LES SOURCES
« maudit où ou ue s'aventurait qu'eu tremblaut et « eu se siguaut. II était liauté par les esprits iufer- <( naux. Le voyageur égaré la nuit y rencontrait des « gnomes, des farfadets et des menus lienuequins. « Des feux étiucelants éclairaient leur route y(- aérienne et permettaient de distinguer leurs (( hideuses figures, leurs yeux flamboyants, leurs « gueules menaçantes, leurs griffes meurtrières.
Chacun fuyait à leur aspect, en sorte que oncques « l'on ne pouvait savoir ce qui se passait dans leur « assemblée. »
Le merveilleux des cures opérées par l'eau bienfaisante ne pouvait raisonnablement s'expliquer à une époque toute de superstition que par la présence d'êtres surnaturels et terribles. Peu à peu les esprits infernaux disparurent et laissèrent boire paisibles les nombreux malades du pays lorrain. Aujourd'hui, captée dans un gracieux bassin taillé dans un bloc unique de grès infraliasique, entourée de verdure et de fleurs, la fontaine célèbre a perdu son terrible renom, pour ne conserver que la tradition reconnaissante de ses nombreux adeptes. Les frais visages de nos élégantes ont chassé pour toujours les hideuses figures des gnomes, et le cri satanique des menus hennequins a été remplacé par le chant de la fauvette et du rossignol.
Le bassin est placé au centre de la buvette qui communique avec une grande galerie de 45 mètres de long servant de promenoir les jours de pluie. A l'extrémité de la galerie est un petit salon chaulïé où se trouvent toutes sortes de jeux.
Le débit de la Grande Source est de 89 litres par minute et absolument invariable, quelle que soit la sécheresse de l'été ou l'abondance des pluies en hiver.
Sa température est de ll°oO centigrades.