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EXAMEN DES TISSUS

Nous admettions jusqu’ici que les deux rayons n’avaient aucun retard réciproque. Ce n’est pas en fait le cas. Soit on retardé d’une demi-longueur d’onde du rouge sur o m. Alors avec des prismes dirigés dans le même sens, la portion de rayon de o n aura la direction h — o dans le moment (fig. 5) où celui de o m a la direction o — h. Ces deux rayons se compenseront donc, et le muscle apparaîtra dans la couleur complémentaire du rouge.

Dans les Nicol croisés, la portion de o n oscillera dans ces circonstances précisément dans la direction (tig. 4) h ’ — o, tandis que la portion de om oscille dans la direction o — h. Mais ces deux directions sont les mêmes, ici les rayons rouges se renforceront, le muscle apparaîtra ronge. On peut dire la même chose de chaque coloration ; c’est pourquoi le muscle, avec des Nicol croisés, a la couleur complémentaire de celle qu’il montre avec des Nicol dirigés dans le même sens. Il résulte de ce qui a été dit qu’une couche musculaire doit modifier sa couleur, quand son épaisseur augmente, puisque la différence de marche des deux rayons dépend de cette dernière. Ce changement de couleur parcourt une série analogue à celle que montrent les couleurs du verre coloré de Newton du centre vers la périphérie. On peut constater les couleurs que le verre coloré montre à la lumière directe, si le muscle est situé entre des Nicol croisés, celles qu’il montre à la lumière transmise avec les Nicol dirigés dans le même sens.

Pour avoir des spectres colorés des muscles nets et animés, la couche épaisse de fibres musculaires, que nous devions employer, comme il a été dit, est un grand obstacle.

C’est pourquoi l’on se sert d’un artifice, qui a pour but d’observer très nettement, avec une vive couleur, une couche mince de substance musculaire ou même une seule fibre.

Si l'on place les fibres musculaires sur un corps à double réfraction, qui donne donc déjà lui-même des couleurs, le champ visuel apparaît avec celte couleur correspondante, dans laquelle la fibre musculaire tranche maintenant sur une autre (1). Comme corps à double réfraction, on emploie surtout des petites lamelles de mica , qui donnent alors des couleurs variées suivant leurs différentes épaisseurs.

Les sarcous éléments ne perdent pas leurs propriétés de double réfraction , même si les fibres musculaires sont montées et conservées d’une façon quelconque. On peut ainsi monter des libres musculaires dissociées, avec la petite lamelle de mica, dans la résine d’Ammar, et les conserver indéfiniment. Comme le mica habituellement a de l’air entre ses couches, il est nécessaire de le faire bouillir d’abord dans la térébenthine, et de le porter ensuite dans la résine d’Ammar, sans l’avoir laissé sécher. Pour décider la question de savoir si les fibres musculaires sont à double réfraction positivé ou négative, il y a l’appareil de Prücke. (2) * (*)

(’ ) Celai qui veut s’occuper plus spécialement des phénomènes de coloration sur les corps à double réfraction, trouvera une indication fa<ile à saisir dans la physique de Mütler-l’ouillet.

(*) Traité d’histologie de Stricker, page 172 et mémoires de l’Académie de Vienne. Volume V.

MUSCLES

Pour poursuivie le développement des fibres musculaires striées transversalement, on placera des embryons d’animaux de différents stades dans le liquide de Müller (i), et on les y laissera macérer. Ce liquide appartient essentiellement aux liquides de durcissement, en ce sens qu’il fait coaguler les corps albumineux par son contenu en acides et en sels, et qu’il enlève l’eau aux tissus animaux. Mais si l’on n’ajoute à un tissu que ce qu’il faut de liquide pour le changer lui-même essentiellement par l’arrivée des éléments organiques, et qu’on n’y laisse pas trop longtemps la préparation, le durcissement ne s’achève pas; les parties animales sont conservées, mais leur connexion devient plus lâche, de façon qu’elles se laissent plus tard très facilement dissocier avec des aiguilles. Pour une telle macération , on a choisi à peu près la masse exacte de liquide, en en prenant un volume double de la préparation à taire macérer. Dans ce cas, le liquide ne doit pas naturellement être changé, comme cela a lieu, quand il s’agit de durcir.

Si les embryons ou des parties de ceux-ci ont été conservés de cette manière pendant quelques semaines, ils peuvent être employés pour l’examen.

Pour voir les sarcoblastes, on choisira les muscles du dos des larves de grenouille, dont la longueur peut avoir environ 25 millimètres. Les extrémités postérieures de très jeunes grenouilles peuvent également servir dans ce but. On trouve en outre des sarcoblastes dans l’intestin des écrevisses, longues d’environ 4 centimètres.

Les fibres musculaires lisses ne peuvent pas être isolées à l’état frais. On réussit le plus facilement à les représenter, en dissociant , si on macère, de la façon indiquée, un morceau d’utérus, d’intestin, de vessie, d’aorte, etc. dans le liquide de Müller, ou si l’on emploie comme liquide de macération de l’acide nitrique à 20 %; celui-ci agit beaucoup plus vite que le liquide de Müller. 20 parties d’acide chlorhydrique fumant pour 80 parties d’eau ou une solution de potasse à 35 % rendent également de bons services. Pour macérer et renfermer plus tard ces muscles, de même que les fibres nerveuses, le mélange suivant peut servir ;

1 vol. acide acétique (1.7 poids spécifique), (*)

(*) Müller lui-même indique seulement la composition qualitative de son liquide de macération. Dans notre laboratoire, depuis des années, le liquide de Müller a la formule suivante :

Chrômate do potasse (en substance) 100 parties , sulfate de soude 50 parties, eau 5000 parties.

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