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II. EXAMEN UES TISSUS

Je ferai encore observer que, si la résine d’Ammar est trop fluide, par l’évaporation de la térébenthine, des vésicules d’air pénétreront sous le couvre-objet. On doit dans ce cas en ajouter après quelques jours, en portant à côté du couvre-objet une goutte, qui est alors attirée d’elle-môme sous celui-ci.

Les fibres musculaires striées transversalement montrent des phénomènes particuliers sous le microscope à polarisation.

Ce dernier prend naissance du microscope ordinaire, par ce fait qu’on laisse passer par un prisme de Nicol, la lumière réfléchie par le miroir, avant qu’elle renconire la préparation, et après qu’elle l’a traversée. Le premier est ordinairement adapté dans rouveriure du diaphragme de la tablette du microscope, le second dans le tube ou l’oculaire. La dernière disposition est la meilleure. J’essaierai d’indiquer clairement de quelle manière se passent les phénomènes optiques dans un tel microscope, \ quand on l’emploie à la manière ordinaire.

Je me figure que je suis assis devant le microscope à polarisation, et que je laisse tomber par son miroir la lumière sur le Nicol inférieur. Elle pénètre par le diaphragme — il q,’y a encore aucune préparation sur la tablette — et par la lentille objective dans le tube. Supposons que j’ai tourné mon Nicol inférieur, de façon que son plan oscillatoire soit parallèle à mon plan frontal, la lumière arrivée dans le tube est polarisée, de manière que les particules d’éther y oscillent dans la direction du front, c’est-à-dire de droite à gauche et vice versa. Dans le tube ou l’oculaire, ces ondes lumineuses rencontrent le second Nicol, et peuvent le traverser librement, si son plan oscillatoire se trouve de nouveau transversal. Mais s’il est antéro-postérieur, elles sont toutes absorbées, et il ne pénètre pas du tout de lumière par le Nicol supérieur.

On dit: dans les Nicol parallèles, le champ visuel est clair, et sombre, dans ceux qui sont croisés.

Si j’ai un champ visuel clair, et si je tourne un peu le Nicol supérieur, il ne devient pas aussitôt sombre. Il s'assombrit bien plus seulement un peu ; et si je tourne davantage, il devient tout-à-fait insensiblement plus sombre, jusqu’à ce qu’il le soit complètement, après une rotation de 90°. Son plan oscillatoire, se retrouve alors précisément de nouveau antéro-postérieur. Si je tourne encore plus, il redevient peu à peu plus clair, jusqu à ce qu’il ait atteint de nouveau sa clarté première, après avoir fait de rechef la rotation de 90°. La lumière qui a pénétré dans le plan d’oscillation du Nicol supérieur, oscille toujours.

Qu’arrive-t-il maintenant, si nous portons entre les deux Nicol une fibre musculaire? Les sarcous éléments de celui-ci constituent des corps à un axe, réfractant doublement, c’est-à-dire dans lesquels chaque rayon

MUSCLES

lumineux, qui y pénètre — à moins de tomber parallèlement à l’axe optique — est divisé en deux, qui s’éloignent toujours davantage l’un de l’autre en avançant, et qui sont polarisés. Le plan dans lequel les particules d’éther de l’un oscillent, se trouve perpendiculaire à celui dans lequel oscillent les particules d’éther de l’autre.

Figurons-nous maintenant, avec notre Nicol inférieur placé transversalement et notre supérieur antéro-postérieur, une fibre musculaire située sur le porte-objet obliquement suivant la longueur, par exemple, de la partie gauche et antérieure, (du côté de la fenêtre) vers la partie droite et postérieure (du côté de l’observateur), il arrivera ceci : le rayon oscillant transversalement rencontre la fibre musculaire, et est divisé en deux. Le plan d’oscillation de ces rayons est déterminé par la nature de la fibre musculaire; l’un des rayons doit toujours osciller parallèlement à l’axe optique, c’est-à-dire à la direction longitudinale de la fibre musculaire; la direction d’oscillation des particules d’éther de l’autre rayon doit être perpendiculaire à la première. Deux sortes de lumière remplissent donc le tube ; l’une oscille de la partie gauche et antérieure vers la partie droite et postérieure (antérieur et postérieur dans le sens indiqué) et vice-versa dans le môme plan; l’autre oscille de la partie gauche et postérieure vers la partie droite et antérieure et réciproquement.

Ces deux sortes de lumières rencontrent le Nicol supérieur horizontal.

Celui-ci n’est impénétrable pour aucune d’elles, puisque, comme nous l'avons vu, il n’absorbe complètement que de la lumière, qui oscille toutà-fait transversalement. Donc dé chacune des deux sortes de lumières une partie traverse, et est alors naturellement changée en lumière oscillant horizontalement.

Comme les deux Nicol sont croisés, le champ visuel est sombre, et il paraît seulement clair, où se trouve la substance à double réfraction de la fibre musculaire. Celle-ci paraît, donc claire sur un fond sombre.

C’est autre chose, si la fibre musculaire n’est pas située obliquement, mais, par exemple, tout-à-fait transversalement. Alors il n’existe pour ainsi dire du matériel dans le rayon oscillant transversalement par le Nicol inférieur que pour l’un des rayons, qui oscille parallèlement à l’axe delà fibre musculaire, car celui-ci se trouve, également transversal maintenant. Pour l’autre rayon, qui devrait osciller horizontalement, il n’y a aucun matériel dans la lumière qui pénètre, et qui oscille transversalement. Ilne se forme donc pas du tout, etdans le tube il ne pénètre que de la lumière oscillant transversalement, qui est maintenant tout-à-fait absorbée par le Nicol supérieur. Le champ visuel parait donc tout-à-fait sombre. C’est la même chose, si la fibre musculaire est située tout-à-fait horizontalement.

Si l’on fait des coupes transversales de muscles, et si on les place à la façon de cylindres sur le porte-objet, elles ne paraissent pas non plus claires avec des Nicol croisés, parce qu’alors la lumière pénètre parallèlement a l’axe optique.

Dans ce cas, une division en deux rayons n’a pas liéu du tout; la

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