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COLIQUES HÉPATIQUES

dure plus ou moins ]oiig"temps, sans coexistence d'autres phénomènes.

Au point de vue de leur origine, les coliques hépatiques peuvent être rapportées à un état diathésique ou à un état accidentel; dans ce dernier cas, elles peuvent être spontanées, primitives ou secondaires; elles peuvent résulter, comme les coliques néphrétiques, soit d'un spasme dû à l'action directe d'un produit de sécrétion hépatique anormal, soit d'une inllammation des voies biliaires de cause locale ou de cause intestinale, soit enfin, et c'est là le cas, sinon le plus fréquent, du moins le plus fréquemment décrit, de la présence et de l'engagement, dans les canaux biliaires, d'un corps étranger, calcul, sable ou agglomération de mucus ou de bile concrète.

Mon confrère M. Patezon a réuni dans un travail spécial un grand nombre de faits de coliques hépatiques observés à Vittel ; c'est à lui que revient l'honneur d'avoir attiré l'attention sur cette application des eaux de Vittel, à une époque où celles de Carlsbad et de Vichy étaient seules considérées comme efficaces en pareil cas.

Dans une discussion sur le traitement des coliques hépatiques (1) par les eaux minérales, j'ai, Tannée dernière, au nom de mon collègue et au mien, cité 207 observations recueillies à Vittel de 1874 à 1877, et, répondant à M. Durand-Fardel, j'ai

(1) Discussion sur les coliques hépatiques, à la Société d'hydrologie, par le D'' P. Bouloumié.

montré que la médication par l'eau de la som'ce Salée de Vittel ne s'adresse pas seulement à ces cas simples que toutes les médications peuvent plus ou moins modifier, mais améliore et guérit souvent les cas les plus graves, les plus compliqués et les plus rebelles. Mon opinion est faite à ce sujet et je la soutiens avec énergie. Faute d'espace, je ne rej)roduirai ici que quelques-unes des conclusions de de mon mémoire sur ce sujet.

Les résultats ohtenns par l'usage de l'eau de la source Salée de Vittel, dans les diverses maladies du foie et des voies biliaires, permettent aujourd'imi d'aflirmer que celle-ci est applicable au traitement des coliques liépatiques et spécialement à celles qui sont causées par la présence de concrétions biliaires et entretenues par un état catarrbal des voies biliaires. Le nombre et la variété des cas observés donnent à cette affirmation une valeur incontestable.

La tbéorie ne rend pas compte d'une manière absolue ni de l'action des eaux de Vicliy, ni de Faction des eaux de Vittel dans le traitement des calculs biliaires ; néanmoins nous pouvons établir, d'après les données de la physiologie, que l'eau et surtout l'eau mméralisée par les sels neutres ou alcalins favorise l'abondance de la sécrétion biliaire (ît Iluidifie celle-ci; que, par conséquent, outre qu'elle empêche des concrétions biliaires de se former, elle peut aider, par une action en môme temps physique et physiologique, à l'élimination des calculs déjà formés.

Les laxatifs, les laxatifs salins, dilués principalement, tels que les eaux de la source Marie et de la source Salée de Vittel, agissent aussi et pliysiologiquement et physiquement, de manière à diluer la bile, à augmenter sa sécrétion, à faciliter son excrétion et à décongestionner le foie.

Les eaux de Vichy, administrées à petites doses, peuvent être plus utiles que les eaux de Vittel administrées aux mômes doses ; mais, si l'on veut chasser de la vésicule des calculs déjà formés, on ne peut obtenir aussi sûrement ce résultat dans la majorité des cas, par le traitement de Vichy, qui comporte de petites doses, que par le traitement de Vittel qui comporte de grandes doses, pouvant être ingérées sans offense aucune pour les voies digestives et l'économie tout entière.

Le traitement par l'eau de la source Salée de Vittel, par Telfet de l'eau, des sels, et par l'action laxative due à ces deux éléments, agit en provoquant par deux moyens à la fois l'écoulement de la bile en quantité considérable, et comme tel, activant manifestement les fonctions physiologiques de l'organe, il est apte à en faire disparaître les engorgements inflammatoires subaigus ou chroniques.

Les calculs biliaires se rencontrent spécialement chez la femme, et la constipation étant, pour ainsi dire, l'état habituel de la femme, mais non son état physiologique, l'indication de l'emploi d'eaux laxatives se rencontre très-souvent dans la lithiase biliaire.

Dans les périhépatites, le traitement interne et

externe de Vicliy plus résolutif que celui de Vittel me paraît préférable à celui-ci toutes les fois qu'il n'y a pas de contre-indication spéciale.

Dans les hépatites chroniques, le traitement hydrominéral me paraît souvent indiqué, et quelques cas observés par M. Patezon et par moi permettent de penser qu'à Vittel, comme à Vichy, à Ems, à Carlsbad, on peut en pcreil cas obtenir de jvrais succès.

Les formes spécialement gastralgiques éréthiques, bien que justiciables aussi du traitement par Vittel, sont tout d'abord heureusement modifiées et rendues attaquables par les eaux de cette station pai' une cure préalable à Luxeuil, Plombières ou Néris.

Le traitement des maladies du foie et des coliques hépatiques particulièrement constitue, avec celui des constipations de causes quelconques, autres que les causes mécaniques, la spécialisation de l'eau de la source Salée.

Les résultats obtenus par l'eau de la Grande Source et ses analogues ou l'eau des autres sources de l'établissement de Vittel sont loin de se montrer aussi efficaces en pareil cas, de môme que l'action de l'eau de la source Salée est loin d'être aussi favorable que celle de la Grande Source dans les dyspepsies gastriques, dans la goutte, dans la gravelle et dans les maladies des voies uriiiaircs.

Constipation.

La constipation n'est qu'un symptôme, mais un symptôme qui, dans bien des cas, atteint la valeui-

d'une maladie, tant elle amène de malaise et cause de désordres dans la santé. Elle résulte le plus habituellement, soit d'une insuffisance de sucs digestifs, intestinaux et biliaires principalement, soit d'une atonie des organes digestifs inférieurs, soit le plus souvent de ces deux causes réunies. Les traitements destinés à la combattre doivent d'après cela agir sur les sécrétions et sur les contractions intestinales; c'est à ce double titre que les eaux de la source Salée de Vittel sont utilement employées en pareil cas, et c'est à cause de cette double action qu'on obtient par leur emploi des effets durables et exempts de cette réaction fâcheuse qui succède à l'emploi des purgatifs ordinaires et des drastiques. C'est ainsi qu'on voit des malades débarrassés pour Jongteiîips d'une constipation ancienne et rebelle parfois après une seule cure à Vittel.

Dans un certain nombre de cas, à l'action de l'eau doit être ajoutée pendant le cours du traitement celle des douches rectales, lombaires ou autres, ou des bains locaux ou généraux.

Par l'elfet de ce traitement, l'obésité abdominale diminue généralement dans une proportion notable pendant la durée môme du séjour à Vittel.

L'eau de la source Marie, légèrement laxative et diurétique, participe de l'action de l'eau de la Grande Source et de l'eau de la source Salée. Employée pendant longtemps avec un certain succès dans le traitement des maladies hépatiques, des coliques spécialement, elle a été, à ce point de vue, reléguée

VJTTEL.

au second plan par suite des résultats bien plus accusés obtenus à l'aide de l'eau de la source Salée. Elle n'en constitue pas moins une précieuse ressource thérapeutique pour les cas où l'eau de la source Salée se montre trop active, ou d'une digestion un peu difficile, ou bien pour ceux qui ne réclament pas l'emploi de la médication purgative.

Elle est, en outre, employée dans les cas où existent en môme temps des désordres urinaires et des désordres hépatiques, et enfin dans les cas de maladies des voies urinaires capables de s'exaspérer par l'emploi de l'eau de la Grande Source, certaines cystites, certaines prostatites par exemple.

L'eau de la source des Demoiselles, eau bicarbonatée crenatée ferrugineuse, est employée soit isolément, soit à titre d'adjuvant dans les cas de chlorose, d'anémie, de troubles de la menstruation, de cachexie, et son emploi est souvent associé à celui des sources précédentes. Elle est dans ce cas prescrite comme boisson aux repas ou comme boisson dans la journée, à doses fractionnées et espacées.

Les bains et les douches sont un complément très-utile, sinon indispensable, du traitement hydrominéral. Une installation complète de douches générales et locales permet toutes les applications hydrothérapiques.

D"^ P. BOULOUMIK.

DESCRIPTION

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Ce ne sont pas encore les grandes Vosges pittoresques ; mais déjtrle pays est accidenté, verdoyant. A travers de riantes prairies coupées par des peupliers et des saules, une petite rivière serpente dans la vallée. Un vignoble, diverses cultures s'étagent au tlanc des collines qui forment autour de vous comme un vaste amphithéâtre. Quelques cimes sont couronnées de bouquets de bois. L'un d'eux est Tavant-garde d'une véritable forêt (1).

Abrité contre les vents froids du nord par la longue montagne de Lorima (454 mètres d'altitude) dont les pentes tapissées de vignes envoient dans la vallée leurs odorantes effluves, et contre les vents Iviolents de l'ouest par celle de Châtillon (409°^ d'altitude), Vittel repose paisible au milieu des jardins et des vergers.

' Le territoire est divisé en deux grandes classes de terrains stratifiés : au sud-est, le muschelkalk ou jcalcaire coquillier; au nord et à l'ouest, les marnes irisées avec leur calcaire gélif et leurs rognons de gypse : la première zone renfermée dans les deux vallées étroites de Lignéville et de Haréville, la seconde coupée par la vallée du Vair qui sépare Lorima de Châtillon. Le sol de ces deux zones est également fertile.

(1) Charles Deslys. Le Serment de Madeleine.

Une tradition quelque peu vraisemblable attribue l'orig-ine et le nom de la ville au fameux Vitellius. Ce général romain, qui gouvernait la Gaule Belgique vers l'an 68, avait son siège principal à Grand, bourg peu éloigné de Vittel. Il serait venu camper en ce lieu et lui aurait laissé son nom. Sa présence à Vittel ne serait-elle pas d'ailleurs suffisamment justifiée par le besoin qu'avait certainement du secours de ses eaux pour refaire son estomac délabré cet illustre et ancien patron des sybarites? Les habitants de Vittel, d'un caractère doux et de mœurs sobres, paraissent du reste peu flattés de ce parrainage.

D'autres, portés vers des idées plus pastorales, prêtent une oreille plus favorable à ceux qui font dériver Vittel du mot Vitellus, à cause de ses gras pâturages. Du reste cette étymologie concorderait assez bien avec les armes de la ville. Tous les savants, après Balet, ont vidé le différend en assignant à Vittel un plus ancien berceau : <( Vittel, au (( bord d'une petite rivière : VI habitation ; DALE ou (c TALE, en composition TELE, rivière ». (Bulet, p. 154 de son Mémoire sur la langue celtique, édition de 4654.)

A toutes ces étymologies, nous préférons celle qui a été récemment proposée par un malade reconnaissant, vitœ tellus (terre de vie).

Les Gaulois ont certainement habité le pays : Mandres, Paray, They, Norroy, Génémoy, Le Crâ, Marheuil, tous ces noms sentent le Celte; avant la civilisation gallo-romaine, il v avait donc des

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centres dans les environs ; Vittel ne fut pas le dernier, il se forma sans doute à l'abri de Gliâtillon. Cliâtillon fut un CasteUum Leuquois.

A la domination gauloise succéda la domination romaine qui laissa des traces plus nombreuses encore, entre autres un réseau complet de routes stratégiques qui semblent aujourd'hui servir de guide à notre état-major (voie romaine de Langres à Tout; ^anal reliant la Moselle à la Saône par Lucius Vêtus en l'an 5o, etc., etc.).

Le principal attrait de Vittel pour les Gaulois et les Romains surtout fut ses eaux. Les eaux étaient pour ces peuples un besoin de première nécessité. Ils n'ignorèrent pas les sources de Gérémoy (aujourd'hui Grande Source, Source Marie, Source des \DemoiseIlcs). En creusant les fondations de l'établisment on a trouvé de nombreuses fibules romaines, des médailles et plusieurs hypocaustes ou fourneaux en briques destinés à faire chauffer l'eau minérale servant aux bains et à envoyer l'air chaud dans le laconicum. Ils exploitèrent surtout la source Salée. Une voie y conduisait. Un petit temple consacré à la nymphe de la source s'élevait à une centaine de pas. Vers 1836, lorsqu'on a défriché la forêt au milieu de laquelle jaillissait la source, on a détruit ce qui restait encore de ce temple. C'était un bâtiment carré avec colonnade sur le devant (colonnes de deux décimètres de diamètre). Des camées et des statues ornaient la façade et le péristyle. La nymphe de la source y était représentée sous la forme d'une femme vêtue du simple voile de la

pudeur. (Cette statue se trouve au musée de l'établissement.) Quelques personnes peu au courant des modes de cette époque déjà ancienne, et offusquées par la légèreté de son costume, la mutilèrent. Plusieurs autres statues échappèrent au vandalisme des ouvriers, et avec elles : 1^ Une inscription sur pierre triangulaire en grès infraliasique d'une facture assez barbare portant :

WON. RINURECIANNAE.

VIM ...FILIX.

(Musée d Épinal.)

2° Une tête de femme surmontée d'une tête de phoque ou de lamantin qui se trouvait sans doute à l'entrée en guise de sphinx ;

3° Une tête de cheval très-bien conservée ;

4*^ Un scramasax; enfin divers débris de colonne et une pierre sur laquelle on lit l'inscription suivante : VAR. (les dernières statues et le scramasax au musée de l'établissement).

Yittel avait donc une sérieuse importance balnéaire dans la période gallo-romaine ; malheureusement le temps des invasions était proche : les Barbares ne laissèrent rien debout dans le territoire des Leuquois; Vittel fut détruit de fond en comble. Il ne lui resta de son ancienne notoriété que la renommée de ses sources appelées à lui donner encore dans un avenir lointain des splendeurs nouvelles.

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Yittol est aiijoiirdliui un clief-Jicu de canton de TaiTondissement de Mirecourt, d'une population de 1,500 habitants environ. La ville est traversée dans toute sa longueur par la rivière du Vair renfermée entre des quais bordés de platanes qui servent en été de rendez-vous à la société locale. Deux églises du xV^ siècle, récemment restaurées avec un goût remarquable par le curé de la paroisse, attestent son ancienne importance ecclésiastique. Yittel était en effet un des principaux archidiaconés du diocèse de ïoul, car il comprenait 180 cures, 5 abbayes et un très-grand nombre de couvents et de prieurés.

La physionomie de Vittel avec ses souvenirs antiques et ses vieilles églises représente assez bien une ancienne localité lorraine, un vieux bourg de cette contrée agricole, à la fois paisible et guerrière, amie des arts, mais avant tout religieuse.

Les habitants, généreux et bons, pratiquent largement les lois de l'hospitalité ; d'un caractère grave plutôt que gai, ils ne sont pas pour cela inaccessibles aux saillies de l'esprit gaulois, ainsi que l'attestent les légendes populaires et certaines inscriptions déjà anciennes. Nous avons lu le quatrain suivant daté de l'an 1663 et gravé sur une pierre de salle à manger :

Les amys de ce temps Ressemblent les melons :

Faut en gouster un cent Pour en trouver un bon.

L'Établissement.

L'Établissement est situé ù. huit cents mètres environ de la ville, à l'entrée de la vallée du Vair, au milieu d'un parc d'une vingtaine d'hectares, planté de beaux arbres et entrecoupé de pièces d'eaux vives. D'une superficie déjà considérable, il semble s'étendre à l'inlini dans les prairies qui l'entourent et dont aucune limite visible ne le sépare. C'est donc au sein d'une admirable campagne, loin du bruit et des odeurs malsaines des petites villes, que le malade devra suivre son traitement.

Il n'est peut-être pas d'établissement qui présente des conditions comparables au point de vue du site et de l'hygiène.

Les Sources,

Les sources sont très-nombreuses; plus de quatorze sont minérales, une d'oau naturelle. Parmi ce grand nombre, quatre sont exploitées, trois sont situées dans le parc :

La Grande Source, la source Marie, la source des De?wozseZ/rs; la quatrième jaillit à une faible distance : la source Salée.

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