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qvûd confcssi fuerani, non negareni. {Moral, lib. xxti. cap. 10). Nous eiï connaissons plusieurs, dit le Saint, qui de leur propre mouvement se reconnaissent pécheurs, mais qui ensuite quand ils sont repris de leurs fautes , se mettent en défense pour se disculper. Ceux-là, s'ils se reconnaissaient par im sentiment de véritable humilité coupables d'une infinité de péchés et si dans cette conviction ils se méprisaient sincèrement , certes ils ne chercheraient pas à se justifier de ce dont on les accuse et qu'ils ent spontanément confessé, mais ils supporteraient avec calme les réprimandes dont ils sont l'objet.
571. — Le troisième degré d'humilité d'afifection consiste à se mépriser de telle sorte que les mépris du prochain de%'iennent pour nous une jouissance. Ceci est un degré élevé d'humilité, et il est difficile d'y parvenir. On peut toutefois y arriver, et l'on doit y aspirer, moyennant la grâce de Dieu. Saint Diodore distingue deux sortes d'humilité , l'une qui appartient aux progressifs et l'autre aux parfaits. Vna modicorum , altéra perfectorum. [dePerfect. Spirii. 95). Les premiers éprouvent des amertumes dans les humiliations, et la tristesse afflige leur âme, parce qu'ils n'ont pas encore surmonté les penchants déréglés de la nature. Les seconds, au contraire, y trouvent une jouissance, parce qu'ils ont déjà triomphé de leurs passions; en sorte qu'elles n'osent plus lever la tète pour leur déclarer la guerre. Mais en quelque état que nous nous trouvions, il est de notre devoir de nous efforcer de recevoir , avec satisiaction , les mépris , les affronts, les ignominies, en disant, du moins avec un sentiment de bonne volonté, si cela ne se peut pas , à cause de la répugnance de la partie inférieure et sensuelle de notre nature : 0 mon Jésus, me voici enfin méprisé comme vous l'avez été vous-même pour mon amour. Quoique ces outrages, ces persécutions, ces calomnies se présentent à moi sous un aspect repoussant, néanmoins, c'est par cette route de tribulations qu'on arrive au bonheur que vous avez promis à vos serviteurs, en leur disant : Beati estis cum maledixerini vobis et persecuti vos fuerint et dixerint omne malum adversum vos, mentientes, propter me. {Mat th. 5,-12). Ce sont là les gages de ces biens parfaits, impérissables et inénarrables que vous nous réservez dans le ciel. Gaudete, et exultate, quoniam merces vestra copiosa est in cœto. Nous devons donc nous réjouir, être dans la jubilation. C'est ainsi que notre amour pour le divin Rédempteur et Tar-
dente espérance des biens éternels, ad.j'icira ces amertumes qu'éprouve dans la trilmlatiou notre faible nature, et les changera mémo peut-être en délices spirituelles. Voilà quels sont les moyens pratiques de la vertu d'humilité que le directeur doit inculquer peu à peu dans l'àme de ses pénitents, selon la mesure des succès plus ou moins grands , et selon les dispositions qu'L reconnaîtra dans eux. Je ne veux rien ajouter en ce qui concerne les actes extérieurs d'humilité, qui consistent dans les paroles, dans les actions elles gestes, ou diverses attitudes corporelles, parce que j'en ai parlé dans le chapitre sixième, en présentant les actes pratiques qui s'y réfèrent.