‹ Guide classique du voyageur en EuropeChapitre 276 sur 471 · SITUATION , ÉTENDUE ET LIMITES · texte numérisé non relu

SITUATION , ÉTENDUE ET LIMITES

Cette vaste contrée était autreCiâs appelée Hispania , Iberia et Esperia, Elle a 160 lieues de large sur 200 de longueur, et offre une superficie de 14,860 lieues carrées , Elle est bornée au nord par les Pyrénées qui la séparent de la France , et par le golfe de Gascogne; à 1*0., par le Portugal , à TE. et au S., où le délroit de Gibraltar la sépare de TAfrique , par la Méditerranée et rOcéan atlantique. Sa fron tière , du côté de la France , peut avoir 97 lieues ; du côté du Portugal, 131 lieues ; les côtes S., que baignent la Méditerranée et rOcéan, 487 lieues. Les points les plus reculés sont, au N , le Cap Orlegal-, à TE., le Cap Creus; au S., Tarifa ^el à rO., le Cap Finistère.

Montagnes. — L'Espagne forme uu vaste plateau très élevé , surmonté de plusieurs chaînes de montagnes appartenant au système ésoUriquet et qui forment plusieurs groupes. Leurs principales ra mifications , appelées nerras , sont celles de Alcaiatt Almagrera , Avila , Caméras, FUabreSt Léon, Oca^ Reinosa, Ronda , Santander, Siguenut , Tamajon , Tolède , et beaucoup d'autres moins considérables. De ces hautes ^t imposantes formations partent de nombreux et vivifiants cours d'eau , peuplés d'une riche variété d'excellents poissons , et qui ré pandent la fertilité dans tout le pays.

FLEUVES et rivières. — L'£6rc, qui prend sa source dans la vallée de Reynoaa , et va se perdre dans la Méditerranée , près d'Amposta , après un cours d'environ 125 lieues , ayant reçu les eaux de 150 affluents. ^ Lé Z^oti ro (Douro) prend sa

source dans la sierra de Urbion , et se jette dans l'Océan après un cours de 150 lieues, 125 affluents. — Le Tage (Tajo) est le plus grand fleuve de la Péninsule : il prend sa source dans les montagnes d'>l/baracin , se jette dans l'Océan à Oporto, en Portugal, après un cours de 170 1., grossi par Cl nvièrtis. — La Guadiana, prend sa source dans la Manche , s'enricbissant de 40 affluents , pour se perdre dans l'Océan, près d'Ayamonte, après un cours d'environ 150 lieues. — Le Guadalquivir prend sa source dans les montagnes , entre Grenade . Murcie et Jaen, et après un cours d'environ 80 1. , et grossi par les eaux de 34 rivières , se perd dans l'Atlantique , près du détroit de Gibraltar.

Ganaux. — Outre les nombreux canaux d'irrigation qu'on rencontre dans plusieurs provinces d'Espagne , nous remarquons :

Le Canal impérial d'Aragon^ ouvrage remarquable.

Le Canal de CastUU , sa longueur est d'environ 27 lieues.

Le Canal du Mamanares qui n'a que i lieues 1/2, et va du pont de Tolède ii Madrid.

Le Canaldela Guadarrama^ d'environ 3 lieues.

Le Canal de San-Carh , creusé pour donner un port à Tortose, environ 2 1.

Le Canal de Murcie, dont 5 l. seulement sont terminées.

La canalisation àeVEbre, de Saragosse à hi mer, est en voie d'exécution.

CLIMAT ET TEMPÉRATURE. — Le grand plateau central de la Péninsule ayant une élévation de 2,000 p au-dessus du niveau de la mer, le climat des GasUlles est uiuiiis

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KSPAGNB. -* NOTIOICS PBBLIMINAiaCS.

ehaod que cebii de Naples , situé sous les!ce3,oomoiela Vieille et la Nouvelle Cmemêmes latitudes. Sous ce rapport, nous/i/Ze; YEitramadure^ et la Biscaye, diviserons la Péninsule en trois zones , re- étaient appelées e/ senorio. Enfin, par on présentées chacune par une végétation dis- décret de 1841, TEspagne a été divisée en tiocte : lo la région septentrionale ou i9 provinces, et cliaque province en plu* Cantabre , renferme des portions de la Ca- sieurs partido» , ou districts , qui sont : talogne, r Aragon, la Navarre Jes provinces LUava , capitale Vittoria; Àlbecele , ca- Basques, les Asturies, la Galice et quel- pitale dito; Àlieante, Àlmeria, Avila,

qaes parties des Gastilles. Les hivers y sont froids, les printemps humides et le climat tempéré. L été est la meilleure saison pour visiter ces contrées.îoia^ne centrale renfermant les CastiUes , une partie de Léon, de TEstramadure et de la Manche. Le printemps et l'automne seuls y sont agréables. 50 la *one méridionale contient l'Andalousie , la Murcie et Valence ; elle est délicieuse dans le printemps et Tautomne , torride et tropicale dans I été ; Thiver, plutôt pluvieux que froid, y dure peu. Là prospèrent le palmier, Taloës , Toranger, le caroubier, etc.

PRODUCTIONS DU SOL. — La situation de TEspagne et la configuration de son sol, où les chaînes de montagnes au front neigeux alternent avec une suite de vallées délicieuses et de plaines chaudes bien arrosées y produisent une végétation aussi riche que variée ; on y trouve des plantes de tous les pays et de tous les climats. Ses montagnes renferment aussi de grandes richesses métallurgiques ; on y rencontre depuis les minéraux les plus précieux jusqu aux plus grossiers

BAINS MINÉRAUX. — L'EspOgUO pOSSédO

plus de iO de ces établissements utiles; la plupart sont florissants et très fréquentés. Là Junta suprema de sanitad , ou co< mité de santé , a publié une liste des 10ms des principaux bains avec leurs saisons (i). DIVISION POLITIQUE. Autrefois l'Espagne était divisée en quatorze grandes provinces, les unes ayant le titre de royaume , telles que Grenade, Séville, Jaen, Murcie, Valence, Léon , etc.; d'autres, celui de principautés , comme les Asturies ; et enfin d'autres étaient appelées provin-

(I) Voyei Guide du Voyageur en Espagne et en toitugal^ nouvelle ëditlon , par RicHAbD et QuETiar. — Paris. L.

Maisox , éditeur.

Bùdajœt , capitales dito ; les îles Baléares, Palma: Barcelone , Burgos, CacereSf Cadix ^ dito; les Canaries ^ Tà- NÉRiFB ; Castellon de la Plana, Ciudad Real , Cordoue, la Corogne, dito; Cssemça , Gerone, Grenade^ Gualajara, dito; Guipuscoa , San - Sé&astian ; Huelva , Huesea , Joen, Léon, Ltrida, Logrono, LugOy Madrid , Mureie, Mahgno , dito; la Navarre , Pampelune ; Orense , Oviedo, Paleneia, Ponieveéra^ dito; 5^lamanque, SanSandert Ségovie , Séville , Soria Tarragone , Teruel , Tolède , Valence, Valladolid, dito; KÎMoyn on Biscaye , Bilbao; Zamora, Zaragoma, ou Saragosse, dito.

La population totale de la monarehie espagnole peut s'élever à 16 millions d!»bitants; savoir : 12 millions dans l'Espagne continentale et les îles af^aeentes ; S millions 1/2 dans les possessions voisiiies; dans les Présides d'Afrique , Ànno-Bon , 18,000; à CubaetPuerto-Rico,l ,200,000; aux îles Philippines et dépendances, environ 5.000,000.

Le revenu de cette' monarchie . dont l'assiette est vicieuse , s'élève à 300 millions de francs environ.

ROUTES , VOYAGE EN POSTE, HALLES-POS- TES , DILIGENCES , COCHES DE COLLERAS ET MULETIERS.

On compte en Espagne huit routes royales {caminos realis carreteras gêna^les) y qui relient la capitale avec presque toutes les villes importantes de la monarchie. Ces routes sont en général en mauvais état , cependant, depuis ces dernières années , elles ont subi des améliorations notables et de nouvelles votes plus commodes et plus courtes ont été créées. Depuis quelques années , les moyens de locomotion , en Espagne , se sont beaucoup améliorés et accrus , mais on ne peut cn-

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BSPAONB. — IIOTIOMS PBéUMfNAIBCS^

coie y voyager dans 8a propre voiture que sarles routes de première classe. Pour les voyages en poste , on trouvera tous les renaejgnements nécessaires dans la Guia çMéral des Correo$t imprimé k Madrid.

— Disons seulement que pour ce mode de voyage , il faut un passeport en régie, sans quoi pas de chevaux. Les distances sont payées » non par poste , mais par lieues lUgua»), doot une ^le 20,000 pieds ou xO au degré du méridien. Pour voyager k ftanc-étrier (en espagnol viagera a la lu (fera), on paie 6 réaux pour son cheval et autant pour celui de son guide , dieval ou mule.

DIUGEIICIA9. Ce service s'est bien amélioré depuis quelque temps. Les nouvelles voitures ressemblent aux diligences françaises; la société qu*OD y rencontre est en général bien composée, et les prix sont modérés.

Principales lignes desservies par les diligences , partant de Madrid , et par cor respondance :

Buiigos.

Viltoria.

Tolosa.

Iran.

BayoDoe.

Sévilie.

Bilbao.

Santander.

Gordoue.

Àranjaez,

Manzaneres.

Andojar.

Valence.

Ocana.

Albacete.

ValladoUd.

Banos.

Grenade.

Bailen.

Jaen.

Valdepenas.

Barcelone y etc., etc.

Malles-postes. De Jfadn'd à VaUncey en 66 heures environ , 160 fr.; — A la Carogne , dito. — A Bùgonne , 60 heu-

res environ. Temps de parcours par les diligences : de Madrid k Grenade , en A jours ; — Valence , 3 jours 1/2 ; Sévilie , i jours 1/2 ; — Saragoese , 2 jours.

Sur des routes qui ne sont pas desservies par des diligences, on suit encore Tancien usage national , qui consiste à louer un Coehe de Colleras , sorte de lourd carrosse tratné par six mules et fiiisant par jour de 10 à 12 lieues. Ensuite, vienoent les galerus, sorte de coucous couverts mais Don suspendus , et fort incommodes ; les ctUesas et les tartanast véhicules plus petits et plus convenables pour de petites distances. Mais de nombreuses et fort intéressantes parties du pays ne peuvent être parcourues qu'à pied ou à cheval ; il fout alors louer un cheval ou une mule , et se joindre aux eorarios y ordinarios, voitariers et messagers vovageant par troupes , et qui ont leurs hôtelleries attitrées où l'on paie bon marché. Ce mode de voyager convient surtout k l'artiste.

Bateaux a vapeur. Deux compagnies espagnoles se sont réunies pour èiire le service entre Marseille et Lisbonne ; ils touchent è Barcelone , Valence , Alicante, Garlhagène , Alméria, Malaga, Àlgéciras , Gadix, Lisbonne. — Durée du trajet jusqu'à Gidix , en temps ordinaire , 1 1 jour?, et vice versa.

Bateaux à vapeur anglais , partant de Soothampton 3 fois par mois , pour ;

La Corogne,

Vigo

Oporto.

Lisbonne.

Gadix.

Gibraltar.

Hôtelleries espagnoles. — Depuis quelques années, ces asiles du voyageur se sont améliorés , mais le plus grand nombre en est encore très mauvais. On les divise en plusieurs classes : la première est la Funda, ou Pafodort qui répond à nos hMels et où l'on trouve la table et le logement; la seconde , la Posadcy où l'on ne trouve guère que le logement, et quelquefois une chélive nourriture ; la troisième , la Venta , espèce d'auberge de campagne , où le voyageur

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ESPAONB. — NOTIONS PRBLIMINAIBBS.

apprête les alimenls qu'il apporte ; enfin , le Ventorillo on Venta de dernière classe, misérable butte située sur le bord de la roule , où vous ne trouvez que de Teau, de mauvais vin et de l'eau-de-vie plus mauvaise encore. Or, règle générale , sur les routes que parcourent les diligences , il fiiut, pour être passablement logé , demander El Parador de las dUigencioê,

Les prix dans les meilleures hdtelleries ne sont pas exorbitants ; pour 1 dollar ou 50 réaux ou a le logement et la table.

Passeports. Le voyageur doit totyours être en règle pour entrer en Espagne. A Paris, on le prend è la préfecture de police , et on le foit viser 5 Tambassade d'Espagne. Si Ton se rend dans la Péninsule par MaraetZ/e, Bayonné ou Perpignan t cette dernière formalité est inutile , attendu que le visa dans chacune de ces trois villes est de rigueur et coûte 5 fr.; le permis d'embarquement coûte 6 fr. 50 c. En Espagne, les passeports sont visés gratis et immé diatement rendus au voyageur, s'il continue sa roule le lendemain ; s'il reste plusieurs jours , la police ne les rend que la veille du départ. Le passeport, on le voit, est indispensable pour voyager avec sécurité en Espagne ; ajoutons que c'est une clef qui lui ouvrira la porte de beaucoup de monuments curieux, inaccessibles sans cela *— Si le voyageur va par Baijonne , il lui faut : le visa de la sous-préfecture {gralis)\ le visa du consul espagnol (5 fr ). Arrivé h Déhobie , visa du commissaire de police (gratis) . Ici , se trouve la Bidassoa, qui sépare les deux pays et que l'on traverse sur un pont de bois. — Du côté de la France, et à jla tête du pont , est établi un poste de soldats français ; l'autre extrémité du pont est gardée par des carabiniers espagnols qui demandent les passeports.

Douanes.!; — Après les passeports, une autre tribulation attend le voyageur, ce sont les douanes. A Inm , première visite de la douane , qui, dure de une^ deux heures. On a ordinairement le temps de visiter la ville. La visite des douanes espagnoles est minutieuse et tracassière. Les bi< joiix paient des droits fort élevés , et il Ëiut avoir soin de les déclarer, autrement, ils peuvent Cire saisis et confisqués. Les li

vres reliés paient ausai des droits tss^ élevés. — Règle générale , il (aut déclarer exactement tous les objets autres que ceux destinés à son usage personnel , et dans tous les cas les byoux. — Ici , il est bon de faire plomber ses bagages après la visite , aûn d'éviter les ennuis d'une nouvelle visite à la douane de Miranda. Quelques piécettes données avec discernement abrégeront de beaucoup les formalités de la douane.

A Irun , nouvelle exhibition du passeport et nouvelle contribution de deux fr., ou 2 piécettes, prélevée par le gouvernement espagnol,

Partant de Perpignan, mêmes forma- ' lités dans cette ville qu'à Bayonne

Au PertkiUt extrême frontière , visa do commissaire de police français (ce coaunissariat est momentanément supprimé).

A La Junquière, première ligne de douane espagnole, mêmes formalités et mêmes précautions qu'à Irun. — Visa du passeport , et 2 francs comme à Iran

A Figuières , deuxième ligne de douane , où les bagages sont visités de nouvt^au comme à Miranda, s'il n'ont pas été plombés à I<z Junquière,

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