BOUTE 487. — DB MESSINE AU CAP PASSABO
plus dMntensité , ju5qu*à ce qo*on parvienne ï la maison nommée Germeliaro , où on quitte ses montures pour continuer le voyage à pied. L'aspect du pointle plus élevé du cratère dans Tintérieur duquel ou entend un fracas continuel semblable à celui du tonnerre , n'est pas susceptible d'être décrit ; car ainsi que celui du Vésuve , il change de forme » augmente ou diminue de dimension à chaque éruption nouvelle. — De ce lieu , la vue embrasse toute la 5icf/e , une partie de l'Italie inférieure , les îles Lipari, et même , si le temps est serein , on peut découvrir à l'œil nu les côtes d'Afrique. L'Etna approvisionne toute la Sicile de la glace nécessaire aux habitants. — Reprenons notre route de Catane; nous continuons de suivre le pittoresque rivage , si riche en anciens souvenirs , jusqu'à
LENEINI , ville jadis célèbre et connue sous les noms d'Urbs Leontinorum , ou Leontium : elle est située dans les champs des Lestrigons , terres de Sicile qui furent <:ultivées &s premières. On y voit encore <ies ruines du château de Bricinnia , cité par Thucydide.
ÂGOSTA (Âugusta), qu*on croit élevée «ur les ruines de l'antique Megara Hy- BLEA , dont le port fut longtemps appelé , i cause de cela , Sinus Megaricus ou Megarensis. Sa population est de 9,000 âmes. On trouve fréquemment dans les environs des urnes funéraires , des médailles et des lampes. Les grottes, qu'on rencontre dans tout ce district, sont très intéressantes. Toujours au milieu des mêmes scènes, nous arrivons à
SYR\CUSE (Syracusa). — Hôtel: du Soleil. — Celle malheureuse ville est un exemple frappant des vicissitudes humaines. De cette cité si brillante , si riche et si grande , qui était divisée en cinq vastes parties , et qui du temps des Hièron, des Denys , était animée par une population d'un million et demi d'habitants; de cette cité jadis si florissante , disons-nous , il reste à peine une cinquième partie , les ruines des quatre autres et 15,000 âmes. — Nous voyons dans Strabon que la circonférence de Syracuse ancienne était de 180 stades, c'est-k-dire d'environ 22 milles . 55 kilom. 1/4.— On entre dans Syracuse,
du côté de terre , en passant sur quatre ponts de bois qui réunissent de larges fossés. Les rues sont étroites et tortueuses , mais ornées de beaux édifices La Cathédrale , dont la façade est majestueuse , a été bâtie sur les ruines du Temple de Minerve , dont on conserve plusieurs colonnes cannelées et l'architrave. La chapelle de Sainle^Lucie , qui existe dans la Cathédrale . est tout ce qui reste de ce temple de Diane dans lequel Ârchimède traça la ligne des équinoxes. Il reste aussi fort peu de traces du Temple de Junon. La Fontaine d*Àréthuse , qui Gt éclore dans l'imagination des poètes de si belles images, n'est plus aujourd'hui qu'un étang fétide situé près du Fortino , sur le Porto- Maggiore. Près de celte Tentai ne s'élevait le palais de Verres , dans le lieu où est maintenant le moderne Fortino. Dans l'église de St-Philippe , on montre un escalier souterrain très profond , construit en spirale et d'une seule pièce , qui conduit dans les catacombes ou cimetières creusés dans la pierre même, et qui s'étendent en vastes circuits au-dessous de la ville. Au S. de cette église était le port principal, qui fut le tombeau de la puissance , de la gloire et de l'orgueil des Athéniens. Ce port avait cinq milles de circonférence , et se nommait Marmoreo^ à cause des somptueux édifices dont il était environné. A l'entrée du grand port on montre quelques vestiges du Temple du Jupiter Olympien. Les fortifications modernes ont fait disparaître jusqu'aux moindres traces des ouvrages grecs. Telle est aujourd'hui l'antique Ortigia. — L'Acradina. Cette partie le la ville était la plus forte et la plus belle. Le Temple de Jupiter ^ ci-dessus cité, V Autel de la Concorde, elc, appartenaient à ce quartier. — Tica. Cette partie conserve bien peu de traces de son ancienne magnificence. Cependant on y voit encore l'antique aqueduc qui dérivait du mont Crimih(Tymbris). — NEAPOU,oula Ville-Neuve , qui est aujourd'hui en dehors de Syracuse moderne , possède plus de restes antiques que les trois précédentes parties. On y voit une grande portion du Théâtre qui est entièrement creusé dans le vif et assez bien conservé , si l'on en excepte l'avant-
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ROUTE 487. — - DE HESSINB AU CAP PASSABa
scène etTorcheslre. Dans le lieu nommé la FossA de' Granati , on remarque aussi des débris intéressantsde V Amphithéâtre.
Dans le quartier Salibra , on voit le Baïn de Daphné , dans lequel Tempereur Constance trouva la mort. On appelle Tiracati un espace de terrain couvert de jardina et de ruines d'anciens aqueducs, et arrosé par le petit fleuve Paradiso (Fons Dianae) Près de Ik sont les catacombes dites les Grottes de Saint- Jean , et anciennement Àntrum Pelopis , dans laquelle on voit de vastes sépulcres creusés dans la pierre Elles sont divisées en cent corridors, dans lesquels la lumière pénètre par pluâeurs ouvertures perpendiculaires pratiquées i des voûtes circulaires qu'on rencontre de distance en distance. En plusieurs endroits, les murailles sont ornées de peintures et d'inscriptions grecques. Dans ces catacombes, les divisions entre chaque &mille sont ménagées avec un ordre et un goût admirables. Ce fut probablement dans ce lieu que Cicéron trouva le tombeau d'irchimède , dont il parle dans la cinquième de ses Tusculanes. Parmi les Latomies de Syracuse t la prison dite VOreUU de Denys conserve encore son ancienne et infâme célébrité.— Epipoli. Des cinq quartiers de Syracttse^ celui-ci est le plus élevé. Le territoire de cette célèbre cité est si riche en fragments antiques de toute espèce que, pour peu qu'on veuille chercher, on trouve des médailles , des camées, etc. En 1803 , on découvrit une statue de Vénus Callipyge. Avant de quitter un lieu si célèbre sous tant de rapports , nous ferons une petite excursion dans les Iles
voisines. Dans le Porto Maggiore , devint le promontoire Plemtnirio , il y ai deux petites tles appelées , l'une Castelluccio , et l'autre S.-Marciano. On appelle aussi
île DELLA MADbALENA et tlo doS MaNCHISE
( Tapsus) , deux péninsules attenant au continent de Syracuse : la première est sifbée au milieu du Porto Grande , et la seconde sur la côte septentrionale de la ville. Ces deux lies ont été plusieurs fois mentionnées par les historiens grecs. Mais ce qui eut encore plus de roiommée , ce fureul les vins exquis Ae Syracuse y dont les meilleurs sont connus sous les noms de Pcêtimbotta , Cajmata, Calabresseet Mi»cat. — Au sortir de Syracuse, la route qui ne quitte presque pas le rivage , est rasitvaise , et pour ainsi dire déserte iiisqu*à
NOTO (Nea et Hetum), qui donne aoo nom aux trois vallées que nous avons indiquées plus haut. — Elle renferme environ 12,000 habitants. Ayant été détniile pv le tremblement de terre de 1693 , elle fiit reconstruite sur la montagne , à cinq nulles de distance de son premier emplacement. La Cathédrale , le i^cée , le Palais publie , le Séminaire et le Jfonl-de- Piété méritent d'être visités. On y remarque aussi un musée archéologique et im cabinet numismatique fort riche , appartenant à M. le baron Àituti. — Il n*y a pas longtemps qu'on a trouvé , parmi les raines de la vieille ville, des vestiges d*u& ancien Gymnase. C'est toiiyours parmi ces grandes scènes historiques ooe nous gnvissons l'ancien pramontoirePac^ino, aujourd'hui Cap Passaro , formant la pointe la plus méridionale de la Sicile.
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