‹ Guide classique du voyageur en EuropeChapitre 183 sur 471 · BOUTE 353. — DE GENEVE A CH.VMOÉRT · texte numérisé non relu

BOUTE 353. — DE GENEVE A CH.VMOÉRT

elle fromage, tout est apporté de la vallée.

Prix à ces différents hôtels : chambre, 1 fr. 50 à 2 fr. par jour; nourriture, 3 à i fr. par jour , le vin non compris ; pensions à Cfr. par jour.

Les eatix minérales deIoé'cfc«(Leuck) se trouvent dans une des vallées latérales de la chaîne N. des Alpes du Valais.

Les élablissements de bains consistent en cinq ou six habitations attachées à un hameau de 5 ou iOO habitants.

Les eaux thermales de Loëche sont admirables dans les maladies de la peau ; prises intérieurement , elles font beaucoup de bien dans celles de Testomac et du basventre.

Ou admire, autour de Louesche, le coa traste des sites les plus riants et des aspects les plus sauvages.

Cette grande et majestueuse nature offre mille séductions au naturaliste, et le botaniste peut y cueillir une riche moisson des plantes alpestres les plus rares.

Promenades. -— A 4/4 de 1. au nord du village, on rencontre le rocher d'À moiir, où la nature et le temps ont creusé plusieurs grottes remarquables. Toujours au nord, et après 3/<i d*heure de marche au travers d'une colHne boisée par un sentier ombragé de mélèzes, se trouve la

chute de la Dala. Là tout est âpre et sévère, et Tœil suit avec effroi les eaux du torrent qui se précipitent dans des gouffres d'une profondeur immense , disparaissent parfois dans des grottes suspendues qu'elles ont creusées, reparaissent ensuite réfléchissant les couleurs de rarc-eu-ciel , et finissent par disparaître encore avant d*air teindre la vallée.

Ail. plus loin environ se remarque im des passages les plus curieux et les plus riches des Alpes : c'est le chemin des Echelles, par lequel les indigènes se rendent aux bains en évitant un détour de trois lieues. Le sentier est tracé sur le roc au bord de précipices affireux ; et, dans les endroits où il est coupé par des anfractuosités, se trouvent des échelles de bois mal assujetties, que les naturels seuls passent de sang-firoid le jour comme la nuit «H chargés de fardeaux. L'usage de ces échelles, au nombre de huit, a obligé les femmes du pays k porter des caleçons; et, c^mme elles retroussent leurs jupons pour fhanchir les échelles , on les prend de loin pour des garçons.

Quittant Louesche et sa pittoresque contrée, nous allons explorer le midi de la Suisse, contrée non moins riche en gniDdes scènes de la nature.

ROUTE 355, DE OEKÉ^i: A CMJJIEBÉRY ,

Par Annecy, -14 p. -1/2.

S»-.Iulien.

i p. il

Cruscilles.

Annecy.

Si-Donat-d'Alby.

Albens.

Aix.

ClIAMBÉRY.

Diligencesiows les jours, rue du Rhône; trajet, 12 à 14 h. en été. Passeport de rigueur, visa au consulat de Sardaigne, rue du Vieux-Collège, no 276, de 8 h. 1/2 du matin à 4 h. après-midi.

En quittant Genève les deux directions suivent la môme route qui traverse VArve et Caronge, et al teint le village de

SAINT-JULIEN, bourg frontière de la Savoie , où Ton visite les bagages et les passeports des voyageurs.— La route gravit une longue colline jusqu'au mont Sion^ situé sur la même plan que le mont Salève ; du sommet (1,100 m. au-dessus de la merh la vue s'étend sur Genève, le Jara et sur la profonde vallée du Rhône.

La route est assez agréable jusque

CRUSEILLES, nejite ville de 1,300

BOVTB 353. — DE OENÈVE A CHAMBÉBT.

hab., avec une auberge mal tenae et les ruines d*nn vieux château.

Alors la roule descend très rapidement, traverse le lit de VUsse», sur un pont suspendu d*une grande hardiesse et un des plus beaux de ce genre. — Ce pont, long de i 66 m. et haut de 200 m. au-dessus du torrent, aboutit à une route de 500 p. de long, taillée dans la roche; il fut ouvert au mois de septembre 1839 , et nommé pont de la Caille.

Ensuite la route parcourt une contrée montueuse et pittoresque jusqu'à

ANNECY, villedc 6,000 hab. -^HôteU passables: le meilleur est l'hôtel de Genève. La situation de cette ville, à l'extrémité d'une grande plaine et sur les bords du lac, est fort agréable.

^ Annecy {Ànneeiacum novum au xii^ siècle) est ooe ville »ntique qui a gardé la physionomie des siècles passés.

Curiosités : Vancien château , la ca- Ikédrale où sont déposées les reliques de saint François de Sales et de sainte Françoise de Chantai; le vieux palais^ la jolie promenade è l'extrémité du lac d'Annecy. Plus loin, sur une langue de terre, formée par cette belle nappe d'eau, s'élève le château Duindl, — Industrie active et variée.

Du château Duindt, la route de Favergués remonte la vallée très unie d'£auiforle pendant environ 4 kil. 1/2.

Favergucs (pop. 2,000 âmes), heureusement situé entre des montagnes boisées; son territoire est bien cultivé et abonde en riches prairies. Cette ville était conuue, dans le XJi« siècle, sous le nom de Fabrieariutnt à cause de ses nombreuses forges pour le cuivre et le fer.

D'Annecy h Aix rien de remarquable; la route traverse les villages de Yieugy et Balmont pour arriver k

Aunr, village d'environ 800 hab., situé sur le Chéron , que traverse un beau pont de pierre d'une seule arche.

ALBENS, village de 1,000 hab., où l'on a trouvé des monnaies de Claudien, AnUmin, Gallien , et autres empereurs romûns. — ^Au-delà d'Albeus la route descend et domine la plaine et la ville d'Aix, le lac de Boorget et le bassin do Chambéry,

paysage d'une rare beauté, borné par le mont du Chat, le mont d'Azzi et le mont Grenier.

AIX-LES-BAINS. — Hôtels: de hi Poste, dans une belle situation et avec do jolis jardins : on y boit le bon vin de Montmeillan ; l'hOtcl Vcnat , très confortable cl bien situé. On trouve aussi beaucoup de pensions bourgeoises, dont les meillourcs sont celles de M. Guilland et de M. V(»nat. Prix du dîner, 3 et 4 fr. ; déjeuner, 1 fr. 50 c. Bains, dans rétablissement, 1 fr. 20 c. ; douches, 1 fr. 50 c.

Aix était connu des Romains sous le nom d*AqucB^Gratianœ; ses eaux minérales et la beauté de ses environs attirent encore chaque année pins de 2,000 visiteurs. La ville est située à une petite distance E. du joli lac du Bourget , et peut contenir 2,000 hab. ; elle offre peu d 'intérêt au voyageur, à l'exception de quclqui^.^ débris romains, entre autres un arc de triomphe de style dorique, probablement des m« et iv« siècles.

Les sources minérales sont sulfureuses et leur température varie entre 1 00^ et 1 1 7» Fahr. ^38« à 47ocent.). — L'établissement des Bams est très beau et très bien tenu et dans une riante situation (1).

On peut faire une intéressante excursion sur la rive droite du lac , surtout au monastère de Haute-Combe Jonàé en 1125.

situé sur les bords du lac, au pied du mont du Chat. Ses chapelles gothiques servaient de sépultures aui princes de Savoie, chanoines de Citeaux.

La route, en partant d'Aix, est très belle; elle passe au-dessous des jolies pentes boisées du mont d'Azzi et de la dent de Nivolet, et ses ondulations offrent parfois des vues du lac du Bourget et des riantes ramiûcations du mont du Chat.

CHAMBÉRY (en italien Ciamberi). — - Hôtels: de l'Europe, nouvellement restauré et bien tenu; appartements élégants et commodes , jardin pour les voyageurs, bonne cuisine , table d'hôte et ser-

(I) Consulter ponr plus ample^t rensel ^neinents, le Guide aux eaux ti' .-tix eu Savoie^ par Richnrd. 1 vol. in 18, 3 f r , chez Tédtteur L. Maison, h Paris, et c\\:l les libraires d'Aix et de Chambéry.

BOUTB 354. — DE OEKÈVE A CRiiUOUKI.

vice particulier, remises et écuries. Les diligences et le courrier passent devant. Prix modérés : la Poste ; le Petit-Paris.

Ghambéry , capitale de la Savoie, siège d*un archevêché, avec environ 12,000 h., est situé dans une plaine riante et fertile, entre de hautes montagnes ; deux rivières Tarrosent : VAlysae et VAlbane. Son sol est élevé de !282 m. au-dessus du niveau de la mer.

Curiosités : la cathédrale ^ édifice gothique de 1430, avec deui fresques remarquables; V église Sainte-Marie, de 1656, d'ordre dorique; la 5atf»/e Chapelle, avec un portail orné de statues des princes de Savoie; la chapelle royale, édifice remarquable; V hospice Saint-BenoU; le muséCy avec quelques bons tableaux anciens et des antiquités trouvées & Àix ; U bibliothèque, de 16,000 vol. ; le collège; le théâtre t joli édifice contenant 1,500 personnes; les trois casernes, bâties sous Napoléon ; la rue de Boignes, à colonnades À l'instar de la rue de Rivoli, terminée par une fontaine monumentale, élevée à la mémoire du général de Boignes , enfant de Chambécy, à qui il légua sa fortune en mourant (1830). — Ghambéry est encore la patrie de SM^éal, de Thistorien Emmanuel-Philibert de Pingnon ; du père de Challe, jésuite, habile mathématicien; de l'ingénieur Ducla ; du graveur Delallée ; du peintre Paul , de François Bérenger , dont la copie du Saint Jérôme du Corrègc est proclamée par Mengs un vrai chef-d'œuvre; de Xavier et de Joseph de Maistre, de M. Raymond, qui a longtemps rédigé le Journal de Chambéry.

Les Gharmbttes.

Une visite aux Gharmeties nous semble faire partie obligée de tout voyage en Savoie. Nous prendrons pour guide dans cette excursion Jean-Jacques lui-mÔme :

Après avoir un peu cherché, nous nous fixâmes aux Gharmeties, une terre de M. de Gonzié, à la porte de Ghambéry, mais retirée et solitaire comme si Ton était à cent lieues. Entre deux coteaux assez élevés est un petit vallon nord et sud , au fond duquel coule une rigole entre des cailloux et des arbres. Le long de ce vallon, à mi-cOte, sont quelques maisons éparses fort agréables pour quiconque aime un asile un peu sauvage et retiré. Après avoir essayé deux ou trois de ces maisons, nous choisîmes enfin la plus jolie , appartenant à un gentilhomme qui était au service, appelé M. Noiret. La maison était très logeable. Au devant un jardin en terrasse, une vigne au-dessus, un verger au-dessous; vis à vis un petit bois de châtaigniers, une fontaine ë portée ; plus haut, dans la montagne, des prés pour l'entretien du bétail ; enfin, tout ce qu'il fallait pour le petit ménage champêtre que nous voulions y établir. » (Rousseau avait alors SI ans.)

Sur un des murs extérieurs de Thabitition de Rousseau, on lit ces vers écrits de Hérault de Seijhelles:

Réduit par Jean Jacque habité , Tu me rappeika son génie, Sa aolttude, sa flerté, Et ses malheurs et sa folle.

A la gloire, à la vérité, n osa consacrer sa vie, Et ftit toujours persécaté Ou par lui-mérae, ou par Tenvle.

DE oEitfKirE A CBLAMOjj^K et ad noirr-BiiAiirc?

(Savoie) 9 Par Bo.NJVEViLLE et Sallekcues.

Chesne. 35 m.) Contamines. 45 n.

Pont de la Menoge. Ih. 35 IBonneville. 1 h. 15

Nangi. 40 tVaugy, ou Vaugier. 1 15

byGoogk

ROUTE 354. -^ DB GBNÈTB A CBAMOCNI*

éf.'^

SiODgy, ouSîongier. 1h

Cluse.

MagUns i

Le Nant d'Ârpenas. 1

Saintr-Martin.

SiUenches.

DeSaUenfihesk Saiot-Ger-

ws, 2

Souvent de Saint-Martin , le touriste va directement à Chamouni par

Passy. 45 Ghède. 1

LacdeCfaéde. 20

Nant Noir. 15

Servoz. 50

Le Boocbet. 10 Du Boocbet è l^établiaaement

des Mines. 10

Point-Péiissier. 25

Nant de Nayin. 45

Les Oocbes. 10 PootdePerolata. i

Cbamouxi. 50

Moyens de locomotion. — De Genève à Chamouni, 12 h. par la diligence rue du Rbône. On part le matin. On doit foire viser son passeport au consiUat deSardai gne, rue du Vieux-CoUége, 276, de .8 h. 1/2 du matin à 4 h. du soir. Prix : 4 fr.~ Messagerie de Cluses et Maglans , les samedis après midi : bureau sur la place St- Gervais.

Une foule de voituriers rôdent dans les rues de Geiiève, etspécialement autour des principaux hdtels, pr^ à partir pour Chamouni ou pour toute autre excursion. Peu de voyageurs prennent leurs propres voi tures de Genève à Chamouni. Une voiture très légère, attelée de deux chevaux, pour quatre personnes, se loue 20 fr. pour aller jusqu'à Sallenches ou à S<-M9rlin, d'où une voiture plus légère eneore peut porter deux ou trois personnes à Chamouni.

En Savoie, les prix sont réglés par un tarif officiel très miodéré ; toute fraude est immédiatement punie sur la plainte au syndic.

On quitte Genève par la porte de Rive , et la route, quoique montueuse, est bonne poidant 1/2 lieue jusqu'à Chesne, Tun

des plus grands villages du canton. H y a quelques belles vues sur les Voirons, le mont Salève et la chaîne du Jura. Bientôt après Chesne, la route traverse une petite rivière, le Foron, qui sépare le canton de Genève de la Savoie ; puis un peu au-delà à Annemasse , se trouve la douane sarde pleine d'égards pour les personnes dont le passeport est en règle, et assez réservée dans l'inspection de leurs bagages. Audelà , sur le premier plan , se présente le Môlôt montagne conique, que l'on voit dans toute sa masse, haute de 5,800 pieds, cachant en partie la seule dépression qui existe derrière , et par laquelle la route continue jusqu'à Chamouni.

BONNEVlLLE,joliepetitevilledel,eOO hab. — Hôtels : la Couronne ; les Balances.— Jadis simple château qu'entourèrent successivement quelques habitai ioos nommées , dans les anciennes chartes , bourg du château. On y trouve plusieurs belles manuGaotures.

Au sortir de Bonneville, en allant droit au Brezon , on passe un pont sur VArve, au bout duquel est une colonne surmontée de la statue de Charies-Félix , en mémoire des digues entreprises pour contenir VArve, Un bas-relief où VArve est représentée enchaînée, orne le piédestal.

On tourne à VE. et on poursuit jusqu'à Cluse , ayant VArve à gauche , dans une contrée assez unie, jusqu'à

SIONGY, grand village où les Chartreux du Reposoir avaient une grande maison.

— La végétation des environs est magnifique. Les noyers, les châtaigniers et les chênes, atteignent les plus grandes proportions. — En arrivant à Cluse , on repasse VArve sur un pont d'une seule arche . —La vallée de Bonneville» resserrée à son entrée, par le Môle et le Brezon , devient fort large ensuite, et se resserre à Close, au point que VArve et la ville sont le seul espace qu'elles laissent entre elles.

CLUSE. — Hôtels : l'Union; l'ECU de France; la Ville de Genève. — Ville petite et ancienne. Fabriques d'horlogerie considérables. — Pop. iySOO hab.

Cluse est à 500 m au-dessus de la mer, le mont Saxonnet, 1,700 m. ; le Brezon, 1,900 m.

IIOUTS 3i4. — 1>B GBNEVS A CHAMOCÎCI.

En quittant Cluse, la route remonte le cours de VArve du N. au S., passe au fond d'une vallée longue, étroite, tortueuse, inégalement resserrée par deux lignes dé montagnes k pente rapide, parfois mfime à pic au-dessus du chemin; VArve coule h aroite, et souvent touche la chaussée, bordée k gauche par la montagne de Cluse ou mont Sigismond, par celle de Balme et les bases de la chaîne des Frêles.

A droite du chemin et sur Tautre rive de l'Arve, règne une longue ligne de mon« tagnes k pic que surmontentçà et là de hautes cimes nues, bizarrement découpées sillonnées de larges bandes de neige jus-

3 n'en plein été. Les trois principales sont, u N. au S., le mont Douron , conligu k la montagne de Nancy-sur-Cluse ; la montagne du Four, vis à vis de Maglans, et la montagne du l>van/, formant rextrémité E. d*nne autre chatne qui oonmience dans le voisinage de Sallenches en s*éloignant de la vallée de TArve. Vues du chemin, ees montagnes paraissent k peu près inacceastbles. Leur aspect sévère et grandiose el&aye des voyageurs peu habitués à ce genre de vues.

Le touriste peu pressé fera bien de consiicrer une journée k Saint-Martin , ou h SalUnckes, et à la grotte de Balme (1).'

Cette caverne est à une petite lieue de Close; pour y aller, il &ut monter au village de Balme. Elle a 3 m. 53 c. de haut, k rentrée, sur 6 m. 66 c. de large, et pénètre à une profondeur de 640 pas ; sa hauteur varie. A 540 pas de son entrée, on trouve un puits très profond ; si on y f^it éclater une grenade , elle produit un effBt prodigieux.

On arrive aux délicieux bosquets de Maglans, puis, à 1/4 de I. , on trouve de belles sources.

MAGLANS , joK village situé an milieu d*Qne riante vallée. Ses hal>itants sont presque tous aisés. — Lesenvtrons sont remarquables par la beauté des bois, des prairies et des vergers.

LeNant d'Arpenas, à 1 1. de Maglans,

(I) Oq m procure des galdes pour monter à la grotte. Convenir du prix pont se faire conduire, pour faire tirir les gtenades^canonst etc.

est une belle cascade de 267 m. ; lursqu'il a plu dans les montagnes elle est très forte, s'élance en torrent du haut d*éuormes rochers et tombe en poussière.

Après cette cascade on aperçoit le mont Blanc. On arrive ensuite à

SAINT-MARTIN, peUt village. On peut loger k Vhôtel du MontrBlanc, et y passer la nuit, lorsqu'on ne Uent pas à se rendre à Chamouni le même jour.

On traverse un pont de pierre sur TArre, et on arrive en 1/4 d'h. k Sallenches.

Hauteurs. — Caverne de Bahne, 234 m. sur l'Arve.

Le Haut de Véron^ 2,344 m. au-dessus de la mer.

SALLENCHES. — Hôtds : de Belle- Vue ; du lac Léman. — Cette petite ville de Savoie a été presque entièremeot détruite par l'incendie du 19 avril 1840. Sa population était, en 1839, de 2,000 hab. Elle est à 1 80 m. au-dessus du ûc de Genève , et 558 m. au-dessus de la mer. — La haute aiguille calcaire de Warens élève i>a tète altièrede l'autre côté de l'Arve, à 2,400 m. au-dessus de l'Océan.

Pour visiter Chamouni et revenir à pied par Genève, il faut partir de Si-MartJD, suivre la rive droite de l'Arve jusqir'à Chède, Servez et Chamouni, et revenir par le col de Forclaz et les bains de SMjervais. La plus agréable entrée k Chamomii, en partant de S^Martin et sans passer par la vallée de l'Arve , est par Sallenches et tes bains de St-Gervais k Chède.

De Sallenches, la distance, par une roule agréable et unie jusqu'aux bains, est d*Qne bonne lieue. On y jouit de la vue du Wq^ renSf qui domine S^-Martin et la vallée de Maglans.

Bains de Saint-Cbryais. — En quit* tant Genève le voyageur va coucher aux bains de S^-Gervais et visite les environs pour aller k Chamouni, par la Forclaz et le Prarion ; ce chemin est beaucoup plus intéressant que la grande roule. Le panorama du Prarion est célèbre k juste titre : on y jouit de la vue du Mont-Blanc , de plusieurs glaciers, de la vallée de Chamouni dans toute sa longueur, et de nombreux pics gigantesques qui couronnent rfaorizon. Pour ce tnget , on trouve aux

SOUTB 354. — DE GENÈVE A CHA310CIf1.

bains de SMjcnrais des guides et des véhicules de toute espèce : mulets, chevaux, chars, etc.

Eufm , après avoir franchi un pont de pierre sur le Bonnaot, et en remontant ce torrent, on entre dansun vallon étroit,encaisséentredes rochers hauts de 200 m. , tantôt nus et h pic, taotdt inclinés, revêtus de g«zon , de hauts sapins qui s'étagent uns au-dessus des autres. An fond de ce vallon si pittoresque, M l'endroit où ces deux escarpements se joignent comme pour fermer le passage, paraît Vélablis8ement des bains avec ses tourelles , ses balcons et ses galeries. Ce lieu, ordinairement tranquille et solitaire, est plein de vie et peu plé quand vient la saison, non-seulement à cause des vertus médicinales de ses neuf sources minérates, mais bien encore comme étant le point central de toutes les beautés et des curiosités pittoresques du pays.

Les eaux de Saint-Gervais sont toni ques , stimulantes , diurétiques et efficaces dans les affections et les engorgements chroniques, dépendant de la faiblesse soit du système nerveux ou musculaire, soit du système sanguin ou lymphatique. St- Gerfais présente aussi, pour leurs diverses applications, une réunion d'avantages qu'on ne trouve point ailleurs.

Des bains , le voyageur revient sur ses [Ms jusqu'à l'entrée du vallon , où 2 routes diveigent. L'une , très rude , conduit à

ST-GERVAIS, beau village situé sous le val Mant^oie . — De là, la route continue sa direction S. , à travers les villages de Bionay et de Tresse , jusqu'à Contamines ^ei le Col de Bonhomme. L'autre route , que nous suivons , longe la base du Forelat , dans la vallée de TÂrve , sur la route de Satnl-Jfarf m à Chamouni, et laisse un peu sur la gauche

PASSY, beau et grand village bftti sur les raines d'une ville romaine ; on n'en voit que le clocher qui sort du milieu des arbres. Ses vins blancs sont les meilleurs de la côte de VÀrve.

Sur le portail de l'église se trouvent deux monuments assez curieux , comme • archéologie.

GHËDE est un hameau situé au pied de la montée de ce nom , non loin de VÀrve,

La Cascade de Chède , à gauche du chemin , un peu avant le village , est moins haute , mais bien plus abondante que celle d'Arpena% ; un joli sentier y conduit. On marche à TE., et l'on gravit une vallée étroite et sauvage qui conduit à Servo%t à travers les lit^ de plusieurs torrents , et des forêts de sapins et de hêtres.

La route renferme mille beautés , mais le pittoresque lae de Chède , où se miraient le Moni-Blam et les montagnes d'alentour, n'existe plus. II a été comblé par une avalanche de pierres en 1837. Le chemin passe maintenant au milieu de son lit, dont un petit filet d'eau indique la place.

Ici , la route devient âpre et sauvage.

A environ 3/4 d'h. de Chède , on traverse le Nant Noir^ qui creuse une ravine* profonde et quelquefois très difficile à passer. — En quittant ce lïeu désolé , on atteint bientôt le village de

SERYOZ , où se trouvent deux auberges fort commodes pour les voyageurs surpris par les orages. On laisse ordinairement le» chevaux en cet endroit, où l'on UH)Uvera un excellent déjeuner : thé , café , œufs , lait, beurre, pain, et l'excellent miel de Chamouni. On peut même y ajouter un ragoût de chamois.

On peut prendre à Servez un guide pour l'ascension du Buet, dangereux à visiter sans ce secours; de son sommet, haut de 3,150 m. au-dessus de la mer, l'œil découvre un vaste horizon , borné à l'Ë. par le St-Golhard , et à l'O. par les montagnes qui s'étendent et vont se perdre dans le Dauphiné. Les lacs de Genève etd'ilnnecy laissent voir une portion de leurs eaux ; toutes les ramifications du Jura entourent ce vaste et pittoresque horizon.

La route , en quittant Servo%, traverse le torrent de Dio%a sur un pont de bois , près duquel s'élève le monument élevé à M. Eêcher, mort le 7 avril 1800, en gravissant le Buety faute d'avoir suivi son guide. Sur la droite , on aperçoit les ruines du château de Saint-Miekel. Le pont Pélissier est situé entre la vallée de Servo% etj;elle de Chamouni. — Les montagnes , a gauche en y allant , sont les bases des rochers de Saîles; celles de Formena* sont au N. , puis la montagne de Fer

nOUTB 3^1. — OB OBNBVE A CnAftIOUNI.

forme Textrémité 0. de la chaîne du Breven ; la vallée alors est fort étroite , et le vassage des Montées franchi , on pénètre bientôt dans la vallée de Chamouni,

Le NarU de Nayin , que Ton passe , a creusé une profonde ravine qui est quel quefois dan^i^ereuse à traverser.

Les Ouches sont une des trois paroisses de la vallée. Ce village, dont les environs sont bien boisés et fertiles , a une assez bonne auberge. De là on aperçoit le liaut clocher du Prieuré. Le premier torrent que Ton traverse ensuite s'appelle /a (rfia; il vient du glacier de Gria , que Ton voit adroite i une grande hauteur.

A i/2 lieue au^eU du torrent qui découle du glacier du Taeonnayt se trouvent le hameau des Bossons et le magnifique glacier de ce nom , qui descend des bases mêmes du MotU-Blanc. Ses glaces , d*une blancheur éblouissante, se détachent en forme d'obélisques du milieu des bois de mélèzes et de sapins qui couvrent la moraine ou talus extérieur du glacier. — Plus loin encore, on aperçoit le glacier des Bois, partie inférieure d'une immense vallée de glace , désignée sous le nom de MeT"4e-Glaee , longtemps encore cachée aux regards; deux autres grands glaciers ceux dUrgen/tère et du Tùur^ qui font suite aux précédents, ne sont encore visibles qu*à une certaine hauteur, au S.-O.

Un peu au-deli du hameau des Bossons, on passe de nouveau TArve, sur le pont dit de Péro/o/<a; on suit dès lors la rive droite jusqu'au village du Prieuré , situé à SO minutes plus Itis, sur une route iaive, unie et soigneusement entretenue.

CHAMOUNI ou LE PRIEURÉ. — Hôtels : de l'Union , vaste et bel établissement , et dont les fenêtres offrent la vue du Mont-Blanc et de toutes ses aiguilles; — de Londres et d'Angleterre , situé sur les bords de VArpe , bien tenu , et ave» vue magnifique du Ment-Blane; — la Couronne , près du bureau des guides , de la Porte et du cabinet d'histoire naturelle ; — du Nord ; — de la Nouvelle^uronne. — Les prix , dans tous ces hôtels, sonfk peu près les mêmes : — Dloers , 3 à i fr.; déjeuners, de 1 fr. 50 c. à S fr. ; chambre

de 1 fir, 50c. & 2fr.; plus la bonne-main, qui va de 50 c. à 1 fr. par jour.

À la Couronne , on paie un peu moins cher, et l'on est également bien servi. On y a constamment du cham(Hset de la traile d'Arve.

Tous ces hôtels ont des chars bien suspendus pour les promenades et voyages à volonté , et conduits par des domestiques sûrs.

La table d'bôte est servie à 1 h., 5 h. et 8 h.. On peut aus^ manger ea pailicQlier, mais c'est un peu plus cher. — Les voyageurs qui séjournent quelque temps, paient comme pensionnaires , ce qui est moins cher. — On trouve des guides dai$ chacun de ces hôtels.

CHAMOUNI , chef-lieu de la pittoresque et célèbre vallée de ce nom , à i,05d met. au-d<^us de la mer, est un fraai bourg bien l)Ati , situé au pied du Braves et sur la rive droite de VÀrve, — T«!. dans cette jolie localité , annonce le biesêtre et l'activité. — Curiosités : V Église, assez joli édifice, située li rextrémiU supérieure de la place pubnque ; son clocher élancé et aigu se volt de tr^ loin , — Le mouvement et la confusion produAs a Chamouni pendant la belle saison , par Talfluence des voyageurs, sont prodigîe«L — La Vallâe de Chahouni est une imSt et pittoresque dépression des Alpes ^ k Savoie t éloignée de toutes les gijyfa voies de communication et entourée éa plus riches et des plus grandes scènes k la nature.

Moyens de locomotion. — Prix ifgm un char à 2 chevaux, 18 Cr. 90 c; odn de la même course, à mulets, 9 fr. 30c» dont moitié pour le guide , et l'autre moh tié pour la monture , sans déduction sar \t retour si le voyageur n'en profile pas. U prix de retour de Chamouni à Sallesêeàm ou à Saint-Martin est de 4 fr. 60 c. ; la séjour d'une voibure i deux chevaux a!i conducteur se paie 9 fr. 20 c.

Les voyageurs peuvent aussi , anros ï Chamouni , renvoyer leur voiture de Stflenehes , tous les hôtels de ChamcmsU « ofihnt pour leur>rotour, s'ils le éhinalL

Depuis 1842 , U existe on service régslier ae diligences et de malle-poste es

BOUTE 351. — DE CkENèYB A CHAMOCNI.

Chamounik SaUenches, et retow» aax mêmes prix que ei-dessos.

Exeuniofu autour de Chamautri. — Àicension du Monianvert, — Mer de glace, bon chemin dt malet: — guide, 6 fr.; mulet, 6fr,

Du Prieuré au

I Hameau du Pèlerio 0 h. 50 m.

, Fontaine de CaïUet. 0 45

Sommet du Montanverl. 1 13

Aller et retoor . 8

' GrSe* aux récentes améliorations du chemin , cette course , début ordinaire des excursioas aux environs do Gtuunouni, n'est ni longue , ni &tigante , ni dangereu

' se; on peut se servir de mulets jusqu'au sommet de la montagne. La première par-

'' tie est ufi sentier en pente douce , à Toml>re de méiëz» cï de sapins , qui ne déro-

[ bent pas entièrement la vue de la vallée. La fontaine de CailUt marque à peu près

' le milieu du chemin. Un peu plus loin , la fbréts'éclaireitpeu ^peu,le sentier devient plus rapide ; puis , après avoir cheminé obliquement du côté de Chamouni et de l'Arve qu*on a à ses pieds, on tourne in sensiblement à droite pour atteindre le sommet , et Ton se trouve tout d'un coup de\-ant la Mer-^-Glace et dans Tamphithéâtre de hautes cimes qui en borde la rive opposée. Sur le plateau , ou plutôt sur la croupe arrondie qui forme le sommet du Montanvert, à 1,808 met. au-dessus de Jamer, on aperçoit , au milieu d'une belle pelouse , parsemée de touffes épaisses de riiododendrons et autres fleurs des Alpes ,

' le joli pavillon de l'hospice , un chalet , et sur la gauche le nouveau bâtiment de l'auberge de Montanvert, pourvu de tout le Gorafort désirable.

La Mer-de-Glaee, s'appelle en bas glacier des Bois, parce qu'elle se termine dans h plaine, près du hameau des Bois. Au S.'-O., au fond du glacier, on découvre les Périadeet au pied desquelles cette vatlée de glace se divise en deux branches : l'une va droit joindre le Tacul , Tautre forme le glacier de Lréchau.

L'aspect de cette vallée, vue du Montanvert, ressemble, comme l'indique son nom de Mer-de^Glaoe, à un immense bras

de mer enfermé entre deuK falaises , aux vagues eristattisées.

Le touriste qui veut traverser la Mer^de-Glace et visiter le jardin , ou eaurtii (en patois savoyard), sur le glacier de Talèfre , doit coupher au^ Pavillon , et se pourvoir d'un guide.

De Montanverl à

Les Ponts.

Les Egralets.

Le Couvercre.

Le Jardin.

Le Jardin est une plate-formede roehers d'environ 100 met. de longueur, recouverte de terre végétale et abritée par un amphithéâtre de montagnes du côté du N. et de l'E. Ce plateau r malgré son élévation , qui e%i d'environ 2,670- met. , et son entourage de glaces éternelles , se tapisse , en été , d'un gazon d'une fîntcheur admirable , relevé par une grande variété de jolies fleurs des Alpes.

Lorsqu'on revient du Jardin, ih n'est pas nécessaire de descendre par les Effraleis ; un sentier rapide vous conduit du glacier de Talèfre ii celui de Léchaud ; puis un autre sentier, pratiqué vers la bas6 du Charmoi, conduit jusqu'au Montais vert et à Chamouni.

Excursion au sommet du Breveta, 5 h*.

Aller et retour, 9 h.

Guide 6 fr. — Mulets 6 fr.

Chalet de Pfiampra. 5 h.

Au Couloir. 1

Sommet du Breven,

De Chamouni au sommet du Breven , il &ut compter 5 heures; route fetigante et difficile pour les dames, quoique sans danger, grâce aux guides.

Une heure aprà Pliampra, haut de 3,122 met., on escalade une roche escarpée , ensuite une pente douce conduit au sommet du

Breven , haut de 2,612 met. au-dessus de la mer l'un des plus hauts sommets de la chatne des Àiguilles-Rouges. Sa cime, nue et isolée , est coupée à pic do côté de la vallée ; son flanc présente plusieurs étages d'escarpements, avec des traoes d'éboulements dans sa partie inférieure : éboch

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ftOUTB 3M. <— 0« OVNÈYE A CHAMOUNI.

lementsqnipoQixuent bien n*êtrepas finis.

LeBreven est entièrement dégarni de bois; quelques pâturages se voient seulement sur un petit terre- plain , situé k peu près au milieu de la montée.

Excursion à la Flégère. — 2 h. 4/2 de Chamouni. — La route qui y conduit suit le haut de la vallée , jusqu'au hameau des Prés , où elle tourne à gauche, se dirigeant vers V Aiguille de Chalanads, où commence un sentier escarpé qui conduit au pâturage de Pra-de-Viala. De là , il faut une bonne heure pour atteindre la Croix de Flégère , d*où la vue domine toute la chaîne depuis le Col de Balme jusqu'au glacier le plus éloigné au^lessous de Chamouni, lequel descend dans la Tallée , qui déroule aux yeux de Tobservaleur une grande partie de sa vaste et silencieuse étendue.

Le sommet, qui offre une des plus magnifiques vues de la vallée, est celui que les dames choisissent le plus souvent, parce qu'elles peuvent y gravir sur des mules ; le point qu'on atteint se trouve juste en fiice du glacier des Bois ou Mer^le^Glace; et de nul autre endroit, on ne voit aussi bien le groupe remarquable des aiguilles qui entourent riitgt<i7/e-Ferte. On visite le Montanvert, à cause de sa proximité de la Mer-de-GUtcet et h Flégère, pour jouir de la vue du Mont-Blanc et des scènes qui l'entourent. A deux minutes de marche de la Croix t se trouve le Chalet de Flégère , on y trouve des rafraîchissements et un abri contre le mauvais temps comme dans tous les points de la vallée qui attirent les voyageurs. La Croix de Flégère est à environ 2,000 m. au-dessus de la vallée.

Excursion à la Source de l'Àrveyron.

i heure de marche.

Du Prieuré au

Hameau des Prés.

Hameau des Bois.

Source de l'Arveyron.

Source de VArveyron. — Cet affluent de VArve sort d'une voûte de glace qui termine les bords inférieurs du glacier des Bois et de la Mer-de-Glace; son cours offre une jolie promenade en suivant la

plaine de la vallée, au travers de bettes prairies et d'une p(Hite forêt.

La Caverne de glace , d'où s'échappe le torrent , varie beaucoup en largeur et en hauteur; on ne peut y pénétrer maintenant qu'avec beaucoup de peine et de grands dangers.

Excursion au Chapeau, — J9 ft. i/3 de marche.

C'est une tournée de 5 h., qui peut se faire en grande partie à dos de mulet. On suit le fond de la vallée jusqu'aux Tines : de là , on monte , par le sud , jusqu'au Chapeau , qui est au pied de ['Aiguille à Boehard , et sur la rive droite du glacier des Bois.

IjB Chapeau est d'un accès plus lacile que le Montanvert; c'est un sommet d'où U vue s'étend sur la Mer-de^Giace , du cdté le plus éloigné de Chamouni ; on aperQoit les Aiguilles de Chamo* et de Blaitière , qui s'élèvent immédiatement au-dessous du Mont-Blanc , ainsi que la vallée de Chamouni , le Breven et autres points de vue grandioses et pittoresques; le Chapeau a surtout l'avantage d'être tarés rapproché de la Mer-de-Glace , à l'endroit où les déchirures du glacier forment des pyramides et des obélisques de glace.

Excursion de Chamouni au sommet du Mont-Blanc , 47 h.

Le Chalet du Part. 2 h.

La Pierre-à-l'Échelie. 2 30 m,

Les Grands-Mulets. i 30

Le premier plateau. 5 Les Rochers-Rouges, au fond

du grand plateau. 2

Les Petits-Mulets. 1 30

Le Sommet. 1 30

L'ascension du Mont-Blanc a des règlements à part. Le voyageur ne peut avoir moins de i guides , et presque toujours il en a de 5 à B , sans compter les porteurs de bagages. Chaque guide est payé iO ît.

Sir jour. Les guides Coutt t, Tairrask et almat sont très renommés.

Cette route est périlleuse et fatigante , il faut être bien favorisé du temps pour l'entreprendre.

Ceux qui voudront cont)aître à fond ces solitudes et ces beaux spectacles des

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BOOTB 3S5» -— OB CHAMOONI A BtJUlTIGNT.

Hautes - Alpes , pourront aller jusqu'aux Grands-Mulets; quoique celte course ne soit guère plus fiiUgante ni dangereuse que celle du Jardin , cependant toute personne qui n'est pas très sûre de ses forces et de son sang4roid dans le danger, ne doit pas l'entreprendre.

L'ascension du Mont-Blanc et le retour se font en trois jours. — Le premier, on va coucher aux Grands-Mulets , d'où la vue est très belle , et où une colonie de souris blanches a établi son domicile. — Le second jour, on traverse le glacier de Taeonnay, les Pelites-Moniées , les Grandes-Montées, le Grand-Plateau , la Petite-Vallée, les Petits-Mulets; en-

fin on sarîve à la cime.

C'est une crête arrondie en dosd'Sne^ ;ui va en se rétrécisssant de TE. à l'O. coupe horizontale ûgure un triangle à peu près isocèle , de 6 à 7 mètres à la base , et d'environ 67 met. de haut. Vu de profil, du côté de l'O., il présente l'aspect d'un auvent saillant au N. Son point culminant est situé près de l'extrémité 0. de la crête.

La vue, de cette sommité, est inunense^ lorsque le temps est pur.

La descente da la cime est plus difilcile* et plus dangereuse que la montée. Il fout calculer sa course de manière à faire sa seconde station de nuit aux Grands^Mulets^

Pont-sur-l'Arve.

Ih

Chapellc-des-Tines

Argentière.

Valorsine.

Tôle-Noire.

Trient.

Mahtight.

DE cnAiHoiim A HJLRTioinr ,

Par LE SiiiPLON^ sur la grande route d'Italie.

Par la Tôle-Noire , Trient et le col de la Forclaz 8 h. 20 m. de marche. — Guide 9 fr.; malet 9 fr. (aller et retour).

et on laisse à droite la paroisse à' Argentière , la troisième et la plus élevée de la vallée ; elle est à 1 1. à peu près du Prieuré : do ce lieu , vous voyez descendre le magnifique glacier d' Argentière entre les aiguilles d' Argentière et celles du Tour.

Ensuite le chemin monte rapidement à travers une gorge stérile , par les Montées jusqu'au hameau do Trelefan , vers une gorge aride ; puis on atteint le sommet à une petite lieue d'Ârgentière. Un peu audelà de la crête , vous trouverez à gauche , l'iîflM-iYoirc , torrent du Valorsine; et, vers le haut deJa vallée, vous apercevez les neiges du majestueux Buet , derrière les Aiguilles-Rouges.

Au-dessus du val Orsine , la vallée, changée en gorge , abonde en fruits sauvages; le torrent la traverae jusqu'à la partie inférieure où elle s'élargit.

Bientôt on franchit les ftx>ntières de la Savoie pour rentrer en Suisse ; de là , la route, autrefois si mauvaise, côtoie la montagne, au moyen d'une galerie dans la

Deux routes, dont le choix est cmbal^ rassant, conduisent deChamouni à Marti goy : l'une par la Tête-Noire , et l'autre par le CvtdeBalme. Comme beautés pit toresques , la Tête-Noire est supérieure au Col de Balme ; mais ce dernier offre une vue qui surpasse toutes celles de la Têle^Noire.

La route qui conduit au Valorsine et à la Tête-Noire suit le haut de la vallée de Cbamouni , passant par les Prés , jusqu'à la chapelle et au hameau des Tines : ici la vallée se rétrécit et le chemin monte brusquement sur les bords de l'Ârve , en face des Aiguilles-Rouges , et atteint le hameau de$ Iles ; ensuite on traverse l'Àrve,

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ROUTE 356. — DB GHAÏIOUNI A GOBMAYBCn.

roche , qui , en cet endroit , se penche sur la vallée. Cette scène est grandiose.

Cette nouvelle route passe sous une roche nommée la Roche de Balme ; on y remarque une inscription en Tbonneur de lady Guildford ; un peu au delà de la ga> lerie, se trouve V hôtel de la Couronne; le voyageur s'y arrête ordinairement. Il y trouve un abn contre le mauvais temps , et un verre de vin pour se réchauffer.

Ensuite k route tourne brusquement, et pénètre dans Tobscure forêt de Trient , en tournant un sommet couvert de sombres forêts, appelé la Téte-Noire. Puis la route continue au milieu des arbres pendant 1 h. 1/2 ; dans les profondeurs de la forêt, mugit le torrent du Trient.

Après la forêt , on entre dans la vallée du Trient , où se trouve la petite auberge

du Hameau. — Celte petite vaUée est située dans une dépression , au milieu de forêts de pins, de débris des montagnes environnantes et d^effrayants précipices.

La route , toujours pittoresque , atteint le Col de la Forda% , et monte pendant 2 h. à travers de beaux pâturages , pour atteindre Martigny. En descendant de ce village pour gagner le Saint-Gotbard , la vallée du Rhône se déroule à l'œil du voyageur : c'est une des plus célèbres vues des Alpes. Toute cette partie est ombragée par des pins et des liêtres, et la partie inférieure de la vallée est couverte de poiriers, de pommiers et peuplée de chaumières.

Puis le sentier rejoint la route de Martigny au Grand-Saint-Bernard et k la vallée de la Durance.

MARTIGNY (v. route 348).

DE CHAiniOlJira À CORHEAYEIJR,

Par le Glacier du Bonhomme, 2\ h. 20 m. 2 d 5 jours.^Un guide est nécessaire.

LesOuches. 1 h. 30 m.

Chalets de Belpas. 1 30

Col de Voza. i5

Chalets de Bionnassay. 40

Bionnay. 50

Tresse. 35

Les Contamines. 20 Chemin de Notre-Dame-de-Ia-

Gorge 25

Montée du Bonhomjne. 30

Pont-de-Pierre. 30

Chalets du Nant-Bourant. 15

Plan du Mont-Jovet. 1 55

Plateau des Dames. 25

Montée. -45

Croix du Bonhomme. i

Col des Fours. 45

Oratoire do glacier. 2

Chalete du Motet. 20

Col de la Seigne. 1 40 Clialetsdel'Allée-Blanche. 1

Lac Combat. 1 25

Glacier du Miagc.

Vallée.

CORMAYEUR.

En quittant Chamouni , la route suit h vallée jusqu'à Ouches , où elle laisse , à droite , la route de Servo% , et continue par le hameau de Fouilly. Un peu au-ddà se trouve un autre sentier qui tourne à droite et conduit, par la montagne de Vandagne et le Forcla% de Saint-Gerveis ; mais il fiiut réviter, et prendre celui qui conduit droit à une for0t de mélèzes , par une séfie escarpée de zigzags, et de là , aux chalets. Du Col de Vosa , où l'on a placé au p>avillon , la vue est très belle et s'étend sur la vallée de Chamouni , le Moni-BUtne et jusqu'au Col de Balme.

Du col, un sentier très escarpé conduit, à travers quelques chalets , vers le torrent qui sort du glacier de Bionnassay^ entouré de roches et de neiges , et d'un a&peci

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BOUTS 356. — DE CBAMOVNI A C0BMATBI7B.

des plus saunages. Pour traverser k gué ce torrent , il fout remonter un peu haut; une fois que vous Tavez traversé , vous rencontrez quelques chaumières ï rentrée de la forêt qui couvre les montagnes du côté du Val'Mont^oie t que parcourt alors le sentier. Du cOté opposé , on aperçoit , dans une situation admhible, le village de Saint'Nieoltu de Véros, assis sur un beau plateau adossé a la vaste montagne d'^emieiice , qui sert comme d*appui au Mont-JoH. — Des champs bien cultivés et de belles prairies vous conduisent à

CONTAMINES, grand village dans une jolie situation, avec une belle église, comme lautes <»lles du Faucigny. De Btonfiffjtoy i Contamines, la vue s'étend sur tonte la vallée jusqu'aux pics du Bon' homme.

On trouve à Contaminée une auberge passable; mais pour atteindre Cormayeur le jour suivant , on devra continuer jusqu'à Nant-Bourant , où il y a bonne table et bon lit, et de là partir le lendemain de bonne heure.

Pour faire le voyage deChamouni à Coi^ mayeur en trois jours , le voyageur ira le premier jour, en 12 h. de marche, de Chamouni à Contamines; le jour suivant, de Contamines k Chapiu ou au hameau de Motet; le troisième , à Cormayeur,

Toute cette route n*oflVe qu'une longue série de scènes grandioses et variées ; ici c'est le magnifique panorama du Val- Uont^oie ; plus toin , le Plan-des-Dames, plateau situé au-dessus des chalets; les deux pics déchirés , appelés le Pic^ du-Bonhomme, et le Pic de la Femme du Bonhomme.

La crête qui se trouve près de ces hau< tes sommités est celle du Col delà Gouache , par où passe un sentier qui conduit k Maxime-^'^Beaufort ; le voyageur voit è ses pieds les vallées de Beaufort jusqu'à Bourg, et par derrière la vallée de Mont- Joie dans toute sa longueur. Ces magnifiques scènes des vallées alpines , avec les innondMrables pics qui les dominent, offrent un panorama unique au monde. — C*est au miliea de ce bel horizon qu'on arrive à

CHAPIU , où 1 voyageur passe la mût

dans des chalets , afin de diviser le voyage de Cormayeur. L'un d'eux a reçu depuis peu de notables améliorations , et s'est intitulé : Hâtel-dU'SoUil. — De Chapiu, un sentier conduit en 2 h., en remontant la Versoi , qui arrose Bonneval , au hameau du Glacier, ainsi nonuné de son voi* sinage d'un des glaciers du Mont-Blanc.

Par un sentier rapide et parfois dangereux , nous atteignons le sommet du Col de la Seigne (environ 2,670 m.). Là , s'offre à vos yeux une vue d'une beauté extraordinaire qui embrasse le Mont-Blane et les vallées qui séparent le Piémont du Valais, lesquelles s'étendent à près de 48 kil. , en suivant VÀllée-Blanche , le val Veni et le val d*Entrèves, jusqu'au col de Ferret. Deux pvramides immenses de roches escarpées s'élèveot au-dessus de la vallée ; on y distingue le Géant et le grand Jorasse. Le cdté E. est formé par le Cramont et une chaîne de montagnes qui s'étend jusqu'au col de Ferret; puis la perspective se termine au Mont-Velan et aux masses qui entourent le passage du Grand-Sainl-Bernard.

CORMAYEUR. — Hôtel : de l'Ange.

— Cros bourg situé dans la vallée d'£ntrèves en Piémont , au pied méridional du Mont-Blanc , et à peu de distance du confluent des I>etu^J>ofrea. — ^Eaux thermales renommées. La source de la Vic^ toire contient de la magnésie , de l'acide carbonique et du fer. Le nombre des étrangers y est considérable pendant la beliesaison. — Ce joli bourg , situé au midi, jouit, malgré son élévation,d'un climat plus doux que celui de Chamouni. La végétation est beaucoup plus belle et les denr^ de toute espèce y abondent.

Toitures pour Aoste. Tarif, 12 fr. pour 3 personnes; 15 fr. pour 3; 20 pour 4.

Guides pour le Cramont et autres montagnes , les fibres Provent.

Ascension du Cramont (recommandée^, 12 h., aller et retour.

De Cormayeur on passe par

SaiDtrDidier. 1 h:

Eleva. 1

Forêt de mélèies. 2

Somfliet du Grtmoot. 1 50 m»

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BOITTE 357. ^ I>B COBMATEUR A MARTIGNT.

De Cormayeur, on suit la grande route 4'Aoste jusqu'à Palu%ieux; un peu audelà, notre route se bifurque; la branche que nous suivons incline vers le sud et conduit à

SAINT-DIDIER, village assez grand, ayant une poste aux lettres et deux auberges : VOurSt est très confortable , mais n'est guère fréquentée que par des pensionnaires , qu'y attirent ses sources minérales. Ces eaux ont une température de ^o Fahrenheit aux bains , et de 95» à leur source

La route qui conduit , par la vallée audessus de la gorge, aux sources de Suint- Didier et au PellIrSaint-Bemard , est rude et en zig zag , offrant à chaque détour de nouvelles et magnifiques scènes de la vallée d'en>bas et du Mont-Blanc. On gravit jusqu*au niveau qui domine la crevasse profonde de la montagne où le bras de la

Dotre sort de la Tuile et traverse la plaine de Saint-Didier; la vue est alors de toute beauté. A l'extrémité s*élève une foret de pins , dont quelques vieux troncs inclinés cachent le torrent qui coule dessous.

Au-dessus , à travers cette forêt , un sentier rapide conduit au Cramont ; exernsion qui, par un temps fevorable, procure b plus magnifique des vues du Moni-Blane.

Le point le plus élevé du Cramani forme le bord extérieur d'une niasse énorme de roches , d'où une pierre tombant perpendiculairement de 34 m. dans Tablme se briserait en mille morceaux : c*est une expérience que font les voyageurs. L»

chamois abondent dans ce lieu sauvage.

Ici toute la masse du Mont-Blanc se déroule à l'œil de TobserN'ateur; le pic dv Cramont esta 2,731 m. au-dessus du niveau de la mer.

DB CeiBMJkTECU, A HABTIOITÏ,

Par le Col de Fbrust, -13 à 44 li.

La Saxe.

PontsurlaDoire.

Entrèves.

Chalcte-Plan-Pansier.

Glacier du Pont.

Chalets du Pré-Sec.

Chalets Sagiaon.

Pré-de-Bar.

Col de Ferret.

ih

Chalets de Banderai.

€halets de Ferret.

Chalets de Folia.

Prax-le-Fort.

Isert.

LaPrau.

Orsièrea.

St-Branchier.

Galerie de la Monnaie.

Le Bauvemier.

MARTIGfCY4A-VlLLE.

Cette course, qui foit suita à la précé-

dente , exige des marcheurs exercés , car on ne peut s'y servir de mulets que dans une petite partie du chemin.

On rencontre dans le tnjjet certiûns pa^ sages où les personnes sii^etles aux vertiges feront bien de ne pas se hasarder.

On passe près de la iSonrce de la Se»; un entre dnns h vallée d'£ntrèves, puis dans celle de Ferret.

Du point C4ilminant du col de Femt, un double panorama s'offre à la vue : devant nous le Valais, et derrière le Piémont. Vers le S.-O. le Mont-Blanc nkODlie encore sa forme gigantesque ; à TE. s'élèvent les monts Ferret , Dronta et Vekm. Sur le revers du col, à droite, on voit le torrent Dranse de Ferret . et le sentier qu'on suit alors est le plus dii&cile et le plus dangereux de toute la route. -* Après avoir passé plusieurs ciialets , ofi arrive à

ORSIEEi£S. -* Eâtel dn LioD-d*Or

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BOCTB 358« — DS MABtIGNT A AOSTB.

ttsez estimé. — H. Venity reçoit des pen- «OQiMiies el fournit des mulets pour les courses de montagnes, à des prix fort mo dérés. — Beau village situé dans la vallée d'Ëntremont. — Pop. 2,000 hab.

D'Orsiéres une route conduit au Grandr St-Bemardt par le 00/ de Ferret et le col de la Fenêtre.

À 6 kil. eovirou, i notre gauche , se trouvent le joli toc cte Champé et le mont

CatognCt d'où Ton jouit d'une vue admirable.

SAINT-BRANCHIER, village assez sale, au confluent des deux bras de la Dranee^ dont Tun descend du val d'Ëntremont et du Grand St-Bemard, l'autre du val Bagnes et des glaciers de Charmontaine.

Notre route, assez bonne, suit la Drance sur Tune et l'autre rive, jusqu'à

MâRTIGNY(v. route 348).

DE IHARTIGinr A AOSTE,

Par le Gband-Saimt-Beena&d , 47 h. de m. eoY. — Route d'Italie.

BeMariignyèOrsières(t;.

route 357).

D'Orsiéres à Fontaine-Dessous.

ChapeUe-St-Laurent.

Palajoie.

Alève.

Cfaapd]eN.-D.d«Urette.

St-PieiTo-Montr Joux .

Pont sur la Drance de Val-

sorey.

DéûlédeCherrayK.

Plateau.

Chalets de Prou.

Pont de Prou.

Sommet de Prou.

Défilé de Marengo.

Montagne de Pierre.

L'Hôpital.

PontdeNudri.

Les Tronebette6«i fend de

la Combe.

Hospice.

Plan de Jupiter.

L'Hôpital.

Chalet de la Vacherie.

St-Remy.

8t-0ycn.

Etroubles.

PontsorleBullier.

Chevenaz.

Chapelle St-Pantaléon.

La Cluse.

Roveut.

Ruines du château de Ci-

gnod.

Creton.

Signaye.

ÂOSTE.

Chars, mulets , vmiures , guides et porteitfs à Martigny , Orsières et Uddes. — De Martigny k Liddes, guide et mulet, 7 fir. ; char à 2 places, 10 fr. ; à 3 places, \\ fr. De Liddes au St-Bemard , mulet et guide, 4 fr. ; aller et retour le même jour, 6 fr. ; et si Ton revient le lendemain, 8 fr. De Uddes à $it-Hemy, 10 fr.

A Orsières, la route se bifurque, la branche de droite que nous avons parcourue (route 337) conduit à Cormayeur; celle que nous suivons se dirige au S. jusqu'à

LIDDES, grand village situé dans la val« lée d'Entremont.

SAINT-PIERRE, bourg de la même vallée.— Curiosités: Végliset du xp siècle; le Pont St^Charles. — Pop. 400 hab.

Toute cette portion de la route présente des scènes sauvages et sublimes.

En laissant St-Piene, elle traverse un abîme très profond, à travers lequel la Drame se fraye un chemin dans la vallée d'en bas. I^ route de l'hospice laisse à igauche un torrent qui descend du val Or-

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BOUTE 358. — %E HAfiTlGNY A AOSTB.

'sey, où il y a, non loin de St-Pi6rre, «ne superbe cascade.

On « renoncé au sentier de la forêt de St-^ierre^ difficile et dangereux. Les ha* Citants Toat remplacé par une route percée 4e long des précipices qui dominent la Dranee.

On gravit, au sortir de la forêt, pour arriver aux chalets, jusqu'à la région où les pins et les mélèzes poussent difficilement et sont rabougris. L'énorme masse du mont Velan semble interdire toute marche au-delà ; quelques-uns de ces glaciers, et spécialement celui de Menone , descendent jusque dans la plaine de Prou, où de riches pâturages nourrissent de nom^ breux troupeaux. Au-dessus de ce bassin, le sentier pénètre dans un nouveau défilé au-delà duquel se trouve un autre pâturage ; puis le sol devient de plus en plus stérile jusqu'au sommet. Enfin , après queioues lits de neige, on aperçoit les murs de iHospict, à la cime même du passage qui se perd dans les nues, à 2,491 m. au-dessus de la mer.

Le Grand-Saint-Bernard (ail. der Grosse-Bemhardsberg) , passage élevé dans la grande chaîne oes Alpes, entre la Wlée et le diiain d'Entremont en Valais, «t la vaHée piémontaise de Saint-Remy, ramea« de celle d'Aoste.

Bien que ce passage et les montagnes qui l'entourent soient couvertes île neiges et de glaces étemelles, il y avait dès la plus haute antiquité un sentier qui conduisait, à travers les Alpes Pennines, de 4*Italiedan8 la Gaule et dans la Germanie. Le haut du passage (^,49i m.) «st occupé par un couvent de moines augustins, fondé «n 862 par Bernard de Menton.

Les cimes qui s'élèventprès de Vhospice sont : il l'E. le montMoro (2,920m ) et le -mont Feten (5,467 m.), sommet proprement dit du Grand-St-Bemard; à l'O. le ChenaUtia% (2,800 m.) «t la poinU de Drotun (2,834 m.) , d'où M. Stouder, de Berne, a pris un panorama en 1805; puis au S.-O. le RoC'Poli (2,924 m.) et le Pain-de-Suere (2,900 m.)-

VBospiee du Sl-Bemardy l'habitation la phis élevée des Alpes, est au bord d'un petit lac, au haut d'une gorge percée dans

les rochers du N.-E. au S.-O. Le prindpal bâtiment peut contenir de 70 li 80 Kis pour les voyageurs. On peut en abriter 300, «t on m a assisté dans un jour jusqu'à 600. Vis-à-vis se trouve un autre bâtiment pour les cas d'incendie , ce qui a eu liea S fois depuis la fondation de l'établissement : c'est l'hOtel SaintrLouis , nom qui lui Ait donné en l'honneur des rois de France, protecteurs de l'Hospice {t).

En quittant l'hospice pour descendre an val d'Aoste, le sentier longe le lac et passe entre ce dernier et le plan de Jupiter; m peu au-delà du lac, après un petit défilé, la vue s'étend sur l'Italie dans le vaste baasiii de la Vacherie t où paissent les troupeaux du couvent. La route tourne k droite et suit le bassin pour descendre dans là plaine.

La vue sur la Vacherie, de la gorge du mont Moro, est très belle. Les montagnes du cùié opposé sont sublimes déformes et d'élévation; mais l'objet le pKis frappant de cette scène est le Patn-de-Sucre, célébré par Saussure. — A l'extrémité inférieure de la FacAerte, le sentier foit de nombreux circuits, et de là descend rapidement jusqu'à

SAINT-REMY, petit vflUge triste, mais où l'on trouve maintenant une bonne aaberge. Les voitures qui retournent à Aoste prennent 10 fr. Une voiture d'Aoste à St- Remy, avec retour, coûte 20 fr. par jour avec une bonne-main au postillon ; mais ordinanement on traverse la montagne pour 12 ou 14 fr., et le postillon attend jusqu'au soir les voyageurs qui viennent duGrand-St-Bernard.

De St-Remy la route descend jusque St-Oyen, où la douane piémontaise vise les passeports.

Depuis Saint-Remy Veâl erre avee délices sur cette riante vallée dont la riche végétation annonce l'Italie; et à travers des campagnes charmantes en arrive à

AOSTE. — £rd(e2« .VEcu^u-Yalnis, très bon ; la Poste ou Couronne. — Cette

( I ) Poor plus amples détails, Toyes GmiéU dn 'pojagtur en Suissty ebes h» BiAMOK, éditeur, Paris.

L hospice du Grand-vSaiot-BerDard a été frrmé en 1848 par le gouvernement ducan» tonde\aud.(V.p.486.)

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