‹ Guide dans les musées d'archéologie classique de RomeChapitre 12 sur 45 · COUE · texte numérisé non relu

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primitivement le milieu de Tégide. Une égide en marbre aurait trop lourdement chargé le bras gauche de la statue

du Vatican; aussi pouvons-nous admettre qu'elle était en métal repoussé et insérée dans l;i main en marbre. La statue représentait doue Apollon au moment où il marche contre ses ennemis et où il les effraie en leur présentant régide. L'aii^iste s^est évidemment inspiré des vers fameux de riliade (XY, 306 et suiv.), qui décrivent Apollon marchant contre les Achéens dans cette attitude. Le dieu est sûr de lui-même, il a conscience de sa force; tout en lui prouvb (jii'il est certain de vaincre. La bouche i>uverte et les narines légèrement treinbianie.s révèlent un mélange de colère et d'orgueilleux dédain. Mais son irritation ne s'exprime pas ailleurs et rien ne trouble la majesté sereine de son front. La statue nous donne une idée très claire de ce- que les Grecs appellaient une théophanie , c^est à dire de Tintervention soudaine dans le monde réel d'une divinité jusqu'alors invisible. Grâce au nu nd de cheveux disposé au-dessus du front, nous avons un ponit de repère pour déteiminer Tépoque à laquelle l'original tut composé. C'est seulement sous Alexandre le Grand que l'on voit apparaître pour la première fois ce genre de coiffure, destiné à augmenter encore Texpression impogante de la tête vue de face. La conception , qui vise à l'effet, est bien aussi dans l'esprit de cette époque. La description littéraire, qui rappelle le mieux TApollou du Belvédère, se trouve dans un poète de Tépoque alexandrine, Apollonius de Rhodes (Argon. IV, 1692 et suiv.): les Argonautes ont perdu leur route en traversant la mer £gée par une nuit obscure et sans étoiles; c'est alors que, sur la prière de Jason, Apollon lève son arc d'or, qui répand autour de lui une lumière éclatante, grâce à laquelle les héros reconnaissent Tîle d'Anaphe. Enfin nous connaissons dans Thistoire de cette époque un événement tout à fait de nature à provoquer Féclosion d'une œuvre comme ce type d'Apollon : c'est la défaite subie par les Gaulois en l'an 278 avant J.-C, lorsqu'ils essayèrent de surprendre Delphes. D'après le récit des habitants de la

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ville, Apollon lui-même apparut sous les traits d'un jeune homme d'une beauté surhumaine; il s'élança du toit de Bon temple au milieu de tremblements de terre, de tîocoii;? de neige » d'éclairs et de coups de tonnerre. Les Gaulois s'enfuirent, saisis de terreur; les pertes qu'ils éprouyèrent furent si grandes qu'ils résolurent de quitter la Grèce. La délivrance du sanctuaire commun et la défaite des Barbares excitèrent le plus vif enthousiasme chez les Hellènes de cette époque, pauvres en gloire militaire. En souvenir de cet événement, une fête fut fondée à Delphes sous le nom de Fête de la Délivrance (Soteria); plusieurs dons furent apportés au temple et dédiés à Apollon, parmi lesquels, semble-t-il, se trouvait Toriginal de la statue du Vatican. L'attitude, dans laquelle le dieu est représenté, correspond, autant que le permettent les lois de la plastique, à la légende de Delphes. Apollon, (pli vient de sortir de son temple, ralentit sa marche et \è\v. l'égide pour jeter le désordre dans les rangs des ennemis qui s'approchent de la ville; l'attitude et la physionomie du dieu indiquent que son apparition produit l'effet attendu et écrasant. En outre l'égide fait penser aux phénomènes atmosphériques qui, d'après 1» tradition, se produisirent lorsque les Gaulois s'approchèrent de Delphes; car l'égide était primitivement un symbole de la tempête, et il semble que cette signification n'ait jamais entièrement disparu de la conscience populaire.

La statue du Vatican n^est pas l'original, mais une copie exécutée au commencement de l'empire. L'on s'en rendra compte de la manière la plus frappante en la comparant avec une tête en marhre, découverte à Rome et

qui se trouve actuellement au Musée de lîale. Comme type, cette tête ressemlde à l'Apollon du Belvédère; mais au point de vue de Texécution, on reconnaît que les principes traditionnels de l'art grec y sont mienx appliqués que dans la statue du Vatican: le crâne est plus large, les cheveux sont traités avec plus de simplicité mais avec plus de sentiment; les lignes du visage, en particulier les

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contours de la mâchoire inférieure et du menton, y sont plus énergiquement accuBée^?. Aussi nulle raison sérieuBe ne peut être invoquée contre Topinion, d'aprèB laquelle la statue, dont faisait partie la tête du Musée de Bâle, serait précisément Poriginal de l'Apollon du Vatican. En toat cas elle était plus voisine de l'original que la statue du Belvédère. I/auteur de cette statue a partout atténué Fénergie des foniies, pour obtenir une élégance plate; cette tendance se manifesta, dans la sculpture idéale de Fempire, d'abord avec une certaine mesure; puis elle s'accrut de génération en génération, et atteignit son apogée sous Tes Antonins.

La l)ib1iti;riaphie se trouve dans Overbeck, Geschielite der griechischeu Plastik IP p. 318-327, p. 353—356, Anm. 11—128, et KunBtmythologie IV p. 248 et suiv. La statue est bien publiée dans TAtlas qui fait partie de œ deniler ouvrage : pl. XXI il 6, pl. XXni n. 20. L'on a récemment tenté de prouver, comme c'était ropinioD générale autrefois, que la statue du Vatican re]irésentait Apollon tirant de l'arc (Jahvbuch des (irch. Instituts II 1887 p. 260 et suiv.; Holfmann. Aegis oder Bogeu? Beitrag zur Krklarung des Apollo voii Belvédère, Metz 1887. Le même, Herm- ApoUo Stroiranoff» HarburiT Bull, délia oomm, areli. coma*

nale XVII 1889 T. XUI— XIV, p. 407 et suiv,, p. 451 et Siiiv.)^ Mais ces tentatives réuasiront difticiiement.

161 (94) Haut-relief; deux femmes avec ua taureau.

Trouvé au cours d'une fouille entreprise dans la Terre de Labour. Toute la moitié gauehe du bas-relief est moderne; la brisure traverse à peu près verticalement le cou du taureau, puis décrivant une ellipse elle passe par la tête de ranimai, et va finir entre ses deux jambes de devant. Dans la moitié droite, il y a aussi beaucoup de restaurations: la tête, le cou, la poitrine, le bras ^ancbe et la niaiu droite de la femme qui marche devaut le taureau; les cornes, rorcille di'oite et le pied gauche de devant du taureau. Bu tbymiaterion ne s'est conservée que la partie inférieure , celle que Ton voit immédiatement au-dessus du cou de ranimai. Mais tontes ces restaurations ont été faites d'après une réplique plus intacte qui se trouve au Musée <le Florence (cf. Mçlunp:ps d'arcli. et d'iiist. publ. par l'Ecole française de Rome X l^iH) p. 170 suiv.); elles sont donc en générai exactes. 11 semble seulement que la femme mai'chant devant le taureau ne tenait pas de la inain droite un cordon de perles suspendu au th\'nii;it-i'iou: ou elle Ptiisissait le fût de l'Objet ou tout simplement elle gesticulait avec sa main.

Deux femmes août représentées conduisant un taureau au sacrifice. Comme l'animal se débat, la femme placée eu arrière tire violemment sur la corde , que Ton doit se figurer enroulée autour des cornes et du front du taureau; Vautre marche devant lui, se retournant vers sa compagne et lui adressant la parole. L'on ne sait pas si le vase à encens en forme de candélabre (thymiaterion) , que Von aperçoit au-dessus du cou de ranimai, était tenu dans la main droite par la femme qui marche en avant, ou si nous devons nous le représenter à part et à Tarrière-plan. D'ailleurs, que l'on adopte l une ou l'autre des deux liypo« thèses, la présence de cet objet nous indique que le sujet du bas-relief est la préparation d'un sacrifice. Le point de départ de cette composition est évidemment l'un des bas-reliefs qtd ornaient la balustrade du temple de la Victoire Aptère, construit sur l'Acropole d'Athènes peu de temps avant le commencement de la guerre du Péloponnèse. Mais en outre le sculpteur paraît ou bien s'être inspiré d^ autres modèles indépendants ou bien avoir été influencé par les transformations pittoresques de cette composition attique. Sur la balustrade les femmes sont ailées; ce sont des Victoires; dans le bas-relief du Vatican elles sont représentées sans ailes; il faut alors les considérer sans doute comme des Bacchantes, qui emmènent un taureau pour l'offrir en ^acrilice à Dacchus.

Visconti. Mur. IMo-Cl. Y, 9. Pistolesi IV, 99. MilUn, Gai. myth. pl. 5-4. 267. Guigniaut, Rel. de l'ant. pl. 111, 468. Keknlê, Die Balustrade des Tempels der Atliena-Nike T. I d, p. 31 — 38. Le reste dans Friedericlis -Woltera n. 809. Cf. Haiisev, Die neu-attischea BeUefli p. 71 n. lOOK Abbandlungen des arcli.-epigr. Seminars in Wien ym (1890) p, 84.

La Salle des ATiî'mfl.iinr-

La description coiomeuce à droite de Tentrée. 162 (107) Oroape: nn cerf saisi par un èhien braque.

2se sont antiques que le corps du cei-f, la tête, les jambes de devant et les pattes de derrière dn chien.

Le cerf est arrêté dans sa course; il retourne la tête

sous l'impresbiou de la douleur que lui cause la morsure

du chien. L'exécution dénote un talent plein de finesse.

L'auteur a surtout réussi à rendre le plissement de la peau

produit par les dents du chien.

Pifitolesi y, 4. Cf. Brann, Buiuen and Museen p. 816 n. 55.

163, 164 (116, 117) Oroupe: deux Kvrim jouant ensemble. Statuette: nn lévrier.

Ces deux morceaux proviennent du Honte Canino ou Oagnuolo près de Civita Lavinia, alnai nommé sans doute

par allnslou à cette découverte ou à quelques anti*^K plus aucienues du même genre. Daus la statuette, le corps seul est antique.

La groupe représente deux lévriers qui jouent ensemble, et dont Tun mord l'autre à l'oreille; la sveltesse et la mobilité qui caractérise ces animaux y sont parfaitement rendues. Il en est de même pour la statue isolée.

Piatolesi V, 5. Cf. Me]r6r<'Sohulze £u Wlnekelmanu , Geseh. d« Kunst 6, 1 2S. Fiiedericha-Wolters, Bauateine» n. 1708.

16Ô (134) Statuette: Hercule (Héraclès) traînant le lion de Némée qu'il vient de tuer.

Hercule (Héraclès) seul, sauf les bras et les pieds, paraît antique; tout le reste n*est qu^une restauration

modem (\

Clarac V, pl. 791 n. 1981. Cf. Braun, Ruineu und Museeu p. 317 n. 57.

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166 (137) Statuette: Hercule (Héraclès) tuant le Ihrace

Diomède.

Elle faisait partie, avec trois autres statuettes qui se trouvent dans la même salle, d*un ensemble représentant les travaux d'Hercule (Héraclès). — Numéro 141 du Musée:

cette figure est inexactement restaurée. Hercule n'emportait pas le trépied delphique; au contraire il portait sur son épaule LrîMU'he le sanolier d'Erymaiitiie , et effrayait Eurysthée, qui était représenté sur la plinthe en plus petites dimensions. — N. 208: Hercule tuant Géryon. — N. 213: Hercule enlevant Cerbère. Les quatre statuettes ont été trouvées Tune auprès de l'autre dans les fouilles entre* prises à Ostie par E. Fagan. Elles sont d'un travail médiocre et tris restaurées.

ViscDuti, Mus. Pio-01. Il, 5—8. Olarac V, pl. 797 n. 2001. pl. 7^8 a. 2UU9, pl. 800 ii. 2001, 2010. Cf. Fea, Relazioue d im viaggio a<l Ostla p. 43. Sur le numéro 141 dn Musée: Zoega, Basairilievi II p. 71 not 85.

167 (138) Jeune Centaure avec un Amour sur le dos.

Trouvé derrière l'hôpital de St-Jeui de Latran. Bestwi-

l'ations : la tête, les deux bras (avec les attributs), la queur, l'Amour moins seë fesses, le tronr do palmier qui sert d'appui et presque tonte la plinthe. Dans les jambes de cbeval du Centaure, il n'y a d'antique qu'un morceaa de la cuisse antérienre diH>ite et le pied antérieur gaiiclie.

Cette statue reproduit le même original qu'une statue <lu Musée du Capitole (n. 512), à propos de laquelle nous étudierons le type même de Fœuvre; mais ici le bras droit levé présente une disposition particulière. Sur raine gauche s'est conservée Famorce d'un appui oblique, qui ne peut avoir servi qu'à réunir le corps du Centaure à un objet relativement lourd tenu par la main droite levée. Le restaurateur moderne a supposé que cet objet était un lièvre, et il est peut-être tombé juste. Dans ce cas l'idée exprimée par ce groupe serait la suivante: le Centaure se livre au plaisir de la chasse, il est satisfait du gibier tué ; mais sur son dos est déjà assis le dangereux dieu de Pamour, qui poursuit le chasseur insouciant et va bientôt s'emparer de lui. Cette conception est tout

SALLE DES AMMAUX.

à fait d accord avec l'esprit de l'époque helléiiist iq lic; en poésie elle est exprimée avec une analogie iiappaute dans ridylle XU (IX) de Bion.

Visconti. Mus. Pio-Cl. T. 51. Pistolesi V, 10. Clarac IV, pl. 7:"'9 u. 1783. Cf. Welrkers Zeitechtift p. 3d0. Braan, Buinen and Museen p. 317 n, 58.

168 (139) Statuette équestre de Commode (?).

Autrefois à la villa Mattei; aciiuise sous Cltinieut XiV. Dans la flgure de Tempereur sont restauién: leà lieux jambes ftii-dwsoas du genou, le brae droit; dans le (^eval, les orMUee, les jsmbet de devant, la partie infërienre des junbes de derrière; en outre presque tout le trenc d'arbre et la pUntbe.

Un homme en costume de chasse dirige du haut de son cheval un épieu contre un animal qui se trouve audessous de lui, La tête présente une certaine ressemblance avec le portrait de Commode; maîp cette ressemblauce n'est pas assez frappante pour «juc nous y voyions certainement une image de cet empereur. En tout cas le style et l'arrangement des cheveux et de la barbe prouvent que nous sommes en présence d'un personnage de l'époque des Antonins. La composition si claire et si naturelle de ce petit groupe n*a pas été inventée par l'artiste qui a sculpté la statuette: il l'a empruntée à l'art antérieur. 11 suffit de rappeler ici que Trajan est représenté de la même fa^*on sur deux médaillons en bas-relief de l'arc de Constantin. C'est précisément grâce à ces deux tableaux que Ton a pu restaurer exactement la statue du Vatican*

Itonumenta Ifatthaeiana I, 93. De Rossi, Baoeolta di statue

T. 104. Pistolesi V, 11. Clarac V, pl. 962 n. 2475. Museo Chiaiamonti III, 24. Cf. Winckelmann, Geschichte der Kunst XTÎ, 1. ^ 21. Viftconti, Mn9. Pio-Cl. î. p. 237, note *. Rraun. Rninen uiid MuMeen p. 318 n. 59. BeruoulU, lii>m. Ikouogr. 11 2 x). 235 u. 53, x). 243. — Pour les représentations de Trajan: Antike Denkmaler beraasg. vom arcb. Institut I (1890) T. 42, 1, T. 43, 7.

169 (161) Antol avec un bélior immolé.

Autrefois à la villa Mattei, acquis sons Clément XIV. Restaurations: le mufle et la partie inférieure des Jambes.

Un bélier immolé est étendu sur Pautel; de son corps éventré sortent les intestins et le foie. La sculpture est

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d une vérité étonnante. Par les entailles en forme de parallélogramme que Ton voit sur la toison du bélier, le sculpteur a évidemment voulu représenter la croûte de boue fendillée qui recouvre la laine des moutons , avant qu'elle ii*ait été nettoyée en vue de la tonte.

Mouumeutu Mattliaeiaua II, 09. Visconti, Mus. Pio-Cl. VU, '6'à ; et I, p. 237, n<»t6 *. Brann, Bniaieii und Maseen p. SIS n. 60.

170 (153) Chevrier an repos.

Une brisure traverse le haut de la poitrine et de l'avant* bras droit du berger. Toat ce qui eet à droite de cette brisure paraît moderne.

Un jeune berger est endormi au milieu de ses chèvres; il est commodément étendu sur le gazon, tandis que sa tête repose sur un petit monticule recouvert d'une peau

d'ours. Auprès de lui gisent à terre son pedura et sa syrinx. (Jette composition procède sans aucun doute de l'esprit idyllique, qui commença à se dévelopî:)er dans la peinture grecque depuis le temps d'Alexandre le Grand. Ce morceau et d'autres petits monuments du même genre (voir n. 927) servaient à la décoration des jardins, qui se trouvaient dans les péristyles des maisons romaines, déco* ration dont la maison de Marcus Lucretius à Pompei peut donner une idée.

Fistolesi V, 13. Clarac IV, pl. 741 u. 1784. Cf. Braun p. 818 n. 61.

171 (154) Léopard.

Reitaarations: la' tête, le cou, les membres antériears avec la partie voisine du poitrail, le tronc d'arbro, la plintlie.

Pline (n. h. 36, 2) rapporte que sous l'empereur

Claude la mode s^introduisit de nuancer la couleur des marbres par l'emploi de petits morceaux d'autres pierres; ce travail de marqueterie servit à représenter des objets et des animaux : ((Nous avons donc commencé», conclut-il, «à peindre avec la pierre.» Notre léopard nous met sous les yeux un essai de ce genre. Le corps est en albâtre oriental. Le sculpteur a rendu les taches de la peau au moyen de morceaux ronds de marbre noir (nero antico), qui sont inerustés dans l'albâtre, et dont le ceutn' est

SALLE DES ANIMAUX

nuancé pia des morceaux plub petits de marbre jaune

(giallo anticoj.

BeBcbreibang dei* Stadt Rom il 2 p. i^t u, 41. lUieumclies Mu«eum XXV a87i>> p. a97--i398.

172 (157) Bas-relief hellénistique: scène champêtre.

Trouvé 80U8 Fie VI à Otrioolî.

Un paysan fait boire une vache, qu'il va vendre à la ville avec son veau, à une fontaine située près du chemin et ombragée par un vieil arbre vénérable. Tandis que la

vache apaise sa soif, le veau qui raccompagne tète à sa mamelle. Si le paysan tient dans sa innïn droite aae branche de feuillage, ce n'est pas, comme on l'a cru en général, pour faire subir à la vache une lustration, mais tout simplement pour écarter les mouches de Tanimal et de lui-même. Au pedum, que Thomme porte sur son épaule, deux canards sont suspendus; ils sont évidemment destinés eux aussi au marché de la ville. Au fond Ton aperçoit un sanctuaire rustique , un petit temple ionique entouié d'un mur. L'exécution ne manque pas de caractère, mais elle eut un peu sèche.

Viscouti, Mus. Pio-Cl. V, à'â. Fistolesi V, 14. Sihreiber, Die helleiii«tiRr>heii Kelieflnlder T. 74. Cf. Welcker« Zeitsclirift p. 441. Braim, liuiueu uu«l Museeu p. àVà ii. 62. Boetticlier, Der Baumkaltns p. 47. Friedexlolifl-Vf olters n. 1901. Sohreiber, Die Wiener BnumenTeUefii aus Pal. Grimani p. 96 v. 69.

173 (158) Bas-relief: Amour sur un char traîné par

deux sangliers.

Trouvé probablemeat dans les fouillea que le cardinal Francesco Barberlni lit exécuter à la villa d*Hadrien prés de TivoU; acquis sous Pie VI.

Le tout-puissant Amour a réussi à dresser deux sangliers pour la counse du cirque. Lch di ux lourds animaux, attelés côte à côte, s'élancent en avant; ce mouvement et cette attitude, si contraires à leur nature, sont exprimés sui' ce bas-relief avec beaucoup d'humour et d'habileté. Le but de leur course paraît être l'autel , que Ton voit à droite, et dont la décoration est pleine de goût. Le travail est très fin.

HBL.BIG, Guide I. 9

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ViBconti, Mu8. Ho^l. IV, 12. Feima, Viaggiu pittoiloo délia Villa Adrlana m 17, 1. Hatolesi V, 14. Cf. Weleke» Zeitiehnft p. 368. Braun p. 819 n. 88. Fiiederichs-WolterB n. 1900.

1 74 (1 (54 ) Groupe : cerf attaqué par deux chiens braques.

Ce groupe, d^une composition helireuse, a été très

habilement exécuté; mais il est fortement restauré.

175 (172) Téte a*iin ftae en marbre gris.

Restaui-BtiouB : les oreilles, sauf la partie inférieure, et quelques éclats insigniflants.

La couronne de lierre, qui entoure la tête de l'animal, indique qu'il faisait partie du cortège bachique, par exemple qu'il portait Ariane ou une belle Bacchaute. L'âne est très satisfait de son rôle , et il exprime ce sentiment à sa manière, en rejetant les oreilles en arrière.

176 (173) Groupe: cerf attaqué par un cbian braque.

Il n'y a d'antique que le corps du cerf, les deux pattes de devant, la patte de derrière droite t et le bout de la queue du chien.

Ce groupe est analogue au n. 162 (107). Mais ici le cerf se dresse violemment sous Faction de la douleur.

riBtolebi V, 15. Cf. Braun p. 816 n. dô.

177 (182) Téte d*an âne.

Restaurations: les oreilles.

L'Àue, qui a senti l'odeur d'une jument, lève la tête et exprime son désir en brayant*

178 (194) Iruie avec douze cochons de lait.

Groupe trouvé dans le jardin f^c? nonnes Barberini, audessus (V rfincienue vallée de Quamus, auj. Valle di S. Vitale, qui Bepare le Vimiiial du Quiiinal. Restauiations: le gioin et les oreilles de la truie.

A l'endroit, où ce groupe a été découvert, il faut s'attendre à rencontrer des monuments qui se rapportent à l'origine de la ville de Rome: aussi, selon toute apparence, notre groupe représente le prodige que vit £née sur le rivage de Laurentum. Il est vrai que, diaprés la tradition, la truie de Laurentum mit bas trente petits. Hais il était

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difficile de réunir autant de figures en un groupn plastique, et Ton comprend ti es bien que le sculpteur se soit borné à douze cochons de lait. L'ensemble est traité avec un naturel merveilleux. L^artiste a su reproduire parfaite* ment la peau lisse et presque Teloutée^ qui distingue les porcs itatiens de ceux des régions plus septenirioiiales» et rendre i*expre8sion à la fois stupide et Matement satisfaite de la truie. 11 est impossible de donner une idée ])lus frappante du mouvement des petits pourceaux et de leur grouillement autour des mamelles de la truie.

Visconti, Mu». Pio-CL VII, 32, 2. Cf. Bi auu p. 320 n. 64. DetlefBen, De arte Bomanorum antiquiBSima III p. 4.

179 (202) Téte de chameau.

Bestauration: l'extrémité de la mâchoire inférieure.

Lorsque le cbameau est agacé par quelqu^un, il a

l'habitude de riposter en cracliaiit. Tel eat précisément le geste que l'auteur de cette tête a représenté. Comme l'indique le trou percé dans la gueule du chameau , cette tête servait de fontaine; l'eau, en coulant, devait donner une idée très exacte du crachat. L'expression particulièrement stupide du chameau est très bien rendue.

Pistôlesi Y, ib.

180 (228) Groupe: Centaure marin enleyaat une Nymphe.

Trouvé dans une carrière de pouzzolane, à la Vigne Degli-Ëffetti, près de la voie Latine. Les flots, sur lesquels le groupe est plané oomme sur une base, ont été i^oatés par le restaurateur ; dans le groupe lui-même il y a beaucoup de parties restaurées.

Le Centaure marin emporte la Nymplie dans son bras

droit, et lève la main gauche en signe de triomphe: la jeune fille a saisi de la main i^auche les cheveux de son ravissenr: elle étend le bras droit et appelle au secours. Un Amour, qui se balaiMîe sur la queue de poisson du Centaure, tend ayec sa main droite son oreille vers la Nymphe, comme s'il roulait entendre plus distinctement son cri d'angoisse; un autre Amour, appuyé sur le haut delà queue, met sa main sur sa bouche, comme pour lui re-

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commander le silence. Ce groupe servait lui aussi à 1»

décoration d'une fontaine; car d'après la relation de la

fouilie, la statue du Centaure était percée de part eu part

pour donner passage à une conduite d'eau, et ToaTerture

qui se trouvait entre les deux jambes du monstre parait

n'avoir été bouehée qu'au moment de la restauration.

D'ailleurs je dois avouer que l'antiquité de ce groupio me

semble un peu douteuse, bien que le récit de la fouille ne

soit nuUejuent ^suspect.

Visconti, Mus. rio-Cl. î, 3îî. Fistolesi V. 18. Millin, Gai. mytli. pl. 175, 301. Guigniaut, Rel. de l'ant. pl. 248, 5ii. Hirt, Bilderbuch T. 18, 9. Clarac IV, pl. 745 n. 1808. Baumeister , DenknL d. U. Altertums m p. 1864 Fig. 1964. Cf. Welckers Zeitsebrift p. 321. BrauiL p. 320 n. 65.

Au-desâoua

181 Couverele de samphage de forme ovale.

Les bas-reliefs, dont rensemble se compose de beaux motifs, empruntés à Fart plus ancien et habilement combinés, représentent plusieurs scènes du cortège bachique* Bacchtts (Dionysos) est couché sur un chariot traîné par deux panthères, Silène sur un chariot traîné par deux ânes. Sur un second chariot traîné par deux panthères est étendue une femme, probablement Ariane. Sur un troisième sont entas-^és des masques de Satyres, des coupes à boire et une syrinx. Deux chameaux et uu éléphant, chargés eux aussi d'attributs bachiques, paraissent faire allusion à Texpédition de Bacchus dans Flnde. Des Pans lascifs poursuivent des Bacchantes ou des Hermaphrodites. Au centre du cortège bachique Hercule au repos est assis, tenant un canthare de la main gauche.

Visconti. Mua. Fio-Cl. I. 83. Pistoiesi V, 19. Cf. Stt i>liam, Der ausroiieude Herakleâ p. KéÂl) lUû. Brauu, liulueu uad Museen p, 821—322.

182 (232) Partie snpMoore d'nn Minotaore.

Autrefois chez le scalpteur Cavaoeppi. BeBtaiiTati<niB : les eames et lea oveiUes.

Ce fragment faisait partie d'un groupe, qui représentait le combat entre Thésée et le Minotaure. Le monstre

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pressent qu^il sera vaincu par son agile ennemi; il roule ses yeux avec rage et fureur. Le passage du corps humain à la tête d'animal est très habilement rendu.

CaTEoeppi, Baooolta di anticlLe statue n, 6. Braun, ZwOlf Batreliefr, cal de latupr dn n. 5, DaedaloB und Pasiphae; Bninen uad Jlmeen p. 332 n. 66.

183 (233) Groupe très restauré et en partie retouché: une Yweiud et un valet de ftrme.

Ce groupe très mutilé a été restauré de manière à re« présenter un taureau, dont un homme assis à terre saisit

les testicules: c^est là une action inexplicable. 11 est

évident que ce taureau était une vache; rhomme de sa main gauche lui prenait le pis, et tirait de sa main droite sur la corde enroulée autour des cornes, atia de donner h ranimai la position la plus commode pour la traite du lait.

Vlsoonti» Mus. Ho-CL VII, 30. Olaxao IV, pl. 770D n. 1908A, Cf. Welcketfl ZéUehtilt p. 471.

Galerie des Statues.

La description commence à droite de l'entrée.

184 (248) Statut eaizasié^ avec la téte d'Albinvi.

Trouvée à Castro nnovo (pré« d© Olvita Vecchia).

Sur la cuirasse , dont le style est celui de la secuiule moitié du premier siècle après J.-C, se voit un Palladium, entre deux Victoires court vêtues. La tête antique^ placée sur le torse, mais qui ne fait pas partie de la statue (le nez est restauré), appartenait autrefois au marchand d'ol^ets d'art BeUsario ; c'est uu portrait de ClodîusÂlbinus (193 — 197 ap. J.-C), dont la physionomie exprime bien le caractère brutal et emporté de ce vaillant général. Les portraits (VAlbiuus sont très rares; car Septime Sévère fit tout sou possible pour effacer le souvenir de cet adversaire qu'il détestait plus que tout autre.

Visconti, Mas. Fio-Cl. m, 11. Fiatolesi Y, 8S. Olarao V, pl. 964

n. 2479. Pour la tête: Visconti, loonograplile romame IIî p. 97, pl. 17 n. G, 7. Cf. Welckevs Zeltachrift p. 349. Brann. Ruincn und Mufieexi p. 354 n. 98. Bonuer Studien (Berlin 1890) p. 13.

185 (250) Statue de Thauatos (la Mort).

Trouvée près de la voie Labicane dans le groupe de riiiii» s connu sous le nom de Centocelle; acquise pour le Vatican wsm Clément XIV. Restauratioiia : le lK»at du nez et quelques éclats dans les cheveux.

Cette istatue représente un jeuue iioinmc d'aspect délicat, dont les cheveux tombent en longues boucles et dont la tête penchée exprime la plus profonde tristesse. Les trous visibles dans le dos de la statue ne peuvent avoir servi qu'à y attacher des ailes, peut-être en bronze doré, ce qui a son importance pour Tappréciation esthé-

GALERIB DES STATUËS.

tique de l'œuvre; car ces deux ailes constituaient le fond le mieux approprié au corps svelte du jeune éphèbe. L'é xecution est médiocre; les coins de la bouche sont travaillés au trépan sans souplesse et produisent un eÛet désagréable.

Il est facile de reconstituer la statue, grâce à plusieurs répliques mieux conserYées, dont deux se trouvent à Rome, l'une dans la Galerie des Candélabres (n. 393), Vautre au Musée du Capitule \^n. 669). La main gauche tenait un arc, la main droite tendue vers la terre une torche renversée. L'on ne sait pas s'il y avait sur la plinthe, d'un côté, au-dessous de la torche, un petit autel (comme dans le n. 393 — voir n. 396), et de l'autre côté un appui, soit par exemple un pilastre recouvert d'une draperie tombante, soit un tronc d'arbre auquel un carquois était attaché (comme dans les n. 393 et 569V L'expression du visage et le symbole de la torche renversée prouvent .sans aucun doute que cette statue représente la personnification de la mort, Thanatos. Thanatos paraît être douloureusement affligé par le devoir qui lui incombe de détruire la vie humaine; de même dans Euripide (Hercules furens, 846 et suiv.) Lyssa ne se décide qu'après beaucoup de résistance à jeter Hei cale dans le délire. La torche renversée est un symbole bien connu de la mort. L'arc s'explique par une croyance enracinée depuis les temps les plus anciens dans la conscience populaire, et d'après la-> quelle beaucoup de morts naturelles seraient causées par des traits partis de la main des Dieux. La conception du svget et le modelé des formes, autant qu'on peut le juger dans une œuvre d'exécution si médiocre, indiquent un original hellénistique primitivement destiné sans doute à la décoration d'un tombeau.

L'on a essayé de voir dans cette statue un xlmour, qui regarde avec pitié une Psyché agenouillée à droite auprès de lui, ou qui pleure sur l'âme d'une morte qui lui est ravie; ce qui réfute cette opinion, c'est que sur plusieurs répliques (par exemple n. 393) le jeune homme n'a point les ailes, qui ne manquent jamais dans les représentations

VATICAN

de rAmoui'. Aussi n'est-il j)as besoin de combattre plus longtemps l'hypothèse autrefois courante, à savoir quecette statue reproduisait un Amour de Praxitèle. Il est ti^ès vrai qu'elle peut avoir été inspirée par un type de Praxitèle y mais en ce cas elle a été pénétrée par l'esprit d'une époque postérieure; car Parrangement compliqué de la chevdure est sans exemple dans Part grec avant Alexandre le Grand. Enfin il est impossible d'admettre que cette statue représente Hymen, le dieu du mariage, rattribut de l'arc étant incompatible avec cette interprétation.

Visconti, Mus. Pio-Cl. I, 1*2. Miiller-Wieseler , Denkm. d. alten Kanst I 35, 144. Benmpister. Denkm. d. kl. Altertums I, p. 497 Fig. 538. Toute la bibliogra])liie se trouve réunie dans Friederichs- Wolters, BauBteiue n. 1578, où est exposée l 'hypothèse d'un Àmour attristé. . Pour le groupement de l'/^onr avec Psyché, Toir Stephani, Die Antlken-Sammlung zu Fawlowsk p. 6 n. 8, et Overbeok, Gesoîiiolite der gv. PlaRtik II'' p. .lo— 84. — Quant aux répliques de cette statue voir lUiU. deir Inst. 1877 p. 51 et sulv., où l'auteur développe l'opiuiou que cette statue est celle du dieu Hymen.

186 (251) Réplique médiocre et très restaurée du Dory-

phore de Polyclète (voir n. 58^

Comme l'indique le poli et le brillant de la 'Surface, ce morceau date de l'époque d'Hadrien ou des Antouins. Bail. delV Inst. IBU p. 80.

187 (2ô3) Partie rapérienre du corps d'un Xriton ou d'un

Centaure marin.

Trouvée dane la propiiété S. Ângelo près de Tivoli. Reatanrations : le bout du nez, quelques morceaui aux oreilles et dans lea cheveux, presque tout le torse.

La partie inférieure de la statue manque , et nous ne

savons pas si elle se terminait simplement en corps de poisson ou bien si les membres de devant étaient des jambes de cheval, tandis que l'extrémité du corps était une queue de poisson: aussi ne pouvons-uous dire si le personnage représenté était un Triton ou un Centaure marin. Èn tout cas cette statue est, parmi toutes les œuvres du même genre qui se sont conservées, celle qui a le plus de grandeur; elle peut surtout nous faire com-

GALERIE DES STATUES

prendre comment Scopas traitait de tels êtres marins. Les Tritons, les Centaures marins et les Néréides iorment dana une certaine mesure un cortège qui anime la mer ; «nssî Fart plastique a-t-il emprunté, pour les caractériser, plusieurs formes particulières au cortège de Bacchus. C'est ainsi que les oreilles de notre statue ressemblent à celles d'un Satyre, et que la peau de poisson nouée sur la poitrine rappelie la nebris. La tête, d'un caractère grandiose, a l'expression mélancolique particulière aux divinités marines. On dirait que le Triton jette un regard douloureux sur l'étendue iiÀnie de la mer, et que sa ëouehe oayerte exhale un soupir. La' clieyelure paraît toute trempée. Par la forme de la tête et le modelé du visage notre statue rappelle un type célèbre créé par la seconde école attique, la figure de Niobé pleurant: aussi nous pouvons admettre qu'elle est en relations plus uu moins étroites avec Tart de Scopas. Il reste toutefois à examiner si, dans les statues du même genre, Scopas n'atténuait pas la mélancolie de l'expression et si ce n'est pas une école postérieure qui a accentué ce caractère et Ta rendu tel que nous le saisissons dans la statue du Vatican.

Vieconti» MUB. rio-Cl. i, 34. Pistoleai V, 54. Clarac IV, pl. 745 n. 1806. MUin, O&l. myth. pl. 73, 800. Blrt, BUderlmoli T. 18, 8. Guigniaut, Bel. de Tant. pl. 182, 513. Conze, Heroen- and Gottergestalten T. XVII, 1. BaumeUter, Denkm. d. kl. Altertiims III, p. 186i> Fia;. 1962. Bninii uad Bmckmann. Denkmàler griech. und rôm. Skiilptur n. 137. Cf. Welckeis Zeitschrift p. 321. Braun, Ruinen und Museen p. 329 n. 69. Athen. Mittheilungen VI (1881) p. 422.

188 (265) Statue de Fftris.

Autrefois au palale Altempe. BestaurationB: le bout du n«s, la partie dn braa droit qui sort de deBSous la taniiiiiet

ravant-bvas gauche, le bas de la jambe droite — sauf l'extrémlté antérieure du pied — le pied Ê^anflif» Cf dernier a été replacé daus une fausse position, de telle sorte que la jambe gauche a été raccourcie très mal à propos. L'on reeonnait eneore sur la plinthe, aa-dessouB de la plante du pied moderne, Tamoree du tatou antique. La statue a beaucoup souffert d*un grattage inopportun.

Du premier coup d'œil Ton Yoit que Pàris est représenté ici comme Tarbitre des trois déesses ; aussi le restau-

VATICAN

rateur a-t-il eu raison de lui placer une pomme dans la main droite. Tandis que dans Tart gréco-romain le type de Pâris est en générai celui d'un jeune iiomnie etieniiné, encore presque adolescent, il est ici figuré sous les traits d'un éphèbe, au corps vigoureux, d'une beauté merveilleuse, aussi capable de combattre vaillamment que de séduire des femmes. D*au1are part Pline (n. h. 34, 77), parlant du Pâris d'£uphranor, un sculpteur, qui a connu tout au m oins les premières années du règne d'Alexandre le Grand, dit que dans cette statue Ton peut reconnaître à la lois l'arbitré' d*»;^ d«' esses, l'amant d Hélène, et aussi le meurtrier d'Achille. ( ette description s'applique parfaitement à la statue du Vatican. Kn outre Ton y retrouve les proportions particulières à Euphranor, à savoir un corps plutôt grêle, une tête relativement grosse, des bras et des jambes très développés. On peut dune admettre sans témérité que notre figure reproduit le Pâris d'Euphranor. Deux amorces, qui se sont conservées Tune sur la plinthe à gauche de la jambe gauche, l'autre dans la draperie qui recouvre la cuisse gaucbe, sont peut-être les traces d^un pedum dont les extrémités s'appuyaient en ces deux endroits.

De Rosei, Kaccolta di statue T. 124. l'iraneai, Kaec. di statue T. «. Viammtl, Mut. Pio-Cl. II, 37. Pistolesi V, 35. Clarao V, pl. 8S9 B. S078. Cf. Welokers ZeitsoliTift p. 342. Braun p. 329 n. 70.

189 (259) Apollon Citharède restauré en Pftllas.

Autrefois dans le jardin du palais Ottoboni (Fiano). La tête est antique, mais ne fait pas partie de la statue. Restaurations: les avant-bras ayee leurs attributs, plusieurs

morceaux dans la draperie qui ropouvre la poitrine (surtout an long pli qui descend le long du côté gauche), trois doigts du pied droit, le petit doigt du pied gauche, des morceaux de la plinthe.

L'aspect de la poitrine prouve que le personnage n'était pas une femme, mais un homme. Ce qui peut nous guider dans la détermination du sujet, c'est la forme des plis qui existent sur le côté gauche de la poitrine non loin de la naissance du bras. L'on reconnaît très nettement que le restaurateur moderne a enlevé en cet endroit un objet

GAi-EKlii DES STATUES.

qni soulevait la draperie, et qui déteriuiuait le pli vertical couunençant là. Cet objet ue peut avoir été qu'une cithare, dont Textrémité supérieure s^appayait sur la draperie. La statoe représentait donc Apollon Citharède, tenant sa lyre de la main gauche» tandis que la main droite étendue portait probablement une coupe. On re* trouve les mêmes attributs et une attitude analogue dans une statue de Bryaxis, qui était placée dans le temple d'Apollon H Daphné (près d'Antioche sur VOronte), et qui est reproduite, semble- 1- il, sur des monnaies d'Antioche, comme sur un tétradrachme d^Antiochus Y Epiphane. Une figure pareille se trouve sur des médailles d'Acarnanie, sur des monnaies d'Auguste, où elle est .appelée dans la légende Apollo Actius, et sur des monnaies d'empereurs postérieurs , dont la légende mentionne VApoUo Palatinus ou Augustus. Parmi toutes les répliques d'Apollon Citharède, notre statue est la plus majestueuse et la plus belle; sa composition est certainement plus ancienne que celle du type plus svelte et plus mouve* monté que nous connaissons par le n. 267. Le caractère vigoureux des formes et la manière dont la draperie est traitée rappellent l'art de la seconde école attique. La tête de femme adaptée au corps est un beau type attique dp la fin du V*^ siècle; mais elle a beaucoup souffert par suite de grattages.

Vificonti, Mns. Pio-Cl. III, 37. Toute la bibliographie se trouve réncie dans Friederichs-Woltere, Bausteine n, 1528 ; il faut y ajoiitfM': WeU'keis Zeitsclivift p. 353. Pour l'Apollon de Biyaxis: Bt i i lite der saciisiscUen Gesellschaft der "WiRsensebafteu 188G p. 2U — 27. Overbeok, Grieeliiecfae Kunetmythologle iv p. 96 — 97. Pour les monnaies citées plus haut: Berichte 1886 p. 3 — 7, p. 21 et suiv. Ovprboc-k, Kunstmvtlioîogio TV. iliinztafel V. 37 —41 , p. 9G — 97, p. 305. Cf. Romieciie Mittheiluiigea m (1888) p. 296. Philologus, a. F. I (XL VII, 1889) p. G89 et suiv.

190 (260) Bas^relief votif attique, dédié au divinités de la santé.

Apporté de Grèce à Rome. Kcstaurations : toutes les tètes, presque tout le haut du corps du dieu assis, le bras

droit et les deux jambes de Téphèbe qui soulève sa chlamyde ; mais pieds de ce personnage sont antiques. Marbre

pentélique.

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Les divinités de la santé sont groupées à gauche. Esculapc est assis dans un fauteuil, dont les bras sont supportés par des sphinx ailés; derrière lui Hygie est debout, levant la main droite, comme pour la mettre sur répaule de son père; les deux jennes gens qui sont debout devant Eseulape sont ses fils Podalire et Machaon. A droite Von voit un groupe de mortels représentés par des personnages plus petits, qui viennent ndrcsser leurs lioniniaores à ces divinités: un homme, deux femmes portant chacune un enlant sur le sein, trois garçons et une petite fille»

Visconti, Mua. Pio-CL V, 27. Pistolesi V, 37. Panofka, Asklepios und die AsfelepiadeB (Abliaiull. der Berl. Akad. 1815) T. V 1. Cf. Welrkorfi Zeitschrift p. 439. Brauii. Ruinen und Museen p. 'ô'6\ n. 72. Jahi buch des arch. Instituts II (1887) p. 108, Anm. 6. Pour oette sorle de bM-ielielk cf. sartout Âroh. Zeitmig XXXV (1887) p. 189 et BOiv. Mittheîlnneea des aréh. Inst. in Atlien n (1877) p. 214 et suiv.

191 (2G1; Statue dite de Pénélope.

Par le motif traité cette statue ressemble au n. 92, et nous STons déjà fait toutes les observations nécessaires SUT le sujet représenté : ici toutefois ce n^est pas dW hautrelief qull s'agit, mais d*une ronde bosse. D'après l'exécution qui est soignée, il est vrai, mais un peu froide, cette œuvre paraît être une copie datant des premiers tcriï]»? flo rempiro. La restauration de cette statue est un exemple frappant de la méthode arbitraire avec laquelle les praticiens romains ée^ temps modernes ont traité les sculptures antiques. A cette statue manquaient la tête et la draperie qui la recouvrait. Le restaurateur a refait la draperie, et a ajouté le masque d'une téte d éplièbe certainement antique, mais qui ne faisait pas partie de la statue (le bout du nez est moderne), et dont le style semble un peu plus récent (pie celui du corps. En outre ont été restaurés la main droite , la jambe di'oite depuis le milieu du mollet jusqu'un peu au-dessus du genou, les deux pieds avec les draperies qui les entourent, le bas du rocher sur lequel la femme est assise, la pUnthe. liC haut du rocher est aussi l'œuvre du restaurateur.

GALERLE DES STATUES.

Comme d autres répliques nous le font savoir {n, 92 et 5d9)i le personnage était assis sur un tabouret, sous lequel* se trouvait une corbeille à laine.

M(IUeT>WieMl«r, DeiiknilUev der àlten Kiinst I, T. IX, 86. Bau*

meister, Denkm. d. kl. Âlteitums II, p. 1037 Fig. 1250. Denkm&ler herausg. vom arcli. lu^rltut I (1888) T. 31 A: dans cet ouvrage p. 17. aiuËi que dan?< Fiiedein^iis-Wolters Bausteine n. 211, est réunie toute la bibliographie du sujet. Cf. aussi Sitzuugâberlchte der BerUner Akademie 1884 p. 622.

Dans le piédestal de cette statue a été encastré:

192 Bas-relief kellénittâqne, BaochnsCBionysos) et Ariane*

Restaurations: le tiers supérieur du corps de Bacchus avee ses deux bras et le haut du sceptre, la moitié supérîeure du corps dp Silène -ivev. sou bras droit, la tête, les deux bras et le pied gauche d'Ariane.

Bacchus (Dionysos) est couché sur un lit élégamment décoré tancUs que sur ses genoux repose Anane, àmoHié assise, à moitié couchée; Silène, qui est représenté en plus

petites proportions que le couple amoureux, s'avance vers Ariane. Dans la restauration, Silène, du ia main droite, tend une • o upe à rumanti' de son maître ; une trace d'amorce qui s'est conservée sur la cuis.se gauche d'Ariane prouve qu'en effet dans Toriginal L'attitude était analogue. La lai* deur caractéristique de Silène forme un contraste frappant avec la beauté de Bacchus et les charmes voluptueusement gracieux et ravissants de sa maîtresse. D'après d^autres bas-reliefs semblables mieux conservés, l'on a supposé que le lit, où reposent les deux amants, était placé sur un char, et par suite i^ue ce fragment provient d'un basrelief représentant le cortège nuptial de Bacchus et d'Ariane. La composition de la scène est excellente; l'exécution en est soignée.

Fistolesi V, 39. Schreiber, Die liellenistisclieii Reliefbilder T. 51. Le reste de la bibliograpliie se trouve dans Fiiederielifi - Wolters, Bausteine n. 1888. Cf. Schreitier, Die Wiener BrunnenreUellB aus « f alazzo Grimaui p. i)5 n. 4A,

19S (262) Statue d'Auguste très restaurée.

Trouvée dans la basilique d'OtricoU. Bestaurations: à la tête i arête du nez et la nuque.

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Cette statue passait autrefois faussement pour être un

portrait de Caligola: elie représente ceriaineniinït Auguste

au début de l'âge mur.

Yiioonti, Mus. Ho^CL m, d. Beraonlli, SSmiselie Ikonograpliie n 1 T. m, p. 29 n. IS.

' 194 (264) Apollon Sauroctone.

Trouvé en 1777 au Palatin dans la villa Magnani. Restaurations: une grande partie du crHut^, tout le rôté gauoîip du visage, l'œil gauche, le nez, la li<ui< !ip et le n.euton, l'avantbras droit, trois doigts de la mui.u ^^auclie, la jambe droite depuis le milieu de la cuisse, la jambe gauche à partir du genou, un morceau du treuc d'arbre avec le àant du corps du lézard, la pliuthe.

Gomme Pline noua Fapprend (n. h. 84, 70), Praxitèle avait sculpté un Apollon adolescent, guettant de très près avec une flèche un lézard qui rampe auprès de lui. Cette statue était d'airain ; elle fut célèbre dan8 rantR|ialé sous le nom du Tueur de lézard (Sauroktonos)* Le marbre du Vatican reproduit Toriginal de Praxitèle. L*on a voulu reconnaître dans Tattitude du jeune dieu une espèce particulière de prophétie. Mais cette hypothèse n'est point confirmée par les renseignements que nous possédons sur la divination en Grèce. Selon toute vraisemblance, il s'agit beaucoup plutôt ici d'un jeu , qui consistait à atteindre avec un objet pointu un lézard se sauvant. Ce jeu est représenté sur un vase antique, et aujourd'hui encore, dans la campagne romaine, beaucoup de jeunes gens et d'enfants s'amusent à viser on à piquer des lézards avec leurs couteaux. Notre statue nous montre Apollon jeune se livrant an même jeu. Il est debout, embusqué pour ainsi dire derrière un arbre, et il cherche à piquer avec une flèche le petit animal qui remonte en courant le long du tronc d'arbre. L'Apollon Sauroctone est donc une des plus anciennes œuvres d'art, où l'on voit un dieu représenté dans une attitude sans rapport avec sa person* nalité morale, en quelque sorte dans un tableau de genre. Les anciens louaient surtout la grâce élégante des figures de Praxitèle. On se rend très bien compte de ce caractère particulier, en considérant ici T altitude pleine d'aisance

GALKKlii DKS STATUES

du dîea. Dans le modelé du visage et des cheveux se manifeste une tendance à styliser essentiellement différente du caraotère naturaliste introduit dans l'art surtout par

Lysippe.

Viseonti, Mus. Fio-Cl. I, 13. Pistolesi YI, 11. Eayet, Monumezits de TaH antitiae pl, 4(1 Overlieck, Knnstiayihtftogte 17 f: 184,. p. 235 (n. 2) et eniv. ; Atlas XXI, 2. Loewjr, Lyiipp n. s. SteUang

in d. gr. Plastik p. 25 Fig, 11. Cf. Welckera Zeitschrift p. 312; Alte Denkm. T p. 408 f^f nuiv. Bruim, Geachirhte der gr. KUnstler I p. 337, p. iv>\, Fnedeiichs-Wolters, fiausteiue n. 1214. Overbeek, Gescli. lier gi. Tiastik p. 3t> — 37.

195 (265) Statue d'Amazone.

Auparavant à la villa Mattei. Acquise soiip ('l'^mf^nt XIV. F«»f«taTi i-ationg : 1p coti. les deux bvas, la moiti»' -ui i iieure du caïquois, la jambe droite depuis le genou jusqu'à la cheville — la Jambe gaucbe est briaée mais antique — , le haat da tronc d'arbre, ainsi que du bouelier et de la hache qni y sont attacliés, la torsade du casque. La tête rajustée au buste giâee à un cou moderue (restaurations: le nez, la lèvre inférieure, le meuton», est antique, mais n'appartient pas à la statue; elle provient d'une réplique de la statue dont il sera parlé an n. 50S. Un seul exemplaire du type étadié s'est conservé avec sa tête; il se trouve à Petworthhouae en Angleterre (Michaelis, Anoient marbles in Great Britain p. G06~607; Jahrbuch des arch. Instituts I 1886 T. 1, 2, p. 20 5).

D'après la restauration moderne T Amazone prend son •«rc, comme pour se livrer à un ennemi vainqueur. Dans cette hypothèse elle aurait porté son arc pendu à l'épaule. Mais e*est là une habitude dont Fantiquité ne nous ofire aucune trace, aussi loin que s'étendent nos connaissances. D'après les monuments comme d'après les renseignements donnés par les écrivains, l'arc était attaché au carquois; c'est bien à cette place que nous le trouvons dans la meilleure réplique qui ejdste du type d'Amazone dont il est ici question, à savoir un torse actuellement à Trêves,

Dans la recherche du motif original de cette statue, il ûiut partir d'une gemme qui faisait autrefois partie de* •la collection Natter, mais qui malheureusement a disparu. La reproduction de cette pierre gravée (Fig. 10) nous montre une Amazone, qui, au point de vue de la pose générale du Gorps, ressemble à l'Amazone de la villa Mattei

VATICAN

et à ses répliques. La tête est penchée de la même façon que dans la statue de Petworthhouse, qui a conservé la tête antique ; même le type de la face paraît lui être

analogue, autant que les petites dimensions de la gemme et les imperfections de la gravure nous permettent d'en juger.

La main droite levée au-dessus de la tête s'appuie sur une lance ou sur une perche, tandis que les doigts de la main gauche abaissée sont étendus le long de la hampe. L'on a prétendu que TAmazone s'appuyait ainsi pour se reposer; mais du premier coup d'œil Ton constate qu'une pareille attitude serait vraiment forcée pour une figure au repos. Le geste de l'Amazone s'explique d'une manière bien plus satisfaisante, si l'on admet qu'elle se prépare à sauter en s'appuyant sur une lance ou sur une perche. 11 en est de même pour les statues qui reproduisent le même motif, et dans lesquelles nous distinguons maints détails avec plus de netteté que sur la petite gemme. L'esquisse représentée par la Fig. 11 donnera une idée du motif original. L'Amazone est en train de donner à la perche la position voulue pour qu'elle facilite le saut. De sa main droite levée elle la saisit à sa partie supérieure, tandis que plus bas les doigts de sa main gauche sont étendus le long de la perche comme pour l'essayer. Le pied droit est posé d'aplomb; quant au pied gauche, il n'est en contact avec le sol que par le gros orteil, car tout à l'heure , au moment du saut, il va se porter en arrière; la iuni(|ue relevée découvrant la cuisse gauche est ramassée sous la ceinture, afin que la jambe gauche puisse suivre en toute liberté la direction du saut. La tête était droite, comme on le voit dans la statue de Petworth; l'Amazone regardait attentivement devant elle. A la courroie d'éperon qui entoure la cheville gauche, on reconnaît une cavalière; il semble pourtant que cet attribut n'a pas de rapport immédiat avec le mouvement de la statue. L'on a cru, à cause de cette courroie, que l'Amazone se

GALERIE DES STATUES

préparait à sauter sur son cheval ; mais une écuyère cousommée ne. se donnerait pas tant de peine sans des circonstances toutes particnUères, et ne s^y prendrait pas avec tant de soin pour trouver la position voulue.

Il est beaucoup plus vraisemblable que l'Amazone va faire nn saut extraordinaire, épisode sans doute expliqué par une tra- ' dition mythologique qui n'est pas parvenue jusqu'à nous.

Ce type d' Amazone est plus élancé que le type créé par Polyclète (voir n. 32); le nu y est traité avec moins de sévérité; r arrangement de la draperie est moins simple et plus recherché; suivant toute apparence ce type est d'une époque un peu postérieure; mais il est difficile d'en reporter la naissance plus bas que la fin du V® siècle avant J.-C. La composition et le style révèlent un original en bronze.

L'exécution de l'exemplaire du Vatican est élégante, mais un peu sèche. Sur la tunique Von distingue encore les traces d'une couleur, qui paraît actuellement jaune-brun. L'inscription gravée sur la plinthe et qu'on retrouve sur une base de la villa Wolkonsky, nous apprend que c'est du local où les médecins se réunissaient que la statue fut transportée à la place qu'elle occupa plus tard.

Hxx^Bia, Guide I. ^

Flg. 11.

La bibliograpMe est Téxade dai\8 le Jahrbnûh d6B areh. Institatg I (1886) p. 20 Y. Cf. iUd. p. 36—28» p. 34—39, jp. 43---47. Llnseiipiion fait partie de la série épigraphiqne étudiée dans le Bull, archaeologico cristiano III (1865) p. 7 — 8. Pour la base de la viUft Wolkousky; Hatz-Bulm, Antike Bildwerke lu £om I ii« 1598.

Dans la base qui porte le n. 195 (265) est encastré

196 Vn bas-relief d'un travail très fin.

Ce bas-relief représente le portrait d'uu homme barbu (le nez est restauré) assis, le haut du corps penché en avant, et les yeux baissés. Seule la partie supérieure en est antique; mais le restaurateur semble avoir vu justOi lorsqu'il a représenté cet honune lisant ou éorivant. La physionomie très étudiée du pwsonnage révèle un savant; et d'après le style on reconnaît dans ce bas-relief la copie d'un orîgfinal hellénistique.

Jalirbuoh des arcb. Instituts I (18Ô6) p. 77.

197 (267) Satyre ivre.

Autrefois à la villa Mattel; acquis sous Clément XIV. Bestaurations: le bout du nez, les lôvret, le Mua droit avec la méelie de olievenx placée sons la main ércdte, ravaBt-liraa gauche, le haut de l'outre, le bas de la jambe droite, la

jambe gancbe depuis le milieu de la cuiBse — mnls la plus grande partie dn pied gauche est antique — le uioireau de la peau de panthère qui repi'ësente la gueule, une partie du rocher but lequel le Satyre est aesie.

Le petit canal qui traverse l'outre prouve cjUG cette

statue servait à la décoration d'une fontaine, et que ie

filet d'eau jaillissait de Toutre. Le Satyre est ivre et va

s'assoupir. Son coude gauche s'appuie sur l'outre pleine

de vin, et cette pression en fait sortir le liquide.

MonumeiLta Matthaeiaiia I, 34. Yisoontl, If us. Pio-OL I» 47 <ef. p. 237 note Hstoleei Y, 42. Clarac IV» pL 722 nu 1726.

198 (268) Statue de Junon (Héra).

Trouvée dans les Thermea d'Otricoli. Restaurations: le

bras droit, la main gauche et l'avant-bras gauche avec la draperie qui le recouvre, le pied droit. La tête est antique, mais u' appartient pas à la statue.

Le type de cette statue ressemble beaucoup à celui de la Junon (Héra) Barberini (n. d01)« La tête qui lui a été

GALEKIii: DES STATUES.

adaptée rappelle celle de la Vénus de Cnide (voir n. 316). Le restaurateur moderne a ajouté un diadème, afin que la statue soit ornée des attributs qui font reconnaître Junon.

VUconti, Mus. Pio-Cl. n, 20. Pistoleei V, 43. Clarac lU, pl. 414 n. m. OyerbAGkp Kniiitmythologio m p. 118 n. 3; Atlas X, 82. €f. BoschOTy Lezikon I p. 2113.

199 (270) Statuette de ftomme^ restaurée en Uranie.

Trouvée soub Pie YI près de Tivoli, snlvant toate apparence dans la prétendue villa de Marons Brutus (cf. les observations qui accompagnent les lus 2G7 et suiv.). Restaurations: le bras droit avec le poinçon, la main gauche avec le globe. La tête, qui a été adaptée au corps grâce à un moToeaa moderne, est aatiqae maia n'appartient pas à la statue.

La tête, que le restaurateur moderne a adaptée à la statuette, représente une Muse; car au-dessus du front s'est conservé presque intact rornement formé de plumes, dont Tart antique se servait pour rappeler que les Muses avaient remporté une victoire sur les Sirènes. Mais cela ne nous oblige pas à voir une Muse dans la statuette ellemême. Le travail en est excellent; la tunique en étoffe légère, aux plis gracieux, forme un contraste très frappant avec le manteau d'une étoffe plus lourde, qui est ramassé sous la cuisse gauciie et qui forme en cet endroit des plis peut-être trop nombreux.

Visoonti, Mur Fio-Cl. I, 25 (et Opère varie IV, p. 322 n. 90). Bouillou, Musée des Antiques I, 46. Pistolesi V, 42. Cf. Welckers Zeitschrift p. 319. Braun Ruinen und Museen p. 3aô u. 77.

300} SOI Poiidippe (271) et, comme pendanti KénanAre

Les deux statues ont été découvertes sous Sixte -Quint, probablement auYiminal prés de S. Lorenzo in Panisperna, en un Uea oA, d'après les indicatloiis de plusieurs topol^phes, se trouvaient les Thermes d'Olympias, femme de l'empereur Constant. Sixte-Quint les fit placer dans la villa Montalto (plus tard Negroui, puis Massimo) qui lui appartenait (Bartoii dans Fea, Miscellanea I p. CCXXVIil u. 29). Ptus tard eUes devinrent la propriété de Tbomas Jenldns et fktrent acquises pour le Vatican sous fie YI. Restaurations : dans la statue de Posidippe le pouce gauche, dans celle de Ménandre le bout du nez, Toreille gauche, la main

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gauolie avec le rouleau, la partie antérieure du pied droit. Marbre pentélique.

Les deux statues ont été faites par la même main et pour s( T-vir de pendant Tune à l'autre. Ce qui justifie le nom de Méuandre attribué au n. 390 du Musée | c'est la ressemblance de la tête avec un médaillon en marbre dont

l'inscription porte le nom de ce poète. Sur la plinthe de l'autre statue est .^cuipté le nom de Posidippe. Ln personnalité des deux poètes est rendue avec beaucoup de caractère et sans aucune recherche de l'effet, ce qui donne à ces statues une place considérable parmi les portraits de tous les temps. Ménandre, Tauteur le plus important de la nouvelle comédie attiqne, est assis snr son fauteuil dans l'attitude pleine d'aisance d'un homme du monde. Son corps dénote une constitution saine et vigoureuse. Dans la tete on reconnaît une intelligence pénétrante et une î^ande finesse d'observation, tandis qu'autour de la bouche se joue un trait ironique. Les plis du manteau qui couvre le bas du corps sont disposés avec beaucoup de recherche; mais ce détail concorde parfaitement avec ce que les anciens nous racontent du soin extraordinaire que Méandre avait pour sa toilette. La personnalité de Posidippe se présente sous un aspect tout différent : c'était un poète comique athénien qui vivait pendant la première moitié du troisième siècle avant J.-C T^e dos voûté de cet homme encore relativement jeune indique qu'il était d'une complexion assez faible et que son corps n'avait pas été formé par des exercices de gymnastique. Comparée à l'élégance aisée de Hénandre, l'attitude de Posidippe donne l'impression d'une personne gauche et em* barrassée. Sa physionomie maladive et nerveuse nous apprend que sans aucun doute sa conception de la vie était fort pesbimiiste.

Les chevilles en métal, plantées perpendiculairement dans la tête, et qui, en se gonflant par Teffet de Fozydation, ont fait éclater le marbre tout autour d'elles, servaient évidemment à fixer de petits appareils en bronze ([ji7)v(^o^) qui, d'après une coutume certaine au moins en Attique,

GALERIE DES STATUES. 133

protégeaient les statues placées à Tair libre contre les intempéries et les empêdiaient d'être souillées par los oiseaux. £n outre les clous qui se sont consei-vés aux pieds prouvent que les courroies qui formaient les chaussnrea étaÎOTt représentées par des hunes de bronze: étant donné ce détail, nous poUYons supposer que les autres parties des deux statues étaient peintes en eoalenrsplus ou moins conformes à la réalité. Les formes plastiques sont traitées avec une largeur et un sentiment de la vie, qu'on lu retrouve pas dans Tart cfréco-romain. Comme d'autre part les deux statues sont eu marbre pentélique, on eu a conclu avec raison qu^elles étaient Toeuvre d'un sculpteur attiqne; on a même supposé qu'elles provenaient du thefttre de Bacchus à Athènes, où il y avait une statue de Ménandre mêlée aux statues des autres grands poètes. Mais Ton a récemment retrouvé la base de cette statue, avec une inscription qui la désicfue nommément, et l'on a constaté ffue la plinthe du Ménandre du Vatican était trop large pour trouver place sur cette base.

Visconti, Mus. Pio-Cl. m, 16, 16 (cf. Opère varie IV, p. 179, p. 183, p. 314 n. 76, 77): Iconografia greca I, T. 6, 6 a, p. lOa— 109. Pistolesi V. 45. Chirac V, pl. 811 n. -U18, 2120. Baiimeister, Denkmiilor d. kl. Altertama II, p. 923 jb^ig. 995; 111, p. 1387 Fig. 1535. La statue de Fosidippe a été déjà, publiée dans Bellorl, BluBtriuin pliilosophonim, poetarum, rhetomm et oratorum imagiues (Romae 1685 T. Cl); elle est iiidiquée comme se trouvant «in liortis Montaltis». Le reste de la bibliographie se trouve réuni dans Friederichs- Wolters, BauBtelne n. 1622, 1623. Âu sujet de la base découverte dans le thé&tre de Bacchus: Bull, dell' Inftt. 1862 p. 163—165. ÂTeh. Zeitang XXXn <1874) p. 100—101.

202 (392) Statue virile nue^ très restaurée.

La tête de Septime Sévère qui a ét(' placée sur cette etatue est bien antique, mais ne lui appartient pas.

203 (3d3) Suppliante assise sur un auteL

Restaurations: la tôte, le cou, l'avant-bras droit , les doigts (ir la main gatiohe, le pied gauche, quelques parties

de l'autel, la plinthe.

Le motif onginal et le sens de cette œuyre nous sont indiqués par une réplique mieux conservée qui se trouve

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au palais Barbeiîni et dans laquelle la téte et la main

droite sont antiques. La tête est un peu levée; 1 expression en est inquiète; dans la main droite on voit encore le débris d'un rameau. C'est donc une jeune fille qui est assise sur un autel, tenant de la main droite rattribut des suppliants, un rameau, et qui lève ses yeux avec angoisse soit yers un personnage qui la menace, soit vers le ciel pour implorer le secours des dieux. D'après le caractère général de l'exécution, la statue du palais Barberini est une couvre attique dos dix deruièreis aimées du cinquième siècle avant J.-C. Au contraire le luodeli^ indécis de la réplique du Vatican dénote une époque postérieure. Il est toutefois possible qu'elle ait été, elle aussi, exécutée en Attique: car elle est en marbre pentélique. Tout récemment Ton a supposé que Toriginal de ces deux statues était une œayre deCalamis. Mais, d'après tout ce que nous savons de cet artiste, il semble que son style était plus sévère. En outre dans la réplique du palais Barberini la plastique est d une simplicité majestueuse; elle rappelle Part de Phidias, mais n'a aucun rapport avec Télégance et la mignardise que les critiques d'art de l'antiquité regardent comme le caractère distinctif des œuvres de Calamis.

Visoonti, Uns. Pio-CL 40. Hetoleei V, 64. Hillin, Gai. myth*

pl. IGG, Guigniaut, Rel. de l'ant. pl. 288, 868. Clarac V,

pl. 835 n. •.>090. Tf. Ann. dell' Inst. 1871 p. 205, p. 209. Donner Stadien (Berlin 1890) p. 50. Pour la statue du palais Barbeiini: Mon. deirinst. IX, 34. Ann. 1871 p. 202 et suiv. Bouner Studieu T. IV, p. 88—60.

204 (394) Statue de Jupiter (Zeus) ou de Neptune (Pc» seidon).

Aeciuise boub Clément XIV dans în succeîjgion du soulptenr Pacilli. Kestaurations : le bout du nez, les deux bras sauf les parties voisUiea des épaules, le bas des jambes et les pieds, le tronc d'arbre, le dauphin, la plinthe.

Cette statue, qui avait été d'abord restaurée en Jupiter (Zeus), fut plus tard transfoi mée en un Neptuuu (Poseidou) par radjonction du trident et du dftuphiu. Il est difficile de décider laquelle de ces deux interprétations est exacte.

GALEIUK DES STATUES

Les parties conservées ne renferment aucun détail particulier, qui caractérise Neptune; l'expression tranquille du visage ne présente pas d'analogie frappante avec les types plastiques, qne Ton peut considérer avec certitude comme des images de cette divinité. Mais il faut se rappeler qne le type idéal de Neptnne ne s'est dégagé que peu à peu du type de Jupiter; ce dieu n'a acquis que fort tard un caractère vraiment individuel, qui le distinguât nettement de son frère (cf. n. L'on peut donc admettre que notre statue reproduit un type de Neptune, dans lequel cette physionomie individuelle n'était pas encore exprimée.

Yiseo&tir Hua. Pio*CL 1, 82. Overbocik, KQnstmytliologie HE p. 267 n. 10 (oîl^ dans la note b, se trouve réunie la bibliographie du vajet), p. 287 n. 14; Atlas XI 9, XU 35.

20Ô (395) Apollon avec la dtliare.

Beataurations : le nez, le cou tout entier avec les boucles de cheveux qui tombPTit sur la nuque, le bras droit avec le plectre, Tavant-bras gauche avec la citliare. les deux pieds, les pieds du siège sur lequel est asâis Apolluu, la plinthe. La tête, dont la ligure a été très grattée , paraît faire pailiie du corps ; elle lû ressemble par la matlèrei par les dlmenaiona, par le oaraetére même du travail.

Cette statuette eu marbre est la copie d'un bronze grec de style archaïque, I/amorce de la cithare est encore visible sur la cuisse gauche; or quand la main gauche tient la cithare, il est très vraisemblable que le pleetre se trouve dans la main droite; la restauration des bras et des attributs qu'ils portent parait donc exacte dans son ensemble. Au contraire il est douteux que le restaurateur ait eu raison d'ajouter la masse de cheveux qui tombe libremciit sur la nuque. Dans les statues d'Apollon do type semblable les cheveux sont î clovés derrière la tête et maintenus par le ruban qui entoure le crâne, tandis que deux boucles tombent sur les épaules en passant der* rière ou devant chaque oreille. Oe qui prouve que ces deux boucles existaient aussi dans notre statuette, c'est que chaque tempe porte les traces de deux trous faits avec le ciseau; ces trous ne peuvent avoir servi qu'à fixer solide-

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ment des boucles de cheveux qui avaient été sculptées ù part. Peut-être la masse de cheveux qui se trouve derrière la tête avait été en partie brisée: le restaurateur a cru qu'il devait faire tomber les cheveux sur la nuque, disposition dont les figures d^ApoUon de style plus libre lui offraient de nombreiut exemple». Les yeux étaient d'une autre matière que le marbre, sans doute en yerre; ils étaient enchâssés dans les orbites.

G^rbflid, Antike BUdwerke T. 84 n. 1, 2. Olarao m, pl. 481 n. 920 Â. Overlied^ Giieoh. KmiBtmythologie lY p. 180 n. 3; Atlas XXI, 29.

m (396) Statue de Harasse.

Antieftjis an palais BarberinL Bestauratieiifi: le neSf le

l)ra8 droit, la partie antérieure do bras et la main ganches, la jambe droite à partir du genou, le tiers inférieur de la jambe et le pied gauches, le tronc d'ai'bre recouvert par la «bilamyde sauf la partie supérieure voisine de la cuisse, la plinthe.

Cett e statue, qui a beaucoup souffert parce qu'elle a été grattée et en partie retouchée, a été prise tantôt pour un Adonis qui vient d'être blessé mortellement par le sanglier, tantôt pour un Narcisse qui se penche sur la source pour y contempler ses traits. Les partisans de la première interprétation invoquent surtout une entaille faite dans le marbre à la cuisse droite; ils prétendent y reconnaître une blessure. Mais la sculpture antique ne représente jamais les blessures par mie entaille brute, comme ce «erait le cas pour notre statue; elle les figure par une incision fine, d'où sortent quelques gouttes de sang. Il est très probable que cette entaille n'est qu'une détérioration accidentelle du marbre, ou encore qu'elle est Tœuvre du restaurateur moderne, qui voyait dans cette statue un Adonis. En outre l'on distingue, sur la face intérieure de la cuisse droite, quatre petits tenons en marbre; d';iprès les savants, qui adoptent Thypothèse en question, ces tenons auraient servi à fixer à la statue soit le sanglier, qui vient de porter le coup mortel au jeune éphèbe , soit un Amour, occupé à fermer la blessure d'Adonis. Mais si l'on suppose qu'un sanglier était ajouté à la statue,

GALEKiK I»ES STATUES.

Tensemble forme un fifroupe dont les parties sont de dimensions trop diiiérentes pour produire une impression vraiment esthétique. De plus les tenons, pour fixer à la statue un objet aussi lourd qu'une tête de sanglier, devraient être plus gros qu'ils ne le sont en réaUté. Quant à l'autre hypothèse d'après laquelle TAmonr s'efforcerait de fermer la blessure d'Adonis aussitôt après Tuttaque du sanglier, elle n'est pas plus acceptable; l'artiste n'aurait pas réuni par un procédé aussi peu naturel deux moments tout à fait distincts d'une seule et même légende. £n outre, autant que les retouches modernes permettent de s'en rendre compte, c'est rétonnement qu'exprime le Yisage penché en ayant du jeune homme, et non pas la douleur ou l'effiroi, sentiments naturels chez quelqu'un qui vient d'être ble^ssé. Enfin cette interprétation de la statue ne peut concorder avec la présence du tronc d'arbre qui se trouve auprès du personnage et qui est recouvert par la chlamyde — ce détail n'aurait aucune espèce de raison d'être, s'il s'agissait ici d'un chasseur attendant l'attaque du sanglier. Au contraire l'expression générale et le mouvement de la figure, comme les accessoires qui l'entourent, oonTiennent parfaitement à Narcisse (voir n. 18). Le jeune éphébe, qui vient d'arriver auprès de la source fatale, et qui a déposé sa cblamyde sur le tronc d'arbre placé auprès de lui, afin de se reposer ou de se baigner, aperçoit son image reâéchie par l'eau de la fontaine; il est saisi d'étonnement et tombe presque en extase. Les tenons visibles sur la cuisse droite sont les traces d'un Âmour qui touchait de la main Narcisse. Plusieurs peintures murales de Campanie représentent un tableau analogue: le dieu de l'Amour touche d'une mnin la cuisse du héros et de l'autre lui montre son image. La statue du Vatican décorait sans doute une fontaine monumentale; Narcisse se mirait dans une vasque placée au-dessous de lui; cette disposition nous fait comprendre mieux encore le sujet.

Causeus, Kt»manum Muséum I, Sert. II, T. 5:J. Vipfonti, Muj^. Pio-Cl. U, 31. Clarac IV, pl. 632 n. 1424. Wieseler, Narkissos n. U,

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p. 35— a8, p. 42—43. Cf. Eaoul-Eocliette, Mon. inéd. p. 170—171. Ann. deU'Inst. 1845 p. 348. Weloker, Alte Denkmftler Y p. 98,. 93.

207 (398) Statue de Tempereiir Opellins Haeriniis (217—

218 après J.-C).

Autrefois daixs la collection Borîoni. Hestauratiouâ : le ne£| trois doigts de la main gauche, la poignée de Tépée, le ponee de la main droite.

Cette statue est le seul portrait en pied certainement authentique de cet empereur, qui soit parvenu jusqu'à nous. Hérodien (V 2, 3 — 4) noui=? apprend que Maciin imitait Marc-Aurèle dans le port de la barbe , dans Fallure et dans la manière de parler. En oe qui concerne rwangement de la barbe, cette imitation est ici évidente» Cette statue n'est pas d'an mauvais travail pour son époque.

Vlflconti, Mua. Pio-Cl. m, 12. Clarac V, pl. 963 n. 2487. — Pour la tète: Viseonti, loonographie romaine HI, p. 123, pl. 50 n. 1, 2.

208 (399) Groupe, SKmlape et Hygie.

Trouvé sur le Forum de Fréneste (Palestrina). Restaurations: les tdtes des deux divinités — la tête d'Hygie est peut-être antique, mais eUe a été fortement grattée, et en.

tout cas elle n'appailient pas au corps — dans la figure

d'Esculai^e trois doigts de la main droite, quatre de la main, gauche, la jambe gauche à partir du jviilieu de la cuisse^ plusieurs morceaux de la draperie, ia paii:le inférieure du bftton autour duquel le serpent est enroulé, la tête du serpent — dans la figure d'Hygie la main gauche avec la coupe, l'index de la main droite, en outre presque toute la plinthe.

Escalope est assis sur un trône. Les formes extra^ ordinairement délicates de son corps nous indiquent qu'il était représenté sons les traits d'un jeune éphèbe, et non

point d'un homme barbu. Hygie est debout près de lui ; d'une taille plus petite qu Ericulape, elle se presse contre le dieu, lui uiettant sa main gauche sur l'épaule et de la main droite présentant une coupe au serpent enroulé autour du bâton du dieu. Oe groupe est la copie d^un excellent original. 11 forme un ensemble harmonieux exprimant aassi clairement que gracieusement le rapport intime qui anit les deux divinités de la santé. La dispo-

GALERIE DES STATUES

sition des plis^ la forme voluptueusement élégante du corps de la jeune lillu, et jusqu'à la recherche, avec laquelle Fauteur a lait glisser la tunique, pour découvrir l'épaule droite d'Hygie — tout cela révèle Tart bellé> nistique. L'exécution est très médiocre.

Viseo&ti, Hub. Plo-Gl. H, 3. Clârae IV, pl.lMk6 B. 1151B. Pa*

nofka, Askîepios und die Asklepiaden (Abhandlimgeii d. Berliner Akademie 1845) T. ITI, 6. Rosclier, I.exikon d. gv. u. vom. Mythologie I p. 2779, p. 2780. et Jahrbuch des arcli. Instituts U (1887) p. 109.

309 (401) Fragment d'an groupe: nn fils et une fille do

Niobé.

Restaurations: l'index de la main gauche et le pied gauche de la jeune âllc. La tête (où sont restaurés le nez et une partie de la lèvre supérienre) est bien antique, mais

elle n'appartient pas au corps; non seulement en effet elle

diffère du reste de la statue par le marbre et le style, mais de plus il existe sur l'épaule droite l'amorce d'une boucle de cheveux, qui ne se raccorde nullement avec la chevelure très bien conservée de la tête.

Ce groupe représente une jeune fille blessée au-dessous du sein droit, qui tombe et meurt, le bras droii appuyé sur la cuisse d'un homme qui s'avance derrière elle. La blessure est figurée par un trou creusé avec le trépan, où s'enfonçait évidemment une flèche en bronzeou en bois. De la statue virile ne se sont conservés que la jambe gauche portée en avant avec la draperie qui la recouvre et l'avaut-bras gauche; la main est placée sur répaule gauche de la jeune fiUe. Ces restes suffisent néanmoins pour que nous reconnaissions une figure analogue dans ses lignes essentielies à une statue de Niobide qui se trouve au Musée de Florence* D'autre part, pour la statue de Florence , quelques indices prouvent qu'elle formait un groupe avec une autre figure. Le bord de la draperie qui tombe sur la cuisse gauche a été retouché par une main moderne; les plis de fétoffe sont bouillonnes d'une façon toute particulière. Nous pouvons en conclure qu'à la place où la statue a été réparée, il y avait primiûvement quelque chose qui empêchait la draperie de tomber naturellement; par analogie avec le fragment du

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Yaticaii, ce ne jiouvait être que le bras d'uiitj jeune fille qui était tombée devant le Niobide et qui s'appuyait sur sa cuisse. Il faut donc, dans notre réplique, restaurer la figure YÎrile d'après la statue analogue de Florence: le jeune homme regarde en Tabr, et tend devant lui son bras gauche enveloppé de son manteau, pour protéger sa sœur blessée.

Il est impossible de comprendre pourquoi certains î^avaiits ont voulu reconnaître dans le corps de la jeune fille des traces de raideur archaïque. Un corps de vierge adolescente sans rides ni obésité ne peut pas être représenté en marbré d*une autre manière qu'il ne Test dans notre statue. £n tout cas la cuisse du jeune homme est traitée de la même façon que dans les autres statues de Niobides déjà connues. Au contraire le style de la tête adaptée au corps de la jeune fille, ebt encore un peu conventionnel. Les cheveux sont coupés court, suivant Phabitude antique des femmes en deuil; la physionomie du visage exprime la douleur; il semble que cette téte ait £ait partie de la statue d'une femme en deuil.

Banineister, Daikm. d. kL AltertamB m, T. LXIV, FIg. 1753 P 1G76. Stftvfc, Miobe ^ 249—244, p. 306—307. Bull. deU' Inst 1864 p. 128.

210 (40Ô) Femme portant un Tftse plein d'ean.

Trouvée sur le Forum de Prëneâte (Pàleetriua). Restaurstloiis: le cou, les deux bras, la vasque, le tronc d'arbre. HalB la reetauratlon de la vasque est justifiée par un débris

qui s'est conservé an-depsiip dn e^onon gauche, et cflle (\n truiK- d'arbre par uu morceau encore visible sur la pliutiie. La tête a été, dit-ou, trouvée auprès du corps; mais elle ne lui appartient pas, oar elle est faite en m»rbre diiMrent, elle i>araît trop petite pour le corps, et elle est d'un moins ton travail. On y a restauré le bout du nez. la lèvre inférieure, le menton, un morceau au-dessus de l'œil gauche, le bord de l'oreille gauche, la partie inférieure du crâne avec les boucles de cheveux qui en tombent.

Le motif original de cette œuvre peut être reconstitué avec une certitude suffisante d'après d'autres statues (voir n. 933) et d'après des peintures murales de Pompei. La jeune femme appuie sur un tronc d'arbre qui se trouve

GALERIE DES STATUES

devant elle une vasque qu'elle porte des deux mains; comme cette vasque est lourde, elle la soutient non-seulement avec ses mains, mais encore avec son genou gauche légèrement plié. Eiddemment le tronc d'arbre était percé de bas en haut, et un filet d'eau s'élançait du centre de la vasque. Pour combattre cette interprétation de la statue, Von a prétendu que, si un jet d'eau jaillissait ainsi en face de la jeune fille, c'était en arrière, et non pas en avant, qu'elle devait pencher le haut de son corps* Mais l'objection n'est valable que dans le cas où l'on suppose le jet d'eau atteignant une hauteur considérable. Or cette hypothèse est toute facultative; en effet, dans plusieurs des peintures de Pompei dont il eet question, l'eau ne monte guère plus haut que le bord même du bassin. L'on a essayé plusieurs fois d'interpréter cette statue d'après la tête, comme si elle appartenait au corps; il n'y aucun compte à tenir de ces commentaires.

Viaconti, Mua. Pio-Cl. Il, 2. MiUiii, Gai. mytli. pl. 96, 325. Pistolesi V, 56. Guigniaut, Rel. de Tant pL 161, 606a. Clarac TV, pl. 760 n. 1856. Voir lu coUeotion des mémoires: Instituto ai'clieoiogico centam semebtiia féliciter peracta gratolantur javenes capitolini (Bomae 1879) p. 17 — 19. En ce qtii ooneenie les peintares morales de Pompei, citées plus liant, cf. Hellâg, Wandgemftlde der vom Yesuv veTsclitttteten Stiidte Campaniens n. 1056 — 1062.

211 (406) Satyre au repos, probablement d'après un original de Praxitèle.

Trouvé & Falerone (Faleria) daiu la proTinoe d'Ancône. Restauratioiis : le bo«t du nez, le bras droit avec la ilûte, le bras gauclie sauf quatre doigts, des parties de la peau de panthère, le bas de la jambe droite sauf les doigts du pied, le tronc d'arbre, la plinthe.

Ponr plus de détails sur ce type, voir n. 525. L'exécution est médiocre.

Viaconti, Hua. Pio-Gl. II, 30. Clarao lY, pt 711 n. 1691.

212, 213 (412, 413) Deox eandéUbres.

Trouvés dans lea Ibnillea entreprises par le cardinal Ftanoesoo Barbeiini à la Tilla d'Hadiien préa de Tivoli;

anti'efois au palais Barberini (Baitoli dans Fea, Migcellanea T T>. CCLXI n. 139). Restaurations «communes aux deux candélabres : la plinthe, la partie plate qui se trouve au-dessus

de lu plinthe et qui ee te i mine par des griffes de liou; quelques morceftiu des feuilles d'aeanthe qui ornent la tige.

Ces magniûques candélabres de style corinthien et d'un Bi habile trayail ne sont évidemment, dans leurs parties sapéiieures, que la copie de candélabres semblables en métal. G^est qnand on les regarde d'an pmnt d'où Fou peut voir en même temps deux des faces de leurs bases triangulaires qu ilii font ie plub d'eflot. De cette manière la base apparaît dans toute sa largeur, et elle semble assez iorte pour soutenir le poids de la tige compliquée qui la surmonte. En outre Ton aperçoit deux des figures ecnlptées, et il y a ainsi plus d'harmonie entre la base et la tige si richement décorée, que si l'on voyait seulement une des trois figures. Pour que ces sculptures s'accordent mieux avec le caractère architectural de Fensemble, l'artiste a donné à ces personnages, non pas tant dans le modelé des parties nues que dans la pose, dans l'attitude et en partie dans la coitfure, quelque chose de hiératique qui imite la dignité du siyle archaïque. L'exécution trahit cette élégance léchée qui distingue dans l'histoire de la plastique l'époque d'Hacûien. Il est évident, d'après le travail des casques de Mars et de Pallas, que l'auteur a voulu obtenir un effet analogue à celui que prodoit la taille des camées.

Sur les iaces latérales de l'une des bases, on voit Jupiter (Zeus) avec le foudre et le sceptre; puis, lui faisant face, Junon (Héra) la main droite appuyée sur un sceptre; enfin Mercure (Hermès), accompagné du bélier qui lui est consacré et tenant une coupe dans la main droite. Ces deux dernières figures, comme sur l'autre base celles de Vénus (Aphrodite) et de Pallas, sont représentées debout sur des plinthes; on peut expliquer ce détail, en supposant que le sculpteur a pris pour modèles des statues. La base de l'autre candélabre nous montre Mars (Arès), appuyé de la main droite sur une lance, la tête couverte d^un casque dont le haut onnier est soutenu par une Chimère; YénuSyimitée d'un type archaïque, tenant une fleur dans la main gaudie, et de la main droite rele*

GALEKIE DKS STATUES.

vant un pli de son mantean ; enfin Pallas, donnant à boire au serpent qui lui est consacré; son casque, comme celui de l'Athena Parthenos de Phidias, est orné de clieyauz ailés et son large cimier repose sur un spbinz. Tout récemment Ton a voulu reconnaître dans la figure de Pallas une copie de l'Athena Ilygieia de Pyrrhos (voir n. 158), et dans celle de Venus une reproduction de la Sosaudra, statue célèbre de Cala nus.

H est possible que cette paire de candélabres eût pour pendant une autre paire, sur laquelle les six autres divinitéB olympiennes étaient représentées dans des attitudes analogues.

Oimale de' letterati 1771 (Pisa) m Tav. I, II, p. 166 et eiiiy. Cavaeeppi, Eaooolta di anticlie gtatae III, 58, 59. Visconti, Maseo Pio-Cl. rv, 1—8. Ann. deir lust. 18G9 Tav. d'agg. M, p. 282— 285. Le vepte de la bibliographie se trouve dans Friedeiichs- Woitere, Bausteine n. 2124 — 2129. Overbeck, Kunstmytliologie II p. sa IL 6, p. 33; m p. 27 IL 7; Atlas I, 6, IX, 89. Ct Boscher, Lexikon der Mythologie I p. 411, p. 699. Hanser, Die neti-atti6che& BettefB p. 68 n. 92, 98; p. 161^164, p. 169.

Entre les deux candélabres:

214 (414) Statue d'Ariane eudenie.

SouB Jules n elle ornait déjà une fontaine dans le jardin dn Belvédère (Jahrbueh dea areh. Inst. Y 1890 p. 18, p. 88,

p. 57). Restaurations: le nez, les lèvM, la main droite, le petit doigt et l'annulairp de la main gauche, le rorh^r «nv lequel Ariane est étendue, ainsi que le bout de draperie qui pend le long du rocber au-dessous du coude gauche, et le moreeaa de eette même draperie qui s'étend horizontalemeat depuis la saillie du tocher Jnsqn'au pU vertical qui tombe au-dessous de la cuisse.

Comme on s'en rend compte par la eomparaison avec

d^autres monuments (par exemple n. 216), c'est Ariane qui est ici représentée, Ariane endormie tandis que Thésée l'abandonne. Mais son sommeil n'est point paisible. La pose un peu forcée du corps, le désordre des plis du vêtement indiquent évidemment qu'Ariane, troublée par des songes qui lui lumoncent son malheur, s'est beaucoup agîtée pendant son sommeiL Plusieurs défauts d'exécution prouvait que cette statue n'est pas une œuvre originale. Immédiatement au-dessus des pieds le sculpteur n'a pas

VATICAN

détaché avec une netteté suiiiaante la tunique du manteau qui la recouvre. Mais il ne faut peut-être pas attribuer trop d'importance à ce détail; on peut croire et il est même vraisemblable que la peinture, qui décorait primitivement cette statue, remédiait à ce manque de netteté dans l'exécution plastique. £n revanche il serait difficile de trouver une raison du même genre pour excuser les défauts du visage, qui est tout de travers, comme Winckelmann l'a déjà remarqué.

Comment doit-on se figurer rorigintil de cette statue? C'est là un des problèmes les plus difûciles de Fardbéologie. Nous connaissons plusieurs peintures murales et des bas-reliefs de sarcophages copiés d'après des peintures, qui représentent Bacchus (Dionysos) et son cortège s^approchant d'Ariane endormie ; le type de cette dernière figure y est très ressemblant à celui de la statue du Vatican. Nous sommes donc placés entre deux hypothèses: ou bien les peintures murales et les bas-reliefs imitent des statues, parmi lesquelles se trouvait l'original de l'Ariane du Va* tican; ou bien il faut chercher cet original dans une peinture, dont se sont inspirés à leur tour les peintres de la Gampanie et les sculpteurs des sarcophages romains. Tout bien pesé, cette seconde hypothèse paraît la plus vraisemldable. Il est impossible (Vadmettre que l'original de notre statue ait fait partie d'un groupe en sculpture, qui représentait la rencontre d'Ariane et de Bacchus, par la bonne raison qu'on ne peut imaginer pour un pareil groupe aucune composition satisfaisante. Supposons que ce groupe ait été formé seulmnent par deux personnages, à savoir Ariane et Bacchus contemplant la belle endormie, où doit-on placer Bacchus? Il n'était certainement pas devant Ariane, parce qu'alors il aurait tourné le dos au spectateur. S'il se trouvait derrière Ariane, toute la partie inférieure de son corps était cachée par la statue de la jeune femme. Si on le place de côté, l'équilibre nécessaire entre les deux parties du groupe fait alors défaut. Noua savons d^autre part que vers la fin du IV* siècle avant J.-G. la sculpture se mit & emprunter souvent des sujets

GALEKifci bkù6 STATUES

à la peinture, et que ce procédé devint de plus en plus fréquent aux époques suivantes; il paraît donc très naturel de croire que le acolpteur a détaché d'un tableau d'ensemble une figure d^ Ariane endormie pour en faire une statue. Différentes figurefi de ce même tableau ont inspiré les peintres de Campaiiio et les sculpteurs des sarcophages romains : l'on sait que dans leurs recueils de modèles il y avait plus de motifs pittoresques que plastiques, 11 est même permis de songer au tableau qui se trouvait dans le temple de Baechus à Athènes, et qui d'après Pausanias (I 20, 2) représentait Ariane endormie, tandis que Thésée Tabandonne et queBacchus arrive pour l'emmener.

Les formes de la statue du Vatican ne manquent pas d'une certaine grandeur, qui rappelle les types plastiques du ÏV** siècle avant J.-C. Au contraire les figures analogues d'Ariane, qui se trouvent sur les peintures murale:» et dans les bas-reliefs des sarcophages, sont traitées avec cette grâce délicate et voluptueuse qui caractérise l'art hellénistique. Il semble donc que Fauteur de notre statue ait reproduit le motif original plus fidèlement que les peintres de Campanie et que les sculpteurs des sarcophages.

De Kossi. Raooolta (li statue T. «. Vîâoouti. Mus. Pio-Cl. H. ^ ici. Opeve varie IV, i>. tK)). MUUer-Wieseler, Denkm, ti. alteu Kmnt H T. 85 n. 418. Bftameister, Denkmiler d. kl. Attertams I, p. 125 Eig. 130. Le reste de la bibliographie est rénnie dans

Friedericlis -Wolters, fiauBteine u. 1572. En ce qui concei'ne les peintarea murales citées plun haut, voir lîelbig, Unterrachungeii Uber die campaniselie Wandmaierei p. 252 — 257.

4^a*deBsoiis de la statue d* Ariane:

215 Sarcophage représentant une Oigantomachie.

Autrefois en ia poseesaion du sculpteur Cavaceppi.

Les Géants, dont les jambes se terminent en serpents, luttent contre les Dieux que Ton doit se figurer placés au-dessus des assaillants, sur les hauteurs de rOlympe. Ils lancent contre leurs ennemis des blocs de pierre, et cherchent à parer les coups qui leur sont portés par les Dieux soit avec de gigantesques branches d'arbre, soit avec des peaux d'animaux emoulées autour du bras

Bix.Bt«, Ovide I. 10

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gauche. Mais il est évident que leur attaque furieuse est vaiue. Un jeune Géant est déjà étendu sans vie sur le sol; uu second se tord dans les coiàYulsions de la mort; deux autres tombent en même temps , Tiin d'eux frappé dans le dos par on trait de la foudre. La composition de la scène est claire et pleine de vie dramatique. Hais l'ensemble a très nettement le caractère d'nne peinture. En outre plusieurs détails, rebelles aux conditions mêmes du bas-relief, auraient été au contraire rendus par le pinceau sans aucune difficulté. Cette observation s'applique en particulier aux raccourcis que présentent la tête et le dos du Géant qui tombe en avant. Il semble donc que Fauteur de ce sarcophage se soit inspiré d'un tableau représentant une Gigantomacbie — tableau qui doit dater de l'époque hellénistique, étant donnée la trèn grande analogie qui existe entre le bas-relief de notre sarcophage et la fi ise des Géants de Pergame.

bux* la face latérale gauche du sarcophage l'on voit deux Géants, dont l'attitude nous révèle qu'ils sont trop exténués pour continuer éneigiquement la lutte; sur la face latérale droite, sont étendus les corps de deux autres Géants.

Cavaceppl, Baccolta di autiche statue m, 55. Yiaoonti, Mus. Fio-Cl. IV, 10— 10b. FIstalesi Y, 26. Overbeck, Kimstniytiliologie

H p. 386 D; Atlas V, 9. Baumeister» Deakm. d. kl. Altertumfl I, p. 596 Fig. 638. Cf. Jahrbuch der preoBS. Kunstsammlungen 1 ]). 172, V p. 251. — Pour tout le reste de la bibliographie voir Mayer, Die Giganteu und Titaaen iu der antikeu Sage uud Kuuet p. d64 n. 10. p. 386—887.

216 (416) Plaqae de marbre, qui faisait probablement partie d'une ânse*

D'après uno tradition, qui n'est pas d'one authenticité abBolument certaine, cette plaque de marbre aurait été trouvée an seiziénie sir ri o dana la villa d'Hadrien prés de Tivoli, et donnée par le cardinal Hippolyte d'Esté à ses parents les seigneurs de Ferrare. Elle fut restaurée à deux reprises différentes, la iwoonde fois par de Fabris, et acquise pour le Vatican sona Grégoire XVI. Restaurations : le tiers gauche tout entier du marbre, de telle sorte que dan? la statuette qui ome la iiicb'^ 2:auclie un morceau du bras gauche et la nebiis qui le recouvre sont seuls antiques; en outre, au bae-reUef qui ocoape le milieu du monument, une partie

GALERIE DES STATUES

du haut du corps de chacune des deux figures viriles; le bras droit de la statuette (jui se trouve dans la niche droite, la colonne placée à gauche de cette statuette, plnslenra morceaux des autres colonneB. Dans la scène de chasse repré- . sentée au-dessus, il n'y a d'antique que la tête, les ailes, la main droite avec l'épée et le pied gauche de l'Amour, Icb deux x>&ittes de derrière et la patte gauche de devant de la panthère, le troue d'arbre.

La décoration de ce marbre représente en raccourci un mur, avec deux niches occupées par des statues; la partie située entre les niches est ornée d^un basrelief. Suivant toute apparence, cette plaque jointe à d'autres plaques semblables formait une frise. L'arrangement de la décoration trahit l'imitation de la peinture murale gréco-romaine, <.|ui aime à représenter sous hi forme d'une frise des sujets nnnlogues. Dans le bas-relief central, on voit Ariane end >rmie; elle y est traitée de la même façon que dans la statue n. 214. Devant elle, Thésée, qui abandonne son amante , met déjà le pied gauche sur l'échelle de son navire; au-dessus est figurée la personnification de l'île de Naxos. Le personnage masculin, vêtu d'une nebris, qui se tient debout derrière Ariane endormie et cj^ui la contemple, est très probal)Iement Bacchu& (Dionysos) qui arrive pour emmener sa fiancée, et non point un Satyre faisant partie du cortège du dieu. Dans la niche gauche le restaurateur a placé une statuette de Bacchus. Il est pourtant très clair qu'un Satyre ferait beaucoup mieux pendant à la Bacchante qui occupe la niche droite. La corniche qui court le long du bord supérieur de la plaque de marbre repose à ses deux extrémités sur un sphinx ailé et sur un appui en forme de cône. Entre les cintres des deux niches. Ton voit*UB Amour levant le bras pour frapper de son épée une panthère qu'il poursuit.

De Fabris, Intomo ad un bassorilievo antico isppr. Aiianna abandonata da Teeeo, Koma 1845. Cf. Jenaer Literaturzeitung. 1846 p. 76, p. aoi et fiuiv. O. Jaka, Aroli. Beitrage p. 281.

217 (419) Statue cuirassée avec une tete de Lucius Verus.

Trouvée à Castro nuovo ( près de Civita Ver cliia). Restaurations: les exti'émités le troue d'arbre, la plinthe.

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La statue, dunt faisait partie le torse, date, Bembie-tiii du premier siècle de Tempire. Sur la cuirasse ou voit: en haut une tête de Crorgone, au milieu une Victoire tenant une palme et une come d'abondance et de chaque côté un trophée, au pied duquel est agenouillé un barbare yaincu; à la partie inférieure la femme couchée, qui porte des fruits tians un pli de ison vêtement, représente la terre; à ce point de vue elle a la même sigmiieatiou (|ue la ligure de iemme qui lui correspond sur la cuirasse de la statue d'Auguste n. 5. On a adapté à ce torse une téte de Lucius Yerus (f 169 ap» J.-C), qui se trouvait jadis à la villa Mattei , et qui est un des meilleurs portraits que nous ayons de PépcMpie des Antonios. La physionomie sombre et soui'noise (jui caractérise L. Verus y est parfaitement rendue. La manière dont les cheveux et lu lirii hc sont traités nuuri indique avec <|uelle habileté let* scuipteui's de cette époque savaient maniei* le trépan.

Vigronti. Mus. Pio-Cl. II, 60 (cf. l p. 265 note 1). J»i«tol«w V,

Clara<- V, pl. 957 u. 2462. Cf. Wolrkers Zeitsrbrift p. U7. lionner Studien (Beiiiu 18d0) i». 12. BeriiMulli, Rbiu. ik<>ui>grapliie 11 tî p. 206 n. 2.

Presque au milieu de la galeriot entre la statue de Paris n. 188 (255) et le groupe des Niobides n. 209 (401).

218 (421> Urne cinéraire en alb&tre d'Orient.

Trouvée en 1777 sous U malsoii qui ftlt te coin du Corso et de la plaoe S. Carlo, en face de la Via délia Craoe. Besteurations: quelques morceaux des anses et de la pUathe.

Cette urne de fonne élégante est en alb&tre jaune couleur de miel, rayé et opaque ; suivant Pline (n. h. 86>

61^ c'est la variété la plus estimée de cette pierre. Oe ij[ui lui duime un intérêt tout particulier, c'est qu'eu même temps et à la même placer on n trouvé six inscriptions. Trois d'entre elles sont des épitaphei>. L'une mentionne Livilla, la plus jeune des filles de Germanicus, qui fut tuée sous le règne de Glande à l'instigation de Messaline (Corpus inscr. lat. YI, n. 891 : ce texte a été encastré dans la base de la prétendue statue de Flora, qui se trouve dan» la Galerie des Statues, miméru 410 du Musée); la

GALERIE DES STATUES

5S«conde iiommo Tiberius (lemellus, ce petit-fils de T empereur Tibère que Caligula fit tuer fC. I. T.. VI, ii. 892 : Toir la base de la statue armée à laquelle est adaptée une iéte de L. Ver us, n. 217: numéro 420 du Musée); la -troisième, dont il ne s'est conservé que le dernier mot Vespastani (C. I. L. VI, n. 893 ) mentionne soit réponse de Yespasien DomitiUa, soit Flavius Clemens Vespasianus, petit cousin de Domîtien . (jne cet empereur fit tuer vers la fin de sou règne. Les trois autres inscriptions nous apprennent ([ue trois fils de Germanicus, morts dans un Age encore tendre, furent brûlés à cette place (C. I. L. Vï, nrs. 888 — 890: ces trois textes ont été encastrés dans les bases des statue» qui se trouvent dans cette même •galerie bous les numéros 248, 408 et 417). Elles prouvent ^^ue le terrain, oii Ton a découvert tous ces monuments, •était compris dans la partie du ('hamp de Mars, où l'on brûlait les corps des mrnibies de la taiiiill»^ impériale <bustum Caesanmi f. 11 est difficile de dire avec certitude pourquoi les cendres de Tiberius Gemellus et de Livilia, qui tous deux appartenaient à la gens Julia, ont été placées non pas dans le Mausolée d'Auguste, qui était le tombeau de famille des Julii, mais dans une partie voisina; du Champ de Mars. On peut croire qu'il en fut ainsi, parce qu'ils avaient encouru la disgrâce des empereurs leurs parents, et qu'ils avaient été dès lors considérés comme exclio de In famille T/urne d'albâtre ayant été trouvée dans le voisinage immédiat de l'épitaphe consacrée à Livilia, il est très possible qu'elle ait contenu les cendres •de cette fille de Oermanicus.

Vlftoonti, Mus. Pio-Ct. VIT, dO. Cf. Braun, Rninen und Mnaeeii

\K 301 n. 106. Pour les iiisciiptions, voir; Sitziingsberichte der fierliaer Akadeniie der WjU&enechafteu 1880 p. 1155— 115<ï, p. 11&8.

Les Chambres des Bustes*

Première chambre.

A droite sur la console du bas:

219 (278) Téte prétendue d'Othon.

Restaurations : le nez. la lèvro iuféi ioiire, nn morceau de l'oreille gauche, la plus grande partie de l'oeciput. Le buate d'albâtre est antique mais ne 8e rapporte pas h la tête.

Cette tête rappelle par sou profil comme par 1 expression sensuelle de la physionomie les portraits d'Othon reproduits sur des monnaies. En outre l'on peut reconnaître dans la coiffure la perruque que, d'après Suétone (Otbon, 12), cet empereur portait. Néanmoins il me paraît douteux que ce buste soit un portrait d^Othon; le style indique au plus tôt la fin du deuxième siècle ap. J.-C, et il est difficile d'admettre qu'à cette époque Ton fît encore des porti iiits de cet empereur.

Bernoulli, Riim. Ikouographie II 2 p. 8 — 9, Fig. 2, Cf, Braun, Kainen and Museen p. 35U u. 99.

220 ^211 Tête de Néron en Apollon Citharède.

Kestauratiuns: le nez, quelques iiiorct^aux des lèvres, des ]>aupières, des joues, de la courouue de laurier, les rubauti (|iii pendent de la couronne sauf leurs extrémités anpéideurear le con, le bnste.

Néron se comparait volontiers à Apollon pour son

liabiletc à jouer de la lyre: aussi est-il représenté ici en Apollon. L'artiste s'est acquitté avec beaucoup d'adresse d'une tâche, qui n'était peut-être pas isans danger pour lui. Il a beaucoup idéalisé les traits de l'empereur et leur a donné le plus de ressemblance possible avec ceux de la divinité, sans cependant leur faire perdre complètement

leur caractère indiviiluul. J.a coiffure est celle qui caractérise toutes les statues d'Apollon Citharède; au milieu de la couronne qui ceint la tête, est une pierre précieuse, comme dans beaucoup de représentations de ce dieu (voir par exemple le n. 267).

Vifloonti, Mua. Pio-Cl. VI, 42. PistoleBi Y, 4& Bernonlli, Hâm, IkonograpMe II 1 p. 392 n. 5, p. 893, Flg. 56.

221 (275) Téte d'un sonrentin heUéniftiqiie âgé.

Bestoaratioiis : le nés, l'oreille gandie, le cou et le buste.

Cette tête de vieillard est ceinte d'une couronne de pampres, qui donne au personnage ici représenté le caractère de «nouveau Bacchus» (vio^ Aiévuaoc)) et d'un diadème, qui, suivant toute apparence, était en or et orné d^une couronne figurée par des ciselures. L'on voit en général dans cette tête un portrait d^Auguste âgé. Mais sa )*688emblance avec les portraits absolument authentiques de cet empereur n'est que superficielle. Il est encore moins possible de l'econuaître une image de César dans le camée qui occupe le milieu du diadème. Je crois même qu'on ne peut pas décider si ce camée fort abîmé reproduit un type idéal ou est un portrait. En tout cas il n'y a pas de buste ou de statue d'empereur romain qui soit décoré, comme la tête du Vatican , de symboles bachiques; d'autre part ni Auguste ni aucun autre des premiers eni])ereurs n'est re])résenté avec un diadème. Enfin les eiiets de 1 âge sont rendus sur cette physionomie avec un naturalisme très Un, qui contraste nettement avec la correction académique^ dont les artistes se souciaient par dessus tout à l'époque des Julii, lorsqu'ils faisaient des portraits d'empereurs. Au contraire, tous les détails de cette tête, la couronne bachique, le diadème et le style nous indiquent qu'elle est le poj-tr<iit d'un Ttolémée, d'un Séleucide, ou de quelque autre souverain de 1 époque heilenis tique,

Viflconti, Mus. Pio-Cl. VI, 40. Bemoiilli, Ouvr. dté II 1 p. 30

n. U, Fig, 5, p. (î-l— G5. Romische Mittheiln ngen VT 1891 p. 318— 319. Snr le vioç Aiôvusoç: Ludera, Die dionysisclien KuuBtler p. 74, Amn. 135.

VATICAN

222 (274) Tète d'Augiifte.

Autrelbifl à la Tilla Mattei, acc^uise sous Cléiueiit XIV. Bwtauratioiia: le nez, quelques moroeaux des lèvres» du menton et de la couronne d'épis, le boste..

L'empereur est ici représenté dans un âge avancé, avec une couronne d'épis de blé, insigne de la confrérie

des Arvales. dont il iai^ait partie.

ViÉsronti. Mufi. Pio-Cl. VI. 31» (cf. T, p. 237 note *). PistolesiV, Ait. .Bevnoulli, Oiiw. cité II 1 p. 30 n. 15.

La tête suivante forme un contraste intéressant avec ce portrait d'Auguste déjà vieux.

223 ( 273) léte d'Oetave jeune.

Trouvée dans los fouilles, que le consul anglais R. Fagan entreprit k Ostie en 1818. Restaurations: le bout dn nez, qnelqueë paities des orelUes, le buste»

Octave est représenté à Page intermédiaire entre Fenfance et l'adolescence. Sa tête dénote une constitution délicate, mais une intelligence supérieure et une volonté

énergic|ur. dont pourtant Tactioii semble entravée par une prudence rélleLliif , qui frise presque la tiniidite. 11 n'y a pas trace aur cette physionomie de fraîcheur juvénile. L'on y voit au contraire combien l'esprit de cet enfant a été mûri dès son jeune âge par la pensée de l'avenir aussi brillant que périlleux, qui l'attend. Le travail de cette tête, fin maïs un peu sec, produit une im23ression toute particulière de tVuideur, qui correspond parfaitement au caractère de la physionomie.

Nibby, Museo Chiaraïuonti 11, *2<>. Baumeister, Deukmâler des kl. Altertums J, p. 227 Fig. 17». Cf. Beraonlli, Ouvr. cité II 1 p. -.'H u. p. (12- 01.

A droite, sur la console d'en hautt 22à i285) Buste de Marc-Aurèle.

Trouv»'» dans la villn d'Hadrien près de Tiv(di. Restauratioihs; nez, (iuel<ineb parties de la clievelure et de la

drR]MM-ir.

C'est un des meilleur» portraits de cet empereur, uiiilgré la minutie exagérée avec laquelle les cheveux et ia barbe ont été travaillés au trépan.

CHAMBBËS DES BUSTES.

Vitcoiiti, Hus. Pio*01. VI, 50. Piitoleai V, iO. Cf. Bi»ub, Bnlneu imd Maseeu p. S55 H. 95. BemonlU, Rom. rkonograptiie U *î p. 168 n. U,

225 (287j Téte de Commode.

liC buste est antique, mais ne se raccord c pas avec la tête, (pli fut doîinfV au paju' Clément XJV par lo prince Doria-Famlili. Restaurations: le nez, un morceau au-âeasus fie Fceil droit, quelques parties des oreilles.

Vitioouti, Muô. Pio-Cl. VI, 51, 2. Nibby. Museo CUiaramouti ii, 42. C f. BernouUi, 0. c. II t p. 230 u. 5.

226 (292) Buste de CaracaUa.

Trouve dans le jardin du cardiuai Fit) Ridolfo de Carpi, jardin qui appartint plus tard an Conservatorio delle MendioanU (derrière la basilique de Constantin). Bestaurations : le noE, Tareade sourcllUôre droite, quelques morceaux des OT^es, presque toute la poitrine.

Comme plusieurs répliques exactement pareilles de ce buste se sont conservées, nous devons y voir le portrait

approuvé par l'empereur lui-même et en quelque sorte oiiiciel. Cette tete nous montre une fois de plus (v. nr>:. 57, 309) à quelle hauteur l'art du portrait se maintenait encore au IIÏ® siècle ap. J.-C. Caracalla (f en 217 ap. J.-C.) né à Lyon d'un père africain et d'une mère syrienne unissait en lui la férocité africaine et la fourberie syrienne avec la frivolité et la forfanterie gauloises. L'artiste a merveilleusement rendu tous lef^ traits de ce caractère. L'expression féroce de la pbyj^ioiioiiiic . dont CaiacaUji était très fier, est reproduite sur ce buste avec une vérité effrayante. Le cou est tourné avec aiiectation vers l'épaule gauche, parce que cet empereur prétendait imiter Alexandre le Grand, qui avait le cou légèrement de travers.

Yisconti, Hus. Ho-CL YI, 55. Pistolesi V, 48. Cf. Braun, Bnineu nnd Museen p. 355 n. 96.

Par terre, sur le seuil:

227 (^291 Lj Fragment d'un groupe, le bras gauche de

Pairocle avec la main gauche de Ménélas.

Voir plus bas n. 240.

Anu. deir Inst. 1870 Tav. d'agg. B 4, 5, p. 7î», p. 95.

VAUCAK,

A ^anohe de l'entrée de la seconde chambre, 6ur la

console du bas :

228 (d7ô) Téte idéale de jenne fiuiime.

BeetauTatlons : le bout du nez, et la plus grande partie des bondes de chevenx qni tombent

L'on prétend reconnaître dans ce buste un type délais,

où la physionomie sévère qui caractérise habituellement cette déesse aurait été adoucie, et où la fleur de lotus placée d'ordmauo au-dessus du front aurait été traus* formée en une touffe de cheveux.

Yisoonti, Uns. Pio-Cl. VI, 17, 3. Fietolesi Y, 47.

229 (^376) Tôte colossale de Pallas.

Jadis au château Saint- Ange. Restaurations: le npz, quelques éelat*=' à la lèvre supérieure et aux oreiUefl, dea X^artlea assez considérables du easque, le buBte.

Ce type, qui ressemble beaucoup au type de la Pallas de Yelletri, paraît avoir été dérivé à une époque postérieure du type idéal, que nous connaissons surtout par la Pallas Giustiniani (n. 51). D'ailleurs notre Pallas a de

commun avec cette statue les têtes de bélier qui ornent la visière du casque.

ViBconti. ISIus. Pio-Cl. VI, 2. : Opère varie IV, p. ;JHu n. 17S. Braun, Vorst iiule T. 58. Cf. lirauu, Kuinen und Museen p. 340 u. 83. — En ce qui concerne la Pallas de Velletri : Friederiche- Woltere, Baustelne n. 1483, 1434.

Au-dessous de la fenêtre voisine:

230 (377 J) Fragment d un groupe; le pied gauche do

Patrocle mort.

Voir plus bas n. 240.

Ânn. deU' Inst. 1870 Tav. d'agg. B 3*

Kntre les deux fenêtres:

231, 232 (382, 384) Partie antérieure d'un thorax; corps humain ouvert

Ces deux objets comme d'autres semblables en terre cuite paraissent avoir été consacrés & quelque divinité de la médecine. Ils ne donnent pas une idée favorable des

connaissances anatomiques de ceux qui les ont fabriqués. (Jhaque côté du thorax est formé de treize cotess, tandis qu'en réalité l'homme n'en a que douze. — Dans l'autre morceau, les poumons sont trop petits, restomac est trop grand, le cœur est trop long et trop mince; en outre il est droit, au lieu d'être incliné à gauche ; le diaphragme a été oublié. D'après un anatomiste distingué, Fauteur de cette sculpture a tout simplement pris pour modèle les poumons et le cœur d'un aguetiu, tels qu'on les voit, aux étal>^ de bouchers, suspendus à un crochet par la trachée-artère.

Bull, deir Inst. 1844 p. 18—19. Cf. Braan, Bnineii and Mnseen. p. 341 n. 84. Bull. deU' lust. 1885 p. 147—149.

233 (383) Buste en porphyre de Philippe le Jeune.

Autrefois chez les Barberini; acquis sous Clément XTV.

L'emploi du porpliyre dans les œuvres plastiques de style libre est un signe évident de la décadence de l'art, i) une part en eiîef il est à peu près impossible d'obtenir un modelé tant soit peu détaillé avec cette pierre très dure, qu*il faut travailler au poinçon, grain par grain en quelque sorte; d'autre part Timpression que produisent les formes de Tœuvre est troublée par le miroitement de la surface poUe, et pourtant il est nécessaire de polir la matière, si Ton veut tirer parti des qualités du porphyre. A lioMie nous rencontrons |H>iir la première fois des statue!^ en purpiiyre sous le i t gne de l'empereur Claude. Ces statues furent envoyées dans la capitale de l'empire par un gouverneur d'Ëgypte; mais elles n'y eurent pas de succès. Jusqu'à Tépoque d'Hadrien le goût public, au moins pour la sculpture, resta plus ou moins fidèle à la tra* dition classique. Ce fut sous les Antonîns que la mode se répandit d'employer des pierres rares et coûteuses, sans que l'on se préoccupât d'ailleurs de savoir si elles étaient propres à la sculpture; dès lors le porphyre servit de plus en plus pour les statues, les bustes et les ornements d'ordre architectural.

Notre buste représente Philippe le jeune qui, en 244 ap. J.-C, à peine âgé de sept ans, fut proclamé César par

VATICAN

son père, puis, à l'âge de treize ans, tué en même temps <ju< lui (249 ap. J.-C.). La poitrine est trop étroite; la tète est mieux réussie. On y reconnaît la profonde mélancolie de ce jeune César qui^ d'après la tradition, ne souriait jamais, parce qu'il songeait toujours à la mort, et qu'il la sentait prochaine. Dans l'agrafe, qui retient le palliiun sur répaule droite, existe un trou rond, qui contenait Jadis évidemment une pierre précieuse.

Visnonti, Mua. Pio-Cl. VT, r)î» (dans ce même ouvrage, p. 228 et suiv., sont réunies piusi^urâ uoticea sur TuBage du porphyre eu Bcnlpture); Iconogra[>hie romaine HT p. 161, pl. 55 n. 4, 5.

Sur le sol :

234 (384 B) I^ragment d*nn groupe, les jambes de Patrocle

mort.

Voir plus bas n. 240.

Viscouti. Mus. Pio-01. VI, IJ». l'euna . ViaL^-^io ])ittori(M> délia villa, Adriaua ÏV, yti. Aun. dell* iust. 1870 Tus. «l'agg. H i, .1, p. 7*J, p. 95.

Près de Fentrée de la Galerie des Statues:

235 (388) Oronpe: portraits d'an £omain et de sa femme.

Autrefois à la vilU Mattei, aoqnis sous Clément XIY.

Ce oionpe n'est pas travaillé sur sa tace postérieure: il ('tait donc placé dans \mo cle ces niches (jUcidrangulaires, t^uc l'on ménageait très souvent au milieu de la t'aeade des tombeaux romains. Comme la coiffure de la i'emmo ressemble à celle des portraits d'Antonia, épouse du pre* mier Drusus, et d'Agrippine, femme de Germaniens, rœuvre que nous étudions date des premiers temps de Tempire. Ce qui ooniirme cette opinion^ c'est que dans la draperie les t oup-s de ciseau sont encore très visibles: c'est là un procédé qui rappelle la manière dont ou travaillait le marbre sous la république [Yoir n. 499). Niebuhr avait pour ce groupe une grande prédilection; il trouvait que le caractère romain s'y exprimait dans toute sa pureté; c'est pourquoi Sohwanthaler, dans le tombeau de Niebnhr et de sa femme au cimetière de Bonn, disposa

CHAMliKEiS DES BUSTES.

les bustes dos deux époux comme iln le sont d^m notre » groupe* Ën fait on peut voir dans cette sculpture le type idéal d*un antique couple romain du meilieur aloi. La figure aux arêtes vives et sillonnée de rides du mari révèle un père de famille actif, prévoyant et économe; ^on lame front indique une volonté ferme et une intelligence pratique; mais il serait difticile d'attribuer à cet homme ie moindre sentiment poétique. Par contraste avec la physionomie si individuelle de sou mari, la femme paraît plutôt insignifiante. Il est évideut qu^elle était beaucoup plus jeune. Il n'est personne qui ne reconnaisse en elle une épouse et une mère de famille vertueuse et fidèle. Mais son visage exprime ce qu'un ju<>*e bienveillant aj)pellerait de la réserve timide, et ce tpi un critique mal disposé nommerait de la simplicité étroite. Personne n'oserait affirmer que ce fût une femme amusante et capable de donner de l'entrain. Au reste ce caractère existe nonseulement dans ce groupe, mais encore dans beaucoup d'auti*e8 portraits anonymes, qui datent des premiers temps de Vempire. Il semble donc que les tyjjes et lei* mœurs <le l'antique Home se f^oient conservés, jusqu'à l'époque impériale, dans les couches moyennes de la société, malgré les nombreuses iniluences hellénistiques.

La main gauche de la femme est ornée de deux bagues : l'une à la phalange antérieure de l'index, l'autre à l'annulaire. Suivant Fancien usage romain le mari porte son cachet au petit doigt de la main gauche.

L'exécution de ce groupe a beaucoup de caractère. Sur les cheveux et les vêtements des deux figures, ainsi que dans les yeux de l'homme, on distingue sans aucun doute les traces d'une ancienne couleur. U est donc aisé de se figurer l'impression très vive que cette sculpture devait produire, lorsque la couleur s'ajoutait aux formes plastiques pour rendre plus parfaite encore l'imitation de la nature.

Moutuueutii Mattiitteiauji IL, T. 34 ii. 1. Viacouti, Mus. Wo-Cl. VU, 25 (cf. I, p. 2a7 note *). f&stotofli Y, 47, Cf. Braun» BuineA uad Muaeeu p. 368 n. 103. BemoulU, Rdmitohe Ikonographle I p. 186.

VATICAN

Au-deasous, par terre :

236 v384D) Fragment d'un groupe, le dos de Patrocle

mort.

Voir plus bas n. 240.

Viseoatif Hue. Pio-Cl. VI , 19. Penna, Viaggio pittoiico délia villa A li l ina IV, 92. Ann. dell' Inst. 1870 Tav. d'agg. B 6, p. 79, p. 95.

Au milieu de cette chambre, sur une colonne torse eu marbre noir africain (nero untico), trouvée à l'Aventin;

237 (293) Tète de Satyre baxtai en marbre rouge (rosso

antico).

Trouvée prés de Genzano.

Braim, Biuuen und Mnaeeu p. u. 79.

Deuxième chambre.

A droite, sur la console du bas:

238 (303) Tâte tfApoIlon.

Trouvée à Borna Veocbia sur la voie Appienne ; restanratlona; le nez et le buste*

Cette tête se distingue de la plupart des types d'Apollon, que nous rencontrons dans les Musées de Rome, par la régularité des formes, par le calme de la physionomie, par la simplicité de la coiffure ; elle doit être considérée comme la copie d'un original antérieur à T époque. d'Alexandre le Grand. Ce qui confirme cette hypothèse , c'est que les monnaies de la confédération chalcîdiquedeThrace, monnaies qui cessèrent d'être frappées en 348 avant J.-C. lorsque Philippe II de Macédoine prit Olynthe. portent une tête d'Apollon, dont le profil ressemble dans ses lignes principales à celui de F exemplaire du Vatican. Quelques taches jaunâtres sont visibles en différents endroits de la figure; on a voulu y reconnaître des traces dWe coloration primitive; il est beaucoup plus probable qu'elles sont dâes à la présence d'une certaine quantité d'oxyde de fer dans la terre au milieu de laquelle cette tête a été trouvée.

GHAMBBËS D£S BUSTES

Overbeck, Griecîiisclie KuiiBtiiiytliologie TV p. 1?»:; u. 7; Atlas XX, 6. Cf. Besclireihuiig der Stadt Rom 11 2 p. 185 n. 14. Bull, dell' Iu8t. 1880 p. 11. Fiiederichs-Wolters, Bausteine n. 1296. Pour les monnaies de Chalols: Overbeck, Onvr. cité IV, Httnztafel II, â8— 30 (le n. 29 est frappant comme ressemblance), p. 154 n. 16— 18, p. 157.

239 (307) Tête de Jupiter (Zeus) (?).

ReBtanvrttions: le nez, la paiHe inféiieure de la drapeile

qui t(»mbe de la tête, le buste.

Cette tête était autrefois considérée comme une image de Satnme (Oronos) ; ce dieu est en effet représenté habituellement la tète couverte d^un pan de son manteau et les cheveux ramenés sur le front. Mais ici nous ne retrouvons

pas la physionomie sombre et chagrine que Fart ancien prêtait à Saturne, en qui Ton voyait le souverain d'un monde depuis longtemps disparu (voir n. 375); notre tête exprime plutôt une douce gravité. Aussi peut-on se demander s'il ne faut pas admettre une opinion toute récente, d'après laquelle nous serions en présence d'une tête de Jupiter; dans quelques cas particuliers, Jupiter est repré* senté avec un pan de son manteau sur la tête et les cheveux tombant sur le front (cf. p. e. n. 379).

Viscouti, Mus. Pio-Cl. VI, 2, 1. Bi anu, Vorsehule T. 34. Muller- Wieaeler, Denkm. d. alten Kuust 11 62, 7yy. Overbeck, Kunstmytbologie n p. 251 n. S, p. 25ô, p. 582 ÂnuL 1S8; Atlas III, 2.

240 (311) léte de Ménélas.

Bestanratlona: le nés avec le morceau adjacent de la lèvre

supéiieure, le tiers gauche de la lèvre inférieure, presque tout Tœil droit, diverses parties du front, de la joue gauche,

des cheveux et du casque; le buste.

Visconti, Mus. Pio-Cl. VI, 18 (cf. Opère varie IV, p. 394 n. 215). Penna, Viaggio pittoriro dclla Villa AdiiaDa TV, 91, Pistolesi V, 47.

Ir'eudaut les fouilles entreprises à la villa d'Hadrien près de Tivoli par Gavin HamÛton, l'on trouva des fragments de deux groupes, qui représentaient Ménélas avec le cadavre de Patrocle. A l'un de ces deux groupes appartient la tête de Ménélas, dont il est ici question, et les morceaux suivants, placés dans la première chambre des bustes: 236 (384D) le dos de Patrocle; 227 (291 L) le bras gauche de Patrocle avec la main gauche de Mé-

VATICAN

nélas; 230 < 377 J) le pied gauche de Patrocle. Bu second groupe ne s'est conservé qu^un seul fragment, qui se trouve lui aussi dans la première chambre des bustes: 234 (384B) les jambes de Patrocle.

Ce groupe doit avoir été très célèbre; nous n'en connaissons pas moins de six répliques; et c'est d'uut^ de ces répliques que faisait pai^tie le fragment de Ménélas du

palais P>raschi, connu sous le nom du Pasquin, On se rendra compte de la composition en examinant le projet de restauration ci -joint (Fig. 12). Un guerrier barbu laisse glisser sur le sol le cadavre d'un de ses jeunes compagnons pour se préparer à reprendre la lutte contre les ennemis qui le poursuivent. Les deux héros ainsi représentés sont appelés tantôt Ajax et Achille, tantôt Ménélas et Patrocle. Cette dernière interprétation est évidemment la vraie. Dans toutes les répliques^ où s'est conservé le tronc du cadavre, l'on voit une blessure au ventre non loin des côtes; le fragment 236 (384 D) en montre une seconde entre les deux omoplates. Or dans rniade (XVI 80(>, 821) Patrocle est blessé par Euphorbe dans le dos, par Hector au bas -ventre; il en résulte que dans notre groupe le guerrier qui est tombé est Patrocle, tandis que celui qui emporte le cadavre est Ménélas. D'ailleurs l'expression soucieuse qui caractérise la physionomie de ce dernier ne conviendrait nullement à l'aîné des Ajax y que la légende nous fait connaître en toute circonstance comme un héros inflexible et d'un courage inébranlable.

Si l'on en juge d'après le mouvement des deux ligures comme d'après le caractère naturaliste, qui se retrouve

plus OU moins accentué dans toutes les répliques, ce groupe n'a pas été créé avant l'époque d'Alexandre; il date, semble-t-il, de la période des Diadoques. Par la stractnre du crâne, par la manière dont la peau et les ciheyeiix sont traités, la tête de Ménélas présente nne ressemblance frappante avec le Laoeoon (n. 153) et avec un type de Centaure qui appartient au même développement de la sculpture grecque (n. 117, 512). Des deux groupes trouvés à la villa d'Hadrien, celui dont on a conservé plusieurs fragments était un ensemble d'un moins bon travail; l'autre au contraire, dont nous n'avons qu'un seul débris, les jambes dePatrode n.234 (384 B), était une œuvre de premier ordre. Il faut remarquer avec quel naturel et quelle vérité l'artiste a rendu Tengourdissement de la mort, et comment il a su distinguer la peau dure qui enveloppe les talons et qui se trouve à la naissance de l'orteil, de la peau plus tiue qui passe sous la courbe du pied. Chaque coup de ciseau témoigne d'un sentiment si fin que rien n'empêche de voir dans ce fragment un reste du groupe original.

La bibliographie esL iudiq^uëe bous le uaméro de chacua des fragments. Cf. Ann. deU'Inat. 1870 p. 75 et sniv. Kekulé, Bas akademlsehe Kunfltmuseum zu Bonn p. 60 n. 248. Friederichs- Wolters, Bansteine n. 1397, 1398. Loewy, Lyaipp und Beine SteUnng •in der griecli. Plastik p. 30.

A droite sur la console du haut:

241 (298) Buste colossal de Sérapis, en basalte.

Autrefois propriété des Mattel; acquis sous Clé meut XIV. BestanrationB: le née et plusieurs parties des olievenx et de la iMurbe.

L'on ne sait pas encore avec certitude si le culte de Sérapis était célébré en Egypte avant l'époque des Diadoques, ou s'il y a été introduit pour la première fois soit par Ptolémée Soter soit par Philadelphe; Ton ignore également si le type de statuaire , qui représente ce dieu sous des traits helléniques, a été composé à Alexandrie ou ailleurs. En tout cas, comme ce type implique Vexistence d'un type idéal de Jupiter qui apparaît à peu près vers

Hblbio, Guide I.

VATICAN

le déclin du IV^ siècle, il faut en conclure qu'il est une

des dernières figures divines que Tart grec ait créées. Confoi mémciit aux idées religieuses qu'il exprime, ce type procède d'une part du type de Jupiter dont il est question plus haut, d'autre part du type dePluton(Hadès). La physionomie ressemble à celle de Jupiter; mais on y retrouve un mélange de tristesse et de douce bonté. Dans les images, qui sont faites en basalte noir, c'est habituellement l'expression de la tristesse qui domine ; au contraire dans les répliques de marbre blanc (v. n. 304), la bouté et la douceur l'emportent. Les cheveux qui tombent sui* le front et la tunique dont le buste est revêtu sont empruntés au type d'Hadès ; le modius placé sur la tête est par excellence un symbole des divinités de la terre.

Moimme&ta Hatthaeiana II, T.I, 2. Visconti, Mua* Pio-Cl. VI, 14 (cf. I, p. 287 note *>. Overbeck, Kunstmytliologie n p. 310 n. 11. Cf. Braun, Huinen and MuRpen p. 338 n. 80. Journal of lieU«iiic fitudles YI (1885) p. 289 et suiv.

A gauche sur la console du bas:

242 (346) Tète eolosaale d*H6r6iile (Héraelèa).

Trouvëe prés de Saint-Jean de Latran, en même temps qu'une petite colonne qui supportait un objet consacré à Hercule, comme nouB rapprend une ineoription qui y est gravée (0. I. L. YI 1 n. 802). Nous pouvons en conclorct

qu'il y avait en ce lieu un sanctuaire d'Hercule. Restaurations: le bout du nez, un morceau de la lèvre inférieure avec les boucles voisines de la barbe, quelques éclats dans le bandeau qui ceint la tête, le buate.

Ce buste d'une exécution médiocre, orné du baudeau qui caractérise les athlètes vainqueurs, a dans ses lignes principales un air de famille incontestable avec le Jupiter d'Otricoli (v. n. 294); mais la physionomie exprime moins d'intelligence et plus de vigueur physique. Il y a les mciîies rapports cutre notre tête et les types plus anciens d'Hercule (Héraclès) qu'entre le Jupiter d'Otricoli et les images antérieures de ce dieu. Il est donc très probable que le type d'Hercule reproduit par ce buste date du

biècle, comme le type plus récent de Jupiter dont la tête d'Otricoli est une copie.

CHAMBKES DES BUSTES. 163

Viscoiiti, Mua. Pio-Cl. VI, 13, 1. Cf. Braiiû, E,umeii uuti Muâeen p. 340 n. 8S. BoBober, Lezikon der grieolL» jl rôm. Mythologie I p. 2169—2170.

Dans le cabinet situé à gauche de la secunde chambre :

243 (352) Statne d'une matrone priant.

Ti^uvée dans la basilique d'Otricoli en même temps que la Btetae d'Auguste n. 319. Restaurations: des parties de la cheveliire et du manteau qui reoouyie la tdte, le nés, les léTTes, le menton, quelques moroeaux des joues, les avant-bras.

Si Ton examine les parties conservées des bras, on

reconnaîtra que le i ebta,ui a,teur a eu raison de donner aux avant-bras la pose qu'ils ont habituellement dans la prière. H est impossible de voir Livie dans cette statue; sur les portraits certainement authentiques de cette impératrice, la physionomie est tout h fait différente. Mais comme on a trouvé dans la basilique d'Otricoli deux statues d'Auguste (n. 193, 319; voir aussi n. 395), il est possible que notre figure représente un membre de la i'aniiile impériale et du la gens Julia.

Yiseonti, Mus. Pio-Cl. II, 47. Olarao V, pl. n. 2342. Beruouiii, Komische Ikonographie II 1 p. n. 4. Sur les portraits authentiques de Livie, voir: Rdmisehe ICitthettungen n (1887) p. 3—18.

 gauche, sur la console du bas, près de la porte qui mène à la Loggia scoperta:

244 (003) Tête de Junon (Héra).

Restaurations: le nez, un morceau de la lèvre inférieure,

le buste.

Parmi les images connues de Junon (Héra), le buste colossal en marbre, qui se trouve au Musée de Naples, paraît être celui qui se rapproche le plus du type idéal de cette déesse créé par Polyclète. La tête du Vatican procède du même modèle que le buste de Naples ; mais le goût artistique d'une époque postérieure a atténué la sévérité des formes et de l'expression, qui distingue ce buste.

Pistolesi V, 60. Cf. Beschreibuug der Stadt Rom II 2 p. 192 n. Hf). Ann. delV Inst. 1H64 p. 298. Overbeck, Kunstmythologie III p. 78 u. la. En ce qui coucerue le buste de Naples: Mon. delP

Inst. Vlii, 1; Alla. 1884 p. 297 et suiv. Overbeck, Kunfitmytiioloi^e m p. 63 et 8itly.| p. 71 n. l, p. 195 et sniy., Anm. iLO et suiv. ; Atlas IX, 1, 2.

Troisième chambre.

245 (326) Statue de Jupiter (Zens) aens.

Antrefola an palaia Veroepi H n'y a d'anttiiue que la partie sapérieore dn ooips jiusqa'à la drapeiie qui recouvre

les jambes; et même dans cette partie ont été restanrt^a le nez, quelques morceaux de la eliovelure, l'épaule gauche avec presque tout le pli d\i mauteau qui la couvre, les deux bras. Néanmoins, dau£ sou eusemble, la statue paraît avoir été restaurée ezaotement, si Ton en juge d'après les parties conservées et d'après les analot^ies que présentent avec elle d'autres Images de Jupit' i-. En tout i fis If^ f^p^to de la main j^auche, qui saisit le sceptre à une très grande hauteur, est justiflé par le soulèvement très marqué du côté gauche de la poitrine. Hais Ton ne sait pas si- la main droite t^ait un fendre, on si elle s'appuyait sans attribut sur la onisse. Comme le travail de la statue est médiocre, on peut se placer d'assez loin pour l'examiner; l'effet produit sera plus considérable.

Pendant longtemps on a cru que cette statue avait des rapports étroits avec le Jupiter Olympien (Zeus) de Phidias ; cette opinion n'est plus admissible depuis que nous con* naissons mieux Vart de la grande période attique et que

nous pouvons nous figurer avec plus de précinion l'œuvre de Phidias, grâce à des monnaies d'Elis, dont Tune porte la tcte de Jupiter Olympien (voir i)lus bas n. 294, Fig. 14), et Tautre la statue tout entière (Fig. 13). Nous savons aïgourd'hui que le Jupiter de Phidias était plus simple, plus calme et plus majestueux que le type reproduit par la statue du Vatican. La tête n^était point penchée en avant ; elle était droite, comme en général dans toutes les images de divinités qui furent créées pendant le cinquième siècle avant J.-C. (voir n. 301). La main gauche saisissait le sceptre plus bas. Le bras droit était tendu en avant et portait une Victoire (Nikè), qui présentait une bandelette (taenia) à Jupiter. Ce n'était pas seulement un petit pli du manteau qui retombait sur Tépaule gauche; le manteau lui-même recouvrait de ses plis nombreux et répaule et toute la partie supérieure du bras. La phy-

sionomie du visage, rarrangement des cheveux et de la barbe étaient moins agités; — c^est là un détail sur lequel nous reviendrons avec plus de développement à propos du Jupiter d*Otricoli (n. 294). Sans doute le type reproduit par la statue du Yatioan dérive dans ses parties essentielles du modèle idéal créé par Phidias; mais ce modèle a été développé et modifié dans l'art postérieur.

Fig. 13.

La majesté sereine, qui domine dans les œuvres de la grande époque, ne convenait plus au goût public du lY® siècle, et Fart en vînt à modifier le type idéal conçu par Phidias, pour satisfaire les contemporains habitués à des physionomies moins calmes. Ainsi se développa peu à peu ce type postérieur de Jupiter, qui jouissait à l'époque romaine de la faveur universelle, et qui fut employé presque seul pour représenter le père de^ dieux.

Visconti, Mus. Pio-Cl. I, 1. Millier- Wieseler , Denkm. der alten Kunfit II T. I, 7. Pour tout le reste, voir Overbeck, Kunstmytho» logie II p. 88 D. 20, p. 115 n. 1, p. 117, p. 571 Anm. 88.

VATICAN

A droite, sur la console du bas :

246 (320) Petite tête de Pan wn» barbe avec de petites

cornes et des oreilles pointues.

Keâtaaratious : le bout du nez, le menton, le buste.

Sur ce type, voir plus bas n. 389.

BeschreibuDg der Stsdt Rom n 2 p. 198 n. 97.

247 (321) Buste de Silène avec des oreilles de porc.

Appartenait aatreibifl à la faoïille Mftttei. BestaoïatioiL:

le bout du nez.

Ce buste dont le travail a beaucoup de caractère représente un Silène, dans la figure duquel les parties animales sont imitées non pas du cheval comme d'ordinaii^e, mais du porc; si l'artiste a ai^â ainsi, c'est sans doute

parce que, à ses yeux, ce dernier animal pouvait très bien

symboliser l'ivresse ordurière. Tson seulement les oreilles

de Silène ont la foi"me des oreilles du porc, raaib encore

Fensemble du visage rappelle la tête des animaux habillés

de soies; la partie supérieure rst fuyante, tandis que le bas

de la figure se projette fortement en avant. PlusienrB

petits bustes analogues de Silène, en terre cuite, ont été

trouvés près de Curti (S. Maria de Oapoue) au milieu d'une

série d'ex-voto, qui descend jusqu'à la fin du troisième

siècle avant J.-C; il faut en conclure que ce type de Silène

était déjà connu à l'époque hellénistique.

MoTiumputa Matthaeiana II, T. 6 n. 2. Visfonti, Mus. Pio-CL VI, 9, 1. PiBtolesi V, 53. MUller-Wieseler, Denknialer der alten Kunst II T. 41, 495. Cf. Beschreibong der Stadt Bom U 2 p. 193 n. 101. Aim. àell' Inst. 1877 p. 231.

A gauche, sur la console du haut:

248 Téte colossale d un barbare captif.

Re.stanratioDB : les deux arcades fiourciUiéreS| le nez, la lèvre inférieure, le oou.

D'après le type de son visage comme d'après son haut bonnet pointu , ce barbare semble être un Farthe ou un Arménien. L'extrémité de son bonnet n'est point repliée ; elle se tient droite comme dans la tiare des rois de Perse; aussi peut-on supposer que cette tête est le portrait d'un

CHAMBRES DBS BUSTES

roi. Le style et surtout le procédé mécanique employé par Tautear pour figurer les pupilles indiquent Tépoque des Antonins. La tête a été, dit-on, trouvée dans le voisinage de Tare de Constantin; Von en a conclu qu^elle avait fait partie d*une des statues de Barbares qui ornaient ce mon liment. La date, que nous venons de lui assicrner, n'est pas en contradiction absolue avec cette hypothèse ; car l'architecte, qui construisit cet arc, fit servir à sa décoration aussi bien des sculptures enlevées à un ou plusieurs monuments de Tépoque de Tr^Jan que des statues provenant d'un édifice construit sous les Antonins. Mais à ceux qui prétendent que la statue, dont provient la tête du Vatican, faisait partie de la décoration sculpturale de l'arc de Constantin, on peut objecter que cette titatue est eu mar1>rn blanc, tandis que toutes les figures de Barbares qui ornaient Tare étaient en marbre coloré de Phrygîe (paonazzetto ; voir n. 411). Sous Constantin le public s'intéressait bien davantage à la matière dont les statues étaient faites qu*à leur forme artistique, et il paraît peu vraisemblable qu'il eût supporté une telle dissonance dans un groupe de statues, dont les unes auraient été en marbre coloré et les autres en marbre blanc.

Fea, Xuova desniziono dei monumenti anticlii contenutl nel Vati^'ano e uel Campidoglio p. 105. Beschreibung Roms II 2 p. 11^4 n. loy. Braan, Ruineu und Museen p. 357 n. lUO. Sur la décoration sculpturale de Tare de Constantin: Rômiscke Mittbeilangen IV (1889) p. 314 et sniv.

Sur la console du bas:

249 (338) Tête d'un Diadoque.

Refitaurations : io nez, los oreillps. la plus grande partie des lèvres, un morceau de la joue gauche, le buste.

Le style de cette œuvre trahit la période des Diadoquesj la tête est ceinte d'un diadème, insigne de la dignité royale; les trous encore visibles à la partie an^ térieure du crâne ne peuvent avoir servi qu'à ajouter au marbre deux petites cornes en métal: de tous ces détails il résulte que notre tète est très probablement le por-

VATICAN

trait fort idéalisé d'un .souverain hellénistique, auquel la présence dos cornes dorme le caractère d'un a nouveau Bacchus» (voir n. 221). Nous retrouvons ce symbole par exemple dans les portraits de Démétrius Poliorcète et de SéleucuB I Nicator. La tête du Vatican rappelle par aea formes principales un bronze trouvé à Hercolanum, dans lequel on a vu avec beaucoup de vraisemblance une figure Jt Démétrius Polioicète. Mais il ^seiait téméraire de reco 11 naître le même personnage dans le marbre du Vatican et dans le bronze d'Herculanum ; le premier est trop mutilé pour que Ton puisse comparer sérieusement les deux profils.

Beschreibiing der Stadt Rom II 2 p. 185 n. 24. Rômisclie Mit* theilungen IV (188ÎV) ]>. liXÎ Aiim. 1. Sur le bronze d'Herculanom : MUUer-WioBelei-, Denkm. d. alten Kunst T T. 50, 221a. Cf. Rom. Hitth. lY p. îi-k — 37. — Sur les cornes bachiques dans les porti-aits des Diftdoques, voir Jahrbuoh der Kunstsammlungen des allerboGluteii Kaiserlukiises II (Yieime 1883) p. 52.

Dans r espace que l'on traverse pour aller de la Galerie des Statues au cabinet des Masques:

250 (423) Eomaine sous la figure de Diane.

Trouvée près de Castel Guido sur la voie Aurélienne, dans les niiiiM de Vtao^Oqw Loximii. Bastaaiatioiifl: le Imt du nez, le menton, que^ues parties du oou, le 1>tu dtoit et presque toute la draperie qui le reeouYie, la main gauèhe.

Une jeune femme, qui diaprés sa coiffure vivait à répoque des empereurs Flaviens, est ici représentée en

Diane, le carquois buj T épaule. De sa main droite levée elle cherche à prendre une flèche daus son carquois; sa main gauche, tendue vers la terre , tenait évidemment un arc. Comme la tunique courte, que Tart de style libre a coutume de donner à Diane chasseresse, aurait trop contrasté avec les vêtements alors à la mode, Fauteur a habillé sa statue d^uue longue tunique qui descend jusqu^aux pieds. Mais on voit que la draperie est d*une étoffe tout à fait légère ; elle laisse transparaître toutes les formes du corps, même le nombril.

Vi^ccmti, Mus. Pio-01. II, 48. Clarac V, pl. lUO n. 2407. Over- Ijeck, Geschichte dei' griechiachen Plafltik 11^ p. 445, Fig. 154.

Cabinet des Masques*

Le sol de cette pièce ust ornée de quatre mosaïques^ qui ont été trouvées vers Tannée 1780 dans la villa d^Hadrien près de Tivoli. £Ues y décoraient quatre ehambres séparées, où chacune d'elles était placée au centre; conune ces chambres avaient la même étendue, les quatre mosaïques ont à peu près les mêmes dimen* sions. Lorsque sous Pie VI on voulut les faire servir à la décoration de ce cabinet, on s'y prit avec aussi peu de goût que de science. Dans la pièce antique, dont le centre était occupé par la mosaïque supérieure gauche , tout le reste du champ était blanc et entouré d'une bordure rouge sombre, ornée de pampres et de bandelettes entrelacés, comme onpeut s^en rendre compte enexaminantles planches deVisconti, Mus. Pio-Cl. Vil, 48, et d'après Penna, Viaggio pittorico délia Villa Adriana IV, 106. L'artiste, chargé par le pape de ce travail, plaça les quatre mosaïques dans l'intérieur de cette bordure, et, comme le champ ne lui paraissait pas suffisamment rempli, il combla les vides avec des arabesques et avec les emblèmes qui caractérisent les armes de Pie VI, des étoiles et des têtes qui représentent les dieux des vents en train de souffîer.

Les mosaïques sont reproduites dans leur état actuel par PistoleBi y, 59. Cf. Yifloonti, Mas. Pto*CL VH, p. 288 note *. Brann, BaJineii imd Mnseen p. 8S7.

La description des différentes mosaïques commence par le tableau qui est placé en haut à gauche:

Sur la première mosaïque, on yoit quatre masques

scéniques, évidemment comiques, puisqu'ils n'ont pas l'oukos: Tun est un masque de femme, pâle; deux autres

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sont des masques de jeunes gens, Tun gris-brun, Tautre de cette couleur rouge-brun, que prennent les figures bâlées par le soleil; le quatrième a l'aspect caractéristique d'un masque de vieillard , avec une barbe et des cheveux

blancs. Au-dessous se trouvent à droite une lyre, à

gauche, semble-t-il, les débris d'une cruche d'argile. ViflconU, Mua. Pio-Cl. VU, 48. Peima, Ouvr, cité lY, 106.

A gauche, en bas:

Sur un rocher est placé un masque orné d'un ruban rouge et d'une couronne de lierre; un thyrse est appuyé auprès de lui. A gauche sur une base quadrangulaire assez élevée l'on voit un canthare, le vase préféré de Bacchus.

En bas un léopard, animal consacré au même dieu, joue avec un tambourin.

Vificouti Vn, 49. Peima lY, 1U2.

Le tableau précédent indique les rapports de l'exé* cution scénîque avec Bacchus; la mosaïque qui suit fait

allusion au dieu de la poésie, Apulion.

A droite, en haut:

A droite sur une base est un masqne couronné de laurier ; à gauche sur une autre base se trouve un manteau de couleur pourpre, comme les joueurs de lyre avaient coutume d'en porter. Au-dessous le griffon cher iApoUon, la lyre, le carquois et l'arc du dieu. Vificonti VU, 49 a. Penna IV, 103.

£n bas:

Un paysage idyllique — genre de tableau, tjui apparut au temps des Diadoques et qui suivit la civilisation hellénistique dans son extension en Occident. Dans une prairie limitée au fond par des montagnes et en avant par un cours d^eau, paissent des brebis et des chèvres. A droite, à l'arrière-plan, l'on voit un sanctuaire rustique, ombragé par de grands et vieux arbres. Ce sanctuaire se compose d'une substruction ronde et au-dessus d'un pilier de forme carrée, auquel sont suspendus les ex-voto. En avant

se trouve Timage assise de la déesse, à laquelle ce sanctuaire est consacré; d'après la couleur rouge que l'artiste lui a donné, cette idole était probablement en terre cuite. Aux pieds de la déesse se dresse un autel orné d'une guirlande, sur lequel un sacrifice est préparé , et où sont appuyés des morceaux de torches.

ViaoonU VH, 50. Penna iV, 101.

261 (425) Statue à\aïe danseuse.

Jadis à Naples au palaia Caralîa-Colubrano. LiOrsqu'en avril 1788 cette statue fût apportée ft Rome, Ooethe songea à racheter; mais il en fut diseuadé par Angelîca Kaafmanii. La même année Pie VI donna ordre de Tarquérir pour le Tatican. Restaurations: des morceaux de la couronne, de la chevelure et de la draperie, le bout du nez, deux doigts de la main droite, le petit doigt de la main gauche.

Une belle jeune lilie bien bâtie s'avance d'un pas léger, vêtue d'une tunique sans ceinture en ûne étoffe, à traTers laquelle se dessinent toutes les formes du corpa. Son mouvement est d-one gr&ee charmante. La main droite levée ramène au-dessus de l'épaule le manteau qui tombe sur le dos, tandis que la main gauche, dirigée vers la terre, tient un pan du im* me manteau à la hauteur du ventre. Ce manteau, qui est représenté comme étant fait d'une étoffe plus lourde et dont les plis sont plus larges que ceux de la tunique, sert très heureusement de fond à ce beau corps de femme. Comme la tête est ceinte d'une couronne de lierre et d'un lai^e ruban, on a vu dans cette statue une Baccbante. Mais le sourire coquet, que nous saisissons sur ce visage, ne se retrouve dans aucune figure de }3accliante. La statue paraît beaucoup plutôt représenter une danseuse. La jeune et belle femmo s'avance vers les spectateurs; elle va commencer à danser et à dessiner avec son manteau un de ces gracieux mouvements, qui sont reproduits avec tant de diversité dans plusieurs figures et groupes bien connus des peintures murales de Campanie. L'exécution de cette statue étant un peu superficielle mais pleine d'esprit, on peut se demander si ce n tist pat? iù un original grec du troisième ou du deuxième siècle avant J.-C.

VATICAN

VisconU, Mus. Pio-Cl. III, 30. I*istolesi V, 62. Ciarac TV, pl. 592 n. laeO. Cf. Winckelmann, Kimetgescliiclite V, a, g 6. Goethe, Italien, Werke (Cotte 1867) XX, p. 231 et sniv. Braun, Buinen nnd Mmeen p. 869 n. 108.

252 (427) Vénus (Aphrodite) au bain, aocrottpia.

Troavée vers Tannée 1760 dans la Tenuta Salone, située

8ur la voie Prénestine, à la ferme de Prato Bagnato; acquise 80U8 rie VI dans la collection artistique dn ])eintre La Piccola. Restaurations: tout le crâne avec le haut de roreille gauche, de teUe sorte que dans la chevelure la partie qui tombe sur le cou est seule antique; sauf le pouce gauche tous les doigts soit entiers soit presque entiers, peut-être tonte la main droite avec le poignet, eertainement la moitié antérieure du pied droit, deux doigts du pied gauche, presque toute la plinthe où sont ûgurés des flots, quelques éclats dans le corps. Le visage a été légèrement retouché par une main moderne.

La déesse ramassée sur elle-même, est accroupie au bain au-dessous d'un jet d'eau, que nous devons nous figurer jaillisBant d'en haut; au contact de l'eau froide^ son corps frissonne un peu. On ne peut pas dire si dans la maîn droite elle tenait quelque attribut — comme une fiole d^onguent. Quoi qu'il en soit, l'ensemble de 1» statue paraît avoir plus d'harmonie, si la main droite, sans tenir un attribut, exprime par son mouvement le léger frisson qu'éprouve la déesse. Les lignes des diverses partie» du corps se recouvrent et se coupent entre elles avec une grâce incomparable; le raffinement avec lequel l'auteur a rendu l'élasticité et la rondeur des chairs trahit une inspiration fort sensuelle.

Pline (n. h. 36, 35) nous apprend qu'à Rome dans le temple de Jupiter situé à l'intérieur du portique d'Ootavie se trouvait une statue en marbre de Daidalos, représentant Vénus (Aphrodite) au bain assise; avec beaucoup de raison l'on a vu dans cette œuvre l'original de la sculpture du Vatican et de beaucoup d'autres répliques, qui reproduisent le même sujet avec quelques modifications dans le détail. Outre le Daidalos de la mythologie (Dédale), nons connaissons deux artistes de ce nom, l'un de Sicyone, qui vivait au commencement du IV" siècle av. J.-C, et l'autre de Bîthynie, contemporain des Diadoques. Sans aucun

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