‹ Guide dans les musées d'archéologie classique de RomeChapitre 22 sur 45 · CABINET DE VÉNUS · texte numérisé non relu

CABINET DE VÉNUS

temps à la beauté esthétique dugrou}ie. Le garçon tient 8» jambe gauche tendue obliquement devant le bas du corps de la fillette; c^est en quelque sorte une barrière qui empêche le rapprochement sexuel; d'autre part les parties inférieures des deux figures se croisent ^ et cette attitude donne naissance à un grand nombre de belles lignes très variées. Le bas du torse et les jambes de la fillette sont recouvertes d'une draperie; ce détail est très significatif pour ridt'u que l'artiste a voulu exprimer; en même temps il augmente l'harmonie de la composition, parce qu'il rétabUt Téquilibre entre le corps délicat de la fillette et le corps plus vigoureux du garçon. Ce groupe n'est pas un groupe mythologi que, mais une scène de genre; ce qui le prouve, c'est le type de TÎsage du garçon: la forte saillie du nez au-dessoub du front et le développement des mâchoires domient à sa figure un caractère tout à fait individuel. Cette œuvre est le produit d'une tendance artistique, qui fit son apparition à Tépoque d'Alexandre le Grand et atteignit son complet épanouissement pendant la période hellénistique; on s'efforçait alors de traiter des problèmes physiologiques sous une forme gracieusement sensuelle. Nous pouvons fixer, pour la composition de Toriginal, une date inférieure extrême, grâce à des terres cuites, provenant surtout de F Asie- Mineure, qui présupposent l'existence du groupe en marbre, et dont le style dénote le second siècle avant J.-C. Dans quelques-unes de ces terres cuites comme dans plusieurs répliques en marbre, les deux figures sont ailées; il faut bien y voir alors l'Amour et Psyché. Cette transformation du sujet eut pour conséquence des changements regrettables dans la composition de l'original. La beauté harmonieuse des contours est détruite par l'addition des ailes. Comme il eût été absolument dépourvu de sens, que l'Amour s'amusât à ouvrir la bouche dePsyché, on renonça à oe détiûi de genre, et les deux figures s^embrassèrent tout «JBplement. Ces modifications firent disparaître le contraste qui existait dans le groupe original entre le désir voluptueux ^ l'innocence du couple. On donna aux deux

MUSÉE DU CAPITOLE

physionomies une expression sentimentale; la jambe

gauche du garçon fut placée d'aplomb ou presque

d'aplomb — en somme, non-senlement le sijyet du groupe

fut complètement transformé, mais encore rœavre perdit

beaucoup de sa beauté formelle.

MUller-Wieseler, Denkm&ler der alten Knnst n T. 54, 681. Ban* meister, DenlcmftleT des UL Altertams m, p. 1426 Wig. 1676. Les

autres publications sont réunies dans Stephani, Compte-rendu pour 1877 p. Î(j0 n. 1. Cf. Arebaol. Zeitnng XLIT (1884) p. 14 et suiv. J'ottiev o.t Reinaoh, La nécropole de Myrina I p. 410 et suiv. KoBcher, Lexikoa der griech. uud rom. Mythologie 1 p. m'îO — liî71. Rendioonti délia r. Âoeademia dei Lincei, cl. di scieiize moraU Y (1889) p. 841 et suiv. — Les groupes de terres cuites : Pottier et Reinacli, Loc. oit. p. 411 net. 8, 4. Aroliftoleg.Âiiseiger 1892 p. 105 n.ll.

458 (1) Statue de Vénus (Aphrodite).

C'est probablement la même statue que la statue de Vénus en marbre de Paros, qui fut trouvée sous Clément X en face l'église S. Vitale (entre le "Quivinal et le Viminal), puis qui fut conservée dans la uCasa dei Sig'i Stati» : S. BartoU, Mem. 27 (dans Fea, Miscellanea I p. CCLXXVIII ^ Venuti, Roma aiitira p. 302). fit Fiooroni dans Fea, Miscellanea I p. CLXVTII u. 104. Cf. Bull, dell' Inst. 1865 p. 198. J'ignore la source du reuseiguemeut que Ton trouve dans tons les manuels, et d'sprèe lequel cette statue aurait été découverte murée comme un trésor. L'insciiption gravée sur la base nous apprend qu'elle fut transportée au Musée du Capitule gous Benoît XIV en 1752. Kestaurations : le bout du nez, l'index de la main gauche, tous les doigts de la main di*oite ainsi qn'ttne partie du poignet.

Cette statue est un des types dérivés de la Vénus de Cnide de Praxitèle (voir n. 316); ce n'est donc pas un original au sene le plus strict du mot. Toutefois rharmonie merveilleuse qui règne dans cette œuvre entre ridée et la forme prouve que ce n'est pas la copie d'un de ces types dérivés, mais le travail original de l'artiste qui a ainsi modifié la création de Praxitèle. L'auteur de cette statue a représenté la déesse de l'amour dans un moment qui est postérieur à l'instant précis fixé dans l'œuvre du maître. La Vénus de Cnide se dépouille de ses derniers vêtements; la Vénus du Capitole est déjà^ toute dévêtue. Une des conséquences de cette toansformation, c'est que le sentiment de la pudeur est beaucoup plus marqué; Tandis que la Ténus de Guide fait de

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