‹ Guide aux eaux minerales des Vosges [electronic resource]Chapitre 44 sur 185 · SUR LES EAUX THERMALES · texte numérisé non relu

SUR LES EAUX THERMALES

Les faits connus permettent de calculer avec une grande vraisemblance, d'après la température des eaux de Plombières, la profondeur des réservoirs cachés que leur abondance continue depuis deux mille ans n'a ni épuisés ni appauvris. 70 degrés correspondent à 2,000 mètres, et cette profondeur est assez petite pour que les proportions puissent inspirer confiance. Ajoutons 500 mètres pour tenir compte du refroidissement éprouvé pendant l'ascension : les eaux de Plombières avant de remplir nos piscines ont donc séjourné à plus d'une demilieue au-dessous du sol.

Recherchons maintenant d'où proviennent ces sources en apparence inépuisables. Nos calculs se rapportent aux sources de Plombières, qui sont les ' plus chaudes et les plus abondantes de cette région. Mais il est bien entendu que ce que nous disons ici s'applique également aux causes de la minéralisa-

I tionsdes sources de Bains, Luxeuil, etc. Plombières distribue chaque jour 730 mètres , cubes d'eau minérale (ce qui fait par an 266,450 mètres cubes). Les sources superficielles ou profondes sont alimentées par les pluies et les neiges.

L'eau chaude qui coule de nos sources est tombée il y a quelques années, à la surface de la terre. A quelle distance des Vosges? On peut le deviner par voie d'induction, non l'affirmer avec certitude. Au lieu de se réunir pour former un ruisseau, elle a rencontré une couche perméable, quelque banc de sable, sans doute, reposant sur un terrain solide, comme la terre elaise, et s'enfonce, obéissant aux

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

lois de la pesanteur, aussi loin que la direction des couches le lui permet. Cette profondeur, pour les eaux de Plombières, peut être évaluée à 2,500 mètres. Mais, arrivées là, pourquoi et comment remontent-elles ? Pour les puiser à une telle profondeur, il faudrait une puissante machine I 1,000 mètres cubes représentent 1 million de kilogrammes et leur élévation journalière à 2,500 mètres de hauteur exigerait une machine de plus de trois mille chevaux. Quels travaux gigantesques ne faudrait-il pas entreprendre, en outre, pour remonter les eaux et les diriger vers la surface ? La nature a pourvu à tout. La pesanteur qui a forcé l'eau à descendre jusqu'aux régions brûlantes où elle puise sa vertu bienfaisante, suffit, sans aucun aide, pour la faire remonter à la surface. L'eau s'accumule, en effet, dans les régions les plus basses de la couche perméable, qu'elle ne peut quitter. De nouvelles pluies surviennent; les eaux versées suivent naturellement la même route, remplissent les canaux, pèsent sur les couches enfermées, et les refoulent par toutes les routes jusqu'à la hauteur précisément de leur origine.

Mais, dira-t-on, d'après cette théorie, les eaux de Plombières seraient de l'eau de pluie sans aucune vertu, et la température qu'elles puisent dans leur course souterraine pourrait, sans difficulté, et tout aussi utilement, leur être communiquée par quelques kilogrammes de charbon. Il n'en est pas ainsi. Les eaux, dans leur voyage et leur très-long séjour sur les couches qu'elles traversent ou qu'elles

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