DE PARIS A PRIVAS
Par Lyon et Valence, 60 myr. 8 kil.
DePinsàYilence(o.r.209). 56m. 9k.
UVwite. i 9
PftiTAS. 2 0
PRIVAS rArdèchc). — Hôfeh : la Croix-d'Or; du Commerce. — Ville située sv une colline, k h jonction de trois petits mièfcs qui se jettent dans le Rhône : préfecture, tribanaux , collège coraraunal ; école oûnsale , bibliothèque publique de 2,000 vol., paroisse catholique, et église «•sistoriale réformée. — Curiosités : Ihs s; l*h&fel de la préfecture, dont on
admire le beau parc ; le Champ-dc-Mars , le palais de justice , Thospicc. — Commerce : cuirs , soie ouvrée , marrons , houille. — Pop. 5,500 hab.
A 3 myr. S.-O. de Privas se trouve AuBENAS (Ardèche). — Hôlel de ITnion. — Petite ville où l'on vend pour plus d'un million de soie grège par an. — Curiosités : les ruines assez bien conservées de son antique château ; l'église paroissiale ; les débris d'une enceinte flanquée de tours; l'hôtel de ville. — Pop. 6,800 hab.
ROUTE 2i4.
DE PARIS A RRAQIJIQIVAM ,
Par Grenoble et Digne , 85 myr. 8 kilomètres.
DePwisâLyon (r. r.209). 46 m. 8 k.
Broù.
Swt-UnrcBl-des-Mûrcs.
UVerpilfière.
oorgcio.
Eclase.
LaFrette.
Rives.
Grenoble.
Vaille.
Ufte,.
UMnre.
Soochoos.
Corps.
La Guinguette-de-Boyer.
Brutinel.
Gap.
La Saulce.
Rourebeau.
Sistepon.
Malijai.
Digne.
Estoublon
Riez.
Aups.
DRAGinGNAN.
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BOUTS 214. — DE PABIS A DBAGUIGNAIf*
GRENOBLE (Isère) Àecuno des Âllobroges. — Hôtels : des Trois- Dauphins ; des Ambassadeurs — Grenoble quiesiraucienne capitale du Dauphiné , est aujour^ d'hui chef-lieu du département de \ Isère; avec préfiecture, cour royale, école de droit, collège, bibliothèque , musée , arsenal. — Curiosités : la préfecture ; le palais de justice; la place Saint- André, 1 église de ce nom , renfermant autrefois les tombeaux des Dauphins, détruits par le baron des Adrets ; Thôpital ; la bibliothèque, de 60,000 vol., et 600 manuscrits, où Ton voit les bustes de Bayard , Condillac , Mably et Vaucanson , que Grenoble a Ml naître ; le musée, renfermant près de SOO tableaux, au nombre desquels on compte des toiles de Rubens, VAlbane, Paul Véronèse, Pérugin, Le Brun, Jouvenet, Le Sueur, Philippe de Champagne, llonthorst, Rubens, Le Dominiquin, TEspagnolet, Solario , Claude Lorrain, etc. — Un cabinet d'histoire naturelle et d'antiquités; sur la place Saint-André , la statue colossale en bronze de Bayard ; les promenades de France; le jardin de la ville, où (*si un Hercule en bronze ; le pont de pierre ot le pont suspendu, nouvelle construction; les deux portes neuves; les nouveaux quais, la tour du Rabot, d'où l'on jouit d'un vaste et magnifique horizon qui s'étend è plus de 100 kil. — Commerce : gants renommés , fromages , liqueurs , etc. — Pop.S8,000hab. ■'
Le voyageur fera bien de prendre Grenoble comme centre de ses excursions, pour visiter les environs qui sont d'un grand intérêt, mais que notre cadre ne nous permet pas de décrire (1). Toutefois nous ne saurions passer sous silence l'excursion à la Grande -Chartreuse. — (Vest de Grenoble qu'on part généralement pour visiter ce célèbre monastère.
La Grande-Chartreuse. — Près de la frontière de Savoie, dans un vallon étroit, creusé dans des montagnes escarpées au milieu desquelles se précipitent les eaux bouillonnantes du torrent le
(I) Voyez Guide Clnssiqtie du VoyajSrur en France y par Richard et Quétin, chez L, Maison , éditeur , Paris.
Guiers, se trouve la Grande-Chartreuse , chef-lieu de Tordre que fonda saint Bruno, et qui prit le nom du village le plus voisin du désert où le monastère fut érigé en i08i. — Deux routes principales s'offrent au voyageur qui de Grenoble veut aller visiter celle sainte demeure : l'une par Voreppe et Saint -Laurent -du -Pont, 'autre par Sapey. La première est plus longue d'une heure ou deux de marche, et moins pittoresque jusqu'à Saint-Laurentdu-Pont ; mais elle vous conduit au mihea de scènes dont rien dans les Alpes n'égale la sublimité.
En quittant Grenoble , on passe par le faubourg St-Laurent. lii on prend des mulets. Prix: en été , 5 fr. chaque aller et retour.
Du faubourg St-Laurent , la route de poste continue jusqu'à Voreppe, en Iravei^ sant les jolies conununes de St-Martin-le- Kinotu;, aux riants coteaux; de St-Robert, deFontanil, riches en beaux sites. Un peu avant Vortppe, le voyageur doit jeter un regard rétrospectif sur Grenoble. Ensuite continuant sa route, il verra au-dessus de lui, perché sur le sommet d'une roche très élevée, un pavillon, au bas duquel se déploient de vertes prsiries entourées de bois et de rochers. C'est une nature tout à la fois gracieuse et sauvage.
VOREPPE Vorago Àlpium. — Hôtel lePetilrParis, le meilleur. — Nous quittons alors la route de poste , pour suivre sur la droite une route communale qui va plonger dans un riant vallon ; le sol s'élève, et nous découvrons encore la pittoresque vallée du Graisivaudan, dont nous venons de parcourir une fraction. Mais bientdt les habitations deviennent plus rares, dispiraissent pour ainsi dire, et la solitude règne autour de nous. Quelques instants après , on arrive à
La Placette, située sur une éminence.
Cet endroit se compose de deux modestes auberges qu'ombragent quelques arbres rabougris. De là jusqu'à St-Laurent um parcourons un sol ondulé, au milieu de riches coteaux et de vertes forêts au sein desquelles se précipitent des cascades dont le bruit vient frapper agréablement notre oiiûlle.
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BOCTB 214. -^ BB PARIS A DBAGtlGNAN.
Snnt'LBuraU-dit'Pont est un pittoresque village «lue sor le courant du Cttien-Jforf, dont nous allons remonter h vaAée ; fl se compose de maisons basses, isolées et ressemblant à des chaumières, sur Us UHs dssqu^es les hivers amoncèieot semai des neiges épaisses. Cette pcfiJe l(KaEte,d$ l'image du désert, renfenae plasiens aaberges, dont la meilleure ^.i»^)i1atabkinent,cbez Gondrand, iraUm. Oa htmve dans ces diverses aul^ersesdesioides, des chevaux ou des mulets.
A» sartir de ce village, notre roule serpote,» s'étefanl, parmi des touffes de apia5«|B crabseot au pied de rochers éle- 'tt. €l «as cauloit près d'une forge alMin- <M"tt, iffnrtenant jadis aux chartreux ; ^ p«ts soperposés conduisent à l'en- We * Fasiae. An-dessous de ces ponts, «Bt dan servent d'aqnedocs, le Guiers le^ptedaDs une espèce d'abîme. Au- W» les deux rochers s'avançaient jusjjfljotod da torrent, qui remplissait seul i'wwrtarc que ses eaux avaient pratiquée ^«n. Ce sont les chartreux qui ont pwédaslc TOC le chemin qui existe auyftw , et de là est venu le nom de '•«wiene (forata via). Ce chemin, sosl«*i sni desvoittes solides , suit les siyitttdQ torrent. Aux pieds du passant *2«teaibilkmnent les eaux du Guiers ; *^W8sdesa t£ie les masses coupées à Fci'ataacent menaçantes, et c'est avec un 2^J«ntdc terreur involontaire que l'on "Kte ce passage. « Là commence le dé- **^. « dit le Gmde du voyageur aux en- J^* UrtHobU (i). A l'endroit où le ™J«ô est le phis resserré entre le rocher «* toreat, se tnmve un pavillon qui pout • 2f^ M Bwyen de portes, fermer l'en- ?»« désert. Aa-delà du pavillon, larou- «pwteurt le llancde la roche, que le tor- ^ KBble vouloir saper dans sa base, et iJf ^' ^ **°* ^^°* frapper vos *»«. La roote continne au milieu du dé- •"jw et des subUmités de la nature, jus- |IB ai Ponf.péraiU, où nous traversons le •^wt (le Ciiien) sur un pont d'une seule
(I) Oa VeOot et c<im(M«Dle, libraires îw Ufi^e, II, & Greooble.
arche, que la main hardie et industrieuse des chartreux a jeté d'une roche à l'autre. Ensuite la pente devient plus roide : le toN rent semble s'abîmer de plus en plus, on ne l'aperçoit plus qu'à une grande profondeur, mais ses ondes turbulentes viennent frapper toujours votre oreille. Une demiheure après , une porte en ruines semble vouloir barrer le passage. Avant de franchir cette ruine, qu'on appelle le fort de y Œillette ou Aiguillette , dont on ignore l'ancienne destination , contemplez le tableau qui s'offre à vos regards : à votre droite , au-dessus de ces ruines, s'élève cette roche pyramidale qui leur a donné son nom, et au sommet de laquelle on ape^ çoit quelques sapins; elle se détache complètement des autres rochers qui l'environnent. A votre gauche se trouve un rocher dont les parois forment un escarpement couronné aussi de sapins. Toujours au milieu de cette profonde solitude, on arrive à la Croix-Verte, élevée sur un petit plateau carré ; puis on pénètre au sein d'une sombre et magnifique foret, dont le son d'une cloche argentine interrompt de temps à autre le silence et annonce au voyageur le terme de son voyage. En effet , à un petit coude que feit la route, les bâti* ments irréguliers, les clochers et les toits grisâtres de la Chartreuse s'ofli^nt à vos regards.