LA SOURCE SALÉE
trent pas dans la catégorie des maladies utilement traitées par les eaux de cette station. Quant à leur utilité dans le traitement de l'albuminurie, la question est encore à l'étude ; je l'ai discutée longuement il y a deux ans à la Société d'hydrologie; d'ores et déjà elle me parait réelle ; mais l'action des eaux me paraît être plutôt palliative que curative en pareil cas.
Dans les néphrites suppurées nous avons, M. Patezon et moi, obtenu des. résultats que certainement on n'aurait osé espérer, ni de l'emploi des eaux, ni de tout autre moyen. J'ai pour ma part, en traitement depuis plusieurs années, un certain nombre de malades, atteints de cette forme grave de néphrite, qui ont recouvré les apparences et les avantages de la santé, alors qu'au début de leur traitement hydrominéral ils présentaient un état local et un état général qui ne permettaient guère d'espérer même une amélioration temporaire.
La source Salée.
La source Salée de Vittel, la plus minéralisée des sources de la région et la plus riche en sels de magnésie, est spécialement employée dans les maladies du foie, dans les entérites avec constipations, dans les constipations de cause quelconque et dans l'état de pléthore avec obésité abdominale. Purgative pour la plupart des malades, elle est pour tous au moins fortement laxative. Son effet néanmoins ne
s'établit, dans la généralité des cas, que lentement; mais il est en revanche durable et même progressif. Cette eau est spécialement administrée en boisson ; éloignée des autres, cette source n'est pas employée à l'aUmentation des bains et des douches. Par l'effet de sa composition chimique, elle agit manifestement sur les parties inférieures de l'intestin aussi activement que sur la partie supérieure du tube intestinal et ses annexes.
Coliques hépatiques.
Les coliques hépatiques qui se présentent à Vittel affectent des formes très-variées, et l'observation que j'ai faite d'un grand nombre de cas me permet d'appeler l'attention sur certaines de leurs particularités. Je dirai tout d'abord que le nombre des coliques hépathiques qui se montrent avec les allures d'une gastralgie ou d'une simple dyspepsie sont très-fréquentes et qu'elles restent souvent pendant des années entières sans se manifester autrement. Aussi peut-on considérer la gastralgie comme liée le plus souvent à des troubles de la fonction hépatique.
La forme classique est néanmoins la plus fréquente de celles que nous avons l'occasion d'observer, peut-être parce que c'est la seule qui soit généralement reconnue ; mais encore, dans celle-là, voyons-nous souvent le paroxysme douloureux débuter par une véritable douleur gastraigique, qui