DOUANE
La douane russe, établie à le froo tière de Tempire , fait son devoir sans in quiéter les voyageurs; toutefois, elle est plus sévère envers les négociants. Si l'on arrive par mer, c'est à Saint-Pétersbourg qu'on est soumis k sa. visite. Quant aux formalités relatives aux passeports, elles sont les mêmes , queUe que soit la voie par laquelle on arrive. Voici d'ailleurs la description rigoureuse d'une arrivée a 3t
Pétersbourg et des démarches imposées an voyageur :
PORMALITÉS d'arrivée ET PASSEPORTS .
Dès que le pyroscaphe est entré dans le port de Cronstadt, un certain nombre d'officiers de police et de douaniers se rea« dent à bord. Les premiers reçoivent les passeports , les examinent , inscrivent les noms des voyageurs , demandent à efaacun d'eux les molife de leur voyage, s'ils ont des connaissances en Russie ou s*ib y sont recommandés , et enfin leur destination ultérieure. De leur côté , les prénosés de la douane prennent note des malles , vaJises et effets qu'ils font plomber, ainsi que les marchandises , quelle qu'en soit la nature.
Ces premières formalités remplies, les passagers montent ^ bord d'un nouveau hltimentà vapeur qui les transporte à Sl-Pétersbourig; \\ les dépose sur le quai anglais, c'est à-dire au centre même de la ville, dont l'aspect, vu de ce point , a quelque chose de merveilleux. Lorsqu'après avoir abaadonné Cronstadt , on est entré dans le col du golfe, 00 la rivière vient décharger ses eaux ; qu'un a laissé sur sa droite la charmante ré.sidence d'Oranienbaum , et bientôt après le beau château de Péterhoff. ça ne tarde pas à se trouver dans le cheaal de la Neva , que l'on passe en pénétrant dans la ville. D'abord ce sont de grands bètiments jetés sur les bords du fleuve; des magasine , des maisons de dépôt , des fabriques , les immenses ateliers de M. Baird, et de vastes magasins de suif; puis A gaifche, c'est le bâtiment du corps des mioes et les belles maisons de Vassili-Ostroff qui le suivent , avec les mille mâts des barques finnoises amarrées de ce côté ; adroite, c'est le magnifique quai Anglais, déroulant , depuis la nouvelle Amirauté, ses parapets de granit de Finlande , et les élégants hôtels qui le bordent. Cet aspect est imposant. Une grande capitale se présente soudain aux regards du voyageur sans la transition obligée de fauboui^ sales et bruyants. Ici la ville a, pour ainsi dire , ouvertsonsein pour le recevoir; il se Ironve transporté, comme par enchantement , an centre de son plus beau quartier et en pré-
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BOUTE 784. — DE PARIS A SAINT péTEBSBOCRO.
sence de ses plus célèbres monuments (!)• C'est sur le quai Anglais et en face du comptoir des pyroscaphes que s'arrête le bateau à vapeur. Le débarquement s'opère aussitôt. Les marchandises et les effets des voyageurs passent à la vérification de la douane, tandis que les livres , s'il y en a , sont envoyés à la censure des ouvrages étrangers , qui rend de suite les livres permis, et retient jusqu'à leur exportation ceux qui sont défendus. Avant le débarquement, le passager reçoit , des mains d'un officier de police, son passeport qu'on lui avait retenu à Cronstadt,et en même temps l'avis de se présenter, dans le plus court délai, à la légation de son pays pour y être immatriculé et recevoir une attestation de national ilé ; muni de ce certificat et de son passeport , le voyageur doit se rendre à l'hôtel de la police générale (rue Pantélémonskaïa, vis-à-vis Téglise Saint-Panlhélémon), section des étrangers. Là on prend note de ces pièi^ et on lui délivre une nouvelle attestation , en vertu de laquelle il lui est donné , au Bureau des Etrangers (place du Grand-Théâtre, maison Annenkoff , no 9), un permis de séiour moyennant une rétribution de 7 rbls. 15 cop. arg. pour les hommes , et pour les dames, de 4 rbls. 29 cop. argent (2). Le renouvellement de ce permis est exigé chaque année au mois de janvier. Lorsque l'étranger veut quitter la Russie , il est tenu , comme d'ailleurs les nationaux , de se fiiire annoncer trois fois consécutives dans la Ga%ette de V Académie, après quoi, il se lait donner, par l'officier de police de son
Suartier, la déclaration qu'aucune demane ni réclamation n*a été faite contre lui ; ensuite , avec les trois feuilles où se trouve
(I) La lUtue de Pierre-Ie-Grand. — L'église d'Isaac. — La colonne Alexandrloe.— Le Sénat. — L* Amirauté. — Le Palais d'hl ver.
(a) Il y a en sus un droit du timbre de 15 cop. arg. lyaiUeurs, les étrangers sont divisés en cinq catégories, suivant leur élat, auquel la rélrlbullon est proportionnée; nous avons Indiqué le prix de celle du premier rang. Le permis de séiour de ceux du dernier ne coûte, par exemple, que 86 cop, arg. pour les hommes et 29 pour les femmes. vV. l^dvis essentiel p. 902.)
son inscription de départ , et avec cette déclara lion, visée par le major de la partie de la ville qu'il habite , il se présente à la chancellerie du gouverneur miUtaire , qui lui délivre immédiatement un passeport. La triple publication dans les journaux a été établie pour prévenir toute mauvaise foi , et empêcher qu'on ne pût échapper à ses créanciers.
SAINT-PÉTERSBOURG. De toutes les capitales de TEurope, Saint-Pétersbourg est celle qui frappe le plus l'étranger par son heureuse situation sur la Neva \\9i largeur, l'alignement et la propreté de ses rues , et la beauté de ses quais , qu'on regarde avec raison comme les plus magnifiques de l'Europe.
Hôtels (1). — Parmi les nombreux établissements destinés à recevoir les étrangers , nous citerons les suivants :
Hôtel Coulon , rue Michel , vis-à-vis le square de la place de ce nom. On peut y dîner à la carte ou à prix fixe; de 1 rbl.l5 cop. arg.; \ 7 rbls. 15 cop. arg. et plus par tfite (de 4 à 25 rbls. ass.]. — Le prix des appartements est de 7 rbls. 15 cop. arg. par semaine , jusqu'à 71 rbls. iO cop. (de 25 à 250 rbls ass.). C'est l'hôtel le mieux tenu de Saint-Pétersbourg.
Hôtel Démouth , sur le canal de la Moïka , près le pont de police. Cet hôtel , où se trouve un restaurant , est surtout fréquenté par les personnages de distinction, tant Russes qu'étrangers.
Hôtel de Patia, dans la petite Morskaïa ; ancienne maison où Ton trouve des appartements et des chambres dont les loyers sont modérés. — Table servie à la française.— Grande complaisance des maîtres de l'hôtel.
Hôtel de Londres , en fiice de l'Amirauté. — Hôtel du Nord, près du grand Théâtre , sur le quai Anglais. ^^
Pensions bourgeoises. — Indépendam-
(0 Une partie des renseignements qol suivent est empruntée au Gtude du Foya- Xeur à Saint Pétersbourg , publié par la maison Belllzard , Dufour et Cle de Paris et Saint-Pétersbourg, I vol. in- 18 de 384 pages, orné d*un plan de la ville et de charmantes gravures sur acier.— Prix : 7 francs 50 centimes.
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ment des hôtels, on compte h Saint-Pétersbourg un assez grand nombre de maisons garnies , mais dans lesquelles un voya geur éprouverait de la difficulté à se faire servir, par suite de Tignorance de la langue du pays. Néanmoins , quelques-uns de ces établissements sont tenus par des étrangers et on peut y trouver des chambres garnies et table d^hôte , à des pri?i modérés. Ces sortes de pensions varient entre 55 et 50 rbls. arg. par mois (de 123 rbls. 50 cop. ë 175 rbls. ass.)
Nous citerons les suivantes :
lo Celle tenue autrefois par Mo>« Wil son , dans la Galemaïa , maison Adadouroff; cette maison n'a rien perdu sous son successeur ;
2o Celle tenue par M. Spink;
3o Celle de M Michélon , dans la petite Morskaïa , maison ManitscharoCT.
4o Celle de M™e veuve Gauthier, dans la Voznécenskaïa . vis-à-vis de l'église St- Isaac, maison PohgenpohI.
C'est principalement dans ces deux maisons que descendent les Français et les Suisses qui viennent en Russie pour suivre la carrière de l'enseignement. — 11 n'est d'ailleurs pas difficile à celui qui se propose de faire un séjour prolongé dans cette capitale d'y trouver une ou plusieurs chambres, garnies ou non dans quelque maison particulière, et c'est ce qui convient le mieux aux personnes qui , n'ayant ni équipage ni domestiques , veulent limiter leurs dépenses.
Restaurateurs. — Il en existe plusieurs où l'on peut dîner à 4 h. 1/^, depuis 60 cop. arg. (2 rbls. 10 cop ass.} jusqu'à 1 rbl. 70 cop. arg. (6 rbls. ass.) et 3 rbls. arg. (10 rbls. 50 ass.).
lo Restaurant français de M. Legrandy grande Morskaïa, maison Jacot; établissement très fréquenté, où l'on dîne aussi à la carte ; le service s'y fait à l'instar des meilleures maisons de Paris ;
2o Restaurant de M. Otto , au coin de la Perspective de Nevsky et de la place de Cazan, maison GlazoïinofT. — Prix de la table d'hôte : 60 cop. arg. (2 rbls. 10 cop. ass.) : on y mange à la carte.
5o Les restaurants Dusean et de 51- Georges;.
i» Celui de M. Palkine . vis4-via le Gostinoï-Dwor , au coin de la Perspective Nevsky, etc., etc.
Domestiques de place. — Les domestiques de place sont moins communs à Saint-Pétersbourg que dans les tatres capitales étrangères ; toutefois on eo trooTe dans les principaux hôtels. Ils parleai généralement russe et français , et joigncal souvent à ces deux langues rallemand et l'anglais. Leur prix n'est pas fixe ; il fui l'arrêter d'avance; il varie entre i rW. , 2 et 2 rbls. 50 cop. arg. par jour (de i à 9 rbls. ass.)
Cafés. — Ils sont remplacés par les mgasins de confiseurs , tenus presque tons par des Suisses. Chez les confiseurs doat les maisons sont le plus soignées on troov«, outre les publications du pays , plusieurs feuilles étrangères, généralement françaises et alleoiandcs. On peut y demander toos les genres de rafraîchissements qu*on troove dans les cafés de l'étranger. Il est pea de rues à Saint-Pétersbourg où l'on ne rencontre quelque établissement de ce genre. Nous ne citerons quelles principaux , ccox qu'on peut considérer comme de véritables cafés, tant par leur élégance , la quantité de papiers-nouvelles qu'ils reçoivent et la variété des objets qu'on peut y trouver, que parce que ce sont à peu près les seuls qui servent de rendez-vous aux étrangers nouvellement arrivés à Saini-Pélersbourf .
Le Café Chinois, au pont de Police. U est précéidé d'une galerie , transformée en été en charmant pavillon orné de fleors. Le décor en est riche et plein de goût. Oo y trouve une grande abondance de journaux dans toutes les langues.
Trois Cafés Bérenger , dont Tiid dans la rue Voznécenskaïa. pr^ le PontrBleQ; le second snr la plaoe de l'Amirauté , et le troisième dans la Perspective de Nevsky, en face de la Petite Morskaïa. Us sont tous parfaitement tenus.
Le Café Suisse, dans la Perspective de Nevsky, maison de l'église Saint-Pierre.
Ce café est l'un des plus riches établissements de ce genre à Saint-Péiersboucy.
Le café de M. Isler , sur la Perspective de Nevsky, en fece deGostinoî-Dwor : salons spacieux , déenés avec goût ;.pn>fti-
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sions de feuilles étrangères ; excellents rafraîchissements.
Il feut citer maintenant le magasin da confisear Résano/f^ célèbre par ses glaces et sans contredit le premier glacier de St- Pétersboiirg , rue Liteynaia, maison Sachine.
Prix des principaux objets de consommation dans les cafés :
Une tasse de café 15c. arg.SOc.ass.
Id. avec crème. 20— 70 — /d.Cbocolat à la crème 20— 70 — Id. id. àreau...25— 87 —
Une limonade 15 — 50 —
Glaces 20— 70 —
Punch glacé, le verre. 30 — Irbl. 5 — Macédoine 30—1 rbl. 5 —
VoUures de place. — Droschkis. — Traîneaux. — Bateaux à vapeur pour Cronsladt et Pélerhoff. — Chemin de fer, etc.
Les équipages de place stationnent dans certaines rues de la capitale, particulièrement dans celles du centre, ue sont des voitures à quatre places, des coupés et des calèches. Les chevaux de ces espèces de fiacres sont en général bien entretenus ; il y en a même qui ne le cèdent en rien aux chevaux des particuliers. Ces équipages ne sont point dans l'habitude de foire des courses en ville ; on les loue pour la journée ou pour la soirée. Le prix doit être débattu d'avance avec le cocher, car il n'existe point de tarif a cet égard, et ce prix varie d'ordinaire selon l'espèce d'équipage qu'on a choisi, son élégance et la bonté des chevaux. D'ailleurs la demande de rûvoscAtA, nom générique qui correspond à celui de cocher, est toujours excessive ; il ne faut pas craindre d'en rabattre un tiers, surtout si l'on est étranger. Voici les prix approxiinatife de ces équipages, que nous supposons les mieux tenus :
Une calèche , pour la journée , se paye de 3 à 4 rbls. arg. (10 ^ 15 rbls. ass.) — Une calèche ou une voiture fermée , pour la soirée , de 2 i S rbls. arg. (de 7 a 10 rbls. ass.), suivant l'heure à laquelle on la prend et l'heure jusqu'à laquelle on compte la retenir. Cependant, en hiver, on les garde généralement jusqu'à 2 ou 3
h. du matin sans qu'il y ait réclamation de la part du cocher ; il suffit de lui donner au retour un léger pour- boire.
Les course> à la campagne sont pim chères ; nous ne p.irlons pas des îles, qui , faisant partie de la ville , entrent dans le cercle des courses ordinaires, mais de Tsarskoé-Sélo, de PéterhofT, de Gatchina, etc. Ici il faut encore débattre le prix , lequel est naturellement proportionné a l'éloignement de l'endroit qu'on indique.
D'ailleurs deux chevaux ne suffisent plus ; on est dans l'habitude , dans ces sortes de courses , d'en prendre quatre, qui sont attelés de front comme les quadriges des aociens. Le prix moyen d'une voilure ou calèche , attelée de quatre bons chevaux , était, pour Tsarkoé-Sélo ou Pavlovsk, avant l'établissement du chemin de fer , de 7 à 9 rbls. arg. (20 à 30 rbls. ass.). La dislance de Tsarskoé-Sélo est de i verstes plus loin, dans la même direction.
Il est inutile d'ajouter que les prix que nous venons d'indiquer sont ceux des jours ordinaires ; pour les jours de fête, surtout dans la belle saison , ils deviennent d'autant plus arbitraires que souvent, dès le matin , presque toutes les voitures ont été arrêtées par les habitants de la ville , qui vont foire des parties de campagne. Aux grandes solennités, telles que Noël , le jour de l'an et Pftques, ces prix triplent et quadruplent, etencore estait nécessaire de prendre ses précautions en arrêtant l'équipage la veille. Nous engageons l'étranger à ne jamais aller lui-même choisir une voiture parmi celles qui sont stationnées sur la voie publique, car, outre l'ennui d'être entouré et harcelé par une foule de cochers qui se disputent à qui louera la sienne, il serait certain de fo payer beaucoup plus cher qu'en l'envoyant arrêter par un domestique de son hôtel.
Les équipages habituels dont on se sert à St-Pétersbourg pour les courses en ville sont les dro8chki$. C'est une sorte de siège longitudinal, suspendu entre quatre roues, avec un dossier pour appuyer les reins, et deux espèces de marche-pieds latéraux pour soutenir les pieds. De la base de ces marche-pieds s'élèvent paraUèiement des deux Gêtés , deux sortes d'ailes qui vont
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BOUTS 78i. — DB PARIS A SAtlIT PÉTEHSBOUBa.
te repliaDt sur les roues pour garantir des édaboussures Deux personnes, tiennent mal aisément sur un droschki; seul il est plus commode de s'y placer à cheval. Les drosclikis sont très légers, et lorsqu'ils sont bien faits, ils ne laissent pas d'avoir une certaine commodité et sont d'un coup d'œil fort gracieux. Les droscbkis sont ordinairement attelés d'un, cheval , quelquefois de deux. Dans ce cas . le se eond est k la volée et galope la tête basse, tandis que celui du brancard a l'encolure haute et ne quitte jamais le grand trot. II y a des personnes qui mettent un grand prix à ces sortes d'équipages , lesquels ont quelque chose de fort original; un bon trotteur se vend jusqu'à 1,500 à 2,000 rbls. arg. Quant aux droscbkis de place , ils n'ont presque jamais deux chevaux. Ici il y a choix. Plus de 3,000 droscbkis font le service de Saint-Pétersbourg ; les uns attendent stationnés au coin de^ rues , sur les carrefours , où se trouvent des auges permanentes ; les autres parcourent la ville, errant au hasard pour trouver quelqu'un > transporter. Les 1«n sont généralement plus propres ; il y en a môme d'une grande élégance, quelquefois poussée jusqu'au luxe.Geux-ci ne font guère de courses à moins de iO^ou 50 cop. arg. (1 rbl, 40 à 1 rbl. 7ô as6.); pour les autres, on ne saurait établir de tarif même approximatif. L'éloignement du lieu où Ton veut se rendre , la nature du quartier , l'état du cheval, l'humeur de l'isvoschik , quelquefois son caprice , tout cela détermine le prix auquel il évalue sa course, mais dont il rabat presque toujours la moitié.
On ne saurait faire en ville des courses en droschki à moins de 10 à 15 cop. arg. (40 à 50 cop. ass.); on n'en faitguère qui dépassent 60 cop. arg. (2 rbls. ass.).
Tout ce que nous avons dit des droscbkis se rapporte également aux traîneaux ; seulement l» prix de ces derniers est un peu moins élevé ; on peut généralement compter une différence de 20 à 25 p. o/o
Indépendamment des ponts dont il sera parlé plus tard , il y a sur divers point», le long de la Neva , ûea passages où stationnent de petites barqoes pour dciliter la communication entre les deux rives du
fleuve. Les bateliers m démarrent que lorsqu'ils ont 8 à 10 passagers , qui lear paient 2^ cop. de cuivre chacun. Il est inotiie de dire que ceci regarde onlinairaBert les gens du peuple; d'ailleurs il solBt de monter dans une deces embarcations poor que le batelier vous passe aussitôt à Tantra bord. Le prix rigoureux est de 4 cop. aig., mais on en donne ordinairement 5 am iO.
Il y a à Saint-Pétersbourg, coaune dans toutes les capitales , des loueurs de chevaux et de voitures au mois. — Voîci les adresses les plus renommées.
Sarokine et Ko%akoff, rue des Graodes- Ecuries, presque sur la Perspective de Nevsky, à o&té de l'église réformée ;
Lapouchkine, au pont des Ecuries ;
Ivan Pélro/ft maison Jadimirovsky, au pont des Ecuries;
lakoff Wassilieff, Perspective Nevaky, maison Soubolnikoff
Prix approxiroatiCs dbs droschkis , taitures ei calèches, par mois :
Un droschki à 1 cheval, de 45 ii 60 itb. arg. (151 rbls. 50 cop. ï 210 rt>ls.ass.);
Une voiture o& calèche à 2. chevaux , 80'k 85 rbls. arg. (280à 500 rbls. «ss.);
Une voiture k 4 chevaux , 124 h 135 rbls. arg. (455 h 475 ri>ls. ass.) ;
Le coche y compris et un pour les équipages à 4 chevaux.
Manège. — L'écuyerPaul Laaerbaeb, rue Novoï-Péréoulok, maison Rultz^n^ 5»
tient des chevaux de selle et donne des leçons d'équitation ; il prend des chevaux «a pension.
Situation. — Sol. — Espace occupé par la mile.
La ville de Saint-Pétersbouiig, capitale de l'empire de Russie, occupe une partit de rancienne Ingrie des Suédois (1) et une partie de la Carélie , contrée appartenant à la Finlande , et séparée de Plngrie par la Neva, grand et beau fleuve, on plutôt, suivant l'expression pittoresque de Malle- Brun, sorte de large bosphore d'eau douce par lequel le lac de Ladoga et oehn d'Ooéga déchargent leurs eaux limpides
(I) L'iDgrle doit boq Dom à Ui petlle rivière d*Iiora, appelée loger par ie» SoéiMa;
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i la baie de Cronsladt , k rextrémité orientale du golfe de Finlande.
Cette capitale occupe les deux rives de la Neva et différentes îles formées par cette rivière à quelques verstes de son embouchure. Au S.-O. et àk ro. , Saint-Pétersbourg regarde le long et étroit golfe de Finlande ; des autres côtés il s'ouvre sur une plaine large » basse , uniforme , et à peine eoupée çà et là par «Je légères ondulations.
La contrée est eu partie couverte de bois et en partie de marais ; son sot est ingrat , froid et humide.
La ville s'élève au-dessus de la Baltique de 8 sagènes ou 56 pieds anglais. La ligne de ses barrières embrasse un espace de 3S Yerstes de tour (et non de ti , comme ou le trouve dans un Guide anglais) , et elle occupe une surface d'environ 20 millions de sagènes carrées. Elle a 9 verstes de longueur et 8 de largeur. Elle est coupée pr les diverses branches du fleuve , dont le courant principal la divise en deux parties à peu près égales. Elle est entourée d*eau presque de tous les côtés ; k peine un i|iiart de son étendue s*oavre-t-il sur la campagne.
LÀ Neva. — Après un cours de- 60 verstes, ce fleuve entre dans la ville audessus du couvent de Saiut-Alexandre- Nevsky, eu traçant une ligne circulaire.
A Okhta, il se divise endeux branches fo la grande Neva , au-dessus de la forteresse; 2» la petiU Neva, au-dessous de la forteresse. La grande Neva va se perdre dans la baie de Gronstadt.
La Neva coule d'ordinaire h plein bord ; aussi lorsqu'en automne les vents d'O. et du N.-O. commencent i souffler, et que leur violence pousse la masse d'eau du golfe dans la baie de Gronstadt , le cours du fleuve reflue subitement. Alors ses flots se soulèvent et viennent battre avec bruit leurs nves de granit. Mais il arrive quelquefois que la durée de ces vents les pousse par-dessus les quais , et c*est alors que les inondations menacent la ville. — Plus d'une fois les inondations dont nous venons d'indiquer la cause, ont menacé l'existence de Saint-Pétersbourg , surtout dans le temps où cette capitale commençait à peine à sortir du terrain (an
geux de l'Ingrie. De 1715 à 182i, la rille ^ut à supporter 17 inondations; celles de 1715, 1716 et surtoutcelle de 1824, furent les plus désastreuses. En 1715 (5 novembre), Saint-Pétersbourg fut tout un jour presque entièrement sous les eaux, qui emportèrent tous les ponts des canaux; — en 1 71 6 , les parties basses seules furent submergées.
Celle qui eut lieu en 1777 (10 septembre) eut les résuliitts les plus désastreux. L'eau s'était élevée è 3 mètres 50 c. audessus de son niveau ordinaire. Les ponts furent emportés et les arbres déracinés; on voyait les barques flotter au hasard dans les rues. Un navire marchand fut lancé par la tempête à 10 sagènes au delà du rivage , et alla échouer au milieu d'un petit bois qui s'élevait au centre de Vassili-Ostroff. Mais on ne saurait comparer aucune de ces inondations à celle de 1824 ( 7 novembre)
Le vent souffla dès la veille avec une grande violence. Le temps était sombre ; une ploie fme et continue glaçait l'atmos^ phère ; on eût dit dans le ciel comme quelque chose qui présageait les désastres du lendemain. Le soir, les eaux avaient crû considérablement; elles baltaient avec bruH le granit des quais. Le canon de la citadelle avait tii<é. Mais depuis longtemps aucune inondation n'avait eu lieu, et les ha-» bitants restèrent dans une fatale sécurité. Pendant la nuit, le vent continua de souffler ; mais vers le matin , tournant au S.- E. , ii acquit une violence effra vante. Bientôt ce fut le plus épouvantable des ouragans.
Cependant, à 10 heures du matin , les eaux n'avaient point encore franchi les parapets de leurs rives, qu'elles assiégeaient avec fureur. Le peuple s'était réuni en foule sur les quais , où la curiosité plutôt que la crainte l'avait attiré. Personne ne soupçonnait encore le désastre qui menaçait It ville. L'orage continuait ; bientôt le fleuve éleva ses vagues par-dessus le granit de ses bords , et elles bondirent en mugissant à travers les rues, où les malheureux habitants se précipitèrent pôle-mêle sans pouvoir échapper au rapide envahissement des eaux. On en voyait qui s'accrochMent
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tnx cordes qu'on leur jetait des fenêtres , d'autres qui s'efforcent d'atteindre au sommet des poteaux des réverbères ou des arbres des boulevards.
Bientôt, k l'exception de trois quartiers (1), toute la ville fut sous les eaux, <]ue l'ouragan soulevait avec bruit. Elles s'engouffraient dans les rues entraînant tout dans leur cours. Sur la place du Palais on les voyait -tournoyer comme dans un vaste abîme; partout les toits étaient arrachés avec fracas par la violence du vent , les maisons battues avec furie par les vagues. C'étaient des barques , des vaisseaux emportés par-dessus les bords du fleuve et poussés à travers la ville D'ailleurs . les quais étaient arrachés , les dalles des trottoirs dispersées ; l'aeil, de quelque côté qu'il setournftt, n'embrassait qu'un tableau de dévastation. Dans ce ternble moment , tout secours humain devenait impossible. Mais ce fut principalemenl sur la rive droite de la rivière , dans les terrains bas de Vassili-Ostroff et les lieux voisins du golfe, que l'inondation fut désastreuse.Ici l'eau atteignit une hauteur de 5 m. 55 c. Des villages entiers furent emportés; aucune habitation de bois ne put résister i sa ftireur. Les victimes furent innombrables, et la ville de Saint-Pétersbourg eut ^ déplorer bien des morts et bien des misères. Le tableau serait trop long, si nous voulions entrer dans les détails des malheurs de cette journée, à la On de laquelle les eaux commencèrent à diminuer; mais quelle nuit d'angoisses que celle qui la suivit ! H est plus facile de se l'imaginer que de la décrire.
Toutefois, empressons-nous d'ajouter que le dévouement public égala presque la grandeur du désastre. Le souverain donna le premier l'exemple. Une foule do malheureux furent arrachés k la mort. Dès le lendemain on prit de promptes mesures pour qu'ils reçussent un asile et du pain. Les dons particuliers abondèrent. Le comte Miloradovitch , alors gouverneur militaire , ouvrit sa maison, qu'il transforma en hospice. Quatrecents familles reçurent ce jour-
(l) La Lltelnala. — La Raretaaia.-- La Rok«tveD»kaia.
là des vêtements et des vivres ; trois fltîDe cinq cents rations de pain furent distribuées L'empereu^ assigna un million pow être donné aux pauvres. S. M. alla visiter elle-même les lieux ravagés par les eaux, afln de juger de la nature des malbeurs, et par là de celle des secours nécessaires. Rien ne fut oublié de tout ce qui pat soslager la misère du peuple.
Le 15 novembre, c est-à-dire huit jo«s après , ou put célébrer une messe d'actions de grâces : le fleuve était rentré dae son lit, et le 22 du même mois on cétân une messe des morts pwir le repos des vietimes de cette inondation, dont le Dombic s'élevait à plus de 500.
Quant aux pertes matérielles , on ne saurait les évaluer qu'approximstivenieiit: 482 maisons furent détruites de fond ea comble ; près de iOO furent plus on bmibs endommagées; tous les ponts, moins ecsi de pierre , furent emportés. Il périt 3,600 têtes de bestiaux , sans compter les cte* vaux. Seulement à la Bourse on perdit 500,000 pouds de sucre . autant de id, 600,000 pouds de ferine , pour plus éi 500,000 rbls. ass. d'eau-de-vie, etc.
Depuis cette affreuse inondatioa , la eaux de la Neva, ordinairement fort grosses à la fin de l'automne , ne se sont ps élevées au-dessus de leur niveau de plosdi cinq pieds. Aussi aucun accident seiKàhl» n'est-il arrivé , si Ton en excepte celai da 11 juillet 1839, jour de la fSte de Péterhoff.
Voici le tableau crimparatif desdilTérentM
hauteurs des crues extraordinaires delà Néra
depuis la fondation deSt-Pétersbourg
En 1721, 5 novembre. 7pi. ipa.
1725.25 Id. 7 7
1726, i Id. 8 2
1729, 12 octobre. 7 1
1744, 17 août et 9 sept. 7 0
1752, 22 octobre. 8 5
1756, 29 septembre. 7 5
1777, 10 Jd. 10 7
1824, 7 novembre. 15 7
Nota. — Le niveau de la Neva se lae-
sure par 7 pieds 1/2 de profbndeur k m
point déterminé de son chenal. Alors ce
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nOCTE 784. — DB PARIS A SAIITT PéTERSBOUBG.
niveau est à 0 de l'échelle dressée pour cet objet daos le grand canal de T Amirauté. Lorsque dans ce canal Teau s'élève à plus de 3 pieds de TécheUe , elle a franchi les rives du quartier des Galères. Alors des drapeaux rouges sont hissées sur les tours de l Amirauté , qui fait tirer le canon d'alarme pour avertir les habitants du danger. Si le niveau s'élève k 6 pieds, c'est la forteresse qui donne le signal.
Glaces et débâcle. — La Neva se couvre de glaces toutes les années, ordinairement dans le courant du mois de novembre. Depuis 1718 , il ne lui est arrivé que 14 fois de se geler du "10 au 31 octobre
La première quinzaine du mois d'avril est le temps ordinaire de la débâcle ; rarement il arrive que les glaces se rompent avant cette époque Quelquefois la débâcle est retardée; en 1859 elle n'a eu lieu que le 21 avril. I^a plus précoce est de 1822 ; elle eut lieu le 6 mars. Pendant le pas* sage des glaces, les habitants des aeux rives restent séparés, car elles nécessitent Tenlèvement des ponts , qu'on ne replace que lorsque le fleuve est entièrement net toyé. Toutefois , malgré les glaçons qui le couvrent, les bateaux dont il a déjà été question ne tardent pas à faire le service des deux bords. Il est vraiment curieux de les voirlutter contre d'énormes masses de glace et fran< chir la rivière avec autant de bonheur que de hardiesse. Nous n'avons jamais entendu parler de sinistres arrivés k cette époque. Mais nul bateau n'userait traverser le fleuve avant que le commandant de la forteresse , en le passant le premier, n'ait annoncé l'ouverture de la navigation. Ce pas sage se foit avec solennité. Le directeur du département de conslrucLion de l'Amirauté monte dans la chaloupe du chantier, saluo de 7 coups de canon la forteresse , qui lui rc* pond de la même manière ; puis il vogue à la rencontre -du commandant et lui annonce officiellement que la communication entre les deux rives delà Neva est rétablie Tel est le fond de la cérémonie qui a lieu à cette occasion et dont nous supprimons les détails.
Aspect pittoresque de la Neva par une belle soirée d'été.
Nos lecteurs nous sauront gré de leur
donner ici un tableau de l'aspect de la Neva pendant une belle soirée d'été, et nous ne saurions mieux faire que de l'emprunter k M. de Maistre, dont le style est aussi savant que pittoresque (1) :
< Rien n'est plus rare , mais rien n'est plus enchanteur qu'une belle nuit d'été à Saint-Pétersbourg, soit que la longueur de l'hiver et la rareté de ces nuits leur donnent , en les rendant plus désirables , un charme particulier, soit que réellement, comme je le crois, elles soient plus douces et plus calmes que dans les beaux climats.
• Le soleil qui , dans les zones tempérées , se précipite k l'occident et ne laisse après lui qu'un crépuscule fugitif, rase ici lentement une terre dont il semble se détacher h regret. Son disque, environné de vapeurs mngcâlres , roule comme un char enQammé sur les sombres forêts qui couronnent l'horizon, et ses rayons , réfléchis par le vitrage du palais, donnent aux spectateurs l'idée d'un vaste incendie.
Les grands fleuves ont ordinairement un lit profond et des bords escarpés qui leur donnent un aspect sauvage. La Neva coule à pleins bords au sein d'une cité magnifique; SCS eaux limpides touchent le gazon des lies qu'elle embrasse , et dans toute l'étendue de la ville, elle est contenue par des quais de granit alignés à perte de vue ; espèce de magnificence répétée dans les trois grands canaux qui parcourent la capitale , et dont il n'est pas possible de trouver ailleurs le modèle ni l'imitation.
» Mille chaloupes se croisent et silloanent l'eau en tous sens. On voit de loin les vaisseaux étrangers qui plient leurs voiles et jettent l'amve. Ils apoortent sous le pôle les fruits des £Ônes brûlantes et toutes les produ<îtions de l'univers. Les brillants oiseaux d'Amérique voguent dans la Neva avec des bosquets d'orangers (2) ; ils retrouvent en arrivant les noix du cocotier , l'ananas, le citron et tous les fruits de leur terre natale. Bientôt le Russe opulent s*em-
(1) Voyez \es Soirées de Saint-Pétersbourg,--^. I, premier Entretien.
(2) St on croyait l'exprcsaion hyperbolique , nous engagerions nos lecteurs h aller se promener sur le quai de la Douane dans le premier mois de Touverture de la navi.
pare des richesses qu*0D lai présente, et. rait peindre, et que je d*û jamais vu «il-
jette Persans compter à Tavide marchand
9 Nous rencontrions de temps en temps d*é1égantes chaloupes dont on avait retiré lès rames, et qui se laissaient aller doucement au paisible courant de ces belles eaux. Les rameurs chantaient un air national, tandis que leurs maîtres jouissaient en silence de la beauté du spectacle et du calme de la nuit.
» Près de nous, une longue barque emportait rapidement une noce dé riches négociants. Un baldaquin cramoisi, garni de franges d'or, couvrait le jeune couple et les parents. Une musique russe , resserrée entre deux files de rameurs , envoyait au loin lé son de ses bruyants cornets. Cette musique n'appartient qu'à la Russie (1), et c'est peut-être la seule chose particulière à ce peuple qui ne soit pas ancienne. Une foule d'hommes vivants ont connu l'inventeur(i}, dont le nom réveille constamment dans sa patrie l'idée de l'antique hospitalité, du luxe élégant et des nobles plaisirs. Singulière maladie ! emblème éclatant fait pour occuper Tesprit bien plus que l'oreille. Qu'importe à l'œuvre que les inslraments sachent ce qu'ils font? Vingt ou trente automates agissant ensemble produisent une pensée étrangère à chacun d'eux ; le mécanisme aveuglé est dans l'individu; le calcul ingénieux , l'imposante harmonie sont dans le tout.
» La statue équestre de Pierre l^^ s'élève sur le bord de la Neva , à l'une des extrémités de l'immense place d'Isaac.
Son visage sévère regarde le fleuve et semble encore animer cette navigation créée par le génie du fondateur. Son bras terrible est étendu sur la ville ; on regarde et l'on ne sait si celle main de bronze protège ou menace.
» A mesure que notre chaloupe s'éloignait, le chant des bateliers et le bruit confiis de la ville s'éteignaient insensiblement. Le soleil était descendu sous l'horizon ; des nuages biillants répandaient une clarté douce, un demi-jour doré, qu'on ne sau-
leurs. La lumière et les ténèbres semblent se mêler et comme s'entendre pour former le voile transparent qui couvre alors ces campagnes. >
Climat, — Le climat de Saint-Pétersbourg est rude et changeant ; cela s'explique par la position de la ville, qui, étaat découverte de toutes parts , se trouve sots llnfluence immédiate de tous les vents. Le fond de l'air, toutefois, est pur et résiste aux vapeurs et aux exhabisons des marais voisins. D'ailleurs ces vapeurs sont souvent balayées par les vents d'ouest et de nord-est , qui viennent fréquemment nfraîchir les rues de cette capitale. Le vent qui domine est celui d'ouest , lequel , en automne surtout , soidève plus d'une fois , comme on Ta vu, les eanx de la Neva. Le vent du S.-O. amène toonuages ; celui du N.-O. nettoie
(1) Voir, dans Madame de Staêi : Dix UNS d'exiL
(2) M. de Nartochkloe.
le ciel , épure l'atmosphère et donne ea
hiver un temps froid et sec.
Saisons, — Le printemps qui , à Sl- Pctcrsbourg, commence au mois d'anS, a qucliiuefois d'admirables journées, tandis que là Neva of&e encore un chemin sofide aux traîneaux qui la sillonnent en Uns sens. Mais le mois qui précède est ordinairement humide ; la pluie et la neige senblenl se disputer le ciel ; les rues, qui eotmencent à se débarrasser des neiges, sont à peines praticables pour les équipages , et rendent la circulation aussi difficile q« pénible. Ce n'est donc qu'après la débicle des glaces que le printemps commence de | fait; mais les premières tiédeurs se son! à | peine fait sentir qu'on se trouve en pkîB été. En effet, la végétation, qui s'est déreloppée dans l'espace de huit jours avec une fabuleuse rapidité , est , li propreneni parler , la seule transition entre les dnx saisons.
L'été effectif dure jusques aux premiers jours du mois d'août , dont il ne dépasse jamais le milieu. On a vu qudies en sont les chaleurs. Nulle part peut-être, oomne à Saint-Pétersbourg , on ne sent le prix de c^^tte saison. Elle s'est annoncée k peine que la ville se dépeuple; pauvres et ridies courent s'établir à la campagne , aux Iles , dans les environs, sur la route de Pélcr-
dbyGoogk
hoff, à Okhta ; ceux-ci dans de délicieuses maisons de plaisance, au milieu du luxe de toutes les végétations ; ceux-là dans d*humbl6s maisonnettes de bois , sous les piiis et les bouleaux. Ce qu'on ne trouve aussi que dans les latitudes septentrionales, et nulle part peotr-étre aussi pures qui St-Pétersbourg , ce sont des ravissantes nuits d été, espèces de demi-jour mystérieux, dont aucune expression ne saurait rendre la molle et vaporeuse clarté ; c'est comme une lumière veloutée , mate et adoucie par un transparent de soie. Pendant ces nuits (1) , on peut lire en plein airà^ toutes les heures. Les dernières lueurs du soleil ne sont pas encore effacées à rhorizoD que déjà, à TE., du pôle, le ciel commence à s'éclairer de longues bandes de pourpre lumineuses , et le crépuseule du matin annonce le jour.
Le jour le plus longà SainUPétersbourg est de 19 heures 29 minutes; le reste, c*6St la nuit sans ombre dont nous venons de parier. Les orages à Saint-Pétersbourg sont peu fréquents, peu violents et de peu de durée. Rarement la foudre éclate sur la ▼ille, et les accidents qu'elle cause soni heureusement fort rares aussi.
L'automne, dès la fin du mois d'août , s'annoDce par des pluies ou des brouillards très froids. Le jour est gris , le ciel terne, Tair pénétrant. Cette saison, où les iéuilles commencent à se détacher des arbres , est ici plus qu'ailleurs funeste aux nialades et surtout aux poitrinaires. C'est répoque des vents sud-ouest; la Neva commence à mugir et s'harmonie tristement avec l'aspect mélancolique du ciel. Toutefois , il ne faudrait point croire que le mois d'août et celui de septembre fussent entièrement privés de belles journées. Le mois de septembre est même presque toujours pur; aussi les personnes de la haute société ne se transportent-elles à la ville qu'à U fin de ce mois ; c'est véritablement l'automne de Saint-Pétersbourg ; les champs commencent à se barioler de teintes diver ses , et il est curieux de voir les noirs sa pins trancher vivement parmi le jaune pdle
(I) Mal, juin et uim partie de Juillet.
des bouleaux et le rouge ardent des sorbiers.
Enfin le vent d'ouest commence à souffler avec violence; le mois d'octobre arrive , puis novembre , et la Neva se couvre de glaces ; bientôt elle est immobile. Ici la transition de l'automne à> l'iiiver est pénible à franchir. La pluie mêlée de neige qui tomDe , le vent chargé de frimas qui souffle , rendent l'atmosphère insupportable et les maladies fréquentes.
Nous avons parié de la température de l'hiver. Si cette saison , par suite du voisinage de la mer, n'était pas soumise à de fréquentes variations, ce serait sans contredit la plus agréable. Dès qu'elle s'est déclarée , les communications s'établissent partout avec un grande facilité ; des che^ mins sont tracés sur la Neva et bordés de branches de pin ; les piétons , pour abréger, tracent des sentiers ; les traîneaux passent partout et rapprochent les plus grandes distances. Le nombre en augmente ; nous voulons dire qu'il dépasse celui de^ droschkis. — Les paysans des environs , n'ayant aucun travail aux champs, viennent avec leurs traîneaux chercher à gagner quelque argent à la ville.
L'hiver est la saison des plaisirs animés; des parties de traîneanx en pique-nique , des montagnes de glaces, des réunions joyeuses, etc (1).
Saint -PÉTEnsBOURG. — La population de Saint-Pétersbourg s'élève à 480,000 habitants environ. Ceîte belle capitale renferme 147 églises affectées au culte grec , 2 1 églises de confessions étrangères; 3 églises de sectaires (Rasholniki ou Starvobriadt3i)40 palais ou châteaux et 8,661 maisons, dont .5,243 en pierres, et 5,418
( I) Tout ce qui précède sur Satnt-Pétersboui^ est emprunté h TouvrnKe déjà cité : Guide du voyageur à Suint- Péiersbourg.
Nous ne saurions trop engager le touriste h se munir de cet excellent manuel , dan.H lequel 11 trouvera des renseignemets précieux et d une grande exactilvde , qu^ll cherche^ rait valneraent ailleurs. Aioutuos quo ce Guide est écrit avec un véritable talent et que sa lecture charme et intéresse au plm haut point.
(Se trouve cher Barthez, rue de Ver»
neuU, I, Parts, et chez.L. BCataOQ.)
byGoogk
en bois. La couronne possède i87 bâti meots; les insUlutions el sociétés publiques 107, et les particuliers 8,067.
Notre première visite sera pour le
Palais d'Hiver, vaste et imposant édifice, résidence ordinaire du souverain. Il renferme , dit-on , pendant le séjour de Vempereur, 6,000 personnes. Cette résidence impériale déploie sa noble laçade sur la Neva, bordant le quai russe. Ce palais fut détruit par un incendie en 1837, mais en 1859, il sortit de ses cendres plus magnifique qu'auparavant. Une coupole byzantine , splendidement dorée el surmontée d'une croix grecque , s'élève au-dessus de la partie orientale du palais ; c'est la coupole de la grande chapelle impériale. — Le premier étage est consacré aux cérémonies de la cour ; on y arrive par un superbe escalier de marbre situé du côté de la Neva.
On admire dans ce palais : io la Galerie militaire , contenant les portraits des généraux qui ont servi pendant les années 1812, 1813 et 1814 , presque tous peints par Daw.
Salle du Trône. La plus grande et la plus belle qu'il y ait en Europe.
La Salle de Pierre le Grand , tapissée en velours , et ornée du portrait en pied de ce grand prince.
La Salle Blanche , dont les décorations et les meubles sont entièrement blancs.
La Salle d'Alexandre , ornée du por trait équestre de ce prince . par Daw, et de bas-relie& représentant les victoires russes en 1812.
La Salle des Maréchaux, où l'on voit ' les portraits des maréchaux russes.
La Salle des BriUants qui renferme le sceptre et les couronnes impériales.
L'Amirauté , bel et imposant édifice , s'élève sur le même quai , à une petite distance et un peu à l'O. du Palais d'hiver.
Les billets d'admission pour visiter le palais d'hiver, se délivrent chez le major de la porte pendant Télé.
A l'E. et tout près du palais d'hiver, en remontant la Neva , s'élève
L'Ermitage.— Ce palais érigé par Tim pératrice Catherine, est enrichi de tout ce que les arts ont produit de plus précieux.
— Le valet de place vous procorera un permis pour visiter le palais et ses galeries. — Il faut se munir du Livrei de la Gak' rte impériale de V Ermitage.
Galerie de tableaux.^\n Salle. Hlr renferme peu de peintures remarquables.
2« Salle. Un beau paysage . par P. Potier. Deux paysages, par Rubensi me Chute d'eau, par Rui/sdael; une Yoeàe mer, par Everdingen ; Europe , par Gmdo; la Mort des Martyrs , par MurUlo.
3« Salle. Susaoneet les Vieillards, par Sébastian del Piombo; un chanteur aiec une guitare , par Caravagio ; la Mort di premier inquisiteur, par Murillo ; plusieurs toiles de Sahator Rasa ; Saini- Marc, de Domeniehino ; une Sainte-Famille, de Schidone.
4« Salle. La Mort du Christ, pv À.
Caracci ; l'Enfant prodigue , de Soivcler Rosa, toile très estimée.
5« Salle. Elle renferme des vases , d« candélabres et des ornements d^aoe raie beauté. En peintures remarquables : U Vierge avec des anges, par Fra Bartolom' meo; une Sainte-Famille, é"Andrt*dd Sarlo; la Consultation des Pères, et Guido ; Moïse recevant les lois divines, de Guercino; plu.sicurs belles toiles, pir j Salvator Roui et Carlo Marotti. !
6« Salle. Une Sainte-Famille , par £•- j phaelt toile magnifique; un Christ, et Léonard de Vinci ; une Sibylle , de D»- { menichina.
7« Salle. Elle est consacrée aux onvi»ges de Philippe et Pierre Wouvermam, qui y sont très nombreux et mérileot la examen particulier.
9» Salle. Elle est entièrement occupée par des toiles de Tenier père et fils , ée Brauwer et d'Oa/oie, collection précieuse.
1 0« Salle. Le Repos en Egypte, de Bergen , belle peinture , ainsi que sept autres du même artiste. — Dans une petite aUe voisine , se trouve une collection d*aoti4|uités d'un haut intérêt.
12« Salle. Elle est très vaste et remplie d'ouvrages de Rembrandt , au nombre de 39, qui forment une riche collection.
13* Salle. Au centre se trouve un magnifique vase de nulachite , et le célèbre
portrait de Catherine 11 , par Lampi , ainsi que les bustes de plusieurs généraux rosses.
14« Salle. Elle est petite et contient une belle toile de Rembrandt, — De cetle salle, une porte conduit à six appartements qu'on ne peut visiter qu*avec la permission du directeur, et qui renferment la
Collection des gravures et estampes , qui se compose d'environ 500,000 sujets. de nombreuses esquisses de grands maîtres , et d'un grand nombre de poKraits de princes russes et des hommes les plus illustres de TEurope. On y remarque des Marc-Antoine, l'un des créateurs de l'art ; Albert DUrer, Rembrandt, Michel-Ange; des dessins de Raphaël, etc.
La Collection des Camées ^ dont le nombre est d'environ 10,000, contient des exemplaires de la plus grande beauté. i6«, 17e, 18* et 19e Salles. Elles sont occupées par les ouvrages de l'école française ; on y admire des toiles de Pouasin, Mignard , Lesueur^ Bourdon , Joseph Ferfi«< , etc. , etc.
20» Salle. Elle est réservée à l'école russe , qui n'est pas la moins curieuse.
21e Salle ou Galerie Snyders. Elle contient plusieurs tableaux de ce maître , ainsi que des paysages de Vandyck , de Wouvermans , etc.