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NOTIONS PRELIMINAIRES

Il a été tant écrit par de nombreux savants sur les archives du Vatican, sur leur histoire, leur organisation et leur contenu en général, que nous pouvons nous contenter de renvoyer aux plus remarquables de ces ouvrages1. Sinon, ce serait porter des hiboux à Athènes.

Lobjet spécial que nous avons en vue est un guide pratique et surtout actuel, pour la mise à profit de ces archives. Il nous

1 G. H. Pertz, „Italienische Reise" 1821-1823, dans Archiv der Gesellschaft fur altère deutsche Geschichtskunde. tom. V (Hannover 1824), pages 24-33. — G. Marini, Memoric istoriche degli archivi délia S. Sede Apostolica (Roma 1825). Réimprimé dans H. Laemmer, Monumenta Vaticana historiam ecclesiasticam saec. XVI illustrantia (Freiburg 1861). — Dudik, Iter Romanum, tom. Il (Viennae 1855) pages 5-30. — M. Gachard, Les archives du Vatican (Bruxelles 1874). -1- P. A. Mùnch. Aufschliïsse iiber das pâpstliche Archiv, traduction allemande par S. Lœwenfeld (Berlin 1880). — A. Gottlob, „ Das Vaticanische Archiv", dans Hist. Jahrbuch, vol. VI (1885), pages 271-284. — S. Loewenfeld, „Zur Geschichte des "pàpstlichen |Archivs im jMittelalter". dans Zeitschrift fiir Kirchengeschichte de Brieger, vol. III (1878), page 139 et suiv. — Le même, „Geschichte des pàpstlichen Archivs bis zum Jahre 1817", dans Archiv. Zeitschrift fiir Kirchengeschichte, vol. V (1886) pages 307-327. — Le même, „Zur neuesten Geschichte des pàpstlichen Archivs", dans Historisches Taschenbuch (1887), et Archiv. Zeitschrift zur Kirchengeschichte, vol. VI (1884), pages 279—301. — Regestum Clementis papœ V (Romae 1885), vol. I Proleg., pages 13—68. — Fr. Gasparolo, „Costitutione dell*archivio Vaticano e suo primo indice sotto il pontificato di Paolo V", dans Studi e documenti di storia e diritto. Anno VIII (Roma 1887), pages 3—64. — Fr. Ehrle, Historia bibliothecœ Rom. Pontificum tum Bonifatianœ tum Avenionensis. Tom. I (Romae 1890». - Langlois et Stein, Les Archives de l'histoire de France (Paris 1893), page 743 et suiv. — R. de Hinojosah, Los dispachos de la diplomacia ponteficia en Espaha (Madrid 1896), tom 1. Introd., page 27 et suiv. — A. Cauchie, De la création d'une école belge à Rome (Tournai 1896), pages 7-42. — E. Bâcha, „Les collections historiques du Vatican", dans Compte-rendu de la Comm. royale

suffira donc de signaler que les archives du Vatican, telles qu'elles existent encore, ont été instituées quant à leur noyau fondamental en 1611 par le pape Paul V. Celui-ci fit rassembler dans un dépôt central les documents historiques du Saint-Siège qui se trouvaient dans la bibliothèque du Vatican, et dans les archives de la Chambre apostolique, des Secrétaires apostoliques, de la Secrétairerie des brefs et du Château Saint-Ange *. Ces archives ainsi réunies ont été dès lors considérablement augmentées. Les principales adjonctions furent : les archives de la Secrétairerie d'Etat (vers 1660), les archives d'Avignon (1783), les archives du Château St-Ange (1798), les archives de la Daterie(1892 et suiv.), les archives Borghèse (1893), les archives „dei Memoriali" (1905), les archives " dell'Uditore SSmo „ (1906), les archives consistoriales (1907), et les archives de la Secrétairerie des brefs (1909).

Léon XIII, avec une libéralité incomparable, mit en janvier 1881 les trésors des archives du Vatican à la disposition de ceux qui s'appliquent à des recherches historiques :t, acte qui certainement a

d'histoire, tom. XVI (Bruxelles 1889), pages 517-528. C. Eubel, „The secret Vatican Archives", dans American ecclesiastical Review (janvier 1896) pages 1-21. — Haskins, „The Vatican Archives", dans American historical Review (octobre 1896), pages 1-58, et The Catholic University Bulletin (avril 1897), pages 177-196. — Stephan Ehses, „ Les archives secrètes du Vatican ", dans L'église calho.ique à la fin du 19me siècle (Paris 1900), pages 331-339. — Robert Arnold, Repertorium germanicum (Berlin 1897) vol. 1. Introd., pages 13-63. — Caspar Wirz, Bullen und Breven aus italienischen Archiven (Basel 1902 vol. XXI des Quellen zur Schweizer Geschichte) Introd., pages 29-51. — D. Ursmer Berlière, Aux archives du Vatican (Bruges 1903). — G. Brom, „Geschiedvorsching in de pauselijke archieven", dans De Katholiek, tom. CXXIII (Leiden-Utrecht 1903), pages 20-54. - • Karlo Horvat, O Vatikanskom archivu(U ?Zagebru 1906). — E. Schmourlo, Rossija i Italia, II (Sontpeterburg 1908), pages 55-114. — Douglas Sladen, The secrets of the Vatican (London 1907), pages 358-366. — H. Otto, „Das Avignoneser Inventar des pàpstlichen Archivs vom Jahre 1366" etc., dans Quellen und Forschungen, XII (Rom 1909), pages 132-188.

La littérature, qui concerne spécialement l'une ou l'autre section des archives du Vatican, sera mentionnée chaque fois à sa place.

1 Voir l'inventaire complet à cette époque, dans Fr. Uasparolo, Costituzione dell'archivio Vaticano e suo primo indice sotto il pontificcto di Paolo V Ms. inedito di Michèle Lonigo. (Roma 1887), pages 36-62.

3 Un des premiers savants contemporains, si non le premier tout court, auquel fut accordé une permission très large de faire des recherches dans les archives du Vatican, a été l'éminent historien des Papes Ludwig von Pastor, qui déjà en janvier 1879 a commencé les fouilles préparatoires pour son oeuvre monumentale. Voir la notice de Pastor lui-même dans Hochland liéie année (Kempten 1903).

été un des plus glorieux de son pontificat. Depuis lors toutes les archives jusqu'à l'an 1815 sont devenues accessibles sans aucune réserve ; toutefois pour la consultation des pièces relatives aux temps modernes, il fallait une permission spéciale de S. E. le Cardinal Secrétaire d'Etat, outre l'autorisation ordinaire que S. E. le Cardinal Préfet des archives ne refusa jamais aux érudits. La même libéralité, que louent à l'envi tous les visiteurs des archives, continue à être de règle sous le pontificat de Pie X aussi, qui ne se montre pas moins généreux hôte et protecteur de la science que son grand prédécesseur. On ne trouvera personne parmi ceux qui ont travaillé quelque temps dans les archives, quelle que soit leur opinion religieuse ou leur nationalité, qui ne souscrive de tout cœur aux louanges chaleureuses sorties d'une plume autorisée : « In keinem Archiv arbeitet man leichter und freier als im Vatikanischen.... wo man sich ganz zu Hause fiihlt, wo den Studierenden so viele Hilfsmittel zu Gebote stehen, und die Begegnung mit Gelehrten aller Nationen, die dasselbe Interesse haben, so anregend wirkt „ 1.

Aux archives du Vatican est unie une florissante École de paléographie et de diplomatie, que Léon XIII a constituée par son Motu proprio du 1°' mai 1884: „ Fin dal principio " et proclamée dans sa lettre au Cardinal Hergenrôther du 15 mai suivant -; a été régie dès le début par un règlement pratique: « Ordinamenti per la Scuola di paleografia presso l'archivio pontificio Vaticano 3 ». Le même Souverain Pontife en confia la direction à Mgr. Isidoro Carini, qui après sa mort en 1895 fut remplacé par son digne élève, le professeur D. Angelo Melampo 4.

Les leçons Ont lieu lundi, mercredi et vendredi, de 12 heures à 1 h. de l'après-midi. L'École est ouverte de novembre jusqu'à juin. Les élèves peuvent se présenter à un examen pour obtenir le diplôme d' archiviste-diplomate. Il y a deux examens, Y un écrit, l'autre oral : l'examen écrit se fait pendant deux jours, et porte sur la paléographie des codices et sur la diplomatie des chartes

1 C. Wirz, Bullen und Breven, Introd. page 4.

2 Leonis papa XIII allocutiones, epistolae etc. (Brugis 1887), II page 76.

3 Voir Studi e documenti di storia e di diritto VI (Roma 1885). pages 106-108.

4 C'est'à lui-même que je dois en substance ces utiles renseignements, et aussi les meilleurs remercîments.

(diplomatica pontificia); l'examen oral se rapporte à la paléographie, la diplomatie pontificale et la chronographie du moyen-âge. Sur l'organisation et le but de cette École on pourra consulter Isidoro Carini, Prolusione al corso di paleografia e critica storica, inaugurato nella pontificia scuola Vaticana il 16 marzo 1885 (Roma 1885). Le même illustre savant a fait paraître en fascicules : Corso di paleografia, diplomatica e critica storica (Roma 1886 etc.).

On a eu dans le monde savant, des siècles durant, une idée très haute de l'importance toute particulière des archives du Vatican, idée qui peut-être a été suivie d'un peu de déception, lorsque Léon XIII permit l'accès de ces trésors si longtemps cachés. C'est sourtout le moyen-âge qui aurait justifié cette déception ; car de nos jours encore un savant bien informé a pu dire : « Il n' est plus permis aujourd'hui de s'occuper d'histoire ecclésiastique moderne, si l'on ne s'est pas familiarisé avec les archives du Vatican, en y passant un temps assez long. On y apprend à connaître non seulement la politique et l'administration papales, mais les traditions qui animaient la chancellerie, le fonctionnement de la Curie romaine, dont l'action multiple s'étendait sur toute l'Eglise, enfin ce monde de curiaux, qui se répandaient sans cesse à travers la chrétienté pour y porter, avec les ordres du Souverain Pontife, l'esprit vraiment catholique et le tempérament, j'ose dire international, de sa politique, opposés à la diplomatie étroite, égoïste des rois de France x ».

Fama crescit eundo ! Naturellement la légende ne s'est pas fait faute d'exagérer les richesses dont on faisait si grand bruit. On a même prétendu que le nombre des liasses, cassettes et volumes contenus dans les archives pontificales s'élevait à deux millions et demi. En réalité, en se référant à ce qui a été souvent assuré, ce nombre ne dépasserait pas 27.000 ; d'autres cependant jugent cette estimation beaucoup trop basse. A l'heuie qu'il est, en tout cas, elle est largement dépassée, depuis que l'on a incorporé au dépôt du Vatican les 7000 volumes de la Secrétairerie des brefs et environ 1200 volumes des archives consistoriales.

1 P. Richard, Revue d'histoire ecclésiastique, tom. VI (Louvain 1905), page 857.

A s'en tenir à l'appréciation la plus modeste, on ne s'en trouve pas moins devant une montagne de documents, qui défie évidemment un examen complet, s'étendant à chaque manuscrit en particulier. Une longue vie ne suffirait pas à épuiser même une partie relativement petite de cette « mer à boire ». Il résulte de là que ceux qui feront des recherches historiques dans les archives du Vatican surtout ceux qui rassemblent des matériaux pour l'histoire de leur propre pays, doivent a priori renoncer à être absolument complets et se contenter de résultats partiels.

Pour effectuer ce travail aussi bien et aussi largement que possible, il ne nous manque point l'aide précieuse, dont Dudik à son époque déplorait l'absence *; car nous pouvons maintenant faire usage des inventaires et des index existants : autant de guides pour rassembler tout ce qui se rapporte à quelque sujet déterminé. Quoique cette méthode ne saurait donner tout ce qui est désirable, elle présente plus d'un avantage, surtout quand il s'agit de réunir les matériaux pour l'histoire d'un seul pays, d'une contrée spéciale ou d'un évêché déterminé. C'est ainsi qu'on pourra tirer le plus grand profit des index qui sont le résultat des immenses travaux déjà effectués par d'autres. Pourquoi ne pas s'empresser de relever soigneusement ce que les archivistes du Vatican ont signalé, lorsqu'ils composaient pour leur propre usage leurs inventaires et leurs index ?

C'est la méthode que, provisoirement du moins, j'ai suivie dans les recherches systématiques que j'ai faites en vue de l'histoire des Pays-Bas. Peut-être ne semblera-t-elle pas assez strictement scientifique à ceux qui estiment plus utile, même indispensable, une exploitation complète et à fond de chaque section-. Cependant en ce cas le mieux pourrait aisément devenir l'ennemi du bien. Y a-t-il un seul Institut historique national qui pût, en vue de son but spécial, explorer d'un bout à l'autre les séries in-

1 Iter italicum II, p. 63.

:! C'est dans ce sens par exemple que s'est naguère prononcé assez décidément l'ancien directeur de l'Institut historique belge, D. Ursmer Berlière, dans les Archives belges, llme année (Liège 1909), pages 29-31.

terminables des archives du Vatican? Et le résultat final d'un travail aussi gigantesque, auquel il faudrait consacrer plusieurs vies, répondrait-il au labeur et aux frais qu'il aurait absorbés? L'Institut historique prussien lui-même, qui dispose de si larges ressources financières et d'un si grand nombre de collaborateurs de marque, a renoncé à la publication du Repertorium germanicum, après l'élaboration d'une seule année du pontificat d'Eugène IV. Tant que l'on n'aura pas créé une entente cordiale entre les divers Instituts nationaux pour exploiter en commun, suivant un plan adopté par tous, les richesses inépuisables des archives du Vatican (votum pium qui a été maintes fois exprimé, mais dont la réalisation ne se laisse pas prévoir de longtemps), les efforts isolés pour utiliser complètement ces trésors ne peuvent être qu'un travail de Sisyphe.

Jusqu'à présent les inventaires et les index existants sont donc le seul secours pour pouvoir utiliser dans la mesure du possible les matériaux et pour se faire une idée générale et exacte des fonds que l'on devra conseiller à l'occasion pour poursuivre l'investigation de quelque détail particulier.

Mais n'insistons pas sur la question toujours discutable, si cette méthode de recherches mérite d'être préférée, et dans quelle mesure. D'ailleurs il n'est pas improbable qu'elle est adoptée de fait par plusieurs, sinon pour l'excellence du principe, du moins faute de mieux, comme les nécessités pratiques trop souvent forcent de le faire. Je pourrais déjà citer en exemple M. le Dr. Herman Ehrenberg, qui a principalement utilisé les index et inventaires pour composer ses deux volumineux ouvrages1. La même méthode semble avoir été suivie par la Mission scientifique suédoise, au profit de l'histoire nationale de ce pays2.

Les œuvres de ce genre, qui tirent des archives du Vatican des matériaux pour l'histoire nationale, provinciale ou locale, seront les premières à profiter de ce secours. Il leur faut avant tout pouvoir faire facilement et complètement leur profit des index et inventaires

1 Urkunden und Aktenstucke zur Geschichte der in der heutigen Provinz Posen vereinigten ehemals Polnischen Landesteile (Leipzig 1892). — Italienische Beitràge zur Geschichte der Provinz Ostpreussen (Kônigsberg 1995).

2 Voir K. H. Karlsson, Forskningar i Vatikanens archiv och darmed sammanhângande arbeten 1894-1900 (Stockholm 1901).

existants. Nous allons donc pour orienter le lecteur entrer dans quelques détails à ce sujet.

Le mot bien connu du baron de Reiffenberg: « Les anciens catalogues de manuscrits sont des documents aussi curieux qu'importants pour l'histoire littéraire. Ils donnent une idée de la composition des bibliothèques aux différentes époques et des ressources offertes à l'étude ', s'applique plus encore que dans les cas ordinaires aux inventaires et index des archives du Vatican.

Remarquons cependant avant tout qu'ici on ne trouve pas d'inventaires proprement dits, au sens strict du mot, et tels que la science de nos jours les réclame. L'inventaire général lui-même, celui de De Pretis (index 133). ne répond pas à ce que l'on est en droit d'exiger. Il y a maintenant une longue série d'« Indices > en 681 volumes numérotés, déposés dans le cabinet du sous-archiviste, où l'on peut librement les consulter. Mais ces index ont été pour la majeure partie « composés avant que l'on songeât à rendre les archives publiques > -, c'est-à-dire au 17^e et au 18me siècles, uniquement pour la commodité des employés eux-mêmes, ou en de quelque but spécial. Ce sont bien moins des inventaires que des répertoires: aussi la plupart sont-ils alphabétiques ou chronologiques3. En 1901 on a composé pour ces 681 volumes mêmes un Indice degli indici >, sous ce titre: « Inventarium indicum in secretiori Archivo Vaticano unica série existentium ». C'est un in-folio avec une couverture de parchemin, mais non encore numéroté.

L'inventaire de De Pretis, que nous citions tout à L'heure, présente un aperçu général de l'ancien « Archivio segreto » des papes, en suivant les 74 Armaria ou armoires dans lesquelles il est distribué. C'est un lourd in-folio, numéroté 133, qui porte pour titre:

Annuaire de la bibliothèque royale de Belgique, 3me année (1842), page 119.

-P. J. Blok, Verslag van onderzoekingen naar archivalia in Italie, belt rijk voor de geschiedenis van Xederlanl (la Haye 1901), page 39-

"Louis Guérard. Petite introduction aux inventaires des archives du Vatican (Rome-Paris 1931), page 28 et suiv. — Comp. Gu-rard, „.\otes sur quelques inventaires des archives pontificales". Annales de Saint Louis-.icz-Français, IV (1900), pages 479-508.

« Inventarium archivi secreti Vaticani Benedicto XIII régnante

Petrus Donninus de Pretis ». On y trouve indiqué, mais très sommairement, le contenu de chaque Armarium, le nombre des manuscrits qu'il contient et l'époque qu'il embrasse, le tout assez exactement. Les Armaria I jusqu'à XXVIII inclusivement renferment les Regesta Vaticana. qui ont servi de base au manuel rédigé à leur sujet par D. Gregorio Palmieri [. Quant aux Armaria qui suivent, De Pretis leur a attribué à chacun une rubrique ou titre spécial qui en indique le contenu sommaire. De nos jours on a publié plus d'un extrait de ces rubriques-: preuve évidente que l'inventaire de De Pretis reste toujours considéré comme un guide précieux dans le labyrinthe des archives du Vatican.

Les index de Joseph Garampi méritent d'être cités en second lieu. Garampi a travaillé de 1749 à 1772, à quelques interruptions près, dans les archives du Vatican, où il occupa durant plusieurs années les fonctions importantes de préfet. A plusieurs reprises il fut aussi employé à la diplomatie pontificale11, et il mourut cardinal en 1792. Il visita plus d'une fois incognito l'Allemagne, la Hollande également, et il a laissé de remarquables récits de voyage '\ Il doit surtout sa célébrité au gigantesque travail de répertorisation qu'il a accompli dans les archives du Vatican. Les gens du métier assurent que s'il n'avait pas frayé la voie en cette matière, les archives du Vatican seraient presque inutilisables et que la décision de Léon XIII d'en ouvrir l'accès serait restée à peu près lettre morte. Quiconque a travaillé dans ces archives est redevable à Garampi d'innombrables indications précieuses. « Garampi's und seines Gehulfen Joh. Bapt. Pistolesi Arbeitskraft und Arbeitsleistung wird

1 Ad Vat. archivi Rom. Pontificum Regesta manuductio (Romae 1884).

2 A. Cauchie, Mission, pages 11-13; Guérard, 1. c, pages 8-13; Baumgarten, Untersuchungen und Urkunden ùber die Caméra Collegii Cardinalium fur die Zeit 1204-1473 (Leipzig 1898), page 6, note 1.

3 Voy. I. Ph. Dengei, Die politische Tatigkeit des Monsignor Josef Garampi in Deutschland 1761-1163 (Rom 1905).

* Le récit de son voyage de 1761 à 1763 a été publié à part par D. Gregorio Palmieri (Romae 1889); de ce récit et de celui de 1764, M. von Weech a publié des extraits relativement à l'Allemagne (Heidelberg 1898); celui de 1764, en tant quil se rapporte à la Hollande, a paru dans Bijdragen en Meded. Historisch Genootschap, XX (Amsterdam 1899), pages 193-238; celui de 1776, en Silésie et Saxe, est publié par I. Ph. Dengei, Quellen und Forschungen, V (1902), pages 223-268.

jeder Benutzer des Vaticanischen Archivs je langer je mehr bewundern... Indessen die Hiilfe, die sie uns bieten, ist, so willkommen sie ist, doch nicht zuverlàssig »*.

En effet, ces index ne sont point des inventaires proprement dits. Ce sont des répertoires alphabétiques ou chronologiques, qui n'ont pas même été destinés en premier lieu à servir de guide dans les archives, mais qui ont été réunis comme répertoires de matériaux d'une immense compilation.

Garampi avait conçu le projet de composer à l'instar de la Gallia christiana un ouvrage embrassant le monde catholique tout entier et qu'il voulait intituler: Orbis christianus. Dans ce but, se faisant aider par un nombreux personnel, il recueillit un nombre incalculable de notes tirées de sources imprimées et inédites, chacune transcrite sur une fiche: les «schedulae Garampianae ». Jusqu'au 13me siècle presque toutes les notes sont empruntées à des sources imprimées, surtout aux travaux historiques classiques de Mabillon, de Martène, de Muratori, au Corpus historicum medii aevi, à la Gallia christiana, etc. Elles ne commencent à renvoyer à des sources inédites que depuis le 13me siècle, quand commencent les registres pontificaux. Garampi appellait cette collection de matériaux: « Apparatus ad historiam ecclesiarum Orbis christiani »2. La part du lion fut naturellement faite aux vastes trésors, jusque là fort peu utilisée, des archives du Vatican. On assure que Giambattista Pistolesi, prêtre de Florence, l'un des collaborateurs les plus actifs de Garampi, n'avait pas rassemblé moins de 600.000 de ces « schedulae»'. L' Orbis christianus resta à l'état de projet. Toutefois les notes de Garampi furent conservées, telles qu'il les avait laissées: en « schedulae ». L'on ne pouvait donc en faire usage qu'avec de grandes précautions, de sorte que l'on n'en accordait l'accès qu'aux employés des archives. C'est pourquoi le regretté Mgr Wenzel fit rassembler avec le plus grand soin ces milliers de papiers volants et les fit coller dans 112 in-folios, qui dans la série des 681 index des archives du Vatican occupent les numéros 445-556; en outre il y a 12 volumes supplémentaires occupant les numéros 670-681.

1 P. Kehr, Nachrichten der K. Gesellschaft der Wissensch. zu Gôttingen (1902), page 396.

3 Dengel, Die politische Tdtigkeit etc., page 7. 3 Palmieri, Manuductio, page 14.

Aucun historien, qui fait des recherches aux archives du Vatican, ne manque de profiter de cette fameuse collection de Garampi. Il y a même des publications qui se basent uniquement sur elle. Ainsi D. Gregorio Palmieri et M. l'abbé Calmet en ont tiré: Varia documenta quœ Rathenensem et Vabrensem diœceses respiciunf (Roma? 1896). Pour le diocèse du Puy. M. l'abbé H. de Surrel de St-Julien fit de même dans les Annales de Saint- Louis-des Français. I (1897). page 403*485. Dans le même périodique I p. 224-227 (M. Louis Guérard. page 216-267, y a publié un article intéressant sur: « Les recherches d'histoire provinciale dans les archives du Vatican ») on trouve aussi des renseignements utiles sur les index de Garampi.

Outre les douze tomes de l'« Indice cronologico » (n° 538-549), sur lequel nous reviendrons plus loin, l'index alphabétique de Garampi constitue un gigantesque répertoire, rangé sous huit rubriques:

a. Vescovi.

b. Abbates.

c. Bénéficia.

d. Miscellanea (I et II).

e. Papi.

/. Cardinali.

g. Offici.

h. Chiese di Roma.

Voici quelques détails relatifs à chacune de ces rubriques.

a. Vtscovi. Cette rubrique va du n" 475 au n° 511. Elle se rapporte surtout à des pièces émanées de la chancellerie et de l'administration pontificales, adressées aux évêques de chaque diocèse ou se rapportant à eux; les diocèses sont rangés alphabétiquement.

b. La rubrique Abbates (n° 535-537) est loin d'être complète. Elle est tirée pour une grande part des « Libri Obligationum et Solutionum » de la Chambre apostolique, et renvoie d'ordinaire à des pièces émanées de la Curie romaine, adressées aux abbés de monastères importants ou s'occupant d'eux. Ces monastères n'ont pas

Tirage-à-part des Analecta ecclesiastica III (Romae 1895 , pages 170-179 et pages 295-299, IV (1896). pages 3--42.

de place spéciale sous leur nom, mais sont cités sous les diocèses auxquels ils appartiennent.

c. La rubrique Bénéficia (n° 445-474) renvoie à des pièces relatives à l'octroi de bénéfices ecclésiastiques. Parfois cependant on y rencontre des documents d'une autre nature et de plus grande importance, par exemple des indulgences pour des églises et des monastères. J'ai trouvé ici sous Pie IV toutes les bulles papales pour l'érection d'évêchés dans les Pays-Bas en 1559 et 1560. Garampi ne s'est occupé de cette rubrique que fragmentairement. A l'exception d'un petit nombre de pièces du 13me et du 14me siècles, il renvoie régulièrement aux Regesta Vaticana, à commencer par Innocent VIII (1486). et dès lors assez régulièrement jusqu'à Pie V (1570). Donc il n'a pas traité la période de 1378 à 1486. et il a négligé aussi celle qui suit 1570. La plupart de ces index ne sont pas paginés.

d. La rubrique Miscellanea a deux subdivisions: Miscellanea I (nû 512-534) et Miscellanea II (n° 670-681). Elle renvoie à des pièces de toute nature de la chancellerie pontificale, ainsi qu'à des lettres reçues: mainte pièce a trait à des questions politiques et d'autres matières profanes.

e.-f. Les rubriques Papi (n'J 550) et Cardinali (nu 551) renferment des notes historiques, empruntées surtout aux archives du Vatican, relatives aux papes et aux cardinaux, dont les noms se succèdent alphabétiquement.

g. Il en est de même dans la rubrique Offici (n° 552-554), en ce qui concerne les différents emplois et fonctions à la cour pontificale. La liste commence par: abbreviator et se termine par: zecca.

h. La rubrique Chiese di Roma remplit deux tomes, n' 555 et 556. Elle renvoie aux centaines d'églises et chapelles de Rome, énumérées alphabétiquement.

Les principales séries auxquelles les index de Garampi renvoient ' au moyen d'abbréviations sont:

Regesta Vaticana. auxquels il va de soi que l'on se rapporte, a moins qu'une autre série ne soit expressément désignée.

1 Dans Guérard, Introduction, pages 34-86, on trouvera une explication complète des renvois employés par Garampi. Guérard les appelle à bon droit des hiéroglyphes.

Archivum Castelli S. Angeli • = A.A.

Regesta Lateranensia = A.B.

Brevia (à commencer avec Martin V) = Br.

Acta consistoralia = Cons.

Obligationes et solutiones Caméras apostolicse = O.C.

Introitus et exitus Caméras apostolicas = A.C. etR-C

Provisiones S. Collegii = P.S.CetS.C.

Lettere di particolari = PI.

Lettere di principi = Pt.

Lettere di vescovi = VS.

Diversorum Cameralium — Arm. 29.

Il y a en outre les Varia miscellanea, dont les quinze Armaria sont désignés par les lettres de l'alphabet grec, de sorte que, par exemple, Varia miscellanea II ou Varia Politicorum = (3, Varia miscellanea III = y, Varia miscellanea VI = Ç. La bibliothèque Carpegna est designée par C ou par Carp. Garampi ne renvoie que rarement aux correspondances des nonciatures; pourtant celles de Germania sont désignées par C, celles de Colonia par Col., celles de Francia par F., celles d'Inghilterra par I., celles d'Hispania par H., etc.

Garampi n'a pas fait usage des registres d'Avignon, ni des registres de suppliques, qui de son temps ne se trouvaient pas encore dans les archives du Vatican. Mais, même indépendamment de ce fait, son gigantesque répertoire ne prétend pas passer pour complet, parce que, ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer, l'existence n'en est pas due a l'intention de donner un aperçu systématique des richesses des archives pontificales, mais de compiler des matériaux pour l' Orbis christianus. Sans doute Garampi a laissé de côté ce qu'il trouvait inutile à son projet. D'ailleurs son répertoire lui-même n'est pas complet, et il présente de surprenantes lacunes. Ainsi Garampi a complètement laissé de coté les registres du Vatican du pape Sixte IV (1471-1484), quoiqu'ils soient composés de 135 tomes.

11 faut tenir compte aussi du fait que maintes fois soit ia date, soit l'indication du contenu des documents visés par les notes de Garampi font défaut, et que lorsqu'une indication quelconque du contenu est donnée, ce n'est presque jamais d'une manière suffisante. De plus les signes de renvoi employés sont fréquemment

modifiés ou remplacés les uns par les autres, de sorte que Guérard a pu dire sans injustice de ces index: « Leurs indications ne peuvent guère être utilisées ni publiées avant d'avoir été vérifiées »\ Il faut donc absolument que l'on se reporte aux sources mêmes pour y puiser les renseignements dont on a besoin. Sans être satisfaits, nous faisons avec gratitude usage du vaste travail de Garampi, qui d'ailleurs, à notre joie, a été complété considérablement par d'autres index qu' on a composés sur des parties spéciales des archives du Vatican. Nous en parlerons à mesure que nous serons amenés à nous occuper de ces diverses parties.

Ici nous n'avons à porter notre attention qu'à deux autres index qui la réclament, parce qu'ils ont aussi une portée plus générale. Tous deux sont rangés chronologiquement, mais il faut les distinguer l'un de l'autre.

Le premier se nomme brièvement: « Indice cronologico » de Garampi, et occupe douze tomes (n° 538-549). Il commence très haut, à l'an 163 de notre ère, et naturellement il ne tire au commencement ses notes que des imprimés; en se continuant jusqu'en 1808, il est basé principalement sur la section Varia Miscellanea, au sujet de laquelle nous en reparlerons. Cependant on peut dire que cet index chronologique aussi s'étend plus ou moins à tout le reste des archives du Vatican (sauf les registres d'Avignon et les registres de suppliques). Cet « Indice cronologico » peut donc rendre service comme supplément, surtout quand on a déjà fait usage de l'index alphabétique que Gsrampi a composé en outre sur la section Varia Miscellanea.

Il existe encore un autre registre chronologique en 17 volumes (n° 168-184), qui ne concerne que les temps modernes (de 1550 à 1721). Mais ce « Registro cronologico dell'Archivio segreto » concerne spécialement les archives de la Secrétairerie d'Etat, en énumérant selon l'ordre des temps les documents de ses fonls principaux, comme les nonciatures, Vescovi, Particolari, etc. C'est donc là qu'il nous en faudra reparler.

1 Introduction, page 37.

Après ces notions préliminaires, nous passons à la description des parties principales dont se composent actuellement les archives du Vatican. En nous mettant exclusivement au point de vue d'utilité pratique, nous laissons de côté les sections les plus anciennes, intitulées « Guardaroba » et « Biblioteca segreta ». Car c'est tout au plus de nom qu'elles subsistent; elles n'ont donc de valeur que pour l'histoire des archives du Vatican \ Nous faisons de même à l'égard des archives « dei Memoriali » et des archives « dell'Uditore SSmû » que j'ai mentionnées plus haut (page 2). Car elles ne sont pas encore accessibles aux recherches.

Je crois donc pouvoir distinguer et grouper comme suit les principales parties constitutives de ces archives:

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