‹ Guide critique du Salon de 1882Chapitre 1 sur 98 · PUVIS DE CHA. VANNES · texte numérisé non relu

PUVIS DE CHA. VANNES

Jeunes Picards s'exerçant à la lance.

On connaît déjà le plan général et la composition de cet important morceau décoratif, car l’auteur a montré son dessin et soumis son projet au public, il y a deux ans. On a fort admiré alors, malgré l’aridité d'un trait sans couleur, l’habileté delà composition, l’heureuse disposition des groupes et la variété des figures. Il y avait là les éléments d’une peinture murale d'un grandiose caractère ; mais bien que notre imagination à tous eût essayé de revêtir de tons cette toile immense, aucun de nous n’avait pu réaliser dans sa pensée ce que le grand peintre vient d’exécuter avec une sérénité et une sûreté magistrales.

Dans cette page d'un si prodigieux développement, ce qui surprend et ce qui charme absolument, c’est l'harmonie générale des tons et de la composition. La couleur est d’une douceur ineffable. Elle n’éclate jamais brutale-

ment; elle ne déplace pas la composi tion en faveur de tel ou tel morceau.

Lumineuse et claire, elle distribue à toutes les parties de l’œuvre son éclat apaisé. Le grand décor du fond sobrement massé, les eaux bleues de la rivière, les chairs des personnages ont entre eux d'exquises affinités.

Le jeu pour la patrie : Ludus pro pa- Iria, est un incontestable chef-d’œuvre. Placé dans le vestibule, il constitue. pour le Salon de 1882, une préface sans pareille.

SALOiV CARRÉ

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