partie du désert où se trouve la chapelle
qui porte son nom ; mais de nouveaux disciples ayant grossi la colonie, elle s'étendit ensuite au-delà de la chapelle Sainte- Marie.
Saint Bruno naquit à Cologne, d'une bmille opulente ; il étudia d'abord à Paris, puis à Reims, où il fut nommé directeur des études et chancelier de TEglise ; mais la sévérité de ses principes lui attira des persécutions qui le dégoûtèrent de la vie du monde ; et tout k coup on vit cet homme, accoutumé à toutes les jouissances du luxe et célèbre par sa science, abandonner honneurs, richesses, et ensevelir sa jeunesse et son avenir dans la solitude d'un désert sauvage. Telle est l'origine de la Grande-Chartreuse i que des milliers de voyageurs visitent tous les ans»
Nous devons parler ici des liqueurs célèbres qui se fabriquent à la Grande-Chartreuse: lo Yélixir végétal, t« Veau de mélisse, toutes deux composées avec les plantes aromatiques que produisent les montagnes des environs. Les effets salutaires de l'élixir sont connus de tout le monde. Les chartreux faibriquent aussi une eau excellente pour les dents, et une pftle minérale, dite6ou/e d'acier^ qui possède de merveilleuses propriétés.
De la Grande-Chartreuse à Grenoble, par Sapey , environ 6 heures do marche.
La route aue nous allons parcourir ne nous ofiQre pas des scènes aussi majestueuses quels première. En sortant du monastère, on descend dans de vertes prairies couronde bois sombres. Ce sentier nous conduit, après 30 à iO minutes de nurcheèla
Courrerie , vastes bfltiments , où les chartreux faisaient fabriquer les souliers, les toiles, les draps pour l'habillement des religieux. Ils renfermaient aussi l'imprimerie pour les livres de la communauté, et une inflrmeric pour les malades. Une grande partie de ces bâtiments tombe en ruines, et Tautre est occupée par les gardes des eaux et forêts. La route que nous contiinuons de suivre descend et nous conduit au milieu d'une nature aussi sublime etaos-
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ROUTB 214. •— DE PABIS A DBAGUlfiNA!!.
8i sauvaj^e que celle que nous avait offerte la première route : « Les arbres, dit Tauteur de V Excursion à la Grande-Ckartreuse, sont redevenus majestueux, la masse des rochers élevée, l*ombre épaisse, le silence imposant sous cette voûte impénétrable aux rayons du soleil, et le Guiers l'ait encore entendre ses eaux dans le fond (lu vallon ; mais ce ressouvenir du désert dure à peine 20 minutes. Tout à coup on voit se dresser devant soi deux inunenses rochers coupés à pic, et dont Toeil mesure avec surprise la prodigieuse élévation . Leurs cimes se rapprochent, tandis que leurs bases semblent s'écarter. Le torrent occupait là , comme à Fourvoirie , tout l'espace compris entre les deux rochers, et la main des chartreux a dû là aussi resserrer son lit pour conquérir un passage. Le chemin traverse le torrent sur un pont fermé à ses deux extrémités par un petit bâtiment aux murailles duquel se voient quelques meurtrières qui servent de fenêtres. Cette entrée du désert est moins sauvage que l'autre ; mais elle a quelque chose de plus grandiose. » Ce péristyle franchi , des vallons cou< verts d'habitations aux toîts sombres nous annoncent que le désert a cessé. Le Grand Som continue d'ofirir à nos regards son imposante masse, au pied de laquelle s'élève le village de SairU-Pierre-de-Charireuse, qui a donné son nom au couvent et au désert.
Après avoir dépassé le Grand-Logis ^ appartenant autrefois aussi à la Chartreuse, vous arrivez à la chapelle St-Hugues, 11 faut se placer sur le tertre de celte petite chapelle , aussi mal décorée que celle de Guillaume Tell , qu'elle rappelle par son architecture, et jeter un coup d'œil autour 'le soi. On est enfermé dans un cercle de montages du plus pittoresque effet : ce sont des rochers d'une grande hauteur dont les parois sont tapissées de plantes , quelques-uns nus , d'autres couverts de neige.
Ensuite la route prend un aspect triste, fît est bordée de chaumières d'un aspect encore plus triste, d'où sortent de pauvres enfants pour demander l'aumône au voyageur ; et puis le sol s'élève jusqu'au milieu de la forêt de Portes, que nous traversons :
de ce point culminant , on dit on dernier adieu à la Chartreuse. De là, on descend vers le village du Sapey par une pente rude, défoncée et glissante. Ce hameau n'a rien d'intéressant; c'est un amas de quelques maisons en bois, de>'ant lesquelles se trouvent de vertes prairies. De l'auberge de Pierre Giguet,on aperçoit distinctement le Chamossandf le plus haut pic du Sapey ; non loin de cette petite localité, votre oeil découvTC le moni Èynard, et bientôt la riche et pittoresque vallée du Graisivaudan^ qu'entourent les Alpes aux neiges étemelles. La pente continue, et, avant d'arriver à la Tronche, arrêtez- vous par intervalles, aQn de jouir du panorama qui se déroule à votre vue : Grenoble apparaît à vos pieds avec ses toîts rougeâtres, et environné d*un cercle de montagnes dont quelques-unes sont encore chargées de neiges au mots de juin. On rencontre de petites habitations pittoresquement situées. Ce tableau est admirable. La Tronche est un joli village situé à une demi-heure de marche de Grenoble, sur la grande route qui mène en Savoie.
Il y a encore deux autres voies de communication pour aller à la Grande-Chartreuse : l'une partant de Voiron , passant par St'Etienne-de'Crosseyei St-lMurenidu-Pont : le trajet est de 20 kil., et demande 6 heures de marche. L'autre pari d'un point opposé, c'est-à-dire de Ciiambéry en Savoie, passant par St-Thiboui^ St'Jean-de-Coux , les Echelles , où se trouvent les deux fameux passages pratiqués au sein delà montagne ; l'un par un roi de Savoie, et l'autre par Napoléon : c'est ce dernier passage qu'on prend aujourd'hui, et qui étonne le voyageur par la hardiesse de l'entreprise et les difficultés de l'exécution. De là, une jolie roule vous conduit dans une heure 1/2 à Saint-Laurent-du- Pont. (De St'Laurent-du-Pont^h Chartreuse, V. 1"» roule. ) — Le trajet depuis Chambéry est de 36 kil. qui demandent 9 heures de marche.
Nous dirons donc au voyageur qui aime les grandes scènes de la nature et les sensations qu'elles font naître : Allez à la Chartreuse par Voreppe et St-Laurent-du- Pontf et revenez par Sapey: de cette mt-
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DB FABIS A DRAGUIGIfAN.
aière aucune des béantes de cette mer- ^eiOeuse eoDlite ne ponira tous échapper.
Ilinérmre de la 4^ route.
V«eppe.
UPtoutte
Snnt-LjBRBfr^ii-Pont.
Founôiie.
UPfBUPflUl.
L\ G&uik-Cbartreuse.
2 heures.
8 heures
De nteor à Grenoble et reprenant notre nmte à tcivcrs one contrée pittoresque, nous sinTBDS ^
GAP ( HaotesrAlpes ). — Hôtels : du N«d; de Prsrenoe. — Cette ville, constraîte par les Caturiges, autrefois Vapinatm, est nnntenant le cheMieu du départcDKBtdes Ha»tie9-Àlpes, dans une agréable sHnafian, entourée de jolis coteaux, sur leaqneb la vigne prospère , bien que leur faoDlieQr aoH à 800 mètres au-dessus du niveau de la mer. Elle a préfecture, tribu- 3aa, éréché érigé dans le 1V« siècle, sé- BSBsre , collège, théâtre, baios. — Cu- Tiùniés : dans l'hôtel de la préfecture^ joU é<fiâce moderne, le monumeni du conaét^le de Lesdiguières; le palais de justice ; b cathédrale ; le musée d'histoire MotareUe ; réréchc. — Commerce : toiles, étcffes de laine et coton, etc. — Pop, S,8e0 hab.
ExiXRSiOTss. — Sur le Mont-Genèvre, vne na^ifiqne ; an Pré-qui-Tremble ; aux raines iuMoni-Seleucus, aiigourd^liui h Jfme-Mtmt'SaUon ; è Notre-Dameén-Laii, pèlerinage ; au château de Tallari.éie.
SISTERON ( Basses-Alpes ). — Hôtel
du Bras-d'Or. — Petite ville , dans une gorge très étroite : elle possède sous-préfecture, collège, des filatures de soie. — Curiosités: \e pont f d'une seule arche; la citadelle. Les environs sont intéressants pour l'artiste et le géologue. — Pop.
4A00 hab.
DIGNE (Basses-Alpes). — Hôtels: du Petit-Paris; du Grand-Paris; des Empereurs. — Petite ville avec préfecture, évêché érigé dans le IV» siècle, séminaire, tribunaux , école normale , collège , société d'agriculture, bibliothèque publique, cabinet de physique, salle de spectacle, pépinière. — Curiosités: la fontaine sur la place du Marché ; la promenade; Véglise Notre-Dame y dont le haut clocher domine toute la ville ; la prison, avec ses fortes murailles; la bibliothèque, de 4,000 vol.; hpréfecturet le palais de justice; les casernes.-— Au N. de Digne^ les ruines de l'ancienne cathédrale^ qui datait du temps de Charlemagne ; la fontaine miner aU, k 2 kil. de la ville, et dont les eaux sont efficaces pour les rhumatismes; rétablissement est bien tenu et assez fréquenté. — Commerce: laine, bétail, pois, prunes recherchées. — Pop. S,000 hab,
DRAGUIGNAN (Var). —Fo/c/ de la Poste. — Chef-lieu de préfecture , avec
'lége , tribunaux , bibliothèque, société d'agriculture, jardin botanique. — Curiosités : beWes fontaines ; jardin public ; beau cabinet de médailles; la bibliothèque de 15,000 vol. ; VMpiial ; la tour derJ7or^ges*élevant majestueusement à une grande hauteur. A part la place, une rue circulaire et les promenades, c'est une ville mal percée, étroite, sombre, sale et puante ; en revanche, les environs sont délicieux. — Commerce : draps, bas, poterie, savon, huile, distilleries, tanneries. — Pop. 9,900 hab.
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