OABIÎ^ET DE VÉNUS
la main droite un mouvement involontaire pour cacher son sexe, la Vénus du Capitole tient sa main droite devant cette partie de son cor|»8 et son bras gauche devant sa poitrine. Elle ne se tient pas droite, dans une attitude dégagée; elle se courbe un peu en avant et se replie légèrement sur elle-même; cette pose donne presque Pimpression de l'inquiétude. En outre dans notre statue ie corps est plus élancé que dans l'œuvre de Praxitèle. Ce qui prouve l'intelligence très fine de l'artiste, c'est qu'il a modifié dans le même sens la forme du vase qui se trouve auprès de la statue ; il a remplacé la pesante hydrie par une espèce de lécythe allongé. Il a aussi dans certains détails tenu compte du goût de T époque plus récente, pendant laquelle il vivait; la coiflFure de la déesse est plus compii<[uée; la draperie est oriite d'une frange. Le nu est trait dans cette statue avec un naturalisme d'une incomparable beauté, dont on ne trouve aucune trace dans les sculptures qui datent certainement du temps de l'empire, n semble donc que cette statue remonte à une époque plus ancienne, par exemple au troisième ou au second siècle avant J.-C. Le dos est travaillé avec beaucoup de soin et a un caractère individuel ; il est donc très probable que l'artiste a rendu plus ou moins exactement un modèle vivant.
MUller-Wieaeler, Demimalei- der alten Kunst II T. 26, 278. Toute la bibliographie est réunie dans Bernoulli, Aphrodite p. 223 et Friedericke-Woltera, Bausteine n. 1469. Cf. Monumeati autichi pubbl. per eura deU' Aoe. dei Idneoi I (1892) p. 967.
469 (3) Léda ayao la cy§^e*
BestammtioiiB: quelcLUCB ftagmvnts iniigiiiflants su bras droit, à la drapeiie et «nx pieda, la tête et le ooa du cygne.
Une jeune femme cherche à protéger un cygne contre un danger tjui le menace d'en haut- Elle vient de se lever du siège sur lequel elle était assise; de sa main droite elle appuie le cygue contre sa caisse droite et elle étend au-dessus de raisea% comme pour le garantir, son manteau qu'elle tient levé de la main gauche. Pour le public ronuûn, ce groupe représentait naturellement Léda, dont
HeliBig, Guide I.
3o8 MUbÉE DU GAPIIULK.
la tigurc lui ftait connue, clierrliant à protéger Jupiter (Zeus), qui s'était métamoi phosé en cygne pour s'unir à elle, contre l-aigle qui fondait sur lui. Mais on peut se demander si l'artiste, qui composa le groupe original, n'associait pas à son œavre une idée différente. L'expression peu agitée de la physionomie, la simplicité sévère de la coiflfure, la manière dont est traité le chiton qui épouse les formes du corps: tous ces détails dénotent uu original grec de la iin du Y^' siècle. Or c est seulement à propos de Némésis, la déesse de Ehamnus, que la poésie grecque antérieure à Euripide, dans les oeuTres qui nous en sont parvenues, raconte Ibi métamorphose de Jupiter en un cygne. Euripide le premier transporta cetfce métamorphose dans le mythe de Léda ; depuis lors peu à peu la version plus récente rejeta dans l'ombre la tradition plus ancienne. Il est donc très possible que le groupe original repri sentât Némésis et non Léda.
Bottaii III, 41. Moutagnaiû II, 64. Clarar IlT, pl. 411 n. 715. Ovevbeck, Kuuatmythologie II p. 493 n. 9; Atlas Vlii 2. Cf. O. Jahu, ArcU. Beitra^jo p. 204. FurtwSngler, Sammluug Sabouroff 1 Eiuleituug zvL den Yasen p. 9 — 12.
Chambre des bustes impériaiix.
Au milieu de la chambre:
460 (84) Statue, portrait d*ime Eomaine.
Bestauratiouë: le bout du im/., touë les doigts de la main gauche, trois doigts de la main droite, quelques morceaux du bord de la pUnthe. La tête a été replacée sur le oorpSt mais elle lai appartient certainement.
Cette statue représente une dame distinguée, commodément assise, FaTant-bras gauche appuyé sur le dos* sier de son fauteuil, le bras droit allongé sur la cuisse;
cette attitude fait valoir, en lenr donnant une beauté calme, le développement du coi j)^ et les toi mes des membres. Une statue du Musée Torlonia, dans iaqueiic nous devons reconnaître une œuvre originale du temp» d'Alexandre ou des Piadoques, prouve que ce motif est emprunté à l'art grec. Plos ou moins modifié» il servit à représenter sous l'empire des Romaines de la hante so-
CHAMBKE DES BUSÏKS IMPERIAUX. 339
ci été. Si l'on juge d'après la coiffure et d'après le procédé employé pour indiquer les pupilles, notre statue est le portrait d'une dame de Tépoque des Antonms. Il est inutile de réfuter longuement l'opinion eounuite, qui veut
y voir Agrippine, l'épouse de Germanicns. Il y a dans
cette même chambre, imméro 10 du Musée, une tête que Ton peut considérer avec certitude romme un portr«')it d'Agrippine; si ou ia compare avec celle de notre statue, on constatera que le type en est absolument différent.
HQll9i*-WieBelei\ Ddakmfiler der altea Kuntt I 68^ 371, oA est
réunie toute la bibliogi'aphie antérieure. Ovevbeck, GesoMchte der griechischen Plastik 11^ p. 445 Fig. 154o. Rauineister, Denkmaler des kl. Altei tuutri I. p. 232 Fig. 192. Cf. BeiuouUi, Romisciio Ikonographie lE I p. 245 — 247. — La statue du Musée Torlonia: Mon. deir Inst. XI 11; Ann. 1879 p. 182 et sniv. I moamnenti del Museo Torlonia riprodotti con la fototipia T. XX 77. Cf. Rom. MittheUaugeu VI (1891) p. 295—297, p. d26'-329.
Encastré dans le mur de gauche :
461 (89) Bas-relief, la délivrance d'Andromède.
Trouvé sur la Piazza 8s. Apostoli, lorsque l'on y creuea les fondations du palais Muti (Bartoli dans Fea, Miscel- Iftnea I p. CGXXXin n. éô) ; puis transporté & la villa Famflli. Restauratious: le bord sapëiieai* et l'angle supérieur droit de la plaque de marbre, avec la partie du rocher qui dépasse la tête df* Persée; dans la figure d'Andromède, 1p bout du nez, la main gauche, et quelques moropauN: do la draperie; dans la figure de Persée, la moitié inférieure do la jambe droite et toute la jambe gauche — pourtant Taile gauche du pied gauche est antique — ; dans le monstre marin le bout de la gueule.
Persée a tué le monstre marin, auquel Andromède était offerte en victime; d*un air fort galant il aide la vierge , qu^il vient de sauver , à descendre du rocher sur
lequel elle avait été enchaînée et devait attendre la mort. Ce qui fait le charme de ce groupe, c'ef?t le contraste entre Taspect vigoureux du jeune héros et la figure délicate , au mouvement si gracieux , d'Andromède. Ce basrelief est traité d'une manière pittoresque, comme on le reconnaît surtout dans le fond de rochers d'une exécution si finie ; en outre cette scène revient fréquemment dans les peintures murales de la Campanîe; nous devons donc admettre que notre bas-relief a été inspiré par un tableau,
340 MUSÉE DU CAPlTOIiBt ^
et peut-être par le Persée de Nicias, uu peintre qui vivait au temps d'Alexandre le Grand* Jusque dans ses périodes leB plus récentes Vart antique a toujours senti quHl fallait grouper harmonieusement toute la composition dans son cadre; aussi e8t*-on surpris de voir le grand espace vide qui existe entre Persée et le rocher iju anime la ligure d'Andromède. Sans doute àm^ l'antiquité ce défaut était racheté par la couleur (jui, «ur ce bas-relief comme dans les fresques , représentait à la partie inférieure un gazon verdoyant et au-dessus la mer bleue. L'on raconte qu'en même temps et à la même place deux autres bas-reliefs avaient été trouvés; mais que le marquis Muti les fit briser et enterrer de nouveau, furieux de ce que le gouverni ment eût mis sous séquestre le bas-relief de Persée. Evidemment tous ces bas -reliefs étaient encastrés dans les parois d'une salle ou d'un portique. Ils constituaient par conséquent une décoration, pour laquelle on employait en général des tableaux; il est donc vraisemblable que la polychromie leur donnait plus ou moins l'aspect et le caractère d'une peinture.
Foggiui, Mus. cu^j. iV. r>2. Baibault, Les plus beaux mou. da Rome pl. 63. Brann, Zwdlf Basrellefs T. X. Schreiber , Die hellenistischen Relief! )il(lei' T. XII. Toute la hibliograj^hie antérieure eit réunie dans IVildo, l'crseo et Andromeda (Rerollni 1860) p. (53 r». 1. Cf. Aroh. Zeitung XXXVIII n880> p. 150. p. 151. — Pour les peintures murales: Helbig, Untersuchungen iiber die campaniflclie Waudmalerei p. 140— Ul.
462 (92) Bas-relief, Endymion au repos.
Trouv<' sons ('lémeut. XT eur l'Aventin (Fifo roui dans Fea, Mificellaiiea 1 p. CXXVl ii. 21). Kestaurations : dans la ligure d*£ndymion quatre bonelea, la partie antéiieure da pied droltf Torteil du pied gauche, la pointe de répiou, ea outre tous les bords tle l;i ]>laque de marbre. Te n'ai pas retrouvé trace d'un travail de retouche dans lo fond de rochei's. Cf. Archaulog. Anzeiger XXU (18G4) p.
£ndymion, fatigué par la chasse, s'est laissé tomber sur un rocher et s'y est assoupi. Son chien, qui monte auprès de lui sur le rocher et qui lève la tète en aboyant, nous indique rapproche de Sélénè. La pose abandonnée du beau jeune homme endormi est d'une grâce chariaante.
CiLVMBRE DEb BUSTES IMPÉRIAUX. 341
Ce bas-relief semble, lui aussi, avoir été inspiré par une peinture , et donne lieu aux mêmes observatiouâ que le n. 461 (89).
Foggini IV, 53. Righetti 1, IC. Braun, Zwôlf BasreUefs T. IX. ScUreiber, Die helloniatisclien Roliotbilder T. XIII. Cf. 0 Jabn. Aïoh. BeitrâL'f^ ]i. 70. Aroli. Ztùtun^,' XXXVIII (1880) p. 150. Jâclireiher, Die Wiener Bruimeareiiets ans Pal. Grimani p. 10.
La série ies bustes d'empereurs.
Je serais entraîné beaucoup trop loin, si je voulais examiner chacun de ces portraits et en donner la bibliographie; aussi je me borne à signaler tous cenx dont la désignation est certaine ou vraisemblable; je n'igonte quelques courtes observations que dans les cas où il est nécessaire de démontrer formellement mon opinion. En outre, je préviendrai le lecteur toutes les fois que pour les portraits mes dénomiiiations différeront de celles- d»* iiernoulii, auquel nous devons les plus récentes recherches sur riconographie des empereurs. Quant aux exemplaires^ pour lesquels on ne peut fixer aucun nom, je mV arrête seulement lorsqu'ils présentent quelque particularité ar^ tistique. Un examen même rapide des bustes dont l'identification n'est pas douteuse est fort instructif: car les différents types de physionomie corrcspondeiit aux ])n'ncipales phrases de l'histoire de Tempire. Chez les niemlires de la geus Julia, les formes de la tète sont absolument belles ou tout au moins normales. Lorsque Ton étudie les types des empereurs qui suivent et de leurs parents jusqu'à Septime Sévère, on se sent en présence de personnalités, chez lesquelles le sang italique l'emporte en* core , et qui se rattachent par des liens étroits à la civilisation gréco- romaine. C'est dans la tête de Septime Sévère que nous recomiaissons pour la première fois un élément étranger, non italique; cet clément apparaît depuis lors de plus en plus fréquemment et s'accentue toujours davantage ; il domine complètement dans la physionomie sauvage du barbare Maximin de Thraee (numéro 62 du Musée). Peu de portraits appartenant à cette série
MUSÉE DU CÂPITOLE.
rappellent, comuie celui de Trajaii Dèce (numéro 70 du Musée), le type, que nous sommes habitués à désigner sous le iium de type romain. La type de Constance Chlore (numéro 81 du Musée) se distingue par une boursouÛure maladive; c'est là un caractère propre à plusieurs empereurs lUyriens. En outre cette série permet de saisir parfaitement d'un coup d*œil la décadence progressive de Fart, décadence qui pourtant est plus lente dans le portrait que dans le domaine des créations idéales (voir ms. 57, 226, 309, 453, 5^7). Sous Julien l'Apostat (numéro 82 du Musée, numéros du guide 490, 491) il semble y avoir eu un essai de renaissance. Après cette tentative Fart dépérit sans interruption et finit par tomber dans les grimaces du byaantinisme (voir numéro 83 du Musée).
4. Probablement un portrait de Tibère pendant les dernières années de sa vie (f 87 ap. J.-C).
5. On y voit généralement un ])ortrait de Tibère. C'est beaucoup plutôt Germanicus (f 19 ap. J.-C).