LE' PAVILLON DU MONT FRÉTY EN
sommet du Col du Gréant, l’ascension de l’Aiguille du Mont-Blanc, celle du Mont-Blanc par le glacier de Brenva et celle des Grandes Jorasses.
Le sommet du Col du Géant (3362 mètres (Cr. T.
15 ou 20 fr.), est visible de Courmayeur, au-dessus du Mont Fréty. Il y a un chemin muletier jusqu’à l’hôtel ou pavillon du Mont Fréty, 2173 mètres, ensuite un sentier monte au col. L’excursion du Pavillon (Cr. T. 6 fr.) est une course normale ; il faut 2 h. 30 pour y parvenir et 1 h. 30 pour en redescendre. Le panorama de cet endroit comprend l’Aiguille du Géant, les Grandes Jorasses et le Grand Combin, mais tous ces sommets peuvent être plus avantageuse-
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ment aperçus d’ailleurs. Du Pavillon au sommet du col, il faut à peu près 3 h. 15. On monte principalement sur des rochers entremêlés de neige au début et à la fin de la saison ; ils sont faciles à escalader. Quelques mètres au-dessous de ces rochers, du côté italien, se trouve une cabane visible de Courmayeur et de l’Hôtel du Mont Fréty ; elle forme un agréable but de promenade. Elle fut érigée en 1876, et a été agrandie depuis. En août 1888, S. M. la reine d’Italie dormit à l’hôtel du Mont Fréty ; elle en partit pour le col le lendemain matin, avec 17 personnes, conduite par Henri Séraphin. Le mauvais temps s’étant déclaré, ils furent forcés de passer la nuit à la cabane. Le 17, ils retournèrent à Courmayeur.
Une autre cabane fut édifiée par le Club Alpin Italien, un peu au-dessous de la cime du col, sur le versant italien. C’est une massive construction à deux étages, appelée le Refugio Torino. Elle fut inaugurée le 28 août 1899, et, ce jour-là, fut visitée par plus d’une centaine de membres de l’I. A. C. ou de leurs amis. Elle est ouverte du 15 juillet au 15 septembre, et, comme elle est au sommet du passage le plus fréquenté du massif du Mont Blanc, elle rend de grands services. Ce refuge est solide et mieux construit que ne le sont généralement les bâtiments de ce genre. Vu qu’il est à près de 3352 mètres, au-dessus du niveau de la mer, son Tarif est modéré.
Tarif du Refugio Torino, Col du Géant
Fr. Cts.
Droit d’entrée 1.00
Lit 4.00
Couvert 1.00
Pain 0.30
Potage 0.75
Deux côtelettes de mouton 1 . 25
Bifteck 1.75
Un poulet 5.00
Un œuf 0.25
Deux œufs et du beurre. . 0.80
Une omelette à la confiture 1 . 50
Fromage (Gruyère ou Gorgonzola 0.40
Beurre 0.40
Miel 0.40
Biscuits 0.10
Fr. Cts'
Vin blanc ou rouge, la bout. 2 . 00 id. la demi-bout. 1 . 20
Vin chaud, la bouteille . . 2.50
id. la demi-bout. . 1 50
Champagne (Pomery ou
G reno ) 20.00
Asti (mousseux) .... 5.00
Barolo 5.00
Capri 4.00
Barbera 4.00
Marsala 4.00
Bière en bouteille .... 2.00
Limonade gazeuse ... 1.50
Un verre de vermouth . . 0.50
id. de cognac .... 1.00
id. de Whisky .... 1.00
« Le Col du Géant », dit sir Leslie Stephen, $< est et "restera toujours comme beauté le second ou le troisième, sinon le premier de tous les cols alpins. La partialité de ceux qui en découvrent de nouveaux a pu le comparer à d’autres de temps en temps, mais sa grandeur et sa variété sont toujours nouvelles et, d’après ce que j’ai vu, ne peuvent pas vraiment être égalées ». Ceci s’applique au col entier. Pour le versant français, voyez p.p. 127, 128. Le panorama du côté italien est très étendu ; les points principaux vus de la Cabane sont l’arête excessivement déchiquetée entre les glaciers de la Brenva et de Fresnay, avec les aiguilles de Peuteret et l’audacieux pinacle de l’Aiguille du Géant.
L’Aiguille Blanche de Peuteret, 4108 m., est l’un des points principaux de l’arête descendant vers le S. E. du Mont Blanc de Courmayeur.
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Son nom est d’origine récente. Elle fut escaladée la première fois par Sir H. Seymour King, avec les guides Ambrose Supersax, Aloys Anthamaten (?) et Emile Rey, le 31 juillet 1885. (Voyez p. 63, 64 la mort du professeur Balfour).
L’Aiguille Noire de Peuteret, 3777 m. (Cr. T. 70 fr.) est un très beau pic, un peu moins haut et sur la même arête que l’aiguille précédente, et dont quelques points sont à peine moins imposants que l’Aiguille du Dôme. Elle était autrefois connue sous le nom d’ Aiguille de Péteret. La première ascension en fut faite par Lord Wentworth, avec Emile Rey et G.-B. Bic, de Val Tournanche. A trois mètres du sommet, il aperçut un rat « qui glissa dans une fissure de rochers, dès qu’il me vit. Egalement près du sommet, je ramassai un peu de mousse avec des fleurs jaunes et roses, alors en pleine floraison (!). A 50 mètres audessous, je trouvai aussi quelques renoncules également fleuries ! » Lord Wentworth dans Y Alpine Journal , vol. ix, p. 2. Voir p. 67 la mort du Signor Poggi. Les pointes déchiquetées entre les aiguilles Noire et Blanche de Peuteret ont été nommées par le capitaine Mieulet les Dames Anglaises.
L’Aiguille ou Dent du Géant, 4013 m. (Cx. T. 45, courses ext. Cr. T. 70 fr.).Ce pic, l’une des silhouettes les plus frappantes de la chaîne du Mont Blanc, est situé à environ 1 h. 20 m. au N. E. du sommet du Col du Géant. Il fut escaladé pour la première fois, le 29 juillet 1882, par MM. Alessandro, Corradino, Alfonso (17 ans) et Gaudenzio Sella, avec les guides J. -J. Maquignaz, B. Maquignaz et Daniel Maquignaz, de Val Tournanche. Avant l’ascension, les guides travaillèrent pendant quatre heures à miner le rocher et à sceller des crampons de fer auxquels les cordes furent attachées. Cette caravane atteignit la plus basse des deux dents rocheuses qui forment le sommet, et laissa environ 100 mètres de corde derrière elle.
La plus haute des deux dents rocheuses fut escaladée le 20 août 1882 par M. W. W. Graham, avec les guides Alphonse Payot et Auguste Cupelin de Chamonix. M. Graham dit qu’ après avoir atteint le steinmann érigé par MM. Sella, « droit devant nous, s’élevait l’autre dent plus haute d’à peu près 6 mètres et dont nous séparait une entaille très mal commode. La ligne de descente la plus rationnelle était bloquée par une énorme plaque branlante qui oscillait, nous dûmes donc nous laisser couler verticalement pendant 5 à 6 mètres et nous nous trouvâmes sur une petite arête entre les deux dents. C’était un rocher couvert de glace et qui s’amincissait graduellement d’un pied à quelques pouces, nous fûmes obligés de suivre l’arête à califourchon. »
L’altitude de la plus haute de ces deux dents semble avoir rapidement diminué. £M. J. W. Hartley les escalada toutes les deux le 4 juillet 1883, et il dit : « Nous fûmes frappés par la très petite différence de niveau entre les deux pics, nous l’estimâmes de 1 m. 50 à 2 m. 50 et nous trouvâmes que cette année le passage d’un pic à l’autre était la partie la plus facile de la montagne.
La cabane du Col du Géant sert habituellement de point de départ pour cette ascension qui est devenue une course classique. Grâce à l’aimable permission de M. Vittorio Sella, je puis donner l’illustration suivante, montrant les routes prises par MM. Sella et par M. Graham. A est le point le plus haut et B le sommet atteint par MM. Sella. Là où les routes se séparent au milieu de la gravure , celle de gauche fut prise par M. Graham ; c’est celle qui monte directement sous B. Celle de gauche dans la partie supérieure fut suivie par MM. Sella. La flèche indique la direction du Col du Géant.
On considérait autrefois qu’il était impossible d’atteindre l’Aiguille du Géant par ce que nous appellerons de la vraie escalade ; mais, le 20