‹ Guide a Chamonix et dans la chaine du Mont BlancChapitre 13 sur 71 · HORACE BÉNEDICT DE SAUSSURE DESCENDANT DU COL DU GÉANT · texte numérisé non relu

HORACE BÉNEDICT DE SAUSSURE DESCENDANT DU COL DU GÉANT

CHAMONIX. ET LE MONT-BLANC

attendrie par l’ardeur du soleil, nos gens n’étoient pas allés y marquer des pas ».

Ceci indique que le piolet n’avait pas de grands adeptes. Ces lignes sont les seules que De Saussure consacre à son passage sur la cascade gelée du glacier du Géant, qui demande toujours de l’habileté et de la précaution, et qui souvent dans ces dernières années, a exercé l’ingéniosité de ceux qui la franchissent. Six, huit, ou même dix heures, sont souvent employées parmi les séracs du Géant. On peut donc considérer De Saussure comme heureux de n’avoir mis que sept heures, pour aller du Tacul au Col.

Lors de sa visite au Col du Géant, et pendant son ascension du Mont Blanc, il échappa aux accidents, bien que sa manière de procéder fut bien faite pour lui en amener. Avant 1787 (quoiqu’il eut fait l’ascension du Buet), son expérience personnelle ne lui avait probablement rien appris sur les crevasses cachées et les mesures qu’elles nécessitent. Aucune indication ne prouve qu’il se soit jamais servi d’une corde pour s’attacher à ses guides.

En parlant de ses escalades sur les pentes au-dessus du Grand Plateau, il prétend que ses guides l’aidèrent, grâce à un système qui lui paraît être en même temps le plus sûr pour ceux que l’on assiste et le moins gênant pour ceux qui aident. « Il consiste à avoir un bâton léger, mais fort, de huit ou dix pieds de long, et deux guides, un devant, l’autre derrière, ils tiennent le bâton par ses extrémités du côté du précipice, et vous marchez entre eux, retenu par cette «barrière ambulante», qui vous supporte en cas de besoin. Cela n’ennuie, ni ne fatigue les guides, le moins du monde, et peut leur aider à se soutenir, si l’un d’eux arrivait à glisser ». « C’est dans cette attitude, » dit-il, « que je fus représenté par M. le Chevalier de Mechel, dans la grande planche coloriée qu’il a gravée, de notre caravane h »

Voilà sa méthode pour s’assurer contre les glissades ou les chutes dans les crevasses invisibles. Les guides Chamoniards de son époque semblaient pourtant connaître l’usage de la corde, quelquefois ils s’attachaient ensemble pour éviter les accidents ; quoique le plus souvent, ils portassent une corde avec eux, simplement pour réparer les résultats de leur manque de savoir ou de leur stupi-

1 La gravure est intitulée < Horace Benediet de Saussure et son fils, dans leur trajet au Col du Géant ». De Saussure se trouve entre deux guides qui tiennent le bâton < du côté d’un précipice (de cinq pieds de haut) »>. Le porteur de l’échelle indique le chemin; il est suivi du seul homme possédant un piolet. Les originaux des observations météorologiques faites par de Saussure au Col du Géant furent publiés in extenso pour la première fois par son petit-fils, Henri de Saussure, dans les mémoires de la Société de Physique et d’ Histoire naturelle de Genève, en 1891, à l’occasion du centenaire de la fondation de cette société. Le mémoire a pour frontispice une reproduction photographique d’un dessin certifié « un dessin authentique retrouvé dans les papiers d’H.-B. de Salissure, relatifs à cette * expédition . Ce dessin parait être une première ébauche pour la plaque gravée et a de nombreuses différences avec elle. Par exemple, le porteur d’échelle est à l’arrière, l’homme au piolet est le quatrième en ligne et M. de Saussure n’a pas le bâton du côté du précipice.

La gravure qui le montre descendant est renversée, parce que le dessin a été fait du mauvais côté sur la plaque. De Saussure descendit par le versant italien du col. La vallée de gauche devrait être à droite de la planche. Cette image veut représenter la pointe supérieure du côté italien de Val Ferret.

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