III. EXAMEN DES ORGANES
préparation dans l’alcool, mais si on la laisse reposer à l’air, la réduction a lieu.
Le traitement ultérieur des coupes produit l’oxydation et avec elle la réapparition de la couleur bleue. Il est encore à remarquer que quand l’injection ne se fait pas à une trop haute pression, on peut n’ajouter à la masse que si peu de colle qu’elle ne se prenne pas en gélatine à la température de la chambre. C’est important où l’on doit craindre les hautes températures.
Avant de passer au traitement des coupes injectées, nous pouvons encore décrire ici quelques masses et méthodes d’injection.
Masse de carmin. Elle consiste en colle, qui est préparée de la même manière qu’il a été dit plus haut pour la masse bleue et en carmin. On préparera une solution de carmin analogue à celle qu’on emploie pour colorer; elle peut seulement être un peu plus concentrée. Elle a une couleur rouge-cerise; on y ajoute goutte par goutte, en agitant, de l’acide acétique dilué, jusqu’à ce qu’elle change sa coloration en celle de rougefeu. On reconnaît le mieux ce changement de couleur, si l’on fait l’opération dans un vase de porcelaine blanche, et si l’on agite toujours le liquide. Celui qui ne connaît pas encore la couleur de feu de ce carmin, fera bien de traiter d’abord une petite quantité avec l’acide acétique, pour reconnaître sûrement le changement de coloration. Il repose sur ce fait que le carmin d’abord dissout, est précipité à l’état pulvérulent qui convient pour faire les injections. Alors le carmin, comme il a été dit plus haut pour le bleu de Prusse, est versé dans la colle chaude, et tenu encore pendant 10—20 minutes, en agitant, au-dessus d’un bain-marie.
Jaune de chrome. 11 est produit, à la manière ordinaire, par un mélange attentif d’une solution de chrômate simple ou double de potasse avec l’acétate de plomb.
Le jaune de chrome ainsi produit est lavé et conservé sous l’alcool. Pour s'en servir, l’alcool est de nouveau versé sur le filtre, et la fine poudre est suspendue dans la colle. Les grains de jaune de chrome sont relativement gros, cependant cette masse passe encore par les capillaires.
Elle n’offre pour les cas ordinaires aucun avantage; il faut donc seulement s’en servir, quand les autres masses à injection ne peuvent être employées pour des raisons quelconques.
On emploie quelquefois des masses à injection grossières pour reconnaître sous le microscope quelles sont les petites artères et quelles sont les veines. On peut aussi alors employer des masses de colle colorées par le minium, ou le résidu du cinabre obtenu après un lavage répété.
Des masses autrement grossières rendent ce service. Comme elles ne passent pas par les capillaires, on voit que les vaisseaux qu’elles remplissent sont des artères, si l’injection a été faite dans une artère.
Les méthodes d'injection , qui présentent des avantages sur la seringue» sont celles dans lesquelles on peut rendre à volonté la pression forte ou faible, dans une mesure exacte, ou au moins se rendre compte de la pression employée.
L'appareil à injection de Hering consiste essentiellement en deux boules
PEAU
de verre, qui sont en partie remplies de mercure et sont unies par un tube, de façon qu’en abaissant les boules, le métal peut couler de l’une dans l'autre. Tout le mercure est-il dans la boule .1, si on lève à présent celle-ci sur Æ, il s’écoule vers B du mercure, jusqu’à ce que l'air qui y est enfermé, soit assez comprimé pour tenir équilibre à la pression mercurielle. Le degré de cette compression dépend naturellement de la différence de hauteur entre A et B. Elle peut être lue sur une échelle. Nous avons donc dans la boule B une quantité d’air, qui se trouve sous une pression que l’on varie à volonté et que l’on peut déterminer exactement. L’appréciation de cette pression pour l’injection, a lieu comme suit : On prépare un flacon, par le bouchon duquel passent deux tubes en verre, comme dans les bouteilles à injection. Dans celte bouteille est introduite la masse d’injection. L’un des tubes en verre plonge dans la masse, l’autre se termine au-dessus de son niveau. Le dernier est mis en communication par un tube en caoutchouc avec l’espace d’air de la boule B. De cette façon, la pression augmentée est communiquée à l’intérieur de notre bouteille, et la masse d’injection est poussée par l’autre tube avec une force correspondant à cette pression. A ce tube en verre est également fixé un tuyau en caoutchouc, qui porte une canule à l’extrémité supérieure. En voilà assez pour la compréhension de cet appareil. Comme canule, il faut employer des tubes en verre eflilés, qui sont pourvus d’une petite olive. Pour opérer commodément, on adapte au-dessus de la canule au tube en caoutchouc, un robinet que l’on ouvre seulement, quand tout est prêt pour l’injection. Celle-ci doit seulement commencer, s’il ne s’écoule plus de mercure de la boule supérieure ; alors seulement il y a une pression constante.
Si l’écoulement du mercure ne cesse pas, la bouteille ou le tuyau en caoutchouc de l’appareil ne ferme pas hermétiquement. La bouteille avec la niasse à injection se trouve dans de l’eau chaude.
Un appareil un peu moins commode mais plus simple, que l’on peut toujours improviser facilement, repose sur le même principe. Au lieu des deux boules, il y a deux bouteilles; au lieu du mercure, de l’eau. Une bouteille est suspendue au plafond au moyen d’une roulette, et elle peut être tirée plus ou moins haut. L’eau s’en écoule par un tuyau en caoutchouc et un tube en verre, pour arriver jusqu’au fond de la deuxième bouteille, qui se trouve sur la table. Il arrive ainsi que l’air est maintenant condensé dans celle-ci, et la pression développée est transportée comme plus haut de la boule B sur la masse à injection. Si l’on a du mercure à sa disposition, on n’a pas besoin d’élever une des bouteilles jusqu’à cette hauteur, li y a dans le commerce un appareil de ce genre (i), dans lequel ces deux bouteilles de mercure sont adaptées à un pied, qui permet d’en élever ou abaisser une par une vis avec manivelle. C’est la forme la plus commode des appareils d’injection, dans lesquels la pression peut être mesurée immédiatement et variée facilement. (*)
(*) Mécanicien Schortmann à Leipzig.