‹ Guide critique du Salon de 1882Chapitre 2 sur 98 · A. ROLL · texte numérisé non relu

A. ROLL

Comme M. Détaillé, M. Roll s'est vu demander, par la direction des beauxarts, un grand tableau commémoratif de la distribution des drapeaux : mais il n’a pas voulu s’astreindre à suivre le programme officiel, qui lui donnait pour cadre la piste brûlée de Longchamps, et pour personnages l’armée et le public des tribunes. Prenant la fête du 14 Juillet par son côté populaire, il a préféré choisir pour décor la place du Château-d’Eau, et pour action le défilé d'un régiment au milieu d'une foule patriotiquement exaltée.

En voulant éviter la sécheresse de lignes qui nuisait un peu au tableau de

SUPPLÉMENT DU CLAIRON

par la populace . Il a placé sa scène dans une des rues étroites qui dégringolent par gradins du haut d’une des sept collines jusqu'au Tibre. La ruelle est pleine de monde. Tout le cortège hurlant du César vaincu s’y est engouffré.

Ce sont des enfants qui crient, des femmes qui injurient grossièrement le tyran, des soldats barbares qui le larlènt avec la poiute des épées.^ Le César gras, ficelé, cahoté, poussé, roule démarché en marche jusqu’au supplice final. Cette composition est hardie et dramatique. Quant à l’exécution, elle est claire et brillante. Je lui reprocherais même d’être un peu papillotante, si son éclat ne contribuait à faire vivre le drame.

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