UR LES EAUX THERMALES DES VOSGES
Origine de la Caloricité et de la Minéralisation des Eaux.
Les sources de Bains , Bourbonne , Luxeuil et Plombières, c'est-à-dire les plus importantes de la partie occidentale du département des Vosges , appartiennent à la classe des eaux thermales.
L'on sait que les eaux minérales ont été divisées en eaux froides, tempérées et thermales : les premières comprises entre 6 et 20° ; les secondes entre 20 et SOo.Lorsque les eaux marquent plus de 30», on les considère comme thermales.
Le problème de la caloricité ou de la thermalisation des sources minérales est un de ceux qui ont de tout temps appelé la méditation des savants et excité la curiosité de tout le monde. L'intérêt qui s'attache à cette question nous engage à en signaler les points principaux. Dans un autre travail (1) nous
(1) Guide des Baigneurs aux Enux de Plombières, par MM. Bottentuit et lîutin.
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
avons étudié avec un certain développement l'origine * des sources, du calorique et de la minéralisation des eaux. Nous allons en donner ici un court résumé.
Le spectacle des volcans en regard de l'étrange phénomène des eaux chaudes jaillissant de toutes parts des entrailles du glohe a dû porter les premiers penseurs à admettre un rapport direct entre Pévidence du feu souterrain et la calorification des sources thermales. Cette opinion paraît avoir été celle de l'antiquité.
Les chimistes et les physiciens des deux derniers siècles se mirent à la recherche du secret des eaux minérales et se trouvèrent hientôt divisés en Plutoniens et en Neptuniens, les premiers admettant l'origine ignée de la masse terrestre, les autres voyant partout les traces du déluge et dans chaque terrain un dépôt formé à froid au fond des eaux.
Les progrès de la science et les découvertes modernes sont venues donner raison aux Plutoniens, et personne ne nie aujourd'hui Torigine ignée de la masse terrestre. Les sources thermales, invoquées autrefois pour démontrer le feu central, en sont encore aujourd'hui une des preuves les moins contestables.
La rapidité avec laquelle s'accroît la température a pu être calculée avec une certaine exactitude. Ainsi 30 mètres donnent un degré d'accroissement, 3,000 mètres en donneront 100, 30,000 en donneront 1,000, et, à dix Ueues de profondeur, la température doit dépasser celle du fer rouge.