LES ARBRES
Il est utile, pour les études élémentaires sur les arbres, que rélève pourra faire simultanément avec celles des silhouettes et des fal)riques en relief, qu'il ait une idée rationnelle de la construction et du développement, en un mot, de la vitalité spécifique des principales essences et qu'il en ait surtout bien compris l'interprétation. C'est en vue de cette démonstration élémentaire que
les quelques types qui vont suivre ont été étudiés et dessinés d'après nature.
LE HETRE T>-po 15.
PIED d'lx jeunk Hêtre
DE grosseur moyenne
(fig. 208).
Les racines de ce hêtre , repoussées par les roches dans la profondeur d'un sol particulièrement sablonneux et pierreux, n'ont pu s'enfoncer librement et se sont étendues autour de l'arbre pour en former, sous Faspect d'une immense grifle, le contrefort naturel, le soutien indispensable à ?a vigoureuse croissance.
Dans des terrains fores-
Pig 2o«. ^^^^^^ P^^^ fermes, plus
serrés, où cet arbre croît également, les racines ne s'étendent pas ainsi extérieurement ; mais c'est alors par leur développement souterrain qu'elles '
LA NATL'RE KN PLEIN AIR
acquièrent la force progressive proportionnelle à celle que l'arbre prend à l'air libre et que, restant dans Fombre son plus ferme soutien, elles lui permettent de s'étendre dans le majestueux développement qui provoque l'admiration du peintre.
L'écorce du hêtre de nos forêts, qui est souvent couvert détaches presque noires, a malgré cela une expression tournante. Le crayon du dessinateur doit donc, pour Texécution, se conformer à l'expression donnée par son modèle.
Type 16.
HÊTRE IXCLIXÉ (flg. 209).
La plante, de même que l'homme, ne naît pas toujours dans de
bonnes conditions de développement physique ; elle devient difforme ou rachitique, selon que l'air ou le soleil lui ont fait défaut ou que les sucs nourriciers du terrain natal n'ont pas été en proportion de sesbesoins de croissance et d'extension. Ce hêfre, par exemple ( fig.
209), est né chétif ; bien jeune , il se courbe, et il ne tarderait pas à tomber si la nature , cette bonne mère ralnm iivdtarj ,T{\\sÀi compensé la faiblesse du corps de l'arbre par la force disproportionnée des Fig. 209. racines , qui lui
forment, en s'étendant dans tous les sens, de soHdes arcs-boutants, à l'aide desquels
QL'ATRIKME PARTIE
Fig. 21 U.
il pourra p^randir encore, sans toutefois atteindre jamais au développement ni à la longévité moyen ne de ses congénères , nés dans de meilleures conditions.
Dans des racines aussi exagérément développées, l'expression cylindrique de Fécorce s'accentue comme dans le corps de l'arbre , et dans celui-ci, incliné tel qu'il est représenté, cette expression se contourne suivant le mouvement de l'arbre.
Type IT.
TRONC DE HÊTRE AVEC LES ATTACHES DES BRANCHES ( flg.
Sans continuer indéfmiment le parallèle auquel se prête l'étude comparée du règne animal et du règne végétal, rappelons cependant que, si pour établir la figure bumaine dans les données de cor-
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rection et d'harmonie qui en constituent une représentation vivante, il est indispensable d'en bien attacher Its bras et d'en poser sohdénient les jambes, de même, pour l'arbre que nous venons de voir prenant de lui-même et selon sa nature son point d'appui dans et sur le sol, il est nécessaire que les branches, qui sont comme les grands bras étendus de ces rois de la végétation, soient attachées, liées à l'arbre selon son caractère spécifique.
Lorsque vient l'hiver, que l'arbre est dépouillé de son feuillage et que son armature se dresse libre et nue devant le dessinateur, c'est d'abord, avant tout, l'ensemble du tronc que celui-ci doit chercher, en observant, d'après la verticale, que dans les déviations souvent brusques et assez nombreuses de ce corps d'arbre, lorsque l'un des côtés est sérieusement dessiné, le côté opposé suit un mouvement presque parallèle, sauf la dégradation naturelle au rétrécissement de l'arbre à mesure qu'il s'élève. Cette remarque, qui s'applique également aux branches, est un point d'appui que le déliutant ne devra pas négliger.
On doit remarque!' ensuite les bourrelets formés sur Técorce à la naissance des branches. L'écorce s'est d'abord faiblement entr'ouverte pour donner passage au bourgeon naissant, qui s'est développé sous forme de branche en suivant l'accroissement progressif du tronc natal. La sève, arrivant chaque année au point de suture, qui s'agrandit également, se confond avec l'écorce, s'enroule avec elle 'et forme à la branche une sorte d'épaulement qui la soutient à mesure que son manteau de feuillage devient plus lourd à porter. Ces détails d'attache des branches sont à observer à très peu de différence près dans nos différents types. Le chêne, le charme et le sapin les présenteraient comme le hêtre, sauf les détails caractéristiques de l'écorce selon l'espèce.
Type 18.
PIED d'un gros Hêtre (fig. 211).
Le hêtre, l'un des arbres les plus imposants de nos forêts, en est en même temps l'un des plus élégants, par le port de ses hautes frondaisons et la gracieuse retombée de ses branches inférieures, et enfin l'un de ceux qu'on trouve le plus fréquemment sous tous les climats de l'Europe. A ce titre, nous avons cru pouvoir ici donnera l'étude de cet arbre une place relativement importante et pré-
Fig. 211.
senter encore le pied crun vieux hêtre. Les branches inférieures , les aînées de la famille, se sont brisées sous le poids des ans , en laissant sur le tronc de l'arbre, à leur point d'at tache, des cicatrices proéminentes , dont l'expression doit être donnée avec fermeté en quelques coups de crayon.
La rupture accidentelle de la tige centrale de Tarbre, encore à Tétat de jeune plante, en a amené la bifurcation en deux rameaux secondaires, qui, avec les années, se sont déve loppés parallèlement , ajoutant ainsi à la majesté de r en semble le caractère particulièrement pittoresque que ne doit jamais négliger le dessinateur.
Ce motif étant ' traité en croquis, l'expression générale est, comme toujours en pareil
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cas, largement indiquée ; quelques branchettcs tombantes qu on n'omettra pas, doivent, sans être trop cherchées, dire par le coup de crayon le mouvement et la forme du feuillage du hêtre. Enfin, un léger frottis à droite et à gauche fait venir Tarbre en avant en le détachant sur le fond de la foret.