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Chapitre Troisième

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D'après Tordre que nous avons suivi jusqu'à présent nous dirons que de 80 places qu'il y a dans Florence , nous ne ferons mention que de celles qui peuvent présenter qnelques objets intéressans de beaux arts.

La Place del Duomo, ou de S.a Reparata > est la plus ancienne que Ton connaisse qui ait été renfermée dans la première enceinte de murs. Elle présente d'abord de remarquable la pierre du Dante placée près du mur d'un des trois palais que l'on a construits lors de l'agrandissement de la place; sous le balcon de celui du milieu, on voit les deux superbes statues en marbre , à'Arnolfo et de Bruneilescûj seulptées^par Luigi Pampaloni. A côté du Baptistère, la colonne de S. Zanobi, élevée pour conserver le souvenir du miracle qui arriva de la manière suivante. Lorsqu'on transportait le corps de S. Zanobi de la collégiale de S. Laurent à S.te Marie del Flore > il y avait au même lieu où est la colonne un orme desséché; le cercueil rayant touché par hasard , cet arbre reverdit et fleurit aussitôt. On doit aussi noter, la balustrade en fer do#t on a entouré l'Eglise Cathédrale ( il Duomo ) en 1836.

C est sur cette place , que les anciens habitans de Florence aimaient de préférence à passer les belles et agréables soirées d^Eté, et où se fit la revue générale des troupes nationales commandées par Stefano Colonna da PanestrinOj lorsque les citoyens sous le prétexte de se défendre contre Favidité des soldats de Charles V , pensèrent sans doute à secouer le joug des Médicis.

La Place d'Armes y aussi appelée del Granduca^ peut être considérée sous tous les rapports comme la principale de la ville. On y remarque d'abord la grande fontaine , que Corne I.er y fit élever en 1 563 , d'après le dessin de Bartolommeo Ammannati, lequel exécuta aussi les sculptures qui en font l'ornement. Au milieu de la fontaine est Neptune, statue colossale haute de 10 braccia (environ 22 pieds); il est placé sur un char tiré par quatre chevaux marins , deux desquels sont en marbre blanc , et deux en marbre tacheté. La statue tient entre ses jambes trois tritons; tout le groupe est placé dans une coquille formant le char. Le bassin a quatre faces, dont chacune est ornée d'une divinité marine en bronze , placée entre deux satyres du même métal par Gianbologna . Toutes ces figures sont d'un travail estimé ; l'eau de cette fontaine vient de l'aqueduc de Monte Reggi.

Au milieu de la place , on voit la superbe statue en bronze du Grand-duc Corne Ier, ouvrage de Gianbologna. Trois bas-reliefs également en bronze , et du même artiste 9 ornent les côtés du piédestal; ils représentent: la cérémonie du couronnement qui eut lieu à

Rome par le Pape Pie V; l'entrée victorieuse de Corne dans la ville de Sienne, et son avènement au trône.

On admire a côté de la porte du Palais Vieux le David, divine statue de Michelangiolo. L'autre statue a gauche de la porte est du Bandinelli ; plus prés du mur on voit deux ouvrages grecs également en marbre.

Il y a d'un côté de la place le grand Portique delV Orcarjtia > vulgairement nommé dei Larizi ; c'est un des plus beaux monumens d'architecture que l'on puisse voir ; il fut élevé en 1355 aux frais <1e la République , sur le dessin de ce même Orcagna. Plusieurs statues ornent cet édifice. Sous l'arche lucérale du côté des Ujjizj j on voit Judith qui coupe la tète à Holopherne, qui selon quelques uns, c'est l'allusion de la liberté qui tranche la tète au tyran. Cette statue , de Dotiatello , mérite la plus grande admiration sous le rapport de 1' art. La première arche de la façade est ornée du Persée également en brjnze du très célèbre Ccllini: 1 histoire d'Andromède et de Persée est le sujet du bas-relief deson piédestal. L'entrée du grand portique, au milieu , a deux bases sur lesquelles sont placés deux lions en marbre ; ils étaient dans l'antique palais des Médicis à Rome : l'un est l'ouvrage de Flaminio Vacca romain, et Tautre, d'un sculpteur grec. La troisième arche de la façade est ornée d'un superbe groupe en marbre d'une merveilleuse sculpture et d'un seul bloc; Borghini prétend qu'il représente l'enlèvement des Sabines: ce beau travail est de Gianbologna; le même artiste a exécuté un semblable sujet en bronze et le bas-relief que

Ton voit sur le piédestal qui sert de base à ce célèbre groupe. Sous le portique vers le fond, il y a six statues colossales, de sculpture antique y elles représentent les Prétresses de Romains et furent transportées de Rome à Florence en 1789.

Ce portique a servi a différais usages de la Seigneurie, et prit le nom de Lanzi du mot allemand Landskneht (gardes du pays), parcequ'on y a tenu la garde suisse qui était au service de la cour de Toscane.

La Place del Grano est ainsi appelée parce qu'elle sert de marché au blé. Elle consiste en un portique élevé en 1619, sous le gouvernement de Corne II et d'après la direction de l'architecte Giulio Parigi 5 elle est ornée d une fontaine.

La Place S.a Trinita, qui servit de champ de bataille aux Guelfes et aux Gibelins , est ornée d^une colonne magnifique de Tordre dorique ; elle fut érigée en 1 565 par Corne Ie, à Foccasion de la nouvelle qu'il reçut dans ce lieu même d'une victoire remportée par ses troupes à Montemurlo. Cette colonne de granit oriental fut trouvée dans les Termes d'Antonin; le Pape Pie IV en lit présent au Grandduc qui, en 1 581 , la fit embellir d'un superbe chapiteau, et surmonter d'une belle statue en porphyre, représentant la Justice, tous deux ont été sculptés par Ferrucci 5 dit del Tadda. La colonne a 27 braccia de hauteur ( environ 45 pieds ), en y comprenant la base et le piédestal.

La Place de S.a Croce est une des plus régulières de la ville ; elle est ornée d'une fontaine dont l'eau est très estimée. La place est entourée de bancs de pierres sur lesquels un

grand nombre (Thabitans vont passer les belles soirées d Eté.

La Place delV Annunziata est peut-être la plus belle et la plus symétrique de toutes ; elle est ornée de deux fontaines en bronze , fondues par Luigi Salvetti sous la direction de Pietro Tacca son maître. Chacune des fontaines a deux monstres marins qui jettent Feau dans un bassin en forme de coquille et orné de sujets aquatiques. Au milieu de la place, on voit la statue équestre de Ferdinand Ier en bronze, fondue par Susini3 avec les canons pris dans les guerres contre les Turcs ; elle fut érigée sur un piédestal de marbre en 1608.

La Place de 5. Lorenzo sert de marché depuis long-tems. On y voit un piédestal en marbre sculpté par BandineUi j sur lequel on devait placer la statue de Jean des Médicis , appeîlé VInvincibile. Elle est maintenant conservée dans une salle du Palais vieux. Le basrelief du piédestal représente le guerrier au moment qu'on lui présente les prisonniers et les dépouilles des vaincus,

La Place de S.« Maria Novella est ornée de deux obélisques majestueux, supportés par des tortues en bronze , ouvrage de Gianbologna. On y fait la course des Cocchij ou chars, la veille de S. Jean.

La Place S.a Félicita n'est remarquable que par une colonne de granit qui fut élevée en honneur de la victoire remportée par les catholiques sur les hérétiques , elle est surmontée de Saint Pierre Martyr, sculpté par Antonio Montauti*

La Place de S. Felice avait une colonne en marbre de Seravezza, haute de 12 braccia. Le Grand-duc Corne Ier la fit élever en 1 572, en mémoire de la victoire que ses troupes avaient remportée à Marciano sur l'armée française; et le Grand-duc Leopold II la fit oter en 1838, à rendre plus libre la circulation des Voitures.

La Place de S. Spirito est ornée d'une fontaine qui était dans le clôitre (Ju Couvent de S. Spirito, et fut transportée sur cette place en 1812 sous la direction de Giuseppe del Jîosso.

Parmi les embellissemens publics qui ne sont pas des places, je noterai:

1. Le Mercato Nuovo (Marché Neuf) qui est orné d'un superbe portique d'ordre composé, que le Grand-duc Corne Ier fit élever par l'architecte Bernardo TassOj pour servir de Bourse aux négocians. On y voit un sanglier en bronze de Tacca d'après l'original grec que Ton voit en marbre dans la Galerie publique, il jette de Feau par la bouche, et embellit cet élégant édifice.

2. La Croce al Trebbio où il y a une colonne de granit, élevée sur une base circulaire au lieu même où les milices sacrées remportèrent une victoire éclatante sur les Paterini. Le chapiteau est orné des signes qui caractérisent les quatre Evangélistes ; il est surmonté d'une corniche soutenant un cône au haut duquel est une croix en pierre , ornée de basreliefs remarquables. On prétend que c'est l'ouvrage de Giovanni Pisano.

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