L'ESQUISSE
L'esquisse doit être rigoureusement le point de départ de toutes les études de l'élève ; c'est la base fondamentale de tout dessin étudié sérieusement.
L'esquisse est le premier jalon jeté sur le papier pour chercher
PRINCIPES ET METHODE
l'ensemble, les proportions, les rapports de grandeur des différentes parties du modèle, et faire l'application judicieuse du principe de r Alphabet.
Lesquisse peut se diviser en trois parties bien distinctes :
1° Les grandes proportions établies d'après le principe de l'Alphabet;
2" Le trait des grands contours des formes générales prises dans leur ensemble ;
3" La couleur légèrement exprimée, mais indiquant en quelques coups de crayon la valeur relative des objets que l'on dessine d'après nature ou d'après le modèle.
L esquisse, tout en donnant lindication complète du modèle, doit être tenue dans les tons doux, alin que, lorsqu tlle est terminée, on puisse l'atténuer facilement avec de la mie de pain.
Tenue du corps et de la tête pour l'esquisse. — Le carton étant bien placé devant lélève et mainteim avec la main gauche, le corps doit être droit sans affectation, de manière que Ja tête se
Fi-. 29.
trouve assez éloignée du dessin pour permettre à Ici'il dembrasser facilement l'ensembh- du modèle et de la copie.
Tenue du crayon, de la main et du bras pour l'esquisse. — Le crayon doit être tenu long et l'une de ses extrémités, D (exemple 1, fig. 29 , dirigée vers le creux de la main. 11 faut le maintenir entre le pouce, A, l'index, B, et le majeur, C. Le petit doigt, E, légèrement ouvert et glissant sur le papier, soutient la main, et lui permet de suivre sans fatigue les divers mouvements que lui imprime le bras pour accomplir la variété des traits légers qui constituent lesquisse.
L'exemple 1 (fig. 29) représente la main retournée, pour que l'élève puisse bien juger de la tenue du crayon. L'exemple 2 (fig. 30) représente la main tenant le crayon de la même manière que dans
INTRODUCTION
l'exemple 1 ^tîg". 29;, mais posée exécutant Tesquisse, et, comme on
Fig. 30.
peut en juger, s'appuyant sur le petit doigt, le bras étant lijjrement
soulevé au-dessus du carton.
L'esquisse est donc ce qu'on peut appeler le dessin à main levée.
C est une grave erreur de penser que 1 esquisse doit être un trait parfaitement pur, donnant tout de suite l'imitation du trait du (Ifssin. Le désir d arriver à cette perfection porterait préjudice à l'élève, l'esquisse devant être li])r(' dans ses recherches répé tées, dans ses divers tâtonnements, la perfection ne consistant jias ici l'cxactiludi' des ])r(ipi>rtinns.
dans la ncllcfi' (hi tiait, mais dan^
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Exemple. — Voici (fig. 31) le dessin diin Chanipignon renversé
j: et (fig. 32) le modè-
le d une esquisse de ce même dessin.
L'élève remarquera la douceur du ton de cette dernière, que, lorsqu'elle sera ainsi faite , il pourra effacer légèrement avec de la mie de pain roulée entre ses doigts et aplatie , en laissant subsister une teinte douce, seulement assez visible pour pouvoir le guider dans Texécution du dessin.
Tenue du crayon pour des- SINER. — L'esquisse ayant été légèrement effacée, l'élève passera au trait, qui demande une exécu-
Fiu-. 33.
INTRODUCTION
tion ferme et précise ; il faut donc tenir le crayon, non plus comme pour le précédent travail, mais court, de la même manière qu'on tient une plume pour écrire (modèle 3, fig. 33), c'est-àdire entre l'index, 1, le pouce, 2, et le majeur, 3; la main doit s'appuyer sur le petit doigt, 4. Autant la tenue du crayon pour l'esquisse donne de liberté, de facilité et de légèreté dans la répétition variée des traits, autant la tenue du crayon pour le dessin préparatoire, comme d'ailleurs pour le dessin proprement dit, la main et le bras se trouvant posés sur le carton ainsi que nous venons de le dire, donne de précision et de fermeté à l'exécution.
Avant de terminer cet article sur le dessin préparatoire, nous présenterons encore deux types empruntés au règne végétal et offrant dans leur exécution plus de liberté que les précédents.
Feuille de marronnier (fig. 34). — Cette feuille, trouvée
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par notre principe, a la forme rigide de la feuille ornementale; elle est d'un dessin ferme, vigoureux ; donnant bien tout ce quil doit donner, Téeriture des contours ; bannissant les petits détails, représentant seulement ceux qui sont indispensables et qui, par la justesse de leurs formes prises sur la nature, ne permettent pas à Fœil d'hésiter pour indiquer le caractère et le nom de lobjet représenté.
Feuille de tussilage (fig. 35). — Cette feuille, non moins caractéristique que la précédente, se trouve inscrite dans le cercle. Le trait du contour exprime clairement l'ombre et la lumière, et son dessin, comme le précédent, se renferme dans les détails strictement nécessaires à l'expression du caractère.