Première partie
Au nùHea:
126 (3) Torse d'Eercule (Héradès), connu sous le nom de Xme du Belvédère.
D'après ropinion fénéialeiiieiit répandaev ce totse aurait
été trouvé sous Jules n au CamjM) dl Fiori, sur remplacemPïit du tliéâtre de Pompon, pt sons le même pape transporté au Vatican: mais optte oiuaion n'est pas fondée. (Lutzow'a ZeitôcUiift iiir bildende Kuust XXIIi 1888 p. 74—81.) Le torse se troavait eneore sous Clément VU (1538 — 15S4) eu la possession des Colonna, et c'est seulemeut par ce pape qu'il fut pla' dans le jardiu du Belvédère (Jalirl>uob des arob. luBt. Y 18i^0 p. Hd, p. Ô3).
L^inecription, gravée sur le rocher qui sert de siège au héros, nomme comme auteur de l*œuyre T Athénien
Apollonios, fils de Nestor. Les caractères épigrapluc|ues employés dans ce texte fui'ent longtemps en usage, pendant tout le dernier siècle de la république et au début de Tempire; d'autre part le nom d' Apollonios se trouve très fréquemment; aussi ne peut- on pas résoudre la question de savoir si Tauteur de notre statue est le même que son homonyme, qui, après l'incendie du temple de Jupiter Oi^itolin en Tan 84 avant J.*G., parait avoir exécuté, pour le nouveau temple dédié ou 69, F image dv la divinité en or et en ivoire. En ce qui concerne la restauration de ce torse, les hypothèses les plus diverses ont été iaitt^b. L'on a supposé qu'à la gauche d'Hercule (Héraclès) se trouvait une de ses amantes, Uébé, Jolé ou Augè, et que le
VATICAN
héros levait la téte pour la regarder. Maïs les essais de plusieurs sculpteurs modernes ont prouvé qu'il étâit impossible de giuuj>er cette figure avec une autre. D'autres érudits pensent que notre héros, comme PHercule Epitrapezios de Lysippe, tenait de la main gauche sa massue et de la maiu droite une coupe, ou bien qu'il s'appuyait de ses deux mains soit sur une longue massue soit sur un bâton, ou encore que, la tète reposant sur la màin droite, sa main gauche s'appuyait sur la massue. Mais ce qui rend invraisemblables toutes ces tentatives de restaurations, c'est le mouvement du thorax, très sensiblement tourné vers la droite autour de la colonne vejtébraie comme pivot, et courbé en avant; ce mouvement serait absolument ibrcé, si Ton admet que la figure représentée était au repos ou dans une attitude plus ou moins tranquille. Bans l'état de conservation actuel, Thypothèse la plus probable, c*est qu'Hercule était représenté jouant de la cithare et chan» tant pour célébrer ses victoires. Il faudrait alors admettre que le héros tenait une grande cithare appuyée sur sa cuisse gauche, l'extrémité de la peau de lion qui recouvi t; cette cuisse servant de coussin à l'instrument; la main gauche tenait une des cornes de la cithare, ou bien était placée sur la traverse; la main droite pinçait les cordes, tandis que le héros levait la tète, en ouvrant la bouche pour chanter. Le mouvement du thorax s'expliquerait par Venthousiasme, avec lequel le héros chante et joue. Les amorces, dont les traces sont encore visibles sur la cuisse gauche, appartiennent évidemment à la massue qui s'appuyait à cette partie du corps.
Le Torse du Belvédère est un des monuments les plus importants que nous ait laissés l'art gréco-romain. Sans doute on n'y retrouve plus la conception majestueusement idéale et l'exécution toute palpitante de vie , que noua admirons dans les œuvres de la meilleure époque. Mais Apollonios s'est efforcé, non Sîiiis succès, de suppléer à Fabsence de génie et de puissance créatrice par la profondeur de l'étude. La manière dont il a traité le nu dans cette statue prouve qu'il connaissait à fond le corps hu-
B£LYÉDÈR£
main, et qu'il était capable d'eu exécuter une image pleiue de science et de finesse.
Visconti, Musea Plo-Cl. II, 10. Overbeck, Ge^t'hielite der gr. Plaâtik 11^ p. 375-378, p. B87— 390. L'bypothè86, d'aprèa laquelle Hercule est reprcfeeme jouant de la cithare, se trouve exposée dans l'ArcMol. Zeltung XXV (1867) p. 126—128. A la bibliographie énnméiée dans Zjoewy, ImohTifton grieeh. BUdlianei* n. 848 et dam Friederichs-Woltera n. 1481, il faut ajouter : Baumeister, Denkmftler den kl. Altertums T. p. 108 Fig. 114 ; Haspc , Wiederherstellung aiitiker Bildwerke 2. Heft (Breslau 1887) T. V~TO. p. 11 et suiv., et KoBcher, Lexikon der griech, und rom. :Mythgiogie X p. ^181 — 2182.
Près du mur t^ui lait l'ace à la fenêtre:
127 (2; Sarcophage en pépérin de Lucius Cornélius Scipio BarbatQs.
Tronvf^ dans le mausolép <1»'h Sdpious situé prég de la voie Appieiiiie, et qui fut decouvtM-t en 1780 dans la Yigua iSassi. Restauration: la moitié gauche du couvercle.
Luciiis Cornélius Scipio, dont le corps fut déposé dans ce sarcopliage, exerça le consolai en l'an 298 av. J.-C; trois ans plus tard, comme chef des troupes de réserve, il contribna puissamment à la victoire que les Romains remportèrent près de Sentinum sur les Samnites unis aux Etrusques et aux Gaulois. Le sarcophage a la forme d'un autel qui aurait été allongé à droite et à gauche, La frise dont il est orné et qui est de style dorique se compose de triglyphes et de métopes décorées de rosettes; au-dessus court une rangée de denticuies. Au milieu du couvercle on voit un bourrelet, aux deux extrémités des volutes îonicjues qui sortent d'un groupe de feuilles. Le latin dé riuiicriptioii gravée sur le sarcophage est très différent de la hingue de César et de Cicéron. Ce texte est rédigé eu antiques vers saturniens; en voici le sens d'après Mommsen:
Cornélius Lucius — Scipio JJarbatus Fils de Gnaevus — homme aussi prudent <[ue brave. Dont la beauté — égalait la vertu.
11 fut consul, censeur -r- et édile parmi vous. Il prit Taurasia, Cisauna — en Samnium; Il vainquit la Lucauie — et emmena des otages.
VAilCAN.
Un savant suppose que cette inscription a été «Qoutée plus tard, et croit retroayer avant les vers les traces d'une inscription d'une ligne et demie qui aurait été martelée et qui serrait le tek! te primitif.
La bibliograpliie est réunie dans le Corpus inscr. lat. 1, p. m (cf. p. 12) n. 30 et VI, p. 382 n. ItU, 1986. Revue de Fhttologie XLY (1890) p. 119 et eoiv.
Dans ÏQtà parois d^alentour ont été encasti ée^t les autres
inscriptions trouvées dans le tombeau des Scipions. C'est
du même tombeau que provient le buste en pépérin,
couronné de lauriers (restaurations: le nez et le buste),
qui est placé sur le sarcophage. Comme le caractère de
la physionomie n'est pas romain et comme la couronne de
laurier coiivieiRlrtiit à un poète, Ton a supposé que cette
tête appartenait à la tjtiitue qui avait été élevée dans le
mausolée des Scipions au poète (^umtus liamiuô, origmaue
de la Calabre. Mais la réalité historique de cet honneur
rendu à £nniuB n'est pas démontrée; les récits, qui en
parlent, ne sont pas dignes de toute confiance, fil faut
remarquer en outre que, d'après le seul renseignement
que nous ayons sur la matière de cette statue, elle aurait
été eu marbre et non en pépérin.
Viscoûti , Opère varie 1 7, p. 62. Cf. Veauti, Descrizione délie autichità dl Roma ed. Plaie 11 p. 7. Bemoulli, Bômlsclie Ikonographie I p. 34. — Sttf la matière de la statae d'Ennius: Cioero, pro ÂTohia 9.