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LA S. CONGRÉGATION DES EVÊQUES ET RÉGULIERS

Nous veuous de voir la congrégation qui a précédé l'établissement des congrégations romaines par Sixte-Quint. < !e Pape par la bulle Immensa aetemi Dei, donnée le 22 janvier 1587 (1), établissait quinze congrégations qui étaient : Inquisition ou Saint-Office, Signature de grâce, Direction des Églises et, provisions consistoriales. Alimentation de l'Etat ecclésiastique, Rites et cérémonies, la Flotte de l'État ecclésiastique, l'Index ou défense des livres défendus. Exécution et interprétation du Concile de Trente, Dégrèvement des impôts, Université des études romaines, pour les Consultations des Réguliers, pour les Consultations des évêques et des antres prélats, pour les Ponts et les eaux, pour l'Imprimerie Vaticane, pour les Consultations sur les affaires de l'État ecclésiastique. La onzième et la douzième congrégation instituées par Sixte-Quint se rapportent à notre sujet, et ce pontife ne fait guère que codifier ce qui existait déjà.

Le premier préfet de la Congrégation des Evêques fut le cardinal Maffei (de 1570 à 1582). Le cardinal de Sens, Nicolas de Pellève, lui succéda de 1582 à 1585, et pendant ce temps le cardinal Michel Bonelli (dit d'Alessandria) était préfet de la Congrégation des Réguliers. En 1593, ce cardinal resta seul préfet, mais les demandes étaient toujours adressées suivant les cas, soit à la Congrégation des Evêques, soit à celle sur les Réguliers. En lo'.»9 au cardinal Bonelli succéda le cardinal dit de Florence (2), qui eut lui-même pour remplaçant le cardinal d'Escars (3).

(1) Bizzarri, dans la préface de ses Colhctanea, lui attribue la date du 23 mars 1588. Nous avoDS suivi la date de l'édition du Bullaire de Turin.

(2) Le cardinal Octave Bandini naquit à Florence en L658, remplit plusieurs charges à la cour pontificale, fut protonotaire apostolique et référendaire de la Signature, puis le 2'J juin 1696, nommé archevêque de Fermo et l'année suivante cardinal-prêtre de Sainte-Sabine. Il devint préfet de la Congrégation d< abandonna en 1600 son F.glise de Fermo, passa ensuite par ploùei uburbicaires pour devenir, en 1626,évêque d'Ostie et doyen du Sacré Collège. Il mourut le 1" août 1629.

(3) Le cardinal Anne d'Escara, appelé G Mut parce qu'A était Pi i mit a

Précis historique. xvrr

En 1606 le cardinal Sailli prit par intérim cette charge (1).

Mais dès 1601 l'union des deux congrégations était accomplie. MR1" Bizzarri ne cite point le document pontifical qui avait fait cette union, toutefois à partir de cette date les actes sont intitulés S. Congrégation!* Episcoporum et Megularium. Nous nous trouvons donc en présence de la Congrégation qni a vécu jusqu'au 29 juin 1908.

Elle se composait d'un certain nombre de cardinaux, présidés par l'un d'eux, nommé cardinal préfet et qui doit signer tous les actes de la Congrégation. Il y a un secrétaire, qui signe ces mêmes actes avant qu'ils ne passent au Préfet. Cette signature a pour but de garantir ce dernier que la décision répond à ce qui a été statué, et que toutes les formalités ont été scrupuleusement observées. Un sous-secrétaire donné au secrétaire, le remplaçait quand celui-ci était malade ou empêché, et l'aidait dans son travail. La Congrégation possédait en outre le nombre d'officiers nécessaires à l'expédition et à l'enregistrement des affaires. Ceux-ci se divisaient en une double classe; ceux qui font la minute des réponses que copieront ensuite les scriptores, copistes, puis les services de protocole et d'archivé nécessaires pour rechercher les précédents et relier les différentes décisionsentre elles.

Cette congrégation n'avait pas de consulteurs, le pape Grégoire XVI lui en attribua par le décret du 5 septembre 1834, et en voici la raison. Les cardinaux de cette congrégation étaient

Paris, le 29 mars 1546, entra dans l'ordre de Saint-Benoit, et fut évèque de Lisieux, 1er mars 1585. Etant venu à Rome pour défendre la cause catholique, Clément VIII le fit, le 5 juin 1596, cardinal du titre de Sainte-Suzanne, lui ordonnant de revenir en France où son action était nécessaire. Il prit alors le nom de sa mère, de Givry, sous lequel il est plus connu. Parmi les charges qu'il remplit à la cour Romaine fut celle de préfet de la Congrégation des Evêques. Nommé en 1609 évêque de Metz, il quitta Rome et mourut dans son évêché le 9 ou 19 avril 1612. Son épitaphe, qui se trouve dans la cathédrale de Metz, donne, suivant le goût de l'époque, l'année de sa mort par les majuscules d'un distique, qu'il suffit d'additionner.

La va pIa pVrpVrei CoetVs ClaVstbIque CoLvMna Awno hIc eXpkessi» Q-IVkIVs astra petIt (1) Antoine-Marie Sauli fut créé par Sixte-Quint, le 18 décembre 1587, cardinal prêtre de Sainte-Marie in Transtevère. Il était né à Gènes et fut archevêque de cette ville comme il fut aussi nonce de Grégoire XIII à Naples. Il devint ensuite cardinal-évêque d'Albano, d'Ostie, et mourut à Rome, le 24 août 1623.

lui IDE OAKOWTQUB, b

xvin Précis historique.

persuadés « rem utilem fore, si exemplo aliquarum Congregationum maiorum, nonnulli Consultores deligerentur ■, quorum esset super dubiis, seu quaestionibuSj de quibus rogarentur, sententiam s/min exponere Jirmis tamen manentibus antiquis institutionibuSj ita ut de negociis (dictons ponderis, deque consultationibus omnibus in pleno AuditoHo semper deliùeretur, et statuatur, designato aliquo ex "Eminentissimis PatribuSj qui videai et référât... » Ces dernières paroles nous font connaître un usage de la Congrégation.

l 'ans les causes importantes, civiles, ecclésiastiques ou criminelles, tout le dossier passe au Soimniste qui en fait un résumé où il doit, de par sa charge, donner impartialement sans ((inclure les raisons des deux parties, et former ensuite lejblio qui sera imprimé. Celui-ci aura en appendice les documents principaux qui ont été apportés par chacune des parties. C'est cfefolio qui est distribué aux cardinaux dix jours avant la séance de la Congrégation. Mais le cardinal que le préfet a nommé ponent pour cette cause reçoit, non seulement lejblio, comme les autres cardinaux, on lui donne le dossier original tout entier. ( ''est à lui à tout vérifier, à peser non seulement les raisons qu'on lui donne, mais encore celles que son étude lui fera connaître. Il verra s'il n'y a pas dans le dossier des pièces importantes, qui auraient échappé au Sommiste et pourraient faire pencher la balance d'un côté on de l'autre. Enfin c'est lui qui, ayant fait en séance plénière le résumé de la cause, donne la solution, fruit de son étude, et la soutient devant les cardinaux. On voit l'importance du rôle du ponent et l'énorme travail dont il se trouve parfois accablé, car il n'est pas rare que les documents des parties chiffrent par des centaines de pages. Un jour le cardinal Jean- Baptiste Pitra, bénédictin français, membre de la Propagande, avait été nommé ponent d'une cause importante, où des intérêts financiers dépassant le million étaient en jeu. Huit jour- avant la Béance, le cardinal condamna Ba porte et ne voulut recevoir

■une. Un prélat cependant, qui avait îles choses urgent traiter, parvint à forcer la consigne, el le cardinal eD le recevant lui dit L'énorme Labeur qui lui était tombé sur Les épaules quand ou le chargea de cette ponence. Mais, dit le prélat, pourquoi

Précis historique. xix

Votre Éminence se donne-t-elle tant de mal ? Il y a le sommaire d'office, une simple vérification des pièces suffirait, et ce serait l'affaire de quelques heures. — Monseigneur, reprit d'une voix grave le cardinal, si j'avais une fortune d'un million, je pourrais suivre votre conseil, car il me serait facile de remédier à une décision fausse qui serait mon œuvre, mais je suis pauvre et religieux, et ne puis charger ma conscience, dussé-je y perdre les yeux, d'une pareille responsabilité.

Voici les noms des premiers consul teurs qui furent alors nommés :

M- Agostino Bellenghi, Camaldule, archevêque de Nicosie.

M-'' Nicolas Ferrarelli. évêque de Maronea.

M** Bonaveuture Cano y Torrente, Mercedaire et évêque de Magydos.

M" Carlo Vizzardi, secrétaire des lettres latines.

Mgr Pietro Marini, auditeur de Rote.

M6* Luigi Vannicelli, prélat votant de la Signature.

R. P. Antoine Kolman, Jésuite.

R. P. Pietro Sylvestro Glauda, procureur général des Doctrinaires.

R. P. Tommaso Cipolletti, Dominicain.

R. P. Luigi de Luea, des Mineurs Conventuels.

R. P. Luigi Pungïleoni, des Mineurs Conventuels.

H. R. Paolo di San Giuseppe, procureur général des Carmes déchaussés.

R. P. Giuseppe Crescini, procureur général des Clercs réguliers de la Mère de Dieu.

R. P. Gavino Secchi-Muro, Servite.

Plusieurs de ces Rev. ( 'onsnlteurs ont été ensuite créés cardinaux.

Et puisque nous avons fait connaître le nom des premiers consulteurs, donnons celui de ceux qui existaient quand ta Congrégation fut supprimée, oa mieux remplacée par celle des Religieux.

Nous y trouvons parmi les évêqucs : NX. SS. Serafini, Bénédictin de Subiaco, archevêque de Spolète ; Camilleri, Ermite de Saint-Augustin, évêque de Gozo ; Ceuei, Capucin,

xx Précis historique.

évêque titulaire d'Apollonie; Fiorenza, archevêque titulaire de Claudiopolis ; Sili, archevêque titulaire de Césarée du Pont : Rousset, Carme déchaussé, évêque de Bagnorea et Intrecialagli, Carme déchaussé, évêque de Caltanisetta (un certain nombre de ces prélats n'avaient plus que le titre, et par leur éloignement, leurs autres fonctions, ne pouvaient se livrer aux travaux de cousultenrs de cette Congrégation).

Parmi les prélats : NN. SS. Alhert Battandier, Basilic Pompili, Glnglielmo Sébastian elli, Benedetto Melata.

Parmi les Religieux : les PiPi. PP. Pierre Daun, des Pères du Saint-Esprit et du Cœur Immaculée de Marie ; ce docte et sain! religieux, nommé en 1873, était le doyen de tous les consultées. Rév. Père abbé Arcangelo Lolli, Chanoine régulier du Latran ; Gioacchino Maria ( 'orrado, Clerc régulier de la Mère de Dieu ; Gennaro Bucceroni, Jésuite : Riccardo Tabarelli. Prêtre des Stigmates; Claudio Benedetti, Rédemptoriste; Gioacchino di Saint Simon Stock, Carme déchaussé; Rév. Dom Hildebrand de Hemptine, primat de l'Ordre de Saint-Benoît; Patrizio Panadero, Frère mineur: Pietro di Rocca di Papa, Frère mineur: Thomas Esser, Dominicain et secrétaire de l'Index; Domenim Palmieri, Jésuite; Maurice Ryan, Ermite de Saint-Augustin; Louis Liagre, des Pères du Saint-Esprit et du Cœur Immaculé de Marie; Pie de Langogne, Capucin : Manro Serafini, abbé bénédictin de Subiaco ; Michèle da Cori. Frère mineur ; Luca da Pofi, Frère mineur; Viucenzo Nardelli, Dominicain; Leone Allodi, Bénédictin de Subiaco : Ladislas Marszalkiewicz, Résurrectionniste ; Bonaventura Marrani, procureur général des Frères mineurs ; Luigi-Narciso Biagioni, Clerc régulier de la Mère de Dieu; Tommaso Rodriguez, Ermite de Saint-Augustin ; Pierre Bastien, Bénédictin; Luigi Santoro, Conventuel.

Parmi ces consulteurs et d'autres qui les avaient pr.' la S. Congrégation avait choisi en 1890 six consulteurs qui formaient une commission spéciale pour réviser les constitutions des nouveaux Instituts. Ils furent présidés soit par l< tains de la Congrégation, soit plus tard par un cardinal appartenant à la même Congrégation. Les consulteurs à qui avait confié un travail sur titutions d'an Institut Dévoyaient

Précis historique. \xi

pas leur votum aller directement comme auparavant à la Secrétaireiïe : il était imprimé et distribué à cette commission qui tenait une séance par semaine et discutait les conclusions qui lui étaient soumises, comme aussi, point par point, toutes les modifications à faire à ces mêmes constitutions. C'est à cette commission que l'on doit la préparation des <c Normae secundum quas S. Cong. Episcoporum et Regularium procedere sol et in approbandis novis Tnstitutis wtorum simplicium » et qui furent officiellement publiées le 28 juin 1901. On lui est aussi redevable de la préparation du questionnaire à remplir pour la relation triennale que les Instituts doivent présenter chaque trois ans au Saint-Siège « Tnstructio seu elenchus quaestionum ad quas respondendum est a moderatoribus se» moderatricibus generalibus Institutorum vota simpliçia prqfitentium in relatione ad Sanctam Sedem tertio quoque anno transmittenda » et qui a été publiée par le décret In approbandis du 1G juillet 1906. Cette commission étant tombée avec la Congrégation dont elle dépendait, et celle des Religieux n'en ayant point nommé d'autre, il fallait bien donner un souvenir à ce rouage important de la Congrégation des Evêques et Réguliers.

La Bibliographie de cette Congrégation n'est pas considérable. Un certain Nicolius publia sous le titre de Flosculi quelques décrets. En '1836 la S. Congrégation édita sous le titre Collectanea in asum S. C. EE. et RR. une trentaine de pages ne relatant que les décrets les plus récents. En 1863 Mgr Bizzarri, secrétaire de cette Congrégation, donna la CollectoAiea, ad usxun SecreUn-iae S. C. EE. et RR. qui comprend 942 pages in-4° et ne contient qu'un nombre, au fond peu considérable, de décrets. Ils sont mis à la suite les uns des autres en suivant l'ordre chronologique, mais comme l'ouvrage est divisé en trois parties, les décrets sont dans chacune d'elles rangés chronologiquement, ce qui n'est certes pa> pour faciliter les recherches. M«r Chaillot, daus les Ancdecta juris Pontifiai, série XVII, a publié 1.985 décrets inédits de cette Congrégation qui s'échelonnent de 1834 à 1858. Encore faut-il observer qu'il n'a reproduit que les décrets se rapportant aux Réguliers (sectio Regularium) et a laissé dans l'ombre

xxïi Précis historique.

tous les autres. D'ailleurs cette Collrctawa, qui a été depuis réimprimée, va céder la place à une nouvelle édition revue et corrigée à laquelle travaille actuellement un des < lonsulteurs de la S. Congrégation.

LA CONGREGATION DBS RELIGIEUX.

Dans la refonte que la Constitution Sapienti consiliOj du 29 juin 1908, fit des Congrégations romaines, on confia les causes des évêques partie à la Congrégation consistoriale, partie à celle du Concile, et le Pape créa une Congrégation qui eut le nom de Congrégation des Religieux. Voici le but que lui assigne la Constitution.

« 1. Cette Congrégation exerce sa juridiction uniquement sur tout ce qui concerne les religieux des deux sexes qui émettent des vœux, soit solennels, soit simples ; ceux qui, sans avoir prononcé de vœux, vivent cependant en commun à la manière des religieux, et les Tiers- Ordres séculiers, qu'il s'agisse d'affaires n'intéressant que les religieux eux-mêmes, ou ceux-ci dans leur rapport avec autrui.

2. En conséquence elle se réserve de régler toutes les question qui s'élèvent soit entre les évêques et les religieux des deux sexes, soit entre les religieux eux-mêmes. Elle constitue un tribunal compétent pour toutes les causes qui sont d'ordre disciplinaire, que le religieux soit demandeur ou défendeur. Les autres causes seront déférées à la S. Rote Romaine, réserve faite du droit du Saint-Office dans les causes qui relèvent de cette Congrégation.

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