LEUR UNITE ET LEURS DIFFERENCES
47 (38). Un institut qui veut procurer à ses membres la vie parfaite doit nécessairement avoir des condition* aptes R conduire à ce but, et naturellement il y a autant de constitutions différentes que d'instituts divers. Cependant, il est facile de reinarquerqueces constitutions, quelles qu'elles soient, ont un I commun à tonte vie religieuse et une partie sujette à des variations suivant les divers institut-.
Tout institut, en effet, a une fin générale et une fin spéciale. La fin générale consiste dans la gloire de Dien el la sanctification de ses membres par la pratique des trois vœux; la partie qui la regarde ne varie pas. La partie mobile comprend les règlements qui dérivent du but particulier, de la fin secondaire d'un institut, et se modifient par conséquent suivant le but et cetb spéciale. < 'u voit donc qu'il est aisé d'indiquer an moins le fonds
Sources des constitutions.
commun qui doit se trouver dans toutes les constitutions. Ce fonds provient de l'identité du but qui est la pratique de la parole évangélique. « Si vous voulez être parfait, allez, vendez ce que von> avez etdonnez-le aux pauvres... venez et suivez-moi »(Matth. XIX, 21), et de cette autre du même évangéliste (Matth. XVI, 24) : « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il se renonce à soimême, qu'il porte sa croix et qu'il me suive. » Dans ces paroles se trouve la substance des trois vœux, le détachement personnel des bieus terrestres (la pauvreté) et l'abnégation complète comprenant le renoncement aux plaisirs du corps (la chasteté), comme à l'indépendance de la volonté (obéissance).
Mais ces prescriptions, que Jésus-Christ a données à son Église pour guider les âmes dans la voie parfaite, devaient être expliquées, commentées par cette même Eglise. Il lui appartenait d'indiquer comment doit se faire ce triple renoncement, quels sont les moyens d'en sauvegarder la pratique et de la défendre contre l'ennemi de tout bien. Cette action de l'Église s'est développée en un ensemble de règles canoniques, codifiant petit à petit les principes et les moyens d'action de la vie religieuse, et faisant entrer dans ses lois ce que, d'après l'expérience des grands ordres, elle reconnaissait bon et utile.
48 (39). Sans remonter trop loin, il suffit de dire qu'il existe, dans la discipline actuelle de l'Église, une triple source de prescriptions concernant la pratique des vœux. Xous trouvons d'abord le Saint Concile de Trente qui, profitant de l'expérience des temps passés, a donné le dernier code de la règle. (Sess. XXV. de Regularibus et Monialibus.)
Sont venues ensuite les ordonnances des Papes s'attachant à certains points de détails, comme Clément VIII avec la bulle
( 'um ad règularem pour le règlement du noviciat, Benoît XIV et sa bulle Pastoral/* cwqe pour la confession des religieuses, Léon XIII et sa constitution Conditae, Pie X et son motu proprio sur la fondation des nouveaux instituts. Enfin, la S. Congrégation des Évêques et Réguliers, soit dans les décrets généraux qu'elle a rendus (voir entre autres les décrets récents
Quemadmodum, Auctis admodum} etc.), soit dans les animadver-
38 Sources de ce travail.
sions on remarques qu'elle fait aux constitutions des communautés qui viennent demauder sou approbation, nous fournit un trésor inépuisable d'observations et de documents. Les Noriimr , que cette même Congrégation a sagement décrétées pour l'approbation des nouveaux instituts, complétées par de récente décrets de la Congrégation des Religieux, constituent le code actuel de la vie des instituts à vœux simples.
40 (40). Le but de ce travail est d'indiquer quelles sont ces règles positives et négatives que la Sainte Église veut voir appliquer dans la codification des constitutions. Prenant l'ordre naturel que doivent présenter les règlements d'un institut, nous donnerons sur chacun de ces points le texte précis qui résulte des règles canoniques et de la pratique de la S. Congrégation codifiée dans les Normae. Et pour que le lecteur ne soit pas obligé kjurare in verba magistri, suivant le terme de l'école, nous citerons, après chaque texte, les documents canoniques sur lesquels il s'appuie et dout il n'est que l'expression. Les divers institutverront en quoi leurs constitutions s'écartent de la pratique actuelle de la S. Congrégation, et la modification qu'il faudrait y apporter pour arriver à cette conformité si désirable et si désirée.
Mais, dira-t-on, si toutes les constitutions doivent entrer dans ce moule uniforme, il arrivera qu'elles se ressembleront tout C'est une erreur.
Le but principal que se proposent les instituts étant la sanctification de leurs membres par la pratique des trois vieux, il clair que les dispositions qui règlent cette partie desconstitut doivent être identiques, et c'esL à cela qu'a tendu L'Église dans les divers documents émanés sur ce sujet. Il fallait encore cuper du gouvernement d< cea celles-ci, quel que leur but secondaire, sont régies en substance par les mêmes lois. Mais si ci - pointe Boni déjà codifié les autres disposit qui relèvent de la fin secondain d'un institut - laissées à la
libre et prudente disposition de ce dernier, l'u institut qui s
cupe du Boin des malades à domicile ne doit pas avoir tes mêmes règlements que celui qui s'adonne à L'instruction : ceux qui pratiquent la vie presque exclusivement contempla
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différemment de ceux qui ont choisi- les occupations de Marthe sans toutefois négliger les méditations de Marie, etc.. Nous av< >ns donc, dans ces diverses constitutions, assez de variété pour les différencier toutes les fois que le but secondaire est distinct. Si maintenant deux instituts ont absolument le même but secondaire, il est clair que les différences entre leurs deux constitutions seront minimes, et il y a lieu alors de rappeler l'observation de la Constitution Conditae (n° 7), qu'il aurait été bien préférable que ces deux congrégations se fussent unies entre elles pour faire un seul corps plus nombreux, plus puissant et plus vigoureux.