RÉTRÉCISSEMENTS COMPLIQUÉS
Les rétrécissements de l'urèthre ne sauraient être guéris par une cure thermale, sans le secours d'au-
(1) Considérations générales sur la pathogénie des maladies de la prostate et prostatite svhaignë. D'' P. Bonloumié. 1874.
MALADIES DES VOIES URINAIRES
très moyens ; mais assurément, dans un grand nombre de cas, la guérison d'un rétrécissement uréthral m'a paru chose infiniment plus bénigne et plus facile pendant le cours du traitement hydrominéral suivi à Vittel que dans les conditions ordinaires de la vie. Ce ne sont guère, d'ailleurs, que les rétrécissements compliqués qui arrivent jusqu'à nous ; les uns sont accompagnés de contracture du col de la vessie, de spasmes uréthro-cystiques, les autres de cystite subaiguë ou chronique, de catarrhe vésical, de néphrite, etc.
En ayant soin de marcher prudemment dans le traitement à faire suivre aux malades, les rétrécissements ne donnent, en général, pendant la durée de la cure, lieu à aucun accident sérieux; mais, autant on doit être prudent au début, aussi bien dans l'emploi des eaux que dans celui des moyens chirurgicaux, autant l'on peut et l'on doit avancer hardiment dans le traitement dès que le col et le canal livrent un passage suffisant à l'eau qu'on fait ingérer, et, je ne crains pas de l'écrire, la dilatation uréthrale est grandement facilitée par l'usage des eaux de Vittel et des bains qui forment en pareil cas le complément presque obligé de la cure.
Maladies diverses avec troubles urinaires.
A côté des lésions anatomiques de l'urèthre, de la prostate et du col de la vessie, viennent se placer
des aftectioiis à marche irrégulière et à symptômes variables, qui sont le plus souvent sous la dépendance de celles-ci, mais, assez souvent aussi, sous la dépendance directe de la diathèse urique : je veux parler des névropatliies uro-génitales qui s'observent si souvent dans les maladies des voies urinaires et dans l'état goutteux. Elles atteignent le plus souvent les hommes livrés aux travaux de l'esprit et, plus particulièrement peut-être, les hommes qui se livrent à la méditation.
Ces malades, qui ne tardent pas à s'exagérer la gravité de leur mal, trouvent malheureusement, assez souvent, dans leur médecin un incrédule qui les désespère en cherchant à leur persuader qu'ils ii'ont rien, et s'adressent alors généralement à tous les empiriques, tous les charlatans, tous les faux spécialistes, qui non-seulement les exploitent indignement, mais leur font subir très-souvent des traitements aussi durs qu'irrationnels et dangereux.
Ces malheureux deviennent les victimes ordinaires des cautérisations répétées de l'urèthre et du col de la vessie, des vésicatoires à la partie interne des cuisses et au périnée, des traitements les plus fantaisistes contre des rétrécissements imaginaires, etc. Ils méritent grandement d'attirer l'attention des médecins.
Il me reste à parler, à propos des applications de la Grande Source, des diabètes, des glycosuries et des albuminuries. Je dirai seulement à ce sujet qu'à part quelques glycosuries de nature goutteuse, qui ont pu être modifiées à Vittel, les diabètes ne ren-