BELVÉDÈRE
coi»p8 de cet Amour, depuis le milieu de la cuisse. De la figure sculptée à droite il n'est resté que le socle avec les pieds. D'après la distance qui sépare ce socle du dossier du siège, et aussi par comparaison avec un bas-relief qui représente une statue de femme semblable à la nôtre et assise sur un siège pareillement décoré, cette figure paraît avoir été non pas un Âmour, mais une image archaïque de Vénus (Aphrodite), coift'ée d'un modius très élevé. Quant à l'hypothèse d'après laquelle la figure assise serait la Concorde, et l'idole servant d'appui au siège une Vénus Libitina, elle manque de fondement,
Gerhard , Gea. akadem. Abhandlnikgen T T, 38, 3, p. 273, p. 273 n. 11, p. 363 n. 3.
Au fragment précédent sert de base la
130 Pierre tombale de Tiberiut Ottaidus Biadumenus.
lia partie principale du baii-reXief reproduit une célèbre figure de Polyclète traitée au point de vue décoratif ; c^est répbèbe qui se met un ruban autour de la téte, connu sous le nom de Biadumenos. Ce sujet a été évidemment choisi, parce que le personnage, auquel ce monument funéraire était élevé, portait le nom de Dîadumenus. L'inscription AD PINVIVI, gravé sur le côté droit, et le pin scul|itt' sur le eut/* L'anche, font allusion h l'endroit où habitait Diadumenus, endroit dont le nom était tiré d'un pin qui s^ trouvait.
C. I. L. YI 2' n. 10086. Cf. BnU. délia t)omm, areh. oomnnale XV (i887> p. 117.
Au milieu de la pièce:
131 (3) Onoiie cNiope en marbre de Phxygie (pao*
nazzetto).
Trouvée sous Pie Yl dans le Val d'Enfer (an noi'd-ouest du ^Îonte-Mftrio) ; autrefois dans les Appartements Borgia.
Il paraît douteux que le pied soit antique. En tout cas il ne se raocorde certainement pas avec le reste du monument.
FUtoM m, SO, p. 64.
VATICAN
Sur le balcon, construit en avant de cette pièce, et d*où la partie voisine du Vatican a pris ie nom de Belvédère, est placée:
132 Vne rose des vents antique.
Trouvée en 1779 dans le jardin des Moines du Mont- Liban {^vèB de Saint Pierre-és-liens).
Cette rose des vents est constituée par un bloc de marbre de forme dodécagonale : sur la sur&ce horizontale sont gravés les noms latins des quatre points cardinaux,
et sur les douze côtés latéraux verticaux les noms des vents en grec et en latin. La tige de la girouette était fixée au milieu de la surface horizontale.
Cotpus inscr. lat m, n. 6180. Cf. Hermès XX (1886) p. 628.
Salle de Méléagre.
133 (10) Statue de Héléagre.
D'après le témoignage d'Aldroaudi, qui est le pins ancien de tons (VanrOi le antiehità délia dtta dl Botta p. 188), oette statue a été tronvée sur le Janicule près de la porte Por-
tése. Ce l'enseignement méiite plus de confiance que ceux de Flamiuîo Vacca (Bcr. d. sache. Ges. d. Wi^s. 1881 p. 71) 11. 85) et de Bai'toU (dans Fea, Mise. X p. CCXLiX u. 97), qui prétendent qu'elle a été découverte aux environs du ebfttean d'eau connu sons le nom de >Trofei di Mario* (sur la place ftcturMpm'nt nommée Victor- Einmfinuf^r» Au milieu du XVI t' siècle -elle était la propriété du médecin particulier de l'aui III, Francesco Fusconi de Norcia, et elle se trouvait dans la maison de ce personnage, maison qui fnt plus tard le palais Pigbini snr la place Famése. Sons Clément XIV elle fut acquise jtour le Vatican. Restaurations: le bout da nez de Méléagre et les OTOlUes du oMen.
Des répliques de cette œuvre (par exemple n. 902), dans lesquelles l'attribut s'est conservé en partie, prouvent que le jeune homme s'appuyait légèrement de la maiu gauche sur un épieu de chasse. Cet épi en, qui dans jiotre statue était non pas en marbre mais en bronze ou en bois, comme l'indique le trou creusé dans la plinthe, servait en même temps à limiter l'espace vide entre le bras gauche et le corps. La sveltesse du corps, ainsi que la souplesse de Fattitude révèlent un chasseur agile. Dans la pose de
SALLE DE MËLÉAGRË.
la tetti, qui mt tournée de côté, et dans le trait dédaigneux qui se joue autour de la bouche s'expriment Tentêtement et Forgueil; Ton sent que Méléagre peut faoilement tomber en de terribles emportements. Le tempérament passionné du héros se reflète jusque dans la disposition du mantean, qui, enroulé aatonr de TaTant-bras gauche, est comme fouetté par le vent et projeté de côté. L'exécution de rouvre trahit la copie d'un original en bronze. Dansi cet original n'existaient probablement ni la tête de sanglier, qui dans la statue en marbre donne un point d'appui à Textrémité flottante du manteau, ni 1er tronc d'arbre qui soutient la jambe droite, ni la traverse qui relie la tête de sanglier à la cuisse gauche; ces parties accessoires étaient inutiles. Nous pouvons admettre que la té te de sanglier était absente de l'original, avec d'autant plu?* de certitude que par son exécution prétentieuse elle détourne Tatteution de la ûgure principale. Encore moins le chien, ajouté à la statue en marbre et d'un type si lourd, peutil avoir été imaginé par Tartiste, qui a su concevoir ce corps merveilleux d^éphèbe et lui donner tant de caractère. Certainement l'œuvre, dégagée de tous ces accessoires qui troublent le regard, faisait une impression sans comparaison plus nette et plus vivante. L'on a supposé que l'oriprinal de cette statue était le Chasseur (venator), que Pline (n. h. 34, 66) cite parmi les œuvres d'Eutliykratès, fils et élève de Lysippe. Mais cette hypothèse se heurte à une difficulté: diaprés les habitudes de Pline, il est plus juste de considérer dans ce passage le suhstantif venaior comme une apposition au nom d* Alexandre , qui précède, et de voir dans l'œuvre d'Euthykratèï< une statue représentant Alexandre le Grand chassant. En outre rien dans notre figure ne révèle la manière artistique particulière à Lysippe. Au contraire la tête, sinon dans tous ses détails, au moins dans ses formes principales, rappelle les types de Scopas, c'est à dire les têtes que nous avons conservéesdes groupes qui décoraient le fronton du temple d'Athena Alea à Tégée« Il semble que Toriginal du Méléagre ait été une œuvre de Scopas, ou d'un sculpteur de
VATICAN
la même éode, qui trayaOlait le bronze. Une excellente réplique de la tête a été récemment retrouvée à la villa
Médicis.
De Cavalleriis, Antiquae stataae urbis Romae T. 95. Viaconti, Mus. Pio-CL il, 34-, Opère vaiie IV, p. Ui n. 117. Ann. dell'Inst 1848. Tav. d'ag^. H, p. 258—869. Poar la tête: Antike Denkmftler lierauAg. vom arch. Institut I (1889) T. 40, 1, p. 20, on T. 40,
2 p^t aussi publié l'exemplaire qui se trouve à la villa Médicis. Pour plus de détailB, voir Overbeck, Geschichte iîer o-r Plastik II' p. 181—182. notes 192—196. Cf. sm-tout Aixhâol. Zeitung XXIU (1865) p. 15. Romische MittheiUmgen IV (1889) p. 218 et suiv.
Au-dessus dans le mur:
134 (17) Inscription de Mammins.
Trouv^^e en 1786 daus le javilÎTi de l'hôpital situé autrefois sur le Caelius; elle était encastrée daoB riatérieur d'un mur.
L^iuscription nous apprend que Lueiua Mummius, fils deLucius, consul, rcKnâra daofi Rome avec les honneurs du triomphe après la conquête de TAchaSe et la destruc^ tion de Corinthe (146 av. J.-C), et qu'il dédia à Hercule
vainqueur le temple et la statue, qu'il lui avait promis pendant la guerre. Comme le triumphe de Mummius fut célébré en l'an 145 avant J.-C, l'inscription doit avoir été rédigée la même année ou peu de temps après. Corpus inscr. lat. I n. 541, VI 1 n. 881.
Cour.
La description commence à droite de rentrée et se continue à gauche.
135 (27) Trapésophore.
Trouvé a la villa Nefi*oni Bur le Viminftl, en même temps qae le baa-relief encastré dans le mur, qui lui Mt pendant de l'aatie oôté de l'entrée (numéro 98 da Musée).
Ce bas-relief, ainsi que son pendant de l'autre côté de
l'entrée, servait de support à une table de marbre. Le sculpteur a subordonné au caractère architectural de l'ensemble toute la décoration, non pas seulement les deux griffons représentés comme supports et les objets placés
COUR
dans le champ, mais aussi les deux Satyres qui occupent
le milieu du tableau, et qui courent rapidement vers un
cratère, tandis que d'une main ils saisissent un« grappe
de raisin qui pend au-dessus de leur tête. LesmouTements
des deux personnages paraissent exactement symétriques ;
à ta manière dont le -nu est traité, l*on voit que le
sculpteur n'a pas imitt; la nature, mais a voulu hu duimer
jusqu'à un certain point un caractère ornemental.
Viseonti, Mus. Pio-Cl. V, 10. Millin, Gai. myth. pl. 55, 271. Guigniaut, Rel. de l'ant. pl. ii^, 485. Piatolesi IV, 90. Cf. Braun, Rnineu und Mueeen p. 296 u. 46.
136 (27) Sarcophage ovale.
Trouvé en 1777, lorsqu'on fit les fouilles pour la nouvelle saciidtie de Saint Pierre; il contenait deux squelettes.
Sur la face antérieure, deux têtes de lions ayant beaucoup de caractère; sous chacune d'elles, un Amour, tenant
uii canthare à la main, est assis sur une pantlière. L'e.space compris entre les deux têtes de lions est rempli par un Satyre et une Ménade, qui s'approchent l'un de l'autre en dansant. Deux groupes semblables ornent les deux parties de Tovale situées au-delà des deux têtes de lions. Les sujets d'ornementation ne sont ni trop nombreux ni confus, comme c'est le défaut de la plupart des sarcophages; la composition en est claire; tout le champ est Jiarinonu'usenient rempli de motifs gracieux, empruntés à l'art antérieur.
Viseonti, Mus. Fio-CI. IV, tîO, -JOa. Pistolesi IV, 88. ililliû, Gai. niyth. pl. 63, 268. Cf. Zoëga, De oiigiue et usu obeliscoium p. 383, note 45 et dans Welckers Zeitachrift p. 391 euiv. Biaun, Bninen nnd Mnseen p. 290 n. 47.
137 (31) Sarcophage de Sextus Varius Marcellus.
Tnuivé en 1764 ù Telletii, et donné en 1772 au pape Clément XIV par le conseil municipal de cette ville.
D'après l'inscription, ce sarcophage fut exécuté pour Sextus Varius Marcellus par les soins de sa femme Julia Soaemias et de ses enfants , parmi lesquels était le futur empereur Elf^abal. L'inscription énumère en latin et en
grec les fonctions que Marcellus avait exercées.
Corpus iuscr. lat. X 1 u. 6669. Corpus insor. graec. LU u. 6627. UsLBiG, Gaide I. ^
VATICAN
Cabhfet de Onon.
Gomma il est intéreeisaiit de con^pArer aveo «cuiptupes antiques les c^vres à'nn mattre moderne qui, après une période de décadence, remit eu 'honneur le style datsiciut ) le visiteur du Musée peut jeter un coup d'oeil sur les trois
statues deCauova qui se trouvent dans cette pièce (n. 138 — 140j. Elles y furent placées, au niumeut où les plus beaux morceaux .du Musée avai« nt été trauâportés à Paris, et lorsqu'il n'y avait au Belvédère que des moulages en plâtre du Laocoon et de l'Apollon du Vatican.
138 (3.2) Persée.
Le héros, qui vient de décapiter Méduse, eut debout, triomphant; sa main droite abaissée tient la harpé, avec laquelle il a tranché la tête, et sa main gauche tendue la téte elle-même du monstre.
Pistolesi lY, 97. Cf. Kotzebue, ErînueruDgen von elaer Rei«e sus Lieflftnd natefa Bôm Ul <ie05) p. !S8.
139, 140 (33, .d3A) iKraiigas •et Skmommm.
l>'après un passage de Pausauias (VIIT, 40, 8). deux rivaux dans le combat du ceste , Kreugas d^£pidamne et Damoxenos de Syracuse s'étaient longtemps mesurés aux Jeux néméens, sans qu'aucun des deux pût vaincre Pautre. Lorsque le soir approcha, les deux pugilistes convinrent, pour arriver à un résultat, de recevoir chacun un coup de l'autre j sans le parer. Kreugub frappa Damuxenos à la tête: mais le coup qu'il lui porta resta sans effet. Damoxenos demanda alors à son adversaire de lever l'un des bras: puis, quand cela fut fait, il poussa violemment les doigts de sa^main droite allongés contrôla peau du ventre tendue par cette position du bras, creva^ fot arracha les entrailles de son rival. Kreugas mourut aussitôt. Mais les juges bannirent Damoxenos, parce qu'il avait manqué aux iègles de la lutte , et accordèrent la victoire au combattant tué. Canova a donné aux deux adversaires un caractère individuel qui correspond à la tjcaditiou; la tcte
COUR
de Kreiigas est plutôt noble, tandis que celle de Damoxenos exprime davantage la brutalité.
PUfl^lefti IV, 91.
La comparaison de ces trois statues avec les œuvres de la sculpture antique est tout à fait défavorable au maître moderne. L'art de Tépoque des Diadoques a souvent visé à Teffet (voir par exemple n. 160); mais il n'est jamais allé juaqu^à la conception théâtrale, qu'exprime le Persée de Canova. Â la vue de cette stittue, on pense in^ volontairement à un ténor italien, qui chante un air de raatador. Le nu est rendu avec beaucoup moins de vie que dans les sculptures anticiues même d'une exécution médiocre. Dans les deux pugilistes, la musculature, dont Texagération semble déterminée par Tinfluence du Bernin, ne donne pas Timpression d'une force vraiment élastique, dootme ipaf e«cAfnple dAiis FApeixydinenos (n.«dl); elle fait penser au contraire à une peau de poupée rembounée.
Dans la cour:
141 (38) fragment d'une ârîse en marbre de Luna: Oigantoiaaobie.
Autrefois à la viUa Matkei; acquis sous Pie VII pour le
Vntif'îin. ïï'^staui-atîons: la têto de Diane (ArttMiiLs), quelques parties des toi'cliea de l'autre déesse, et d'autres morceaux insigniâaats.
Diane (Artémis) tire de l'arc cootti^ un Géant, dont le^s jambes se terminent pAr Aem serpetits, et qui de chaque main lève deux gr'dsses'pîerres pour les lancer coirtre elle. Le chien de Diane se jette sfttr la cuisse gauehcf ân G-éaitft, méns
il est mordu au cou par le serpent qui termine cette jambe. A droite une déesse, ;\ l'aspect matronaî, dans laqiuîlle on voit généralement Hécate, s'avance, une torche aliuméo dans chaque main, contre deux Géants de forme complètement humaine, l'un barbu et vieux, Fautre jeune et imberbe« G^est un groupe plein d'expression. Le vieux Gréant est tombé sur le genou gauche, mais il ne renonce pas à la lutte ; au contraire il saisit un énorme bloc de
YATICAK
piene, que sou cumpaguon plus jeune a traîué près de lui. I^e paysage, indiqué par des rochers et des chênes, est beaucoup plus conforme aux lois de la plastique, qu'il n^arrive d'habitude dans les bas-reliefs pittoresques de ce genre. D'après la qualité du marbre et diaprés le caractère du travail, ce bas -relief date de Tépoque romaine; maïs on retrouve dans sa composition la trace de motifs plus anciens, qui ont été employés en partie par les auteurs de la frise de Pergame: par exemple l'adversaire de Diane est représenté dans une attitude tout à fait semblable à celle d'un des GéantSi qui dans cette frise luttent contre Jupiter.
Overl»eck| Ennstmythologie II p. 381 A ; Atlas V, 2 a. Tonte la bibliographie se trouve dans Meyer, Die (iiganteii uud Titanen in der antiken Sage and Knnet p. 864 n. S, p. 885--d86.
142^(42) Statue insignifia&te de Vénua (Aphrodite), dont la tête est un portrait.
Cette statue est de celles que le pape Jnlea II fit placer dane le jardin du Belvédère. (Journal of bellenic étudies
VIII 1887 p. 326 — 327. Jahrbuch des arch. Instituts V 1890 y. 13 suiv.) Restaurations: dans la figure de la déesse, le jicZ} l'index et le troisième doigt de la maiu droite.
La déesse, dont le type est dérivé de la Vénus (Aphro* dite) de Gnide (voir n. 316), tenait, semble-t-il, dans la main gauche un objet de toilette, par exemple soit une
boîte à onguents, soit uu pinceau servant à mettre le fai*d. La tête ])résente uue ressemblance superficielle avec le portrait, connu par des médailles, de la prétendue épouse d^ Alexandre Sévère, Sallustia liarbia Ôrbiana. L^on peut restaurer l'Amour qui est debout auprès d^elle, d'après des groupes semblables de terre cuite et diaprés une intaille: de sa main droite levée, PAmour présentait un miroir à la déesse. L'inscription gravée sur la plintbe nous apprend c^ue ce groupe a été consacré à Venu6 Félix par une certaine ^allustia Helpidus.
Vificonti, Mue. Pio-Cl. II, 52. MilUn, QaL mytli. pl. 44, 187.
(luigniaut, Kel. de Vaut. pl. 101, 3t»Ca. Clavac IV, pl. C09 n. 1341». Cf. Bf i uonlîi , Aiilirodite p. 2(j'J u. 1. l\mv riuseription: Corpus inscr. lat. VI 1, 7H2. — Terres -cuites semblables: Arch. Anzeiger
COUB.
1849 p. 85 , 18U p. 29. — L'intaiUe: Friederiehii Kleinere Kunat p. 428, note.
14a (44) La base GaaaU.
Trouvée pendant la Beeonde moitié àvL dix-septième siècle sur le Caelius dans la Vigne Helllnl, sitaée au nord de la
villa Casali. Restaurations: toute la partie du monument placée au-deaauB de l'extrémité supérieure des bas-reliefs.
Cette base, comme nous l'apprend rinscription entourée d une couronne de chêne (corona civica?), supportait uii objet dédié par un certain Tiberius Claudius Faventinus; elle mérite d'être examinée de près, parce que les bas-reliefs qui la décorent représentent avec beaucoup de détails la légende de la fondation de Borne dans ses rapports avec le mythe troyen.
Face de Pinscription: Ténus et Mars sur le lit, en* chaînés par les artifices de Vulcain, que l'on voit au-dessus de la couronne, regardant le couple qu'il a surpris; vis-àvis de lui, le dieu du soleil, qui a trahi les amants, sur son char à quatre chevaux.
Côté droit: dans le tableau supérieur, le jugement de Pâris; dans les deux tableaux inférieurs, scènes de combats, dont on ne peut pas donner une interprétation précise, et qui ne sont sans doute qu'une image générale de la Lîuerre de Troie provo(|uée i):Lr le jugement de Pâris. Côté oaurhe, en haut: le cadavre d'Hector traîné derrière le char d'Achille; au-dessous, dans les deux autres tableaux, une procession, qui, semble-t-il, doit représenter les funérailles d'Hector.
Face postérieure: tout en haut, Mars s'approche pas à pas de Rhea Sylria endormie, auprès de laquelle on voit le Tibre. — Deuxième tableau : Rhea Sylvia, rendue mère par Mars, est assise, tenant les deux jumeaux dans ses bru? . et levant les yeux comme si dans son malheur elle attendait un secours céleste ; deux pâtres, peut-être des espions d'Amulius, s'avancent vers elle; à gauche on voit le dieu Tibre. — Troisième tableau: les deux jumeaux sont placés sur les bords du Tibre par deux serviteurs d'Amulius, dont l'attitude semble exprimer la compassion
VATICAN
qu'ils épronvent pour îee deux petits enfants ; leur père Mars, qui porte un trophée sur l'épaule gauche, assiste à la scène coiiime divinité i)rotectrice; en outre le Tibre et un personnage couché, dans lequel on voit tantôt la personnification du mont Palatin , tantôt le pâtre Foutstulus qui y habitait. — Tableau du bas: les deux j«mea«ui sont nourris par la louve ; deux pâtres, dont Tun ne peut être que Faustttlufi, contemplent arec étonnement cet étrange spectacle.
L'objet dédié par Claudius Faventiiius était soit une statue en bronze de Mars ou de \\ nus; «oit un groupe représentant les deux divinités. En tout cas il a été fait évidemment en Thoianeur de la divinité à laquelle il était dédié; mais sur ce point l'inseription de la base ne nous donne aucun renseignement.
Uon a voulu identifier Claudius Faventinus avec le centurioii du même nom qui en 69 après J.-C. déterminales équipages de la flotte de Misène à abandonner Vitellius; mais ce qui infirme cette hypothèse, c'est d'abord la mauvaise exécution du relief; puis la représentation en creux des pupillee dans les figures de grandes dimensions, enfin les formes mêmes des lettres de \^ dédicace* Diaprés le caractère plastique comme d'après la paléographie de rinscvîption, cette base doit être attribuée non au premier .siècle après J.-C\, mais à une époque postérieure.
Pistole.«ri rv, 96. Wieseler, Die Ara Cagali (Cioettiugue 1844). Oveibeck, Kunstmytlioiogie iH p. 129 H; Mlfts X, IH. Cl. Aicli. Zeltung XXII (1864) p. 126. Friedeiichs-Woltei'» n. 2141.
144 (49) Smopkagtt, AoUlle et ItotUulée.
Ce Baroopliag«, déjà oonau à Tépoque du peintre Jules
Romain (1492 — 1546), se trouvait encore entre 1770 et 1780
à la villa du pape Jules HT. hors la porte du Peu^tle. Restaurations : plusieurs morceaux dans les pai-ties extéiieui-es déâ reliefs.
La composition confuse de la face principale représente le combat, qui se livra souâ les luurs de Troie, eutre les Achéens et les Amazones. Au milieu, Ton voit Achille entourent de ses bras Penihésilée blessée* Leurs deux têtes sont les portraits des défunts que contenait
com\
le sarcophage. La coiffure de la fcomue est celle
qui était en usage pendant la première moitié du troisième siècle après J.-G.; elle forme un contraiite cliuiiuant avec les motifs mythologiques. Le bas-relief de la face latérale gauche représente un épisode de T arrivée de FeBtèéailée à Troie:, un Troyen, habillé à la phrygienae, est proaierné deiwit une Ânuaoïie, qui se tient debout devant lui, la main gauche, appuyée sur sa lance; il lui prend le genou de la main di^oite, en suppliant.
Robeit, Die autikeii Saicopliagieliefs 11 T. XXXiX, 92, p. 113.
Cabinet de^T Antinous.
145 (53) Statue de Mercure (Hermès).
Trouvée en 1543 hors df» la ville dans un jardin situé non loin du cbuteun Saint -Auge, et placée pai* Paul 111 dans le jardin du Belvédère (Jahibuch d. arch. Inst. V 1890 p. 34).
Cette statue, connue sour le nom dt^ TAiitinous du Belvédère, a déjà été restaurée une foi-s dans l'antiquité : de cette restauration proviennent quatre doigts du pied droit. Lorsque la statue fut découverte, les jambes étaient brisées toutes deux au-dessous des chevilles; en outre la jambe droite Tétait en haut de la cuisse, et la jambe gauche au-dessous du genou. Afin d'obtenir un raccord en apparence parfait entre la jambe et le pied droit, le restaurateur moderne a bien poil les deux fractures; il a aminci la jambe en bas, du côté extérieur, et Ta ainsi replacée sur le pied. La jambe paridt alors^ à sa partie inférieure ^ beaucoup trop arquée en dedans, et la cheville semble rabougi ie. Il se peut aussi que lesr restes des talonnières aient disparu dans cette réparation.
Comme le prouvent d'autres répliques senibla])les dans l ensenible et mieux conservées, cette statue i rpréscnte Mercure (Hermès). Le dieu , dont le corps juvénile a été façonné par les« exercices du gymnase, est deboutdan» l'attitude du repos; son fin visage a une expression un peu mélancolique; la main gauche abaissée tenait le caducée; des traces de brisures, encore visibles à la hanche
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droite et à la partie pœtérieure du mollet gauche, prouvent que la main droite était légèrement appuyée sur la hanche, et que la draperie tombait jusqu'au mollet gaudie. Le tronc de palmier, sculpté près de la jambe droite, mais
qui n'existait peut-être pas dans Toriginal, indique que le dieu est ici représenté conime vainqueur dans les exercices du corps, comme Hermès Enagonios: car les athlète^ qui avaient triomphé ne recevaient pas seulement comme prix des couronnes , mais souvent aussi des branches de palmiers. Cette statue n'est qu'une copie d'un original grec; ce qui le prouve, c'est que des répliques du même sujet ont été trouvées en pays grec. Cet original était en bronze, ai Y ou en juge par la nuiuiert; dont les formes sont traitées; notamment la surface extérieure du manteau n'a pas été polie et le bout des mamelons est entouré de sillons circulaires. Dans la tête on reconnaît, modifié par l'influence de Lysippe (voir n. 31) un type attique^ dont nous possédons un exemple dans l'Hermès de Praxitèle trouvé à Olympie.
De Rosai, Raccolta di statue T. 3. Visconti, Mue. Pio-Cl. I, 7 (cf. Opère varie IV, p. 55, p. 350 n. 129). MUller-Wieseler, Denkmàler der alten Knnst II T. 28» 307. Dietrichfion, AntinooB pl. III 8^ p. 114, p. 181 n. 16. Baumeister, Denkmàler d. kl. Altei-tuins l p. 675 Fig. 7B7. Tf iit»^ la bibliographie ronoernant cette statue et ses répliques les plus importantes se trouve dans Frierlerichs-Wolters, Bausteine n. 1218—1220. Cf. Jahrbuch des aicii. Inst. V «1890) p. 35. Les répliques se trouvent étudiées tontes ensemble dans les Mitthelltmgen des arch. Institats in Âthen III (1878) p. 100—105.
146 (55) Bas-relief, Frocession solennelle en rhonneur
Autrefois au palais Mattei, transporte sous Pie VII au Vatican. Restaurations: dans la première figure à droite le haut de la fleur de lotus, et la tête du serpent-uraeus; dans la seconde âgure le bras droit et la moitié extérieure du rouleau.
En avant marche une prêtresse d'Isis, ayant une fleur de lotus Bur le front, et tenant de la main droite un seau
(sitnla ) : autour de son avant-bras gaucho est enroulé eu spirale un serpent-uraens , reptiln qui iru iit un rôle prépondérant dans le cuite de la déesse égyptienne* La
COUR
prêtresse est suivie par le gardien des livres sacrés (Hiero-
grammateus), dont la tête entièrement rasée est ornée de
deux plumes d'épervier; de ses deux mains il tient devant
lui un rouleau à moitié ouvert; deriière lui marche le
prophète avec le vase sacré, et enfin une servante du
culte, agitant de la main droite le grelot d^Ms (seistron),
et de la main gauche tenant une cuiller (capeduncula).
L'exécution est correcte; on y eent un effort évidemment
volontaire pour donner aux formes un style sévère.
S. BartoU, Admiranda T. 14. Montl'aucou, L'antiquité expliquée n )i pl. CXVI, 1, p. 286. Monumenta Matthaeiana III, T. 26, 2, p. 49. Visconti e Gvattani, Hneeo Cliiaramonti T. II.
147 (5Gj Statue de Priape.
Trouvée non loin do la Torrc délia Chiaruccia (près de Civita Veccliia», dans lua niinp.s do Castrum nuvum; apportée au Vatican sous Pie VI. Restaurations: le nez, des morceaux de la oouromie de pampres, la moitié antéiieure du bi*a8 droit, deux tlgaeti et les feuilles placées au-desaous dans le tas de fruité que contient le pli du vêtement*
Priape, comme dieu de la fertilité, porte un tas de fruits dans le pli de sa tunique. C'est une des divinités
que les Hellènes, lorsqu'ils s'établirent sur les côtes de 1 Asie-Mineure, empruntèrent aux ])(>pnhitionsi qui habitaient ce pays; aussi tous les types connus de Priape outils un caractère plus ou moins oriental. Ce caractère est exprimé dans la statue du Vatican par la tunique aux longues manches, par la mollesse de la pliysionomie, par les moustaches, dont les extrémités paraissent artificiellement raidies et relevées, et par la forme de la bouche, qui rappelle le type sémitique.
Visconti, Museo Pio-Cl. I. 50. Miîliu. Gai. mytli. pl. 01. 288. Hirt, Gotter und Heroeu T. XXXiX, 330. Guigniaut, Rel. de Tant, pl. 129, 596. Clarac lY, pL 734 n. 1773, ^ Sur les tyîpeB de Priape : Bericlite der sficha. 6es. der Wiss. 1855 p. 235 et soiv. Jahtb. des Vereins von Altertumsfi eunden im Rheinlande XXVII (1859) p. 45 et 8uiv. Arch&oL-epigr. Mittheilungen auB Oeterreich I p. 88 et sniv.
Dans la cour:
Au-dessus du sarcophage n. 58, encastré dans le mur :
148 Bat-relirf: Pâris et Hélène.
Trouvé sur Myentin.
VATICA».
Sur co bas-relicf très abîmé Ton ne peut guère distinguer que les silhouettes des personnages; aussi doit-on, pour en reconnaître exactement le sujet, le comparer avec des r^li^ues mieux ooneervées (voir n. 582), de préférence avec un exemplaire qui se trouvB au Musée de N»plee*et dans lequel lefl diverses figures, sauf oeile de l'Amour, sont désignées par des* inscriptions» Tous ces basHreli^s* représentent Vénus conseillant à Hélène de suivre Paris. La déesse de l'amour est assise aiquèn d'Hélène, et lui a ])assé son bras droit autour du cou. Hélène hésite encore; elle penche la tête dans l'attitude de quelqu'un qui réfléchit et le geste de sa main droite levée semble indiquer qu'elle résiste, mais faiblement. Pâris est debout devant le groupe des disux femmes: les sentiments qui Tagitent sont exprimés par l'Amour qui se presse contre lui. La petite figure, assise sur le pilier qui est placé derrière Téuus et Hélène, n'est autre que la déesse de la persuasion, Peitlio, tandis que la statue d'Apollon, qui se trouve derrière Pâris, fait allusion à la ville d'Amyclées, où suivant la légende s'accomplit l'enlèvement d'Hélène. Le groupe de Pâris et de l'Amour, disposé comme sur ce basrelief, se retrouve sur un vase attique qui date au plus tard du milieu du IV* siècle avant J.-C; il est donc probable que ce sujet a été inspiré par une peinture attique, de très-peu postérieure à la grande période de l'art du siècle.
Guattani, Monumenti anti<-lii iuediti dcll' aiino 1785, Giugno, T. 1, p. 41—47. Cf. Beiiehte der siiclis. Gesell-^ haft der "WissenfioUiiften 1850 p. 183. Friedericlis-Woltevs, Bausteiue n. 1873. Hauseï', Die nea-attischen Reliefs p. 155 — 15C.
149 (61) Sareophage: HMides.
Trouvé prés de Kuuia Veccliia sur la voie Ax»pieuue. Restaurations: quelques ë<;lat8 iiisigniilants.
(Quatre Néréides, dont chacune porte un morceau d armure, chevauchent sur des dauphins au milieu de la mer, qui est plastiquement figurée. Nous devons considérer comme Torîginal primitif.de ce bas-relief et-d'ai]tro& sar* copbages semblables un groupe de Scopa.<, qui représen-
CUUK.
tait Thétis et les Néréides apportant à Achille les armes
forgées par Vuicaiii. Ces motifs, tout d'abord de statuaire^
furent ^asaite développés par la. peinture, et ce furent œs
tableaux ab» modifiés que reproduisirent fréquemment
les senlptettrs de SMoophages. Une déeoration d» ce
genre, appliquée à un Barcophage, était é^demment
destinée à comparer arec Achille le défunt, qui sans doute
avait parcouru uuc carrière militaire.
Viftcoûti >în^. Vio-Cl. V, 20. Pistolesi IV, 100 Cf. Riccy, Deir (uiUoo pago Leuiouio p. 131 n. 84. Ovevbeck, Ualiem Ina'oiëeber Bildwerke p. 438 n. 75. Àna. deir Inst. 1860 p. 403—404. Heydemann, Nerelden mit denWaffen des AeIdU (Halle 18T9), Abtclinitt 4, MsrnMKTweirfce n.
Au-dessus du sarcophage:
l&Q FrOgiMiAt d*iin groupe»
Trouvé eoua Clément XIV à Palestrina (Preueste). Du grouj^e entier s'est coiist^rvee la partie iniérieure d^ la statue d'une jeune femme, asi^ise svur le dos d'un cheval marin dans une attitude gracieusement nonchalante, le haut du corps légèrement tourné vers la gauche. Deux petits pieds, encore visibles sur la draperie qui recouvre le cou de Vanimal , prouvent que ee personnage était accompagné d'un Amour. Les flots, dan.s lesquels se im ut le cheval marin, sont fi^^urés plastiquement; la faune aquatique est représentée par un dauphin qui dévore un polype, et par un aufcre poisson qui avale un petit objet de forme peu distincte* J^'artiste, qui a restauré ce groupe, a mal replacé la partie brisée de la queue du cheval marin. Un morceau de cette queue, qm s^est conservé 8ur la plinthe, prouve que dans l'œuvre primitive elle avait une S2)irale df plus et que cette spirale était de plus grandes dimensions que les autres. D'une paH on faisait ainsi équilibre, comme il était nécessaire, à la partie antérieure du corps de l'animal, d'autre part on remplissait respac» laissé vide au-dessus de la plinthe. Si cette chamante composition a une grâce toute particulière, c^eat parce que le sculpteur a su coordonner suivant des axes ^Ufférents les mouvements des diverses figures. Le
VATICAN
travail, au^^i fin que vivant, prouve que ce groupe est une œuvre originale grecque; elle .-emble dater de l'époque hellénistique, bI l'on en juge par la manière pittoresque avec laquelle la nature est représentée sur la plinthe. Ce groupe est dans un très mauvais état de conservation; en outre , nous ne savons pas si c'était une œuvre isolée , ou si elle faisait pendant à un autre moreeau , ou encore si elle faisait partie d'un ensemble de sculptures plus considérable: aussi nous est-il fort difficile de reconnaître le motif original et d'en apprécier la valeur. Si l'on admet que ce groupe formait un ensemble par lui-même, ou peut supposer qu'il représentait Vénus, traversant la mer, accompagnée de l'Amour — ou encore Galatée qui, de la pleine mer, regarde Polyphème épris d'amour pour elle (voir n. 810). Si au contraire il était en relations avec une ou plusieurs autres statues, peut-être alors cette jeune femme est simplement une Néréide,
Romlsche Hittheilungen des arch. Institata III (1888) T. II, p. 6»— ?ô.
A l'entrée de la Salle des Animaux:
151, 152 (64, 65) Deux chiens molosses.
L'an (n. 64) était autrefois au palais Pighini (sur la place Farnéae), l'autre (u. G5> a été trouvé près de la Torre délia Chiaruccia situëa non loin de Oivita Vecchia; tous deux sont très restaurés (voir Visconti, Mus. Pio-CL I p. 266 note 1). Kestaurations ! aux df ux (^hiens, plusieurs morreaux des oreilles, les mâchoires, les jambes de devant, presque toute la jambe gauche de derrière, la plinthe; eu outre au n. 64, le bas de la jambe droite de derrière, avec le morceau de la queue qui la touchOi au n. 65 la jambe droite de derriéro et la queue.
Ce type semble avoir été très célèbre dans l'antiquité; car nous en connaissons plusieurs répliques, dont quelquesunes sont supérieures au point de vue de l'exécution aux exemplaires du Vatican. Le vigoureux animal est assis : son regard bienveillant est fixé, avec une attention très soutenue, soit sur son maître soit sur une autre personne quHl connaît. Sa gueule ouverte et sa poitrine violemment soulevée nous indiquent qu'avant de s'asseoir, il s'est
COUR
beaucoup remué; la pose même, daus laquelle il est assis, qu'il va bientôt se remettre en mouvement. Il est plus que probable que ce type a été imaginé à Tépoque d'Alexandre le Grand. La peau de l'animal est reproduite ayeo une vérité, et les poils sont rendus avec un naturalisme, duiit 1 ai t plus ancien n uiii e aucun exemple. Mais d'autre part ce type révèle une conception très élevée de l'organisme physique, qui ne peut guère trouver son égale dans les périodes suivantes. Ajoutez à cela que le plus grand artiste du temps d'Alexandre, Lysippe, était célèbre comme sculpteur de chiens (Pline n. b. 34, 68). On peut done se demander si ce n'est pas lui qui a composé l'original de cette œuvre, dont le caractère concorde parfaitement avec sa manière artistique, d'autant plus que rauteur a su indiquer avec beaucoup d'habileté dans l'attitude qui! a donnée au chien, à la fois le mouvement qui a précédé et celui qui doit suivre; or c'est la qualité propre à Lysippe (voir n. 31).
Pistolefli IV, 100. Cf. JCeyer-Sehiilze sa Wiiuftelmaimt Gesoliiéhte
der Kanst V, 6, S 23. Besebr* il ang der Stadt Bom II â p. 145 n. 6S, 69. Braun, Boineii und Mu&een p. âl4.
Cabinet in Laacoon.
1Ô3 (74) Groupe du Laocoon, œuvre oiiginale de trois artistes rfaodiens, Agésandros et ses deux fils Polydoros et Athénodoros.
Trouvé le 14 Janvier 1506 dans le voisinage des Thermes de Titus (Jahrbnoli des aroh. Institats Y 1890 p. 16, p. 5S).
La restauration du bras droit de Laocoon exécutée en stuc probablement par Agostiiio Gornacchini (vers Tannée 1730) est fausse. Ce bras n'était pas tendu en l'air, mais recourbé, à peu près comme on le voit dans Tesquisse, attribuée k Michel Ange, qui est placée sur le pavé même auprès du groupe* Une boucle de cheveux qui se trouve au-dessus de l'oreille, à droite de la tête, et dont la partie supérieure est écornée, présente une section ronde et lisse, qui s'explique le plus jinturellemeiit du monde, si Ton admet que cette boucle était réunie à la
VATICAN
main soit directement, soit par rintermédiaire d'un petit appui. On peut donc supposer que la main droite était plaoée tout près et un peu au-deMiUB de Toreille. La ccmetruotion générale du groupe est^dane oelte hypothèse, beaucoup plue belle: elle a la forme d'une pyramide, dont la pointe est formée par la tête de la figure principale. Les autres parties restaurées sont : le ljra.d droit du plus jeune fils et la main droite de Tniné. Le plus jeune est sur le point de mounr; aussi devons>nous croire que son bras, au lieu d'être levé presque droit en Tair, retombait BanB force soit en avant soit de oôté vers la tête. Une rainure, qui entoure la tête de Laoeoon et qui est surtout TÎsible près de la nuque, prouve que le personnage priseipal portait une couronne de bronze, insigne de son sacerdoce.
Tiaocoon, malgré la défense d Apollon, dont il était le prêtre, s'était marié et avait eu deux ôLs; suivant une autre tradition, il avait profané le temple en ayant dans Vintérieur du eanctuaire des rapports sexuels avec sa femme. Pour le punir, le dieu irrité envoya deux serpents qui , dans le développement épique du mythe , tuèrent Laoeoon et l'un de ses deux fils, tandis que il'après un récit moins ancien, le père et les deux lils périrent. Il est très facile d'imaginer quelle était la situation des trois personnages avant le moment précis fixé dans le groupe : évidemment Laoeoon et ses deux fils étaient debout près de l'autel pour offrir un sacrifice. C'est dans cette situation qu'ils furent surpris et enveloppés par les serpents. Les deux reptiles, par la pression même de leurs corps, ont rejeté en arrière sur l'autel le père et le plus jeune des fils, tandis que l'aîné est retenu à côté par leurs enlacements. Le plus jeune fils, mordu à la poitrine par Tun des serpents, vient de rendre le dernier soupir; son regard qui s'éteint est tourné vers le ciel; sa main gauche f avec laquelle il a vainement essayé d'écarter le serpent de son corps, est poeée impuissante sur la tête du monstre. Le père e-t représenté au moment même où il est cruellement mordu; il frissonne de la tête aux pieds
Digiii^cu by
COUR
scms rimpreasion d'une eilroyable douleur. £)ette sonffrancd pkjrsiijitte suttt « expliquer le mouvemeiit de toute la «figure. Comme il aniTe aux ipmQimeB qn» surprend à rimprimste ime douleur «UBanke, Laocoon jrejeifiie sa tète •en:armère, crt sa bondhe pamft ^oiiTerte fxrar exhaler un profond géiuiisbiîmeiii. Lu bras di'oit, si nous en avons i*estitué exactement la pose primitive, se contracte dans la direction d'où vient la morsure. Le liant du corps e^t oomtoùrné comme par juue «arampe, iandis q^ue le pied droit, dont les doigts «saut ^ceBvatkdvemeiit tordus, hernie l^aniiel'du talon. C'est encore la eonScanee ]diysiqtte seule qui €ût ae tendre la <^mbe gauche. 8i Laocoon avait ▼oulu se redresser, il aurait placé son pied bien d'aplomb, au lieu de ne toucher le sol qu'avec les doigts et de liiais. Sa main gauche s'est poi-tée vers l'endroit où il est hlcsst', ^t a saisi le eerpeut. Mais^ce mouvement n'est qu'iustinctii'; «i Laoooon araît 'eu Traîmeiit Tintontian de se débar- Tasser dn serpeiit, ce tu'eat pas en nn fWMk du oou aussi éloigné ide la tête^ mm immédiatement 4errièare celle-ci «qia*il l'auraît saisi; en outre la main, an lieu de s^abaisser le long de la jambe, s'écarterait du corps. Le fils aîné n'a pas encore été blessé. L'un des serpents s'est enroulé 4tutour de son bras droit et autour de son pied gauche. Le jeune homme essaie, arec la main gauche, de délivrer son ipied; juais il est phis occupé du malheur de son père ^ae sde lui-même ; il regarde Laocoon avec douleur, et dèvê vers lui sa forain droite dans un geste de «désespoir. Les artistes se sont-^ils ici préoccupés de la tradition d'après laquelle Tun des fils put échapper aux deux monstres? La réponse reste douteuse. En tout cas, de co fait que le fils aîné ne paraît pas irrémédiabiemeut perdu, •et quHl semble soufPrii' du malheur 'de son père , il résulte que le caraotèare terrible de ce groupe est atténué par un détail pins doux.
Cette analyse est mécessaire et suffisante pour que nous puissions apprécier la valeur esthétique du groupe. L'image d'une douleur n'a vraiment un caractère traglfjue, que SI cette douleur nous apparaît comme la conséquence
96 VATi(jA^.
moralement fatale d'une faute commise. Or à ce point de vue notre groupe ne contient aiacun détail qui indique pourquoi cette épouvantable catastrophe fond surLaocoon et ses fils; l'impression produite n*est donc pas purement tragique; elle est surtout pathologique. Toutefois ce défaut a dû être moins sensible dans l'antiquité que de nos jours. Nous pouvons admettre que le public 5 pour lequel les trois ai-tistes rliodiens travaillaient , connaissait fort bien le mythe représenté par l'œuvre, et que son imagination reconstituait très facilement la faute qui avait précédé le châtiment. En outre il est fort légitime de croire que l'intelligence du sujet était facilité par le souvenir d'un événement précis, à la suite duquel le groupe avait été consacré. Supposons par exemple que le groupe ait été dédié pour rappeler qu'une troupe ennemie, qui avait pillé un sanctuaire voisin de Rhodes, avait été battue par les citoyens de cette ville; à la vue du monument, les Bhodiens soi^eaient aussitôt que Laocoon avait été tué pour avoir profané un temple. L'œuvre a un autre défaut: l'unité idéale des trois figures laisse à désirer. Le plus jeune fils meurt: le père est absorbé par sa souiliance physique; seul l'aîné des fils est en relation de sentiment avec l'un des deux autres personnages; l'expression de sa physionomie indique qu'il prend part au malheur de son père. Sauf ce détail, les trois figures paraissent n'être unies ensemble que par un lien extérieur, les enlacements des serpents. Mais ces défauts sont largement compensée par les qualités de l'œuvre. La composition du groupe est d'une harmonie admirable. Les artistes, avec une très grande finesse, ont sa utiliser l'autel, pour obtenir la symétrie nécessaire entre les corps des deux enfants. Le nu est traité avec une science du corps humain, qui ne se retrouve à un égal degré que dans peu d'ceuvres antiques et modernes. Il est impossible, lorsque l'on veut représenter un homme torturé par une souffrance convulsive, comme Laocoon, d'imiter un modèle donné. Une œuvre pareille ne peut être créée que si l'on a la c( ni naissance la plus étendue de l'anatumie et de la pathologie. Agé-
COUK,
sandroB et ses collaborateurs ont résolu avec un succès éclatant ce difficile problème.
Le passage de Pline souvent discuté (XXXYI, 37, 38), où il est question des auteurs du Laocoon, ne contient
aucun renseignement précis sur l'époque à laquelle ils vivaient; on ne peut même pas en tirer une conclusion probable. Il en est de même pour plusieurs bases qui se sont conservées, et dont les inscriptions désignent les fils d'Agésandros comme auteurs des œuvres placées sur ces bases» L'on a conclu du caractère paléograpbique de ces textes que Polydoros et Athénodoros vivaient vers l'année 100 avant J.-C.; mais cette conclusion n'a aucune valeui , parce que Ton ne sait pas si les bases en question supportaient les œuvres originales des deux juristes ou des copies postérieures; dans ce dernier cas les lettres, dont se composent les inscnptions, peuvent être transportées dans un alpbabet plus récent. L'on a essayé de prouver que le Laocoon était postérieur à la Mse des Géants de Pergame, qui fut exécutée sous le roi Eumène II (197 — 175 av. J.-C): il faut considérer cette démonstration comme réfutée. L'appréciation impartiale du caractère artistique (pii domine dans les deux œuvres conduit au résultat contraire. Après Alexandre le Grand se développa de plus en plus dans la plastique grecque une tendance nouvelle; on rechercha Tapparence matérielle et le brillant efiet extérieur, au lieu d'approfondir l'idée qu'on voulait représenter. Il en résulta que peu à peu des motifs accessoires, autrefois négligés ou simplement stylisés, furent désormais copiés d'après nature, et qu'un élément ])ittoresque se lurla aux formes plastiques. Or dans la frise de Pergame cette tendance apparaît complètement développée, tandis qu'on n'en trouve aucune trace dans le groupe de Laocoon. Sa composition est plastique au sens le plus précis du mot, et dans l'exécution tout élément inutile est laissé de côté. Il est vrai que les artistes ont traité le corps du père avec un plus grand détail anatoinique qu'il n'est coutume dans la plastique de Tepoque antérieure; mais ils y étaient eu
Kblbig, Guide I. 7
VATICAN
quelque aorte obligés par le sujet hu-même; les convulsions, qui secouent Laocoou, ne peuvent être rendues avec une véritable clarté que par une représentation minutieuse des muscles et des veines. Toutefois les auteurs ne se sont pas laissé» aller à faire un vain étalage de détails anatomiques; ils ont au contraire subordonné toutes les formes au motif principal.
Il y a encore une différence cai)itale daii^ le travail des yeux. Dans les figures du Laocoon, le globe de l'œil est un peu aplati suivant la tradition de la sculpture grecque antérieure ; sur la frise de Pergame, il est arrondi comme dans la réalité; c*est ainsi que nous le trouvons traité dans Tart gréco-romain, là où cet art n*a pas été influencé par des modèles plus anciens. De tout ce qui précède il résulte, à notre avis, que le Laocoon est plus ancien et plus voisin de l'époque d'Alexandre, que la frise de Pergame, composée sous le règne du roi £umène II (197 — 175 av. J.-C).
La bibliographie se trouve réunie dans Friedericlis-lVultei ?^. Hautteiue n. 1422; il faut y ajouter Kobert, Bild und Lied p. 192 et Fuiv., Archâolog. Màrchen p. 142 — 143, et Baumeister, Deukmaler d. kl. Aliertiiixm I, p. 24 et Biiiv. Fig. 26. L'hypothèse de Kekulé, Zur Deatang und Zeitbefltimmitiiç des Laokoon (Berlin et Stuttgart 1883), à savoir que le Laocoon est moins ancien que la frise de Pergaine, et date environ de l'année lOO nv, J.-C n ('f<^ réfutée en tei"ni»^s décisifs par Brunn dans le Jahvbucli der preuss. KunstsammUiug. u V (1884) p. 263 — 272, et par Trendelenburg, Die Laokoongi-uppe und der Gigantenfries des pergamenischen Altars (Berlin 1884). La question du Laoeoon Tient d'être traitée & fond par Forstpr dans ^'el•handlungen der 40. Philologenversammlung in Gorlitz (Leipzig isî»0) p. 74 — 95, p. 428—438. Ce savant croit que le groupe de Laocoon date de l'époque hellénistique, mais est postérieur à la frise de Pergame et au taureau Farnése. Je ne puis pas admettre comme plausililes les raisons qae Foreter fait valoir à l'appui de cette opinion. Mommsen a récemment étudié le passage de Pline (XXXVI, 37, â8) dans mermès XX p. 285—287. Cf. Forëter 0. c. p. 7G— 83.
' Au-dessus de la porte par laquelle on sort du Cabinet
du Laocoon:
154 Fragment d'un bas-relief de saicopiuige, représentant une Srinnye.
Ce fragment provient de la face latérale d*un sarco-
COUR
phage, sur lequel était représenté le tribunal de l'Aréopage jugeant Ureste. 11 ne s'est conservé que la partie inférieure du corps d'une Eriiinye: comme on le voit dans des répliques moins abîmées, elle est debout en face de Minerve (Athena) près de la table qui porte l'urne des sentences; Ton reconnaît encore sur notre fragment les deux pieds de la table, dont le restaurateur a fait un tré» pied. L'attribut, que l'Erinuye tient dans la main droite, est un fouet.
Aobert, Die antiken Saroopliagreliefs II T. LVI, 164, p. 176.
Dans la cour:
166 (80) Unie de marbre.
Autrefois à la villa Mattel ïïoi le Caeliofl. Beatauration : la tête de la flgare ailée de gauche.
Gomme les inscriptions nous l'apprennent, cette urne renfermait les cendres de deux enfants, Graïus Clodius
Priniitivus, mort à Tâge de onze ans, et Gaïus Clodius Appollinai Ks, mort à Tage de cinq ans. La décoration est aussi significative que plemu de goût. L'inscription est entourée de colonnes en terme de troncs de palmiers. Au-dessous du texte sont sculptées deux femmes ailées, ouvrant une porte» problement celle du tombeau.
Monamenta Matthaeiana ni T. 68, 2. Corp. inscr. lat. VI, 8
156 (81) Bas«reiief repréaentiuit un cortège romain.
Trouvé dans la cour du palaifi Ottohoni. aujourd'hui palais Fiano. Restaurations: presque toutes les têtes. sont antiques que; les joues et une partie de la nuque de la première, et la Ugare regardant en avant (sauf le ne^^) du troisième personnage de gauche.
Sur l'emplacement du Champ de Mars, qu'occupi actuellement le palais Fiano. s'élevait sous 1 eiapiie romain l'Ara Pacis Augustae, que le sénat fit construire en l'honneur d'Auguste, lorsque l'empereur, en Tau 13 avant J,-C., revint d'Espagne et de Gaule. Outre le morceau qui se trouve actuellement au Belvédère, Ton a décoov^ dans €6 palais plusieurs autres plaques ornées de bas-reliefs^qui doivent avoir iàii partie de la décoration d'un seul etmênw
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inoniimeiit, si Ton en juge par leurs dimensions, par les sujets représentés, et par le style très caractéristique des sculptures. On a supposé avec raison que re moiunneut était précisément TArapacis. L^ensemble des bas-relieis, autant qae les morceaux conservéB bous permettent de rafûrmer, représentaient des citoyens romains, les plas haats fonctionnaires et les prêtres f se rendant en procession solennelle à un sacrifice, sans doute au sacrifice offert pour remercier les dieux du retour heureux de l'empereur. Notre bas-relief nous montre une partie du cortège. Eu avant marchent deux licteurs; derrière eux s'avancent deux hommes vêtus de la toge, sans doute les préteurs: puis Fon yoit un Camilius (▼. n. 607), avec une boîte à ^cens (acerra) dans la main droite. Ënfin suivent d'autres personnages togati, probablement des sénateurs.
Viscouti, Mus. Pio-Cl. V, 32. Piatolesi iV, 95. Mon. dell Inst. XI T. XXXIV, XXXV 4; Ann. ISSl p. 314 n. 4.
157 (84) Pierre tombale d'un Volusius.
Trouvée dans le Coluiiibari\ini des Volusii qui fut découvei*t en 1826 et 1827 à la Vigua Ammendola (sur la voie Appienne). La bibliogiaphie de Odtte fouille dans Benndorf et Schône, Die antiken Bildwerke des lateraniechen liiiseums p* 112. Restaurations: le haat de la flgtire du peii!oniia|fe aseis, depuis la base du nez jusqu'au-dessus du îvont,
Le. personnage, dont l'urne cinéraire se trouvait à l'intérieur de cet autel, et qui était sans aucini doute un membre de la gens Volusia, est re])ie&enle en magistrat, assis sur une chaise curuie^ les pieds appuyés sur uu tabouret ( suppedaneum). Le monument est décoré d'ornements d'un beau style et bien disposés: aux angles inférieurs de la face, sont couchés deux sphinx; entre leurs ailes surgissent des feuilles d'acanthe; au-dessus d'eux s'élèvent des pilantre?^ , du liant desquels pendent deux guirlandes de fruits qui vont se réunir derrière un masque scenique. Les côtés latéraux sont orués à leur partie supérieure d'un bourrelet en foime de volute, auquel est suspendue une large guirlande de laurier. Les inscriptions trouvées dans le mausolée des Volusii prouvent qu'on y
COUR
t^nterrait entre les années 40 et 60 du premier siècle après J.*C. Le travail assea fin de notre autel indique la même époque.
Pifltolesi IV, 104. Museo Ukiaiauioiiti liX, 21. Cf. Brauu, Uuiueu nnd Museen p. 907 n. 52. Sur la chronologie du maïuolëe de» VolnsU: Corpus inscr. lat. IV 2, p. 1048—1044.
1Ô8 (85) Statue d'Hygie.
Appartenait jadis à un certain Pierantoni; acqnlae floos Fie VU. La tête, en marbre d'une provenanoe inconnuef
est certainement antique . maie n'appartient pas au corps qui est sculpté dans du marbre de Paros. Restaurations lîu corps: les attributs, le bras droit, la main gauctie avec la partie voifltne de Pavant-brae, quelques morœaus de la draperie.
La tête présente une grande ressemblance avec certains types de Pallas originaires de l'Attique, qui datent des dernières années du siècle av. J.*G.; la précision un peu sèche du travail semble indiquer qu^elle reproduit un origmal en bronze. Le diadème est orné de bas-reliefs représentant un masque de Gorgone entre deux serpents qui s'en approchent en rampant ; ce détail est d'une grande importance pour Tinter pré tati on de cette tête. Le masque de la Gorgone est évidemment un emblème de Pallas; mais les deux serpents, ainsi disposés comme éléments de décoration, ne figurent jamais parmi les attributs qui caractérisent cette déesse. Toutefois en Attique et dans plusieurs autres pays grecs, Pallas (Atbéna) était honorée, sons le nom d'Athéna Hygie , comme la déesse qui donne la santé ; sous ce nom les Athéniens lui dédièrent, pendant le dernier tiers du V® siècle, une statue en bronze, œuvre de PyrrLos, dont la base existe encore sur l'Acropole, avec la dédicace. Les deux serpents conviennent fort bien à une telle divinité, puisque cet animal jouait un rôle préjpondérant dans le culte de la déesse de la santé; il était un des attributs ordinaires d'Hygie, lorsqu'elle était représentée à part, comme une déesse indépendante de Pallas (voir n. 876). Il semble donc qu'on puisse voir avec raison une image d'Athéna Hygie dans la tête placée sur la statue du Vatican, L'on a prétendu récemment>;^^~
VATICAN
que cette tête reproduisait le type de la déesse créé par Pyrrhos ; c'est là une hypothèse qui ne peat pas être démontrée; mais il faut en tenir compte, parce qa^en réalité rensemble des formes et le style de Tœuvre indiquent un original en bronze de Fépoque , pendant laquelle cet artiste,vécut.
Quant il la statue, dont le corps faisait partie, si l'un en juge d'après la liberté et la laî-^^eur avec lesquelles la draperie est traitée comme d'après la hauteur considérable à laquelle est placée la ceinture , il faut y voir la copie d^un original du IV* siècle, sans doute de la seconde école attique. Le manteau est drapé comme dans les statues d*Hygie; c^est donc certainement une image de cette déesse. L'artiste moderne a représenté Hygie faisant boire un serpent dans une (•ou])e: il est douteux (|ue cette restauration des mains et des attiibuts soit exacte. D'après les amorces qui ne sont conservées, il est beaucoup plus probable que la déesse serrait de la main droite contre sa poitrine un serpent enroulé autour de son avant^bras droit, tandis que sa main gauche sontenait les spirales du reptile pendant au-dessous du bras droit; dans cette hypothèse, l'attitude de la. ligure serait plus naturelle et plus harmonieuse. C^est ainsi qu'est restaurée une statue d'Hygie du Musée de lîeilin, qui reproduit le même original que celle du Vatican. La déesse serait donc représentée caressant affectueusement l'animal qui symbolise la santé.
Vifloonti, Hus. Fio-01. Yir, 5 (voir Opère varie IV, p. 31^ n. 185). Mon. dell' last. IX T. 49 ; Ann. 1873 Tav. d'agg. A, p. 4 et aalv.
— Sur la haute ceinture: Archiiolog. -e^ugr. Mittheilnngen ans ÔfiteiTeioh V (1881) p. 2—1,^. — Sur la statue de Bovlin: VerzeiohnijBS der antiken Sculpluieu u. 353. — ^av la Athéua-Hygie de Pyrrhos: Ath. Mitth. XVI USOl) p. 166—166.
159 (88) Haut -relief provenant d'un monument pnblii^
probablement d'nn arc de triomphe.
Bestauratioiis : toute la partie iufëiieare et tottte l'ex* trémltë droite du bas-reUef — de telle sorte que le dernier
cheval à droite tout entier et les deux têtes de liftteurs que Tou voit au-dessus gont d'une main moderne —, à la tiguro de Kome la tête, l'avaut-bras droit, la main gauche, la
COUR
h«mp6 da vexillum, la tête de rhomme Teprësenté prés de rextrëmitë ganclie du monnmeiLtf le visage de la figure que Ton aper^it au-dessus; eu outre quelques petits éclats.
L^on peut admettre avec cei'tîtude qne le cheval, dont
la partie antérieure s'est conservée à rt^xtrémité droite du bas-relief, était l'un des quatre coursiers attelés au char sur lequel le général triomphateur rentrait dans Rome. Devant le char s'avauce la déesse Boma, tenant un vezillum dans la main gauche; elle retourne la tête, et tend la main droite en avant, comme si elle voulait montrer le chemin au triomphateur. Gomme tous les hommes qui font partie du cortège ont le visage rasé, ce bas-relief doit être antérieur à Tépoque de rempereur Hadrien. L'exécution pleine de caractère confirme cette hypothèse. Pistolesi IV, 102. Cf. Brauu, p. 308 n. âS.
Cabinet de rApaUon.
160 (92j L' Apollon du Belvédère.
PelOB toute vraisemblance, cette statue a été découveite uou pas, comme on le rapporte ordinairement, près d'Ântinm (Porto d'Ânsio), mais À Grotta Ferrata dans vue pro*
priété du cardinal Julien de la Bovère (Jahrbuch des arch. Inst. V 1890; Arfh. Anzoîgpr. p. 48 50). Elle fiît placôe dans le Belvédère par ce même cnnlinal, ioig<|u'il fut monté sur le 8aint Siège soua le nom de Jules 11 (Jaiirbuch d. arch, hutitiits V 1890 p. 10). BeataovaMons exécutées par Montotsoli (mort en 1646): le haut du carqaoie, la main gauche, Tavant-bras droit, la partie supérieure du tronc d nrhre, divers petits morceaux aux jambes et dans la drîiperie. Le tenon, dont on voit encore un débris à la iiaueiio droite, réuuiSBait au i'urps i'avaut-bras droit ^ui ne reposait sur rien et loi donnait un point d'ai)iiui solide; dans la restauration, l'on a obtenu le même résultat en allongeant la partie supérieure du trône d'arbre. La direction du tenon prouve que l'avant-bras droit se trouvait placé autrefois à environ cinq centimètres plus en avant qu'actuellement (Arch. Anzeiger 1890 p. 51).
On connaît le motif original de cette œuvre par une statuette en bronze trouvée en Epire, et qui fait aujourd'hui partie de la collection du oomte Serge Stroganoff à Saint- Pétersbourg. Dans son ensemble cette statuette rappelle rApoUon du Belvédère (Fig. 9). £lle tient de l» main gaache un objt t r^ui ne peut être qu'une égide^
Fig. 9.
"bien (|ue la partie ptudaiit au-dessous du poignet ait disparu. Eu même temps et à la même place a été décou* yert un petit masque de Gorgone en bronze, et Ton a supposé avec une très grande vraisemblance qu'il ornait