PORTIQUE DU BATIMENT PRINCIPAL
708 (61) Statue d'une femme assise tenant des immor-
telles à la main; fortement restaurée.
Trouvée dans la Via Baccina entre le Quirinal et l'Esquilin.
La tête (restaurations: le nez, les lèvres, les oreilles) est d'un mauvais travail; d'après le style et la coiffure, elle date de l'époque d'Hadrien ou des Antonins; mais elle n'appartient pas au corps, dont l'exécution est excellente, et qui doit être considérée comme une œuvre du commencement de l'empire.
OlaracV, pi. 956 n. 2456. Cf.Braun, Ruinen und Museen p. 618 n. 4.
709 (66) Base ronde, Hécate (?) et les Saisons.
Sur cette base sont représentées les quatre Saisons et une divinité tenant deux torches, dans laquelle il faut probablement reconnaître Hécate considérée comme déesse de la lune (cf. n. 619). La jeune fille, qui marche immédiatement derrière elle, et qui tient de la main droite une couronne , de la main gauche un bouquet d'épis et de têtes de pavot, personnifie l'été. La figure suivante, dont les attributs sont une corbeille et un chevreau, est interprétée d'habitude comme une personnification du printemps ; mais il semble plus juste, dans le cas présent, d'y voir une image de l'automne. Viennent ensuite l'Hiver, qui s'avance chargé de gibier, et le Printemps, qui portait sans doute des fleurs dans le pli de son manteau. Cette série des Saisons commence par l'été; il est donc probable que le motif de ce bas-relief a été inventé dans un pays, où l'année commençait en été. Nous pensons aussitôt à l'Attique où le premier mois de l'année était le mois d'Hékatombaion, qui correspond à la seconde moitié de juillet et à la première moitié d'août.
Zoega, Bassi rilievi II 94. Millin, Gai. myth. pi. 26, 92. Hirt, Gôtter und Heroen T. 4, 33. Guigniaut, Rel. de Tant. pi. 184, 250 r. Conze, Heroen- und Gôttergestalten T. 89, 1. Cf. Ann. dell' Inst. 1861 p. 209—210, 1863 p. 294 et suiv. Archàol.-epigr. Mittheilungen ans Oesterreicli V (1881) p. 43 — 44. Herrmann, De Horarum apud veteres figuris (Berlin 1887) p. 32. Hauser, Die neu-attisehen Reliefs p. 103 n. 36.
710 (67) Double hermès fortement restauré.
Ce double hermès se compose du portrait d'un poète de l'époque hellénistique , portrait que nous avons déjà étudié au n. 469, et du buste d'un autre personnage qui était sans doute lui aussi un poète.
Comparetti e de Petra, La villa Ercolauese dei Pisoni T. IV 3, 4, p. 38 et suiv.
711 (74) Putéal, divinités d'Eleusis (?).
Marbre pentélique. Restauration: le haut du monument. Ce qui prouve que ce marbre était bien un putéal et non une base, c'est que sur une ancienne esquisse on reconnaît la cavité centrale (Jahrb. des arch. Inst. VI 1891 p. 160 n. 37).
Ce monument est une œuvre de l'école néo-attique. On admet en général que le sujet du bas-relief qui la décore est emprunté au mythe d'Eleusis. Dans la femme et dans la jeune fille qui se presse contre elle, l'on a reconnu Cérès (Démèter) et sa fille Proserpine (Kora) ; le personnage debout auprès de ce groupe, et qui s'appuie de la main droite sur un tronc d'arbre autour duquel est enroulé un cep de vigne , passe pour être Bacchus (Dionysos) ou le fiancé mystique de Proserpine, Jakchos, qui attend sa fiancée. D'après une autre opinion, voici comment il faudrait interpréter ce bas-relief: Cérès retrouve, en présence de Bacchus, sa fille Proserpine revenue des enfers. Mais il est difficile d'accepter l'une ou l'autre de ces deux hypothèses: car le personnage appuyé sur le tronc d'arbre semble être une femme bien plutôt qu'un homme; ce caractère est encore plus net dans plusieurs répliques mieux conservées de la même figure. Les trois jeunes filles qui s'approchent en dansant sont ou des Nymphes ou les Heures. Comme on l'a remarqué, la présence des unes comme des autres cadre parfaitement avec le symbolisme qui distingue le mythe d'Eleusis.
Un dessin de ce monument se trouve dans le Codex Pighianus (Ber. der sàchs. Ges. d. Wiss. 1868 p. 203 n. 106). Zoega II 06. Cf. Arch. Zeitung XXXII (1875) p. 86. Friederiehs-Wolters, Bausteine n. 2144. Archâol.-epigr. Mittheil. aus Oesterreich V (1881Ï p. 54. Overbeck, Kuustuiythologie III p. 509 n. 13, p. 514 — 515.