LE CHÊNE
Type lô.
PIED d'un CHÈXE (flg. 212).
Le gland tombé au hasard des vents sur ce terrain pierreux en
plan incliné y a germé, et le jeune arbre, obéissant à sa loi de croissance, qui est un développement vertical, a dirigé ses racines suivant la déclivité du terrain, de telle sorte qu'il s'en trouve solidement étayé contre les secousses des vents.
Cependant Farbre grandit et la racine la plus forte semble se hâter de descendre pour prendre sur le terrain horizontal son véritable point d'appui, tandis que les racines latérales, formant contreforts , s'étendent d'abord horizonta lement et rentrent dans la partie plus élevée du sol.
Exécution. Dans le chêne, môme jeune, l'accent particulier de Fécorce est carac-
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téristique : elle se fendille o])liquement de manière ù former des losanges très allongés et d'abord presque verticaux, qui deviennent de plus en plus irréguliers et se creusent davantage à mesure que l'arbre vieillit ; c'est donc par un travail presque vertical que le crayon devra traduire l'expression des détails et de l'ombre, en dessinant un chêne d'après nature.
LE BOULEAU Type 20.
TRONC d'ux BOILKAL (flS. 213).
Le bouleau, frêle, élégant et clair de branches et de feuillage, se détache et s'élance comme une note vibrante et .saie au milieu de la sévère harmonie de nos forêts. Cet arbre est petit, mais gracieux; ses branches, très ramifiées et flexibles, se courbent mollement à leur extrémité sous le poids, pourtant léger, d'un feuillage fin et coquet, dont le ton argenté, qui le fait en tout temps apercevoir de loin, brille d'un éclatant accent aux rayons du soleil.
Le pied de l'arbre affecte dans ses attaches au sol des allures quelque peu rageu.-ie>i. et Fécorce. surtout lorsque l'arbre vieillit, se fendille assez profondément, avec une irrégularité qui laisse pourtant subsister l'aspect général d'un tracé de losanges. A peu près à un mètre au-dessus du sol, ces déchirures s'atténuent ; puis elles s'effacent presque complètement, à mesure que l'arbre s'élève: l'écorce devient alors lisse et brillante ; les taches noires qui en accentuaient le pied n'en troublent plus le ton argenté et Texpres sion générale en devient tournante.
L'attache des branches sur l'arbre est droite et ferme et ce n'est que par l'extrême finesse des rameaux secondaires et tertiaires, ainsi que par la longueur relativement exagérée des pétioles, que les feuilles entraînent les branches et donnent à l'ensemblel'aspect élégant qui attire et fixe notre attention.
Pour le feuille, nous renvoyons l'élève aux caliiers 5, G, 7 et 8 de la P" série du Dessin ijoiir tous^ dans lesquels il trouvera tous les modèles et toutes les explications nécessaires pour ïétucle des arbres et de leurs différentes parties.
Quand nous aurons dit que nous considérons les ((uelques arbres dont nous venons d'ex|)h(|ii('r la nature et la tra-luction comme des
LA NATL RE EN PLEl.N Alll
typi's auxquels peuvent se rattacher , au moins dans leur expression générale et par les moyens de représentation, les autres arl)res dcnosforêts, nous croirons avoir terminé notre tâche comme guide du jeune dessinateur dans ses études d'après nature , soit à l'atelier en face de compositions faites avec les cubes ou avec les modèles complets, soit en plein air.
Tous les efforts de notre ensei gnement se sont condensés dans ce but : la traduction intelligente de la nature, au moins dans ses eiîets et sous ses aspects linéaires élémentaires.
Melh'o Vonii, rc>iprit,(?t Inmaln de rélève en état de concourir en parfaite connais- -^ sance de cause a ce résultat, voilà ce ([ue nous avons constamment cherché.
Avons-nous réussi ? Le temps seul nous permettra d'en juger. En attendant, nous osons en concevoir l'espérance, en la plaçant sous l'égide même de nos élèves, que nous engageons maintenant, et ceci sera bien notre dernier conseil, à courir les champs et les bois, pour faire l'application pratique des principes théoriques qu'il a étudiés avec nous, et nous lui souhaitons dans sa voie nouvelle courage et succès.
OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES
Obtenir par un simple tracé ou par le relief la représentation des objets réels, en d'autres termes, fixer par une image visil)le un type quelconque qui a frappé l'esprit est pour la jeunesse, pour Tenfance môme, un goût inné presque général, un besoin inconscient : de là ces deux manifestations parallèles, le dessin proprement dit et la sculpture.
Nous avons expliqué, autant qu'il nous a été possible, dans tous leurs détails, théoriques et pratiques, les moyens propres à rectifier le jugement du jeune élève et à diriger son œil et sa main dans Finterprétation graphique de la nature, c'est-à-dire dans le dessin. Maintenant, bien qu'il ne puisse entrer dans notre programme d'aborder la sculpture, nous allons cependant exposer succinctement les premières notions du modelage, qui en est l'initiation rudimentaire.
Nous pensons que, pour l'élève, les premiers essais de modelage pourront alterner utilement avec ses premiers exercices de crayon, le maniement de la terre et de l'ébauchoir devant, selon nous, apporter dans ses travaux une heureuse et amusante diversion:, tout en le maintenant dans la voie de l'étude sérieuse, par la recherche de la forme et de l'expression au moyen de la ligne et du relief»
Notre grand peintre d'histoire, Eugène Delacroix, a dit quelque part, sinon textuellement, au moins en sul)stance : Donnez un morceau d'argile à un paysan, en lui demandant d'en former une
boule : le résultat sera tant bien que mal une boule. Présentez à ce sculpteur improvisé une feuille de papier et des crayons et demandez-lui de résoudre le même problème avec ces instruments d'une autre espèce, c'est-à-dire de tracer la boule sur le papier et de l'arrondir au moyen du blanc et du noir : vous aurez peine à lui faire seulement concevoir ce que vous exigez de lui. ot il faudra des années pour qu'il arrive à modeler un peu passablement à l'aide du dessin.
Pénétré nous-même de cette idée, que fait prévaloir l'opinion de Delacroix, que la sculpture, bien entendu dans ses éléments les plus primitifs, présente beaucoup moins de difficultés d'exécution et de compréhension que la possibilité d'obtenir le relief par le blanc ot le noir, nous avons expérimenté dans plusieurs écoles le modelage d'après nature et nous avons obtenu, dès le début, de la part de plusieurs élèves, dont les moulages sont entre nos mains, des résultats qui étonneraient certes bien des artistes éminents. C'est ce qui nous a décidé à signaler ici à tous ceux qui désireraient commencer cette étude le nom et la forme des ol)jets strictement indispensables aux débuts du modelage.
LE MODELAGi; 241
MOYENS MATÉRIELS D'EXÉCLTIOX
Les moyens matériels d'exécution employés par le sculpteur pour modeler sont très simples et ils n'ont pas varié depuis des siècles. Us consistent en une planchette, de la terre glaise et des ébauchoirs. Nous allons indiquer le mode d'emploi de ces divers objets.