde; mais faisons conduire les prisonniers là haut, et laissez-moi pour aujourd'hui dormir et me reposer , car il y a huit jours que je ne me suis dépouillé de mon armure. » — Sous la conduite de Danemont et de Draeolant, les faux prisonniers pénètrent dans le palais, se dégagent de leurs liens et mettent l'épée à la main. — Les portes sont fermées , les ponts relevés. — - « Faites ôter les épées à ces prisonniers, s'écrie Emaudras, à la vue des François en armes ; nous les jeterons dans la grande chartre. — Ils vous rendront le cœur dolent auparavant , reprend Huidelon , si vous ne voulez croire en Jésus-Christ ? le roi d amour, qm naquit de la sainte Vierge à Bethléem. — An! vieillard puant, dit Emaudras, c'est donc ainsi que vous

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m'avez trahi! Par Mahomet, je me laisserai jeter dans un feu ardent plutôt que de croire à celui qui se

même, comment me viendroit-il en aide? » — A peine a-t-il dit ces mots, que Danemont le saisit par (a barbe , et d'un grand coup sur la nuque l'abat à ses pieds. — a Laissez-moi parler à ce Turc un langage avenant, dit l'archevêque Turpin. Ami, crois en Dieu, tu rentreras en possession de ta terre, et n'y perdras rien. — Je n'ai que faire de ton sermon, répond Emaudras ; je ne croirai jamais en celui qui , sur une vieille planche, à Jérusalem , souffrit les tortures et la mort. » — A ces mots , Turpin le pourfend d'un coup d'épée. — « Certes, voilà un bon prêtre, dit Huidelon. — Et qui confesse bien » , ajoute son fils Drapolant. P. 1 08- iii. — « Maintenant, seigneurs, il s'agit de bien faire , disent les chevaliers françois. Allons assaillir les païens avant qu'ils se doutent de rien et qu'ils aient eu le temps de s'armer. » — Les païens, surpris, sont taillés en pièces ou se précipitent eux-mêmes dans la mer. — Pillage de la ville. — Départ de l'armée pour Luiserne. P. 1 1 1-1 13.

Charlemagne, cependant, attend toujours Guide Bourgogne : « Je ne le verrai jamais » , dit-il en soupirant. Mais le duc Naimes le réconforte et lui rend l'espérance. — A ce moment, Roland introduit devant l'empereur un messager qui demande à lui parler. — I! lui apporte de tristes nouvelles : Marsile a juré par Mahomet qu'il viendroit à Luiserne avec toutes ses forces (plus de cent mille Turcs), qu'il contraindroit Charlemagne à en lever le siège, I écorcheroit tout vif, et couperoit la tête à Roland et à Olivier. — Consternation de l'empereur, de Roland et d'Olivier. — Mais Ogier le Danois relève leur courage, « Quel chevalier ! s'écrie Charlemagne ; bénie soit l'heure où Gaufrey l'engendra 1 » — Ganelon , au contraire , conseille à l'empereur de rentrer en France : jamais, dit-il , on ne prendra Luiserne ; jamais on ne verra Gui

voulut pas s'aider lui-

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de Bourgogne. — Le duc N ai m es combat cet avis : il veut qu'une troupe de quatre mille hommes soit envoyée en avant sur une hauteur , pour s'assurer de l'arrivée des païens. 11 veut que Charlemagne donne cette mission à Ganeion, à H ardre, à Tiebaut, à Alori et à toute ieurgranae parenté. — Murmures de Ganeion. qui n'ose refuser.

Dans le même temps, Gui de Bourgogne demande à Huidelon : a Quand arriverons-nous à Luisernc ? — Après midi», répond Huidelon. — Grande joie du roi Gui , de l'armée et des dames. — Chacun se pare de ses plus riches vêtements. — L'armée de Gui , aisposée dans le plus bel ordre , s'offre aux regards de Ganeion et de ses compagnons dès qu'ils arrivent au sommet de la montagne où l'empereur les a envoyés. — Ils croient voir l'armée de Marsile, et reviennent en toute hâte jeter l'alarme au camp de l'empereur. — Lamentations de Charlemagne. — Résignation du duc Naimes.

« Sire, dit-il, vous savez bien qu'il nous faut tous mourir. Si notre jour estvenu, recommandons à Dieu nos âmes et nos corps, et vendons chèrement notre vie. » — Le cor sonne et les chevaliers courent aux armes. — Le duc Naimes conseille à l'empereur de ne point précipiter le départ de son armée, de peur ue les Sarrasins de Luiserne ne viennent attaquer ses errières : ce J'irai en avant, dit-il, avec dix mille hommes, pour surveiller la marche de l'armée païenne, et je ne reviendrai point sans avoir rencontré les Turcs. » P. 113-1 18.

Arrivé sur la hauteur d'où Ganeion a cru apercevoir Marsile et les siens , le duc Naimes reconnoit l'armée du gentil bachelier tant attendu , et se hâte de rapporter cette grande nouvelle à l'empereur. — « J'ai assez vécu , s'écrie Charlemagne ; je sais à cette heure que Luiserne sera prise. » — Puis il appelle ses barons, et leur dit : « Barons, désarmez-vous, ôtez vos chausses et vos souliers , et allez tous à terre , sur les mains et sur les genoux, au devant de celui qui nous arrive :

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on ne saurait trop honorer qui amène un tel renfort. » — Etonnement de Gui de Bourgogne à la vue des barons françois dans cette posture. — « C'est humilité, dit Bertrand : leur joie est telle qu'il ne savent comment la manifester. — C'étoit aux plus jeunes, c'étoit à nous, reprend Gui, à nous prosterner ainsi. » Et aussitôt il ordonne à ses barons de tourner leurs épées la pointe en bas et de se précipiter à terre sur les coudes et sur les genoux. — C'est ainsi que les deux armées se rencontrent au milieu d'une prairie. — Charles et Gui se relèvent et s'embrassent d'une telle étreinte qu'on aurait fait une lieue avant qu'ils pussent parler. — Après s'être baisés tendrement l'un et l'autre, Gui de Bourgogne tombeaux pieds de Charlemagne : « Grâce! beau sire, lui dit-il ; écoutez ma parole : il y a vingt-sept ans accomplis que vous emmenâtes nos pères. Un jour, dans une assemblée à Paris, on me fit roi contre mon gré ; si je n'eusse accepté, on m'eût tué. Mais je ne voulus tenir en France ni château ni cité, et je fis chevaucher après vous ceux

bonne cité, puis, non loin de là, Montesclair et Montorgueil. J'ai fait baptiser Huidelon et avec lui plus de trente mille païens. J'ai pris encore Aogorie et Maudrane. Je remets en vos mains ces cinq cités et toutes leurs richesses. Voici mon épée; prenez-là, et coupez-moi la tête , si c'est votre bon plaisir. — Par mon chef, répond Charlemagne. vous êtes preux et sensé ; de votre vie vous ne pérorez la couronne que vous portez. Je vous donnerai l'Espagne, si vous la pouvez prendre. — Et maintenant, enfants, à vos pères ! » s'écrie Gui de Bourgogne. — Lui-même se jette dans les bras de Sanson et lui baise plus de cent fois la bouche et le nez. — Depuis qoe Dieu hébergea saint Pierre aux prés de Néron, et qu'il ressuscita le corps de saint Lazare, on ne vit jamais au monde pareille joie ni pareille foule assemblée. — « Faites venir les dames sans retard , dit le roi Gui au jeune

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Bertrand , car c'est merveille comme chacune désire son baron. » — Les dames descendent de leurs chars et se dirigent vers les tentes, précédées de Gille, la sœur de Charlemagne, qui amène avec elle la belle Aude. — Entrevue de la belle Aude et de Roland. — Les dames se réunissent à leurs barons. — Celles qui ne les retrouvèrent point, Pempereur prit soin de les bien marier. P. 1 18-122.

Charlemagne accorde huit jours à ses barons pour se reposer dans les chars avec leurs femmes. — Ils n'en sortirent qu'à nones ou à vêpres. — Ce temps passé, l'empereur réunit les dames et leur dit : « Dames, je ne puis vous le cacher, il convient que vous retourniez en France ; vous ne pouvez ici partager nos fatigues, jeûner parfois comme nous et endurer toutes les misères. Nous allons marcher contre Marsile, et si Dieu nous permet de vaincre les mécréants et de leur enlever leurs fiefs, nous rentrerons aussi en France à la saint Bastien. Alors Roland prendra belle Aude pour femme, nous couronnerons le jeune Gui, à qui )e donnerai en fief ce riche pays , et Roland aura la France, qu'il désire tant. — A vos ordres », répondent les dames. — Hélas! quel malheur les menace ! Que de milliers de chevaliers se réjouissent de ce retour promis, qui ne reverront jamais ni leurs femmes, ni leurs enfants ! Ils seront vendus à Marsile et souffriront le martyre de Roncevaux ! P. 122-123.

Départ des dames. — Charlemagne rend leurs cités et leurs royaumes à Huidelon et à Escorfaut, mais tous deux reconnoissent le jeune roi d'Espagne pour suzerain. — Départ des convertis, qui retournent dans leurs domaines. — Un ange apparoît à l'empereur et lui ordonne d'aller en Galice adorer saint Jacques ; il lui promet pour son retour un grand sujet de joie. — Départ de Charlemagne pour saint Jacques, avec neuf de ses barons. — Il laisse l'armée à la garde de Gui de Bourgogne. P. 123-125.

L'empereur n'est pas à une demi-lieue que Gui fait Gui de Bourgogne. à

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sonner un cor pour appeler les chevaliers aux armes et les lancer contre Luiserne. — Assaut et prise de cette ville. — Mort d'Aquilant et des siens. P. 125-128. — Gui de Bourgogne se saisit du palais d'Aquilant et annonce qu'il le rendra à Charlemagne.

— Vif débat, à cette occasion , entre Gui et Roland, qui a contribué aussi à la victoire. Menacé par Roland, Gui de Bourgogne est défendu par les siens.

— Retour de Charlemagne, qui apprend avec grande joie la prise de Luiserne. — Le débat entre Gui et Roland se renouvelle en présence de l'empereur. — Charles y met fin en faisant évacuer Luiserne, puis il s'agenouille dans une prairie et demande à Dieu, par une fervente prière, de réduire la ville en tel état qu'elle ne puisse jamais exciter l'envie des deux barons, ni de personne. — Au même moment la cité s'abîme ; elle devient plus noire que poix fondue , et les murs en sont vermeils comme rose : c'est ce que peuvent encore voir ceux qui vont dans la contrée. — Après ce miracle, Charlemagne donne l'ordre de lever les tentes, et l'armée prend le chemin de Roncevaux. P. 128-130.

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