DÉPENSE DE VOYAGE
On peut voyager en Italie avec autant d'économie que dans le reste de l'Europe. Les prix dans les auberges sont , pour la plupart, modérés. Dans les hôtels de premier ordre , les frais de logement varient selon la situation, le quartier et le nombre de chambres qu'on occupe ; cependant la pense va rarement au-delà de 7 f. 50. Dans
la majeure partie des auberges une chambre coule de 1 fr. 50 c. à 3 fr. — Les tables d*bdtes sont rares en Italie , on dîne ])lus coinmunémeut au repas ou à la carte. Les f)Our-boires des garcoDs sont , comme en France , à la discrétion des voyageurs, Lorsqu'on voyage avec ses propres che- \aux , les frais d'écurie et de remise sont de 3 à 4 fr. par cheval , sans l'avoine , qui se paie à part. — Les divertissements sont peu dispendieux. 11 n'est pas de pays en Europe où l'entrée des théâtres .soit moins coûteuse. Dans les théâtres de la Scala à Milan , de la Fenice à Venise^ t'i 6e Saint-Charles k Naples, le billet d'entrée n'est jamais au-dessus de 3 fr., è moins de circonstances extraordinaires.
La première contrée que nous allons visiter sera le
ROYAUME DE SARDAIGNE , qui comprend 1<> l'Ile de Sardaigne ; 2» les duchés de Savoie , de Montferrat et de Gdnes , la principauté de Piémont , ei une partie de l'ancien duché de Milan. La superGcie totale du royaume est de 1,274 m. carrés et la population s'élève k 4,700,000 âmes ; il est parlagé en 8 intendances , en 40 provinces , paur le territoire continental , en 11 diocèses pour l'ile de Sardaigne, comprenant en tout P4 villes, 269 bourgs, et 3,356 villages ou hameaux. La religion catholique est la seule du pays.
MONNAIES
La monnaie légale est la même que celle de France. On compte par livres et centi mes. La livre se divise en 100 cent.
Or,
Pièces de 40 liv. 40fr. 00 c.
Pièce de 20 liv. 20 •*
Louis d'Or. 23 27
Pistole nouvelle. 28 >>
Pistole double de Gênes. 78 >>
Argent.
Ecu de Savoie. C
Pièce de 5 liv. 5
Pièce nouvelle de S liv. 5
Ecu de Gênes 6
MESURES mNÉRAIRES.
Le mille est àe 800 trahueehid égale 2,466 mètres. Maintenant l'ancien tarif des distances étant abrogé , ces dernières ont été réglées en raison de 2 lieues de France par poste.
Route* ei moyens de locomotion. — Quatre grandesdirections s'offrent au vo^ geur, la première par Lyon , Chambéry et Turin ; dist. 49 myr , 5 kil et 37 postes 1/3. — La2e, pzrDijont Genève el Milan ; dist. 48 myr 1 k. et 53 postes 1/2. —La 3«, parXi/on, Nice et Turin; ^si^ 93 myr.3 kil. et 41 postes 1/4. — La 4«, par Marseille et Gênes ; dist. 79 myr. 3 kiL; et par les bateaux k vapeur, pour Gênes ; 21 myr. env. Des trois grands côtés auxquels aboutissent ces quatre lignes, on peut gagner facilement toutes les parties du territoire. Nous allons suivre la première da ces quatre grandes voies.
DE PARIS A TVRnV,
f/re route)
Par Lyon et Cuambéiiy, 54 myr. 2 kil. at 58 postes ^/2 •— Route
de Malle-Poste.
De Pans à Lyon (r. r. 209
et 484). 46 m.
De Lyon à Turin. 47
De Lyon à Bran. 1
St-Laurentrdes-Mûres. •
8 kil.
La Verpillière.
Bourgoin.
La Tour-du-Pin.
Le Gaz.
Pont-de-Beauvoisio.
kil.
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noOTB 422. -
— Dl
LesEchelles de Savoie (postes
étrangères)
Sl-Thibaud-dfrONix.
Cbanbéry.
Moatmélian.
Maltaverne.
Aiguebelle.
La Grande-Maison.
SUcan-de-Maurienno.
SaintrMichei.
Modane.
Le Yeroay.
Lans4e-Bourf.
L*ho8picedaMont-Genis
Molaret.
Suze.
Brusok).
Saint-Ambroise.
Rivoli.
Turin.
De PARIS A TURIN.
Moyens de locomotion. — Avant de qiitter Lyon , le voyageur doit faire viser son passeport. — Diligences Bonnafous^ roe Neuve, 17, à Lyon, départs tous les jours pour : Turin. Prix : coupé, 6i fir.; rotonde, 50 f., avec le prix des guides, 74 f. — Gênes, 95 f.; rotonde, «0 f. — Milan , 85 f.; retonde, 69 f.— Venise, 129 f. Sologne, 421 U— Parme: 106 f. ; Rome, 197 fr.; — CfcomWry, 15 fr
Le touriste pourra, mais seulement l'été, s'embsrquer sur un des paquebots qui remontent le Rbtoe par le lac du Bcurget, et de là se rendre à Chamhéry. De Lyon , en remoniaiit le Rfadne , la navigation est parfois ennuyeuse; die exige 22 h., outre une longue h. à passer aux douanes de Savoie — Cette partie du fleuve n'a de remarquable , que kSatU du Rhône et le Fort de Pierre-Châtel ; mais à partir du canal qui porte les eaux du lac dans le Rbône, la acène devient pittoresque. La route de poste quitte Lyon parle faubourg delaGuillotière, et pénétre bientôt dans le département de risère. La navigation du HaotrRhOne est momentanément suspendue.
LA TOUR-DU-PIN (Isère). — Hôtels :
La Poste; — PoUet, près de la Douane.
— Petit ville sur l'Isère , cheMieu de souspréfecture. Pop. 9,000 hab.
PONT-DE-BEAUVOISIN. — Hôtels :
Barbier, près de la Douane ; — rancienne Poste. — Petite ville située sur le Giers, rivière qui sépare la France de la Savoie. — On admire la hardiesse de son pont d'une seule arche. La route traverse ensuite une contrée pittoresque et déjà alpestre , jusqu'au bourg des
ECHELLES, au fond d'un vallon très resserré et d'un aspect pauvre. La route remonte un peu vers le N.-E. et nous conduite CHAMBÉRY (v. route 553.) En quittant Ckambéry. la roule incline vers le S.-E., et nous conduit à travers une contrée alpine, à
MONTMÉLIAN. — Hôtels : des Voyageurs.— Petite ville située sur la rive droite de Y Isère , à la jonction de 4 routes , celle du Mont-Cenis , celle de la Tarentaise , et du Petit-St-Bernard et celle de Grenoble, puiscelle que nous suivons qui vient de Chambéry. — Curiosité : son ancien Chdieau. — Au sortir de Montmélian, on traverse V Isère sur un grand pont , d'où , quand le temps est beau , le voyageur peut voir le Mont-Blanc. C'est le seul point de cette route oà il soit visible. Bientôt on pénètre dans l'âpre et ennuyeuse vallée de la Maurienne. A gauche est la vallée de la Tarentaise, par laquelle on va aussi eu Italie , par le Petit-Saint-Bernard. On suit alors le cours bruyant de la petite rivière de V Arque , au milieu de rochers arides et escarpés ; les principales localités que l'on traverse sont '
AIGUEBELLE. — Jïd/ei : la Poslc. — Cette ville a d'assez belles maisons et une grande église où l'on voit le mausolée en bronze de l'évéque qui en fut le fondateur. A 500 pas de là, sur un coteau qui domine VÀrque, on aperçoit les ruines d'une autre église et de plusieurs maisons qui furent détruites et ensevelies , le 20 juin 1760, par un éboulement subit de neiges, de terres et de rochers. Pop. i,200 h.
V'Àiguebelle, si vous contemplez Cham" béry,c/^\\e cité semble à vos pieds , et on dislingue la route partant des Echelles, ainsi quels Cascade de Coux, dont les eaux semblent tracer un sillon d'argent au milieu de vastes paysages. Plus nous avançons , plus le pays prend un aspect alpin, jusqu'à
SAINT-JEÀN-DE-MAURIENNE— Fdlel de l'Europe. — Petite ville de 2,000 liai). Charies-le-Chauve , roi de France , y mourut empoisonné. — De Saint-Jean-de- Maurienne à
Lan^îe-Iiourg , au pied du Mont- CeniSj il y a environ 17 1. Entre Saint- Michel et Modane, on voit disparaître luulc trace de culture. Des rochers escarpés , de profonds abîmes , des torrents qui se précipitent avec fracas , de sombres forCls , tel est le spectacle qui s'étale aux yeux du voyageur. C*est au milieu de ces .scènes sauvages qu'on traverse
SAINT-MICIIEL. — Hôtel : du Liond'Or. — Joli village orné de jolies maisons, et dans un site chaimant, qui semble sortir d'un bouquet de verdure. Pop, 6 à 700 hab,
MOD.\NE , plus grande et plus peuplée mais triste et sans charmes. — Hôtels : de la Poste; — d(»s Voyageurs.
TEHMIGNON est un bourg bSti sur la rive droite de V Arque ou Arc, qui a l'air d'un hameau et l'étendue d'une petite ville. Les femme y sont laides et mal habillées. C'est à Termignon que le sentier, partant du col de V'anoise, rejoint notre route.
LANS-LE-BOURG.— i«fc«r(7e ; l'HÔtcl-Royal , bon mais cher. — Village situé au pied du Mont-Cenis. Après avoir passé devant une grande caserne , la route traverse VArCf puis gravit la montagne par des zigzags faciles et bien calculés. Pour gagner le sommet, il faut prendre des chevaux d'extrin. Une voiture peut atteindre la maison de poste du Mont-Cenis en 3 h.
1/2. On peut abréger, en évitant le zigzag, et en suivant la vieille route, qui débouche près du 20e refuge. On compte, entre Ian4le-Dourg et Suse^ 25 maisons de refuge le long de la roule , et occupées par des cantonniers , qui doivent prendre soin de la route et assister les voyageurs. La Maison de poste du Mont-Cenis (Monte Cenisio), ainsi que l'ancienne Poste, sont deux auberges passables ; on y mange d'excellentes truites du lac , mais on les paye fort oher.. Cette superbe route , la meilleure des Alpes en hiver, est une création du génie de Napoléon .Al k . env. aunlelà de la postc,on trouve V Hospice du Mont-Cenis
fondé par Charlemagne. L'édifice actuel i bâti par Napoléon , est maintenant occupé i moitié par un corps de carabiniers piémontais qui examinent les passe-ports , moitié par des moines bénédictins , qui exercent gratuitement l'hospitalité envers les pauvres voyageurs. 11 y a deux ou trois chambres k coucher très propres pour les voyageurs payants. A l'extrémité de la plaine se trouve l'auberge de la Grande-Croix, où les voyageurs s'arrêtent souvent pour se reposer et se réchauffer. Une belle route descend dans la plaine Saint-Nicolas , au bout de laquelle on aperçoit à gauche une montagne magnifique : la Rochemelon.
Sur son sommet est située la Chapelle de Notre-Dame-des-Neiges , pèlerinage autrefois très fréquenté , mais abandonné depuis quelque temps à cause du danger et des diflicullés de son ascension. — De sob sommet la vue s'étend sur une partie des plaines de l'Italie.
MOLARET, premier village piémontns, avec une petite auberge. Une nouvelle galerie a été taillée dans la roche, entre ce village et
SUSE. — jtttfterge.-la Poste, sale et chère. — Petite ville de 2,000 hab., à b jonction des routes du Mont-Genèvre et da Mont-Cenis , fondée par une colonie romaine , sous Auguste. La seule chose digne de remarque est l'être de Triomphe, âevé huit ans environ avant Jésus-Christ, es l'honneur d'Auguste : il est situé hors de la ville , dans le jardin du gouverneur. Le Passage du Mont-Cenis est un des moins intéressants des Alpes, Quoiqu'un des plus fréquentés. En quittant ^e , la route pénètre dans la fertile Vallée de la Doire : après avoir traversé plusieurs localités sans importance, nous entrons à
RIVOLI {Rigula) , la seconde ville qu*<m trouve entre le Mont-Cenis et Turin. Elle a 2,200 hab. et un château royal vaste et non achevé , sur une éminence qui c«dmande la ville et la plaine. Une belle avenue nous conduit , à travers une plaine riche et fertile , en face du Dôme de la Superga , où commence la vaste plaine de la Lombardie , une des plus belles du i de et qui s'étend jusqu à Venise.
TURIN (v. route ci-après.)
BOCTB 423. — DB PARIS A TUBIN.
DE PARIS A TIJROr,
^^e rouie) Par Marseille , antibes et Nice. — -105 myr. 5 kil. et 29 p.
De Paris è Marseille (v. r. 208
eliSi). 83 m. 7 k De Marseille à Antibes, (voyez
route 210.) 17 4
D'Âutibes à Nice ([H)ste étr.) 2 4
ou 5 postes étr. 3
Scarena. 2 1/2
Spspello. 3 3/4
GiandoUa. 2 3/i
Tenda. 2 1/i
Limone. l
Rolnlaute. 1 3/4
Guneo. 2
CeoUIlo. 1 1/2
Savigliaoo. 2 i/4
Raccooiggi. 1 3/4
Garignan. 2 1/4
Turin. 2 1/4
Moyens de locomotion : de Paris à LyoD, Malle^posUy chemin de fer el diligence». — De Lyon , diligence jusqu'à Nice, ou bien, de Lyon, bateaux à vapeur pour Marseille , et de Marseille à Nice, également par la vapeur ; ensuite de Nice , voiture pour Turin. De Lyon k Marseille , par la vapeur, h
Vienne , en 2 h. i^ ch. 4 f. 2» ch. 2 f. Valence, 5 — 10 — 7 50 Avignon 10 — j?0 — 13 Beaucairei^ — 22 — 22 Arles U — 32 — 18 Marseille 18 -^25 — 20
De Marseille à Nice (direct],, départs tous les mercredis; retour tous les vendredis. Trajeten 12 h. Prix : 20 fr., 19 fr. et 15 ir.; à Marseille, 50, rue Canebière.
^IC£, — Hôtels : ^ Etrangers, diligences de Turin et de Gênes; — d'York, --du Dauphin , — des Quatre-Nations ,— de France , — de Londres , — la Pension- Anglaise ,— du Nord,— du Midi. On trouve aussi beaucoup de pensions bourgeoises el logements garnis qu'on loue pour la saisou
et non au mois ou à la semaine. — La dé' pense d'hôtel est de 6 à 10 fr. par jour^ suivant le quartier ou la beauté des appar' tements. iVtoe est une ville d'env. 30,000 hab. et adossée k un rocher, au sommet du quel on voit les ruines d'un ancien château. — Curiosités : la Terrasse sur le bord de la mer, d'où l'on voit les montagnes de la Gorse parle beau temps; la statue en marbre de Charles-Félix; y Église de Santa Reparata , est l'édifice le plus remarquable de la ville vieille. Dans la nouvelle ville on trouve le théâtre , édifice nouveau et élégant ; on y joue des pièces italiennes et quelquefois , une troupe française y joue des opéras , des comédies et des vaudevilles. Le Palais du gouverneur, VHospice, édifice moderne; le Collège des Jésuites; le Couvent des Dominicains , vieil édifice; la Bibliothèque publique. On compte à Nice 18 couvents des deux sexes. — Nice possMe une chapelle anglaise, où l'on fait le service deux fois tous les dimanches. —Café : Royal; glaces à 20 c. et 40 c— sur le Gours , avec un salon réservé pour les dames , qui peuvent s'y reposer sans rien prendre. — Le Gafé du Gommerce est très fréquenté. — Tables-d'hôte : la meilleure est à rhôtel des Etrangers , — autre très bonne à la pension piémontaise , à 2 f . par tête. — Bateaux à vapeur : pour Marseille , Gènes , Livoume , Rome , Naples , 2 fois par semaine. — Les environs de Nice sont riches et pittoresques , et offrent de beaux points de vue sur la mer. De Nice , la route remonte au N. et traverse en se*^ pentant une contrée alpine jusqu'à
SGARENA , petit bourg situé sur le plateau de ce nom , avec un beau panorama du côté du S. On traverse 6'o5pe2/o, bourg dans une situation pittoresque , arrosé par la J5cr»era, torrent. Vop. k,SOO hab.; — ensuite Baglio , bourg avec quelques fortifi cations , puis Chiandolo , petite ville dans une jolie position. Sans quitter les
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nOUTB 423.
DB PAB18 A TIJBIN.
Alpes maritimes, oq arrive au Col de Tende. La ville de ce nom , située sur le bord de la Reya, fîit construite par AmédéelV. La route , toujours belle, bieu que dans les montagnes , nous conduit à
LIMONE, bourg de 4,000 hab., peuplé de muletiers et de guides pour les montagnes de Ligurie. — Robillante possède une manufacture de laine. Pop. 4,700 h. —San-Damatio est dans une belle situation , a une jolio abbaye de Bénédictins et 2,900 hab, La contrée est toujours alpine jusqu'à
CUNEO ou Coni (Cuneum). -^ Hôtel :
des Trois-NaUons. — Place forte , célèbre par le grand nombre de sièges qu*elle a soutenus et les batailles qui se sont données dans les environs ; elle est située dans la plaine, au confluent du Gesso avec la Stura Pop. 47,500 hab.
CENT ALLO, joli bourg sur la Grana, dans une contrée pittoresque. Pop, 4,000 habitants.
SAVIGLLVNO, jolie ville située dans une plaine , arrosée par la Grana et la Maira; elle est bien bâtie, possède quatre églises , qu'on doit visiter, ainsi que Tare de triomphe situé à l'extrémité de la grande rue , plusieurs manufactures d'étoffes de laine , soie , toile et cobn.
RACCONIGGI , entourée de murs , avec quatre portes et autant de faubourgs ; elle possède 2 églises paroissiales et plusieurs établissements religieux ; un Château nouvellement restauré , d'une riche architecture et dont les appartements sont superbes; le parc qui l'entoure est magniGquc. — Commerce : grains, fabriques de draps et papiers , filature et dévidage de soie. Pop. 41,000 hab
OARIGNAN (CarinMimiwi), jolie petite ville célèbre par ses manufactures de soie. — Curiosités : la Grande-Place , la Cathédrale , le Tombeau de Blanche de 3f ont ferrât, la Statue équestre de Jac ques Rovana. Pop. 8,000 hab.
Après c^tle ville, le voyageur suit la vallée du Pd pendant environ 3 h. , et arrive dans l'antique Taurinorum.
TURIN. —Hôtels : Les meilleurs sont ceux de l'Europe , place du Château ; d!-
chambre , 1 fir. 50 c, 2 et 3 fr.— Fedcr, tenu à la firançaise , excellente maison ; dîners à 1 h. 1/2 et à 5 h., 3 fr.; chambre, 1 fr. 50 c. à 3 fr.; — de l'Univers, rue da Pô et Chartes-Albert; — la Pension-Suisse, rue Notre-Dame-des- Anges; — de la Caocia-Reale » — de la Bonne-Femme , sur la place du Château. On trouve dans tous ces hôtels, et notanunent dans les premiers, de vastes appartements pour les femilies, des écuries et remises. On peut aussi se faire servir dans sa chambre; mais alors le dîner se paie au moins 5 fr. par tête. Dans ce cas , il est utile de faire son prix d'avance.
Cafés. — On en compte plus de cent, très fréquentés même par les hauts dignitaires de TEtat. Les principaux sont : le café Saint-Charies, d'une grande magnificence ; le Fiorio , fréquenté par la hante société; le Dilej, rue du Pô; ceux de Venise, de Londres, sous les arcades de la rue du Pô ; le Colosse , à l'entrée de la rue Grande-Boire; dei Cambio, place Carignan. Bans presque tous c^s cafés, une côtelette, ou deuxœufe, un carafon de vin et une tasse de café ne coûtent guère plus de 4 fr. ; les glaces sont déli-' cieuses et coûtent 40 c. ; la tasse de café à l'eau coûte 15 c, et à la crème 40.
Restaurants.— Celui de l'Univers, oelm des Beux-Indes, Pastore ; on peut y dîner confortablement pour 2 fr., 2 fir. 50, 3 et 4 francs.
Turin, capitale du Piémont, est une des villes les plus considérables d'Italie. ËUe est située presque au pied des Alpes, dans une superbe plaine, au confluent du Pô et de la Boire. C'était, selon Pline, la plus anrcienne ville de la Ligurie. On compte à Turin 13 places et 84 rues tirées au cordeau, qui se croisent à angles égaux et partagent la ville en 145 quartiers : c'est ee qu'on appelle le Nouveau Turin. — Curiosités : la place du Château (piazza Castello), située dans le plus beau quartier de Turin. Elle tire son nom du palais qnî se trouve au centre , qu'on appelle le palais Madame, siège de plusieurs administrations publiques et qui contient la galerio de peinture. Au nord de cette plac^ sont
oers à 1 h. 1/2 et à 5 h.; prix : 3 fr.;! situés le Po/awRotjû/ et les ministères île
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AOUTB 423.
DB PABIS A. TURIN.
la guerre et de U marine, des finaDces, de l'artillerie et des forliûcaiioas , etc. ; sur les autres côtés» se trouvent le Grand-
Théâtre et une série d'édifices d'une riebe belle de Turin ; on y monte par deux esca-
architecture et flanqués d'arcades. Les trois plus belles rues de Turin aboutissent à celte place : à l'E., c'est la rue du Pô, large , droite et ornée de jolies maisons avec arcades, ce qui en 6it une promenade tort agréable, soit dans les grandes chaleurs soit dans les temps de pluie ; à TO. , est la longue me de Dora-Grossa , également belle, mais moins large et sans arcade, au midi; la rue Nuova, qui traverse la place SaintrCharles, et se prolonge jusqu'à la porte Neuve; la place Saint-Ckarles , la plus belle et la plus régulière de Turin; deux palais latéraux ornent les côtés E. e( 0., ayant de vastes portiques bien pavés et à arcades ; sur l'aile méridionale s'élèvent les deux églises de Saint-Cliarles et Sainte-ChrUtine , et daos le centre la statue en bronze d'Emmanoel-Philibert , due à M. MarochetU; elle a été fondue à Paris et exposée dans la cour du Louvre La place Victor-Emmanuel ^ une des plus vastes de l'Europe , est d'un aspect imposant; sa forme est celle d'un carré long, ayant à une extrémité le beau pont du Pô. et \ l'autre la belle me du même nom : les édifices qui la bordent sont réguliers, d'une belle architecture ; sur la place de Carignan , moins étendue , mais remarquable aussi , se trouve le palais de Charies-Albert , ci-devant prince de Carignan, et le théâtre de Carignan. Les autres places méritent aussi la visite du voyageur : le poni du Pô est un ouvrage remarquable, construit du temps de Napoléon ; on y jouit d'une vue admirable; \epont de laDoire plein de hardiesse et de solidité.
Eglises. —-Turin a 110 églises ou chapelles , la plupart d'architecture moderne , enrichies de marbres, et très bien éclairées. La plus remarquable est celle de Saint- JeanrBaptiste, la cathédrale. Le portail est orné de pilastres d'une mauvaise architecture. L'intérieur, qui n'a rien de bien frappant, possède un bel autel de marbre, .un riche mausolée également en marbre ; deux magnifiques statues en marbre de Ste Thérèse et Ste Christine ; derrière le
mettre-autel un vitrage élevé donne vue à la chapelle du Saint-Suaire qui forme comme une église à part , et c'est la plus
liers de 15 degrés chacun. Elle forme une rotonde très élevée, environnée de colonnes groupées de marbre noir poli dont les bases et les chapiteaux sont dorés. C'est un chefd'œuvre d'arQhitecture et de décoration.
Cette belle chapelle est contigue au palais du roi qui y communique de plain-pied.
Parmi les autres églises de Turin on peut citer la Consolata, très fréquentée à cause d'une image de la Vierge ; St-Philippe de Néri , la plus grande de cette ville, édifice élégant et majestueux. Mais de tous les monuments religieux de Turin, aucun ne mérite plus l'attention du voyageur que celui de la Mère-Dieu t belle église élevée par la ville, sur les dessins de l'architecte Bonsignori , en souvenir de la restauration de la maison de Savoie. Ce temple est d'un style ancien ; c'est une jolie miniature du Panthéon de Home. Ce monument est élevé sur le prolongement de la place Victor-Emmanuel , à l'extrémité du pont du Pô, au pied d'une colline parsemée de vignes et de jolies villas. — H existe encore plusieurs églises que le voyageur pourra visiter avec intérêt.
Une remarque à faire , c'est qu'on ne trouve, dans presque aucune des églises de Turin, des chefe-d'œuvre de peinture comme dans les grandes cités d'Italie. Toutefois on y voit des productions de Guidobono, Savonne, Albert Durer, Garavaglia, Guercino, Proccacini, MoraiiMnet Trevisan, Vanloo, Maratli, Seyter, et du Tinloretto,
Palais. — Le Palais du Roi, d'un aspect peu imposant, est un grand édifice qui forme la féce septentrionale de la grande place appelée Piavka Castello , et qui ne répond pas à la beauté de la ville ; mais les appartements en sont vastes , commodes , richement décorés. On remarque à l'entrée de beaux paysages de Bagetti , de riches collections de vases chinois et du Japon, des tableaux représentant les batailles oii figurent les princes de la maison royale. La Bibliothèque du Roi renferme 40,000; vol. et 1»800 manuscrits, plusieurs au-
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BOUTE 423. — DE BARIS A TURTIf.
tographes de Napoléon et de ses généraux, des dessins anciens de Léonard de Vinci, de Raphaël, du Corrège, du Titien; une collection de 1 66 insectes de la Chine dessinés et peints en miniatures sur papier de Chine,une collection de 80 miniatures chinoises Le Palais des ducs de Savoie , réuni à celui du roi par une galerie; sa feçade est fort belle et ressemble au péristile du Louvre.— Après ces deux palais, le plus im portant est le Palais-Madame ouChâteau^ orné d'une jolie façade et contenant de vas> tes et beaux appartements destinés à Texposition publique de la Galerie royale des tableaux. — Un escalier magnifique conduit k cette riche collection, contenue dans 15 salles.
La PREMIÈRE SALLE Contient : de rAlhane , les Quatre éléments , grande toile ; THermaphrodite, puis trois petits tableaux.
La deuxième, portrait en pied de Côme de Médicis, par Brandtsono. — Homère qui chante ses vers en s'accompagnant de sa lyre, par ifurt/Zo. — La Décollation de saint Paul , par Molinieri — Saint Jean Népomucène qui confesse une princesse, par Crespi. — La Vierge seule, par Dolci. — La Sainte Famille et saint François, par Bourdon. — Agardans le désert, par jlicci. — La Vierge tenant l'Enfant-Jésus nouveau-né, par Crespi. — Saint Jérôme, par del Sario. — Trois Génies , (grand tableau), par le Dominiquin. — L'Enfant prodigue , par le Guerchin. — Une Madeleine, par le ri/ien.— Samson qui défait les Philistins , par le Guide. — Le Martyre de saint Barthélémy, par Molinieri.— Une Descente de croix, par le Guide. Saint François qui tient un livre et iiiit lire un ange, par le Guerchin. — La Vierge, l'Enfant-Jésus, Saint Joseph, Saint Joa> chim. Sainte Anne, Sainte Catherine, Saint Jean, par JîeWino —Bacchus jouant avec cinq Amours, parle Guide. — L'Annonciation, par Gentileschi. — Saint Tho mas tenant une plume , un ange dictant, par Jules Romain. — La Sainte Famille, quatre jeunes personnes, par Fra Bariolomeo. — La Vierge dite au poisson; Sainte Catherine présente une fleur, plusieurs vieillards jouent des instruments, par Pa/ma père.— St Jérûme, de l'école
vénitienne , beau tableau anonyme. — La Vierge, l'Enfant-Jésus, Saint Joseph et le portrait d'un prêtre qui a commandé le tableau, par Bellino. —idiCeh bénissant ses enfants, par Atcct.— L'ange Gabriel, par Mo%etti. — Rébecca près du puits , par Pieiro di Cortone.— Portrait de Paul lll, par le Titien. — Flagellation du Christ, par le Bassan.
La troisième, Saint Paul, par Pioloàe Gènes. — Paul et Marsyas, par le Guide.
— Madeleine, les yeux baissés, une main sur son livre fermé , de l'autre tenant une couronne d'épines, par le Guide, — Louis XIV à cheval, par Mignard. — Saint Pierre repentant, par Ànnibal Car roche.
Descente de croix, de Lageno. — Descente de croix d'un dessin différent , par Ferrari. — Saint JérOme écrivant, par V Espagnoles — Lucrèce, par Pietrino, élève de Léonard de Vinci.
La quatrième , la Vierge dite sous la tente, l'Enfiint-Jésus et saint Jean, par Raphaël. — La Vierge , Saintnioseph et l'Enfant-Jésus, par Ferrari. — Une femme et un enfiant, par le Guide. — Jésus-Christ et les docteurs, par Benevenii Garafolo.
— Saint-Antoine et l'Enfant-Jésus, par Caravaglio. — Portrait de Louis XV à quatorze ans, par Vanloo. — Madeleine lavant les pieds du Sauveur, par Pou/ Yéronèse. — Portrait d'une princesse de Savoie, par le Titien. — La Cène, par Ricd. — Madeleine réfléchissant , par le Guide. — L'Enfant prodigue et sou père, par Pompet Baltone. — La Circoncision, par Badi/2e. — L'Adoration des Mages»
par Jlfcmm.— Les trois Marie, parPieIra di Cortone. — Deux petits anges , par le môme. — La Nativité du Sauveur, par le Bassan. — La Vierge, l'Enfint-Jésus, Sainte Catherine, par Léonard de Vinci.
— Madeleine portée au ciel, du Guide. — Histoire d'Hélène en quatre tableaux , par le Titien.
La cinquième , Saint Pierre averti par le coq , par Lanfranc. — David dansant devant l'arche, par if a«aecto. — Jugeaient de Salomon, du même auteur. — Un jeune
Î rince, par Giorgione. — Tète de Saint ean dans un bassin, par Luino. — Deux têtes d'enfButs, par Schidone. — La Vierge
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