III. EXAMEN DES ORGANES
Injection spontanée. On peut enfin chez la grenouille, la salamandre maculée et d’autres animaux résistants, utiliser la force de propulsion du cœur pour l’injection. C’est d’une grande importance, s’il s’agit de décider s’il y a extravasation ou non. Si l’on peut alors par l’injection spontanée montrer que le cœur est assez fort pour pousser la masse à cet endroit, il n’y a pas de doute qu’aussi le sang arrive normalement, par conséquent que la masse d’injection a rempli les voies normales du sang.
L’injection a lieu de cette façon. Le cœur d’une grenouille, par exemple, est mis à nu. Pour éviter les hémorrhagies, il faut taire attention aux veines qui sont à la face interne de la paroi du ventre ; on coupera le sternum sur la ligne médiane. On peut alors soulever le cœur après avoir coupé le petit vaisseau qui va de derrière le péricarde au ventricule. Quand cela est fait et que le cœur est reporté vers le haut, on enlèvera avec précaution la partie du péricarde, qui tient encore à la veine-cave. On voit alors apparaître celle-ci comme un vaisseau gonflé, pulsatif, allant du foie au cœur.
On aspirera alors la masse à injection dans un tube en verre d’environ un pied de long, qui, à son extrémité inférieure, est allongé en forme de canule et est courbé sous un angle d’environ 150°. A l’extrémité supérieure, est fixé un petit morceau de tuyau en caoutchouc, que l’on pince avec les dents, pour empêcher l’écoulement de la masse. Quand on a fini ces préparatifs, on fait une fente dans la veine cave, et on y introduit l’extrémité du tube jusque dans l’atrium. Alors on laisse s’écouler un peu de liquide du tube ; il arrive dans le ventricule et de là plus loin. Pendant la diastole, on le laisse de nouveau couler, et ainsi de suite d’une manière isochrone avec le battement du cœur, jusqu’à ce que l’organe soit paralysé. Malheureusement cela arrive habituellement déjà très tôt, de sorte que la masse à injection souvent ne pénètre pas dans la plus grande partie du réseau capillaire. Certains organes, par exemple les poumons, se remplissent très facilement.
Il faut faire attention que le sang puisse s’écouler par la fissure de la veine-cave. Il ne faut pas employer de masse à injection chaude dans cet essai; autrement le cœur meurt encore plus tôt. On aura donc recours à de l’eau tiède.
Chez les mammifères, on peut également exécuter une espèce d'injection spontanée, on y arrive en introduisant dans la veine jugulaire une solution de 5 parties de carmin, 1 —5 parties d’eau ammoniacale forte et 50 parties d’eau, que l’on a bien filtrée. Dans la plupart des cas, la méthode ordinaire d’injection doit naturellement être préférée.
Pour revenir à la manière d’agir avec les coupes de nos préparations microscopiques, il a déjà été mentionné que celles qui sont injectées avec le bleu de Prusse, ont perdu en partie leur coloration par le traitement ultérieur. L’oxydation du bleu de Prusse réduit a lieu par faction de la térébenthine de
PEAU
fil
Venise (4) ou de l’essence de girofle. La marche de tout le traitement serait donc :
(Coupe avec l’alcool.)
Eau.
Carmin.
Eau .
Alcool (longtemps).
Térébenthine.
Térébenthine de Venise ou essence de girofle.
Résine d’Ammar.
11 est plus commode de se servir de l’essence de girofle à cause de sa meilleure odeur et de sa moindre viscosité; mais elle a le désavantage d’être plus chère et de rendre souvent les coupes trop transparentes. Les coupes ne restent dans ces moyens d’oxydation que très peu de temps; on voit de suite apparaître la coloration bleue. Je mentionne expressément qu’en cas d’injection par le bleu de Prusse, pour colorer les coupes, il faut employer un carmin privé autant que possible d’ammoniaque. L’ammoniaque détruit le bleu de Prusse d’une façon durable. Pour le même motif, il faut choisir une forte solution de carmin, pour que la coloration ne réclame que peu de temps.
Le mode de traitement, qui se pratique en cas d’injection et de double coloration, s’indique de lui-même. Les moyens d’oxydation sont superflus, si l’on a injecté avec une masse de carmin ou de jaune de chrome. Dans ces cas, les coupes sont traitées comme si elles n’étaient pas injectées; on évitera seulement la coloration au carmin dans les injections faites avec cette substance.
(!) On prépare cette térébenthine, en exposant à l’air, à l’abri de la poussière, de la térébenthine ordinaire (recouverte de toile). Elle restera des mois, môme un an, autant que possible devant la fenêtre. Quand elle est devenue épaisse et jaune, elle peut être employée.
(rl