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II. EXAMEN DES TISSUS

Sang.

Une goutte de sang le plus frais possible est déposée sur le

porte-objet et recouverte aussitôt de la lamelle de verre. Le contact du sang avec l’air pendant quelques instants change les corpuscules rouges. La goutte doit être assez petite pour ne jaillir d’aucun côté sous le couvre-objet. Il faut aussi que la couche soit assez mince sous la lamelle, au moins d’un côté, pour que l’on reconnaisse encore une coloration. Si elle est trop épaisse, on peut y remédieren déplaçant doucement le couvreobjet. On peut alors examiner sans autre soin. On choisira d’abord le sang de grenouille ou de triton, ensuite celui d’homme. Ordinairement on voit après quelque temps les corpuscules du sang prendre la forme de mure. On distingue la forme de lentilles biconcaves des corpuscules des mammifères, par ce fait que le milieu du globule vu de face parait sombre ou clair, suivant la mise au point, c’est-à-dire clair, si on fait descendre le tube, sombre, si on l’élève. Ce phénomène est produit, parce que le globule, à cause de sa forme, agit comme une lentille divergente, et que son foyer se trouve donc sous lui. Si l’on a ainsi adapté le tube, on le voit clair dans le milieu du • globule.

Lève-t-on le tube, le foyer clair disparaît dans le milieu et le bord du globule s’éclaircit à son tour. Ceci a lieu, parce que le globule est biconvexe, et qu’il réduit comme un bâton de verre courbé en cercle, les rayons en une parabole qui est située au-dessus du globule, et est vue, par conséquent, quand le tube est élevé. Il est du reste à recommander d’être très prudent dans l’interprétation des effets lumineux de cette espèce, parce qu’alors, des réflexions compliquées et des phénomènes d’inflexion aux limites des milieux réfringents, de même

S A N Ci.

que les imperfections du microscope (l’achromasie défectueuse, etc.) peuvent donner lieu à de grossières erreurs. Si l’on veut donc devoir une idée précise du relief d’un corps, il est toujours plus sûr de le déplacer et de l’examiner de tous côtés. On y

arrive le plus facilement pour les objets plus ou moins ronds, en pressant doucement sur le couvre-objet avec une aiguille. On doit alors en même temps observer l’objet.

Outre la forme de mûres que prennent les globules rouges au contact de l’air, d’autres changements caractéristiques se montrent, si l’on ajoute au sang différents réactifs. L’eau décolore les globules et leur donne la forme sphérique ; une solution d’urée a ce dernier effet et produit l’étranglement de parties globuleuses grandes et petites, telles qu’on a coutume d’en trouver dans l’urine sanguinolente. Les sels alcalins, les acides de labile, la bile, l’éther, le chloroforme, l’alcool, etc. produisent le gonflement des globules et la sortie de la matière colorante. Pour ajouter les réactifs qui se mêlent au sang, le mieux est d’en porter une goutte sur l’un des côtés du couvre-objet, et de la mettre ainsi en contact avec le liquide sanguin sous la lamelle de verre. Alors le réactif s’avance peu à peu sous cette dernière et l’on peut observer sous le microscope la série des changements qui se produisent. Le liquide pénètre-t-il trop lentement, on peut, à l’autre côté du couvre-objet, en aspirer un peu sous celui-ci au moyen de papier buvard. Tout ceci se fait sans enlever l’objet de la tablette du microscope. On peut aussi mélanger au sang les réactifs en substance, l’agiter avec ceux-ci, ou dans d’autres cas, par exemple pour l’éther et le chloroforme, l’exposer seulement aux vapeurs.

On examinera en outre le sang d’oiseau et celui de poisson.

Pour voir l’oikoid et le zooid des globules sanguins de tritons, /on remplira un verre à champagne avec une solution d’acide borique, à \ 1/2 , 2 °/0, on dessèche superficiellement un triton, et on lui coupe la tête au dessus du verre. Les gouttes de sang, qui s’échappent, tombent dans le liquide, et se réunissent au fond du verre. Avec un bâton de verre, on prend au fond une goutte de liquide (il reste toujours assez de

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