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Guide aux monuments, églises, galeries, musées etc. ... de Florence

Nous n'avons pas de documents précis sur les origines de Florence ; dans la première période de son histoire les légendes remplacent la vérité historique. Il est néanmoins certain que Florence fut une importante colonie Romaine ; sa grandeur dans ces temps-là est attestée par les monuments publics dont les historiens nous ont conservé les noms, ou dont il reste encore des vestiges tels que l'amphithéâtre qui dans le Moyen x4ge fut appelé Parlascio, les thermes, les aqueducs, la rue Cassia, le Campo Marzio et le Capitole dont le îlom était jusqu'à nos jours rappelé par la petite église de Santa Maria in Mercato Vecchio.

La tradition veut que Charlemagne ait rebâti la ville détruite par les Goths en en reconstruisant aussi les églises. Ce qui est certain ce fut l'établissement, sur le territoire de Florence, de feudataires Allemands tels que les Uberti, les Ubaldini, les Lamberti, les Adimari, les Guidi, les Alberti, etc. En 1078 la ville s'agrandit en élargissant son enceinte, ce que les Chroniqueurs appellent son deuxième Cerchio; le pour-

Je ne crois pas avoir'fait chose inutile pour l'Artiste et l'Amateur en leur offrant dans ce Guide, parallèlement à une description des Monuments et des Œuvres d'Art qui embellissent notre Ville, le moyen de voir s'ils ont été reproduits par la photographie et, par conséquent, si on peut aisément s'en procurer un souvenir, soit dans mon Atelier de la Rue Nationale, soit dans le Magasin de la Rue Strozzi, ou chez les Succursales et Jes Correspondants établis dans presque toutes les Villes d'Italie et de l'étranger.

A cet effet j'ai placé à la droite de toute œuvre mentionnée, et qui a été reproduite, le numéro correspondant aux Catalogues Alinari.

Les numéros à gauche se reportent à ceux des inventaires des Galeries ou des Musées où ces objets sont conservés.

Je tiens à remercier ici M. le Comm. Professeur Corrado Ricci, Directeur des RR. Galeries de Florence, MM. Giovanni Poggi et Marcel Reymond de Grenoble, qui ont aidé à cette entreprise, et particulièrement le Prof. B. J. Supino, Directeur de notre Musée National, auquel je dois aussi les aperçus historiques et artistiques concernant notre belle Ville.

Florence, Mars 1904.

^ITittorie J^Elirtari.

tour constituait sur la rive droite de l'Arno un carré dont les angles étaient placés aux endroits où se trouvent actuellement le Ponte alla Carraia, le Ponte aile Grazie, le Canto aile Rondini, le Canto dei Nelli derrière San Lorenzo. La rive gauche comprenait la Via dei Bardi, la Piazza Pitti et la Piazza San Spirito. v En 1113, du vivant de la Comtesse Matilde, les citoyens prirent les armes contre le vicaire envoyé par l'empereur ; ce fut la première entreprise militaire de Florence.

Ea 1117 survint le premier tumulte dont on ait conservé la mémoire. Il fut provoqué par les Uberti, puissante famille soutenue par ses adhérents et amis, contre les consuls élus par les Arts.

La ville fut divisée en factions ayant à leur tête les plus séditieuses familles. Tous les jours et dans toutes les parties de la ville les citoyens s'entrecombattaient de palais à palais, de tour à tour.

En 1217 la ville fut de nouveau divisée à cause d'un Buondelmonti, qui ne voulut pas reconnaître l'engagement qu'il avait pris avec une jeune fille des Uberti.

Comme les Uberti tenaient pour l'empereur et les Buondelmonti pour le Pape, les deux familles et leurs adhérents prirent respectivement les noms de Guelfes et de Gibelins et ainsi la dispute privée fut mêlée aux disputes des deux grandes factions qui divisaient alors toute l'Italie.

En 1247 Frédéric II, excommunié par Innocent IV, favorisa les Gibelins qui, étant au gouvernement de la République, persécutèrent les Guelfes, tyrannisant le peuple tant et si bien qu'il se souleva.

La mort de l'empereur étant survenue et la puissance des Gibelins ayant déchu, les Guelfes furent rappelés; on enleva au Podestat le commandement de la ville, qui fut divisée en six parties et Ton enrégimenta chaque quartier dans les compagnies de milice, gouvernées par des Gonfaloniers présidés par le Capitaine du peuple.

Les choses intérieures ainsi réglées, les Florentins, pour accroître leur territoire, se tournèrent contre leurs voisins, et vainquirent Pistoia, Sienne, Volterre et Pise; et, comme les émigrés Gibelins s'étaient opposés à l'entreprise sur Pistoia, Jes Guelfes parvinrent à les chasser et à les vaincre à Figline dans le Valdarno.

Mais les Gibelins conduits par Farinata degli Uberti se réfugièrent à Sienne et ils purent rentrer dans leur patrie, lorsque, aidés par Manfredi, ils déconfirent l'armée Florentine sur les rives de l'Arbia.

En 1266 les Guelfes, aidés par Charles d'Anjou, chassèrent de nouveau les Gibelins jusqu'à ce que, en 1280, Nicolas III parvint à rétablir la paix entre les deux factions en élevant au gouvernement Nobles et Populaires, Guelfes et Gibelins.

Mais la paix ne dura guère, parce que les Gibelins, ranimés par la mort d'Honorius IV, attaquèrent les Guelfes à Campaldino où ils furent définitivement battus.

Les troubles récommencèrent dans la. ville aussitôt que les Florentins ne craignirent plus les ennemis extérieurs. Giano délia Bella, soutenant le peuple contre les violences des nobles, proposa de joindre un gonfalonier de justice aux six Prieurs créés en 1282. Il voulut aussi que les nobles n'eussent aucune autorité dans la

suprême magistrature, s'ils ne s'inscrivaient pas dans un des Arts déjà organisés, depuis 1266, en corporations avec leurs magistrats respectifs.

Cette réforme eut des conséquences douloureuses car elle prépara les divisions entre les Cerchi et les Donati, les Blancs et les Noirs, qui, de Pistoia, où ils prirent origine, vinrent à Florence, rendant publiques leurs dissensions privées.

Boniface VIII envoya Charles de Valois, qui, au lieu de mettre la paix entre les rivaux, favorisa Corso Donati qui chercha à se rendre maître de la ville ; mais, ses menées découvertes, le peuple vint l'assiéger dans sa maison, d'où il parvint à s'échapper ; reconnu et poursuivi, il fut tué en dehors de la Porte à la Croce.

Florence est libre, mais presque aussitôt elle voit Henri VII à ses portes et doit céder Montecatini à Uguccione délia Faggiola, tandis que ses troupes sont battues à Altopascio par Castruccio Castracani. Pour se sauver elle recourt à Charles, Duc de Calabre, lui donnant tout pouvoir. Charles envoie, en qualité de vicaire, Gualtieri de Brienne, duc d'Athènes, qui cherche à se rendre maître de Florence en supprimant toute autorité du peuple et des nobles. Mais la ville entière se soulève et chasse le Duc, qui dut renoncer à jamais à toute seigneurie.

Bien que les nobles eussent contribué avec le peuple à délivrer la ville de la tyrannie ducale et que, par la réforme du Gouvernement, ils fussent appelés aux offices et à la magistrature, la ville ne s'apaisa pas ; le peuple, toujours en guerre contre les nobles, parvint à obtenir la reconstitution de la charge de

Gonfalonier de Justice, telle qu'elle était du temps de Giano délia Bella et à faire admettre dans les conseils de la Signoria seize Gonfaloniers des Arts et Métiers.

Aux discordes civiles et aux adversités qui avaient tourmenté la ville se joignit en 1348 la peste, qui ravagea la ville si cruellement que plus de cent mille personnes en moururent.

A toutes ces calamités on peut ajouter les attaques contre la ville par Giovanni Visconti et les nouvelles dissensions à l'intérieur, grâce auxquelles, sur les ruines de la vieille noblesse, s'éleva la caste des riches marchands qui voulurent s'emparer à leur tour du gouvernement, créant de nouvelles inimitiés, des dissensions entre leurs propres familles, et surtout entre celles des Albizzi et des Ricci.

Un capitaine du parti guelfe fut élu de nouveau, et à ce magistrat on dénonçait quiconque était suspect d'appartenir au parti des Gibelins, moyen bien facile pour se livrer à des vengeances personnelles.

Salves tro des Médicis s'opposa à cette tyrannie lorsqu'il tint la charge de Gonfalonier.

Mais la populace se souleva de nouveau, et sous la conduite de Michèle de Lando prit le gouvernement et le tint à peu près quatre années ; mais ensuite, étant abolis les privilèges que la plèbe s'était arrogés, le peuple gras reprit le pouvoir chassant les plus remuants parmi les plébéiens et ceux qui les avaient favorisés. Ces dissensions nouvelles amenèrent les nobles au pouvoir et ils se vengèrent cruellement en envoyant en exil ou au supplice leurs adversaires. En même temps la ville supportait les guerres contre Pise, les Visconti, le Pape,

contre Ladislas roi de Naples et contre les Génois. Les grandes dépenses qu'on devait soutenir conduisirent à de nouvelles impositions qui provoquèrent des soulèvements. Tandis que le peuple et la bourgeoisie continuaient leurs querelles devenues séculaires, quelques familles très puissantes faisaient adhésion à la cause des multitudes et accaparaient la faveur du peuple. Parmi celles-ci la famille des Médicis, contre laquelle s'éleva la famille Albizzi, qui, voyant le péril qui menaçait la République, réussit à faire exiler Cosme de Médicis (1433).

Mais, après une année, Cosme fut rappelé dans sa patrie et y fut reçu presque en triomphe; et ce fut de cette époque (1434) que date à Florence la Seigneurie de Médicis.

Cosme très rusé sut donner le dernier coup à la liberté du peuple ; il aima les arts, protégea les lettres, fit des largesses au peuple, fut généreux envers ses amis et implacable contre ses adversaires. Il réussit à concentrer tous les pouvoirs de la République dans la faction dDnt il était le chef reconnu : et lorsqu'il mourut, en 1464, toute la ville resta plongée dans la douleur, et par reconnaissance pour les bienfaits reçus l'appela « Padre délia Patria ».

Très court (1464-1469) fut le Gouvernement de Piero, fils de Cosme, et peu heureux, étant rempli de conspirations, de trahisons, d'exils et de persécutions ; mais son successeur (1449 1492) Laurent le Magnifique eut un esprit entreprenant et élevé qui lui gagna l'amour de ses concitoyens ; sans avoir le titre de prince il parvint à gouverner en souverain absolu. La conspiration des Pazzi (1478), dans laquelle son frère Julien perdit

la vie, le rendit encore plus populaire et son nom en acquit une plus grande célébrité, tandis que son pouvoir fut affermi par les plus stables racines.

Mais à sa mort, Piero de Médicis, si inférieur a son père, ne réussit même pas à maintenir le prestige et la puissance qui devaient être son héritage.

Il voulut s'opposer h Charles VIII ; puis, servilement, il se plaça entre ses mains.

En attendant Fra Girolamo Savonarola, prêchant aux Florentins la liberté, parvint à faire expulser Piero et ses frères Jean et Julien, et à rendre à la ville un gouvernement populaire dont il fut l'inspirateur.

Mais bientôt, trahi, il dut payer sur le bûcher (1498) le songe de liberté qu'il avait fait et les Médicis revinrent à Florence en 1512 sous les auspices de plusieurs princes. Leur restauration fut facilitée par l'avènement au trône pontifical de Jean, fils de Laurent le Magnifique, qui prit le nom de Léon X, et par celui du Cardinal Julien de Médicis qui lui succéda sous le nom de Clément VII.

Mais cela ne dura pas longtemps, car les florentins, las du joug des Médicis, profitèrent des revers de Clément VII pour les chasser de Florence en rétablissant dans leur ville un gouvernement de forme populaire. Ce fut le dernier éclair d'une flamme sur le point de s'éteindre, car Clément VII fit la paix avec l'empereur, qui pensa dédommager le pape en restituant à sa famille la ville qui était tombée en son pouvoir après un siège de onze mois.

Le sacrifice et 1' héroisme des citoyens, la valeur de Francesco Ferrucci, le génie de Michel- Ange qui dirigea les ouvrages de défense, n'avaient pu empê-

cher que la ville ne tombât, le 12 août 1530, dans les mains des impériaux. La trahison, peut-être, eut sa part dans ce malheur. Alexandre de Médicis fut nommé duc de Florence, mais il fut tué en 1537 par son cousin Lorenzino. Le successeur d'Alexandre, Cosme I, fils de Giovanni délie Bande Nere, après avoir réuni à Florence les villes d'Arezzo, Cortona, Montepulciano, Volterra, Pisa, Pistoia et Sienne, eut le titre de Grand- Duc (1566). Il abdiqua en faveur de son fils François qui régna de 1574 à 1587 ; à François succédèrent Ferdinand Ie1' (1587-1609), Cosme II (1609- 1621), Ferdinand II (1621-1670), Cosme III (1670-1723) et Jean Gaston (f 1737), qui fut le dernier duc de la Maison des Médicis qui gouverna Florence.

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