DE LA MANIÈRE DE COMBATTRE LES TENTATIONS
Texte : Induite vos armaturam Dei, utpossitis stare adversm insidias diaboli. [Ad Ephes. 4-).
ExoRDE : Le démon, notre ennemi, est certainement un adversaire très-puissant ; car nous n'avons point à combattre contre la chair et le sang, mais contre les princes des ténèbres. Cet ennemi ne nous attaque pas toujours tous également et de la même manière, mais il nous hvre des assauts différents. Il faut donc employer contre lui des armes différentes que Dieu nous fournit. C'est pourquoi nous allons examiner comment il faut combattre les diverses tentations.
Division : Il y a plusieurs manières de combattre les tentations. 1° Certaines doivent être combattues par voie de mépris, certaines par des actes contraires. 2° Certaines par voie de provocation, et certaines autres par la fu:te.
Sources de la 1'^ partie : Traité ii, du n" 409 à 413. — Idem de la 2^ partie : Traité il. n» 413.
PÉRORAISON : Chacun doit donc examiner quelle est la nature de ses tentations et choisir le mode le plus propre pour en triompher. Il ne doit point en cela se fier à lui-même , mais 8*en remettre pour le moyeu à employer à ce que lui conseillcWi iOD directeur de conscience.
^84 — MÊME DIMANCHE
IKSTBVCTION sua LES DIVEBSES PARTIES DE L'EXAMEN DE CONSCIEIDCB.
Texte : Voluit rationem ponere cum servis suis. {Matth. 18). ExoRDE : Si à l'exemple de ce roi dont parle l'évangile de ce jour, nous voulions entrer souvent en compte avec nos sujets, c'est-à-dire avec les facultés de notre âme et les affections de notre cœur, nous reconnaîtrions à notre tour que nous sommes débiteurs de dix mille talents. Mais comme nous n'entreprenons que rarement ou peut-être jamais cette discussion avec nousmêmes, cela lait que nous vivons dans un profond aveuglement. Afin donc que nous puissions un jour plus facilement rendre nos comptes au Roi du ciel, apprenons aujourd'hui à bien examiner notre conscience.
Division : Les parties dont doit se composer notre examen de conscience sont indiquées dans ce distique, et on peut les compter sur les doig^ts :
Redde Deo grates, peie lumen, discute mentent, Sit dolor intensus, propositumque iibi^ On peut rendre ces conditions d'un bon examen par les quatre vers suivants :
Rends grâces à ton Dieu, demande sa lumière, Sonde avec soin ton cœur, qu'à ta douleur amère Vienne s'associer un ferme et bon propos. Ton âme en ces cinq points trouvera le repos. Sources : Traité i, du n» 369 jusqu'à la fin du chapitre. Péroraison ; Quiconque donc veut retirer de son examen de conscience le plus excellent fruit, doit observer ces cinq conditions, car on ne peut, sans un grave inconvénient, négliger d'observer des moyens dont l'exemple de tant de personnes pieuses nous démontre la haute utilité.
DE LA RKSTITUTION.
Texte : Rcddite eryo, quce sunt Cœsaris,Cœsari. {Ma(th. 22), ExoRDE : Notre-Seigneur Jésus-Christ, dans l'évangile de oe
jour , ne nous a pas sculouiout enseigné qu'il faut rnndre à chacun ce qui lui est dû, mais nous annonce qu'il viendra pour juger le monde selon la justice et le jugement. Mais que ce jugement sera sévère et implacable pour le plus grand nombre ! Car , selon saint xVugustin , le péché n'est remis que tout autant qu'on restitue ce qu'on a pris injustement. Afin donc que ce jugi'uiont ne soit pas redoutable pour nous, ce discours roulera sur robligalion de restituer.
Division : La loi rigoureuse de la restitution n'est pas observée par un grand nombre de chrétiens. 1° Plusieurs se fondant au sujet de cette loi sur des opinions fausses ou sur de frivoles raisonnements, se dispensent de l'accomplir. 2° Plusieurs, d'autre part, ne restituent [kis en temps opportun ou n'y observent pas les règles prescxiios.
Sources de la l^'^ partie : Traité m , Uos 72 et 78. Pn'u encore u<« 73, 74, 75. — Idem de la 2^ partie : No» 79, 80 j. SI, 83.
Péroraison : Il faut donc avertir tout le monde de s'examiner sérieusement pour savoir s'ils ne seraient pas du nombre de ces perstn^iies qui, sur de faux prétextes, n'observent pas le précepte de la restitution. Les auditeurs seront engagés à se faire des idées plus justes sur l'obligation de restituer le bien d'autrui ou de réparer le tort qu'ils lui ont fait.
MEME DIMANCHE
DES TENTATIONS SUSCITÉES SOUS l'aPPARENCE DU BIEK»
Texte: Ul probetis potiora. (Ad Philippenses , 1).
ExoRDE : Dans cette épître, saint Paul souhaite aux Philip» piens que le Soigneur daigne leur accorder par ses prières difïcrentes grâces, telles que la charité, une science abondante, la sincérité, l'exemption du péché, et en même temps il désire qu'ils sachent discerner ce qui est le meilleur. Ce n'était point jans raison , car nous avons conlinuellement à subir certains asssauts du démon qui se transforme quelquefois en ange de lumière pour mieux cacher sa perfidie , c'est pourquoi nous avons besoin de beaucoup de vigilance et de lumière pour T. IV. . 24
aavoîr discerner ce qu'il y a de meilleur. Nous allons donc nous occuper de cet important sujet.
DiTisiON : Tout le monde est exposé aux tentations, mais les personnes pieuses ont à subir les plus subtiles. 1° La tentation assiège indistinctement toute personne. 2° Néanmoins, les personnes pieuses éprouvent des tentations plus subtiles.
Sources de la 1« partie : Traité ii, n"^ 407, 408. — Idem de la 2* partie : Traité ii, du n" 414 à 419.
PÉRORAISON : Ne nous laissons donc pas. séduire par les vains dehors du bien , car même pour les bonnes œuvres , il faut une grande vigilance ; et pour ne pas être trompés par les ruses diaboliques, faisons part à notre directeur du bien que nous faisons €t soum.ettons-QOus à ce qu'il en décidera.
OBS M0IBII8 A PRENDRB POIIB SE MAINTENIR DAMS LA PBÉSBNCB