‹ Guide a Chamonix et dans la chaine du Mont BlancChapitre 14 sur 71 · HORACE BENÉDICT DE SAUSSURE ET SON FILS EN ROUTE POUR LE COL DU GÉANT · texte numérisé non relu

HORACE BENÉDICT DE SAUSSURE ET SON FILS EN ROUTE POUR LE COL DU GÉANT

CHAMON I \ KT LK MONT-BLANC

dité. Ce que j’avance là est relaté dans l’incident déjà cité, dans lequel Marie Couttet n’échappa que parce qu’il était attaché à deux de ses camarades. Cet épisode ne causa pas une énorme impression, car dans le voyage au Col du Géant, personne ne paraît avoir été encordé. « Tout à coup, » écrit de Saussure, « nous entendîmes les cris de : « Des cordes, des cordes .» Ils voulaient retirer hors des entrailles du glacier, Alexis Balmat, un de nos porteurs, qui nous précédait d’environ cent pas. A l’improviste il était disparu au milieu de ses camaiades, englouti par une crevasse, profonde de soixante pieds. Heureusement qu’à moitié chemin, il fut soutenu par une masse de neige collée dans la fissure. »

Inutile de citer la plupart des ascensions du Mont Blanc, effectuées dans le commencement du dix -neuvième siècle. Guides et touristes se contentaient de suivre la route établie, et jusqu’en 1819 la seule variante faite au chemin ordinaire se trouvait au début de la course. Au lieu d’aller via Montagne de la Côte, on prit la ligne qu’on a l’habitude de choisir depuis, par Pierre Pointue et Pierre à l’Echelle, ligne évitant sous quelques rapports, mais pas complètement, la glace fendillée et accidentée de la Jonction, qui a toujours été jugée pénible \ (Voir l’illustration de la page 46). La modification suivante, de la route primitive de Balmat fut inventée en 1827, quand Sir C. Fellows et M. Hawes allèrent du Grand Plateau au sommet, par le chemin baptisé maintenant « Route du Corridor » ; à partir de ce moment jusqu’à celui où l’arête des Bosses fut trouvée praticable, la route du Corridor devint usuelle. M. John Auldjo, qui fit le Mont Blanc, le 9 août 1827, prétend qu’il traversa le Grand Plateau, vers la gauche, « laissant la vieille route qui menait droit à travers la plaine ». Plus loin il raconte 2 qu’ au-dessus des Rochers Rouges il revint « encore dans la vieille ligne d’ascension que nous avions quittée sur le Grand Plateau », et dit que ce nouvel itinéraire fut pris pour la première fois par « MM. Hawes et Fellows, le 25 juin dernier, car nous avions suivi la route que ces messieurs avaient découverte ». D’autres événements eurent lieu dans le commencement du dix -neuvième siècle, qui étendirent la renommée de Chamonix et du Mont Blanc. Chamonix a toujours bénéficié de la publicité, et Alexandre Dumas, lui en donna plus que personne, grâce aux chapitres de ses Impressions de Voyage , où il décrit les péripéties de sa visite et narre son interview avec Jacques

1 En 1855, MM. Hudson, Kennedy, Ainslie et Smyth, réputés parmi les meilleurs amateurs. de leur époque, furent incapables de descendre des Grands-Mulets au sommet de la Montagne de la Côte. « Nous arrivâmes à un point situé au bord des Glaciers des Bossons ot de Taconnay, et seulement à quelques centaines de mètres du sommet de la Montagne de la Côte qui était en dessous de nous. Chaque fois que nous cherchions à l’atteindre, nous dûmes remonter à cause de crevasses énormes et impraticables. » Where there’s a Will , there’s a Wciy, par le Rév. Charles Hudson et Edward Sliirley Kennedy, London 185G.

2 Narrative of an ascent to the swnmit of Mont-Blanc, par John Auldjo, Esq ; in-8. London 1830, pp. 51, 55. L’Hon. Ed.-B. Wilbraham dit pourtant, dans la description de son ascension faite en 1830, que la route du Corridor fut découverte par Joseph-Marie Couttet.

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