‹ Guide dans les musées d'archéologie classique de Rome (volume 2)Chapitre 2 sur 34 · PORTIQUE DU BATIMENT PRINCIPAL · texte numérisé non relu

PORTIQUE DU BATIMENT PRINCIPAL

Hauser, Die neu-attischen Reliefs p. 32 n. 40, p. 140, p. 141 n. 3, p. 144 n. 4. Jahrbuch des arcli. Instituts IV (1889) p. 259.

712 (79) Statue de femme assise; fortement restaurée. Le corps a la même attitude que celui d'une statue

fort connue qui se trouve au Musée du Capitole (n. 460). Sur le cube qui supporte le siège sont représentées trois figures de femmes amplement vêtues, dont l'une tient une coupe. La tête de notre statue (restauration: le nez) est bien antique; mais il est douteux qu'elle fasse partie du corps. D'après la coiffure, elle paraît être un portrait de l'époque des empereurs Juliens. On a voulu y reconnaître sans raison la première Agrippine.

Clarac V, pi. 932 n. 2367 A. Cf. Winckelmann . Mon. ant. ined. I, trattato preliminare p. 48. Braun, Ruinen und Museen p. 618 n. 5. Bernoulli, Rômisehe Ikonographie II 1 p. 184 n. 12.

713 (87) Statue cuirassée assise.

Restaurations: la tête, qui est un portrait d'Auguste, le cou à partir du vêtement — pour faire croire que ces parties sont antiques, le restaurateur y a creusé de petits trous qui simulent un mauvais état de conservation, et leur a donné une patine artificielle — , le bras droit tendu en avant, la moitié externe de la partie supérieure du bras gauche, l'index de la main gauche, l'extrémité inférieure du bâton que tient cette main, presque tout le dos, les jambes, la plus grande partie du siège, la plinthe.

Sur la cuirasse sont représentées, autour d'un brûleparfums (thymiaterion) embrasé, deux Victoires, et audessous les personnifications de la Terre (cf. n. 5) et de la Mer, la première avec des fruits dans les plis de sa robe et une corne d'abondance, la seconde avec un dauphin appuyé sur sa cuisse gauche. Le style, la disposition et les sujets des bas -reliefs qui ornent la cuirasse, dénotent la seconde moitié du premier siècle ap. J.-C.

Clarac V, pi. 936 B n. 2386 A (publiée comme une statue de Claude). Cf. Bernoulli II 1 p. 32 n. 23. — Pour la cuirasse, voir Zoega.II 111. Bonner Studien (Berlin 1890) p. 16.

Au mur du fond:

714 (58) Tête de Ptolémée, le dernier roi de Nnmidie et

de Maurétanie.

Restaurations: le nez et le buste hermétique. Cf. n. 33.

Dans les niches se trouvent six statues cuirassées fortement restaurées nrs. 715 (54) — 720 (82), toutes ayant des têtes antiques; mais il est douteux, pour la plupart de ces têtes, qu'elles fassent partie des corps sur lesquelles elles sont placées.

Cf. Braira, Ruinen und Museen p. 619 n. 6.

715 (54) Avec une tête fort abîmée dont les traits rappellent ceux de Tibère (restaurations: tout le haut de la figure avec l'œil droit et le nez). Cette tête semble avoir été sculptée par une autre main et dans un autre marbre que le corps. Toutefois les deux parties, si l'on en juge d'après leur exécution, datent l'une et l'autre du commencement de l'empire.

Clarae V, pi. 936 A n. 2354 C. Cf. Bernoulli II 1 p. 148 n. 18. Bonner Studien p. 11.

716 (59) Avec une tête de LuciusVerus (le nez est restauré). Le corps a été fait au premier siècle de l'empire. Sur la cuirasse sont représentées deux Victoires court- vêtues, dont l'une porte un brûle -parfums (thymiaterion) embrasé, tandis que l'autre jette dans la flamme une boulette d'encens.

Clarae V, pi. 936 A n. 2459 C. Cf. Bernoulli II 2 p. 206 n. 3. - Pour les bas-reliefs de la cuirasse: Zoega II 110. Cf. Bonner Studien p. 13.

717 (64) Avec une tête de Trajan, dont la partie supérieure seule , y compris les yeux et le haut du nez , est antique. Le corps semble dater d'une époque un peu antérieure, par exemple du règne des empereurs Flaviens. La cuirasse n'est point décorée; elle est seulement entourée du cingulum, ceinturon qui distinguait le général en chef.

Clarae V, pi. 936 D n. 2415 B. Cf. Bernoulli II 2 p. 76 n. 1.

718 (72) Avec une tête de Marc-Aurèle (restaurations: le nez et le cou). Le corps a été sculpté au plus tôt sous Hadrien. Sur la cuirasse on voit en haut une tête de Méduse, au-dessous deux griffons séparés par un brûleparfums et très malheureusement coupés par le cingulum qui entoure la cuirasse; tout à fait en bas un groupe de feuilles.

Clarac V, pi. 936 B n. 2449 B. Cf. Atkenische Mittheilungen XVI (1891) p. 149. Bernoulli II 2 p. 166 n. 4.

719 (77) La tête d'Antonin le Pieux (restaurations: le nez et la plus grande partie des arcades sourcillières) paraît appartenir au corps. Il n'y a sur la cuirasse aucune décoration.

Clarac V, pi. 936 B n. 1442 A. Cf. Bernoulli II 2 p. 141 n. 2.

720 (82) La tête d'Hadrien (restaurations: la partie antérieure

du crâne avec le front et la moitié externe des yeux) semble

appartenir au corps, quoiqu'elle lui soit rattachée par un

morceau de cou moderne. Les bas-reliefs de la cuirasse

sont d'une exécution soignée, mais banale; ils représentent

un jeune homme vêtu d'une peau de lion (un Arimaspe?)

et saisissant de chaque main le cou d'un griffon qui se

dresse auprès de lui.

Clarac V, pi. 936 A n. 2420 B. Cf. Bernoulli II 2 p. 108 n. 5. Pour la cuirasse, voir Zoega II 109. Bonner Studien T. III, 1 p. 4.

A gauche, derrière le portique.

721 (19) Caryatide de Kriton et Nikolaos.

D'après Piranesi (Vasi e Candelabri II, texte de la pi. 68). qui prétend avoir assisté en personne à la fouille, cette Caryatide fut trouvée, avec deux autres Caryatides qui sont placées actuellement dans le portique du bâtiment dit Caféhaus n. 834 (628) et n. 837 (725), en 1765 près de la voie Appienne dans la Vigna Strozzi voisine du tombeau de Caecilia Metella; déjà sous Sixte-Quint deux autres Caryatides avaient été découvertes au même endroit (cf. Winckelmann, Gesch. d. Kunst XI 1 § 14). Restaurations: le nez, la lèvre inférieure , le menton , le bras droit , l'avant-bras gauche avec le thyrse, plusieurs morceaux du calathos. du cou, de la draperie et des pieds, les parties extérieures de la plinthe.

Une inscription gravée derrière le calathos en forme de corbeille qui surmonte la tête nous apprend que les auteurs de cette Caryatide sont les Athéniens Kriton et Nikolaos; d'après le style du travail comme d'après la paléographie de l'inscription, ces deux artistes vivaient sous l'empire romain. Suivant toute apparence, ils ne trouvèrent pas eux-mêmes le motif de la statue; ils ne firent que reproduire une œuvre de l'art antérieur, pro-

bablement de l'art hellénistique. L'auteur de cette œuvre s'était évidemment inspiré d'un motif de la grande période attique, peut-être d'un type de Pallas créé pendant le troisième quart du Ve siècle; dans ce modèle l'égide, comme dans notre statue la nebris, était jetée transversalement sur la poitrine. Il en résulte que la Caryatide, dont il est ici question, se rapproche des Caryatides de l'Erechteion d'Athènes (cf. n. 1), non pas il est vrai par l'exécution des détails , mais par la conception et l'attitude. Le haut du corps est trop long par rapport aux jambes; il faut en conclure que l'original tout au moins, sinon cette réplique elle-même, devait être placé à une assez grande hauteur. Pour expliquer la présence de la nebris, nous devons sans cloute admettre que l'édifice, à la décoration duquel servait cette Caryatide, avait quelque relation avec le culte de Bacchus (Dionysos). S'il est vrai que notre statue et les exemplaires nrs. 834 (628) et 837 (725) proviennent d'un seul et même monument, comme l'indiquent à la fois le récit de la découverte et la similitude des hauteurs respectives, ce détail nous donne une idée peu favorable du goût de l'architecte, qui a employé ces trois figures dans le même ensemble décoratif. Si l'on compare en effet les Caryatides nrs. 834 et 837, qui se trouvent dans le portique du bâtiment dit le Caféhaus, avec celle qui porte les noms de Kriton et de Nikolaos, on remarque non-seulement que leur pose est moins assurée et que leurs corps sont moins trapus, mais aussi que leur exécution est plus minutieuse et plus tourmentée. Le type de la tête et la disposition des draperies ne sont pas les mêmes pour les trois statues. Le n. 837 (725) contient dans ces deux parties des éléments de style archaïque. Des Caryatides d'un caractère si différent, placées comme supports sous une seule et même architrave, ne pouvaient que manquer absolument d'harmonie. Pour s'en convaincre, il suffit de jeter un coup d'œil sur l'essai de restauration publié par Piranesi.

Gerhard, Antike Bildwerke T. 94, 3. Brunn uud Bruckmaini. Denkmâler griecli. u. rom. Sculptur n. 254. Tout le reste de la biblio-

graphie est cité dans Friederichs -Wolters , Bausteine n. 1555 et dans Loewy, Inschriften griechischer Bildhauer n. 346. Cf. Arch. Zeitung XLI (1883) p. 203. Jahrbuch des arch. Instituts V (1890) p. 93. — Pour l'essai de restauration: Piranesi, Vasi e candelabri II T. 68.

722 (20) Fragment dune frise ornée de bas -reliefs, le

soi-disant Capanée.

Restaurations: le nez du personnage et le quart droit de la plaque de marbre, avec un morceau du bouclier et la - jambe gauche ; en outre le sol rocheux.

Un homme de belle taille , à l'aspect imposant , dont la tête est entourée du large bandeau qui distingue les rois et les prêtres, est tombé sur le genou droit; de sa main gauche il tend de côté un bouclier, tandis qu'il porte la main droite à sa nuque, où, semble-t-il, il vient d'être blessé. On voit en général dans ce personnage le héros Capanée frappé de la foudre au moment où il escalade les murs de Thèbes; mais cette opinion ne peut pas se soutenir. Capanée , dans un pareil moment , ne porterait pas seulement une chlamyde et un bouclier; il serait au moins casqué , et sa physionomie exprimerait l'arrogance qui le caractérise. Il est beaucoup plus probable que l'homme ici représenté a été attaqué à l'improviste par ses ennemis au moment où il n'était pas armé , et qu'il a eu tout juste le temps de prendre son bouclier. On pourrait par exemple voir dans ce bas-relief le meurtre d'Agamemnon. Le style indique un original de la fin du Ve siècle av. J.-C.

Zoega I 47. Overbeck, Gallerie T. V 6, p. 128 n. 45. Baumeister, Denkm. d. kl. Altertums III. p. 1759 Fig. 1840. Cf. Welcker, Alte Denkm. V p. 200. Abhandlungen des arch.-epigr. Seminars der Universitàt Wien VIII (1890) p. 141—142. Bie, Kampfgruppe und Kâmpfertypen p. 91.

723, 724 Buste de Vespasien (18) et tête de Titus (23).

Restaurations: le socle du buste de Vespasien; dans le portrait de Titus, le buste et le socle; dans les deux têtes^ le bout du nez.

Ces deux portraits permettent de reconnaître à la fois la ressemblance physique qui existait entre le père et le fils, et la différence de leurs caractères. Par les formes

du visage comme par l'expression, la tête de Vespasien trahit une certaine sévérité, tandis que sur la physionomie de Titus c'est la douceur qui domine.

Le buste de Vespasien: Bernoulli, Rom. Ikonographie II 2 T. IX. p. 22 n. 1. Sur les deux portraits: Braun, Ruinen und Museen p. 625 n. 12. Sur celui de Titus: Bernoulli II 2 p. 33.

725 (16), 726 (24) Deux Caryatides.

Trouvées en 1761 près de Monte Porzio avec deux autres Caryatides, qui sont aujourd'hui placées derrière ce même portique, à droite (nrs. 727, 728), et avec la statue de Bacchus (Dionysos) du Vatican n. 327, à propos de laquelle nous avons cité les relations publiées sur la découverte. Dans ces quatre Caryatides sont restaurées les corbeilles portées par les têtes, le bout des pieds et les plinthes. Les têtes ne se sont conservées que dans les deux exemplaires n. 725 (16) et n. 728 (97) (dans le n. 16 le nez et le menton sont restaurés, dans le n. 97 le bout du nez seulement). Tous les bras sont modernes, sauf le bras gauche du n. 726 (24).

L'artiste moderne qui a restauré ces deux statues ainsi que les deux autres nrs. 727 et 728, appartenant à la même série, en a fait des Canéphores, c. à d. des femmes portant des corbeilles sur leur tête , en dehors de toute décoration architecturale. Cette restauration est inexacte. L'on a trouvé à Eleusis la partie supérieure d'une Caryatide colossale qui avec ses compagnes aujourd'hui perdues a servi de modèle au sculpteur romain (Fig. 33). On voit encore sur la tête de cette statue la boîte de forme ronde (xtGTfl), qui jouait un rôle prépondérant dans le culte de Cérès (Démèter), et au-dessus de cette boîte un fragment de calathos ; or ce calathos ne peut avoir servi qu'à supporter une architrave. Dans la Caryatide d'Eleusis comme dans les statues romaines, deux bandeaux se croisent sur la poitrine et y sont retenus par une agrafe ornée d'une tête de Méduse. La symétrie architectonique qui règne entre ces quatre Caryatides est rompue par la pose différente des bras. Trois des statues ont leurs deux bras levés, tandis que dans la quatrième n. 726 (24) le bras gauche est abaissé et touche la draperie.

N. 725 (16), dans Cavaceppi, Raccolta di statue III 28. Gerhard, Antike Bildwerke T. 94 (à droite); Prodromus p. 337. Clarae

Fig. 33.

III, pi. 442 n. 807 (à gauche). — N. 726 (24). dans Gerhard, loc. citât. T. 94 (à gauche). Clarac III, pi. 438F n. 807 A. A la bibliographie citée dans Friederichs-Wolters , Bausteine n. 1558, il faut ajouter Arch. Zeitung XXXVII (1879) p. 66 n. 390. — Pour la Caryatide d'Eleusis, voir Michaelis, Ancient marbles in great Britain p. 242 n. 1. Cf. Athenische Mittheilungen XVII (1892) p. 137.

A droite derrière le portique.

727 (91), 728 (97) Deux Caryatides, provenant de Monte- Porzio.

Voir nrs. 725, 726.

N. 727 (91) dans Clarac III, pi. 442 n. 807 (à droite).

729 (94) Bas-relief, représentant une Victoire qui sacrifie

un taureau.

Restaurations: dans la Victoire, la tête, le bras gauche tout entier, l'avant-bras droit, la partie supérieure de l'aile droite; dans le taureau, la tête et la nuque.

La restauration est inexacte. Comme on peut le voir sur d'autres répliques mieux conservées, la Victoire saisissait de la main gauche le muffle du taureau, et de la main droite lui plongeait un couteau dans l'épaule un peu au-dessus de l'endroit où dans notre statue les gouttes de sang sortent de la blessure. Ce motif, qui a été souvent reproduit, avec plus ou moins de variantes, dans l'art antique , paraît être le développement d'un groupe en bas-relief qui ornait la balustrade du temple de la Nikè Apteros à Athènes (voir n. 161).

Zoega II 60. Lajard, Recherches sur le culte de Vénus pi. XI 3, p. 176. Cf. Arch. Zeitung VIII (1850) p. 207. Brunn, Geschichte der gr. Kunstler I p. 418. Ann. dell' Inst. 1865 p. 143. Friederichs- Wolters, Bausteine n. 1440, 1441. Journal of hellenic studies VII (1886) p. 273 et suiv. Rheinisehes Muséum XLII (1887) p. 515.

L'intérieur du principal bâtiment.

A gauche de l'escalier:

730 (9) Bas-relief, Borne assise sur des trophées.

Restaurations : l'index de la main gauche, la partie supérieure de l'attribut en forme de bâton que tient cette main, le bras droit sauf le coude, toute la jambe droite avec le casque écrasé sur lequel est posé le pied droit, probable-

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