‹ Guide canonique pour les Constitutions des soeurs `a voeux simples avec les modifications pour les instituts d'hommesChapitre 11 sur 80 · LEUR UNITÉ ET LEURS DIFFÉRENCES · texte numérisé non relu

LEUR UNITÉ ET LEURS DIFFÉRENCES

15. Un institut qui veut procurer à ses membres la vie parfaite doit nécessairement avoir des constitutions aptes à conduire à ce but, et naturellement il y a autant de constitutions différentes que d'instituts séparés. Cependant, il est facile de remarquer que ces constitutions quelles qu'elles soient ont un fonds commun à toute vie religieuse et une partie sujette à des variations suivant les divers instituts.

Tout institut, en effet, a une fin générale et une fin spéciale. La fin générale consiste dans la sanctification de ses membres par la pratique des trois vœux, la partie qui la regarde ne varie pas. La partie mobile comprend les règlements qui dérivent du but j>articulier, de la fin secondaire d'un institut, et se modifient par conséquent suivant ce but et cette fin spéciale. On voit donc qu'il est aisé d'indiquer au moins ce fonds commun qui doit se trouver dans toutes les constitutions. Ce fonds provient de l'identité du but qui est la pratique de la parole évangélique. « Si vous voulez être parfait, allez, vendez ce que vous avez et donnez-le aux pauvres... venez et suivez-moi » (Matt. XIX, 21 , et de cette autre du même évangéliste (Matt. XVI, 24) : « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il se renonce à soi-même, qu'il porte sa croix et qu'il me suive. » Dans ces paroles se trouve la substance des trois vœux, le détachement personnel des biens terrestres (la pauvreté) et l'abnégation complète comprenant le renoncement aux plaisirs du corps (la chasteté) comme à l'indépendance de la volonté (obéissance).

Mais ces prescriptions, que Jésus-Christ a données à son Eglise pour guider les âmes dans la voie parfaite, devaient être expliquées, commentées par cette même Eglise. Il lui appartenait

20 Sources de ce travail.

d'indiquer comment doit se faire ce triple renoncement, quels sont les moyens d'en sauvegarder la pratique et la défendre contre l'ennemi de tout bien. Cette action de l'Eglise s'est développée en un ensemble de règles canoniques, codifiant petit à petit les principes et les moyens d'action de la vie religieuse, et faisant entrer dans ses lois ce que, d'après l'expérience des grands ordres, elle reconnaissait bon et utile.

16. Sans remonter trop loin, il suffit de dire que, dans la discipline actuelle de l'Église, il existe une triple source de prescriptions concernant la pratique des vœux. Nous trouvons d'abord le Saint Concile de Trente qui, profitant de l'expérience des temps passés, a donné le dernier code de la règle. (Sess. XXV, de Regularibus et Mbnialibus.)

Sont venues ensuite les ordonnances des Papes s'attachant à certains points de détail, comme Clément VIII avec sa bulle Cum ad Regularem pour la composition du noviciat, Benoît XIV et sa bulle Pastoralis curae pour la confession des religieuses. Enfin, la S. Congrégation des Evêques et Réguliers, soit dans les décrets généraux qu'elle a rendus (voir entre autres les décrets récents Quemadmodum, Auctis admodum,Ecclesia catholica), soit dans les animadversions ou remarques qu'elle fait aux constitutions des communautés qui viennent demander son approbation, nous fournit un trésor inépuisable d'observations et de documents.

Il est facile de voir combien est riche cette dernière source. Tout institut vient en moyenne quatre fois devant la S. Congrégation, et chaque fois celle-ci lui envoie des animadversions, ou modifie directement son texte ; nous y puisons donc autant de règles dont l'ensemble forme une codification claire et précise. Nous y voyons d'abord une règle ou norme négative, nous faisant connaître quelles sont les dispositions qui ne doivent point' être insérées dans les constitutions; nous y avons encore une norme positive nous montrant quelle est, sur tel ou tel point, la pratique de la S. I longrégation, pratique sur laquelle elle désire que les différents instituts modèlent leurs constitutions.

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