II. EXAMEN UES TISSUS
L’eau agit, en modifiant à un haut degré les tissus animaux frais ; aussi doit-on avoir pour règle de ne jamais les mettre en contact avec ce liquide. Le lavage d’un organe, que l’on fait si souvent avant de l’examiner ou de le faire séjourner dans un liquide durcissant, est tout-à-fait à rejeter.
Si la coupe de cartilage n’est pas assez mince pour un examen approfondi, ou si pour d’autres causes, elle est trop peu transparente, on peut l’éclaircir dans la glycérine.
Le phénomène de la transparence donnée aux objets se produit dans les mêmes conditions que celles qui rendent claire une tâche humide faite sur du papier et traversée par la lumière. La quantité de lumière, qui traverse la coupe est naturellement d’autant plus grande qu’elle en rejette moins. Mais à chaque surface limitante des deux milieux, il est réfléchi d’autant moins de lumière que la différence des exposants de réfraction de ces deux corps est plus petite. La coupe est-elle imbibée d’eau, il y a une réflexion chaque fois que le rayon de lumière pénètre d’une particule d’eau dans le corps organisé. Y a-t-il de la glycérine au lieu d’eau, comme le corps organisé a un indice de réfraction relativement élevé, et que la glycérine en a un plus fort que l’eau, la différence à chaque face de réflexion est moindre. La quantité de lumière réfléchie est donc plus petite, et celle qui pissera sera plus grande que si l’eau était le liquide qui imprègne le tissu. Il ressort de là que la première condition d’un liquide d’éclaircissement est un exposant élevé de réfraction ('). L’éclaircissement dans la glycérine se fait le mieux en portant les coupes dans un verre de montre rempli de ce liquide; mais ordinairement il suffit aussi de mettre la coupe dans une goutte de glycérine que l'on a déposée sur le porteobjet. (*)
(*) D’aulres liquides d'éclaircissement, dont il sera question plus loin, agissent par voie chimique, en modifiant certains éléments des tissus, par exemple le tissu conjonctif, qu’ils rendent transparent comme du verre.