EUGENE VIDAL
M. Eugène Vidal s’est cru pendantlongtemps impressionniste et il a pris parta quelques expositions des artistes indépendants. La vérité est qu’il a toujours été très supérieur à ses camarades en intransigeance artistique, et que l’on se demandait pourquoi ses tableaux allaient se compromettre là-bas. Cette année, ses toiles ont pris le chemin du Salon. Tant mieux pour elles, comme dit la chanson, et tant mieux pour nous.
M. E. Vidal expose deux tableaux :
l’un représente une jeunefemme assise de côté dans un fauteuil, le corps un peu renversé en arrière. Elle tourne presque le dos au public et s’absorbe dans la contemplation d’une gravure.
Cette Parisienne — c’en est une: son élégance, sa robe d’un bleu distingué, sa beauté, tout l’indique — cette Parisienne est adorable ainsi, avec son profil perdu qui se détache sur une tenture écrue semée de bouquets. Regardez son teint, la finesse de sa peau, le duvet délicat de la tempe. Ce sont des morceaux d’une exécution parfaite. Les étolfes, avec leurs lumières et leurs reflets, ne sont pas moins bien rendues.
M. Vidal expose encore un portrait de petite fille, en costume café au lait, qui sourit au milieu de ses cheveux épars. La pose un peu abandonnée de l’enfant est charmante, et le geste par lequel elle tient son chapeau sur ses genoux est tout à fait naturel.