‹ Guide de l'alphabet du dessin, ou, L'art d'apprendre et d'enseigner les principes rationnels du dessin d'après natureChapitre 98 sur 161 · I.K MATRUIKI, ACCKSSOIRK · texte numérisé non relu

I.K MATRUIKI, ACCKSSOIRK

un cadre inteUectuel de son invention; d'antre part. M. E. Rey, professeur à F École de Lyon en 1834, parle, dans 1 exposé de la Méthode de dessin^ d'un cadre vérificateur. Ces deux types nous sont demeurés inconnus ; mais, d'après les descriptions données par

Fig. 23.

leurs auteurs, nous avons lieu de croire que déjà à ce moment les peintres professeurs se préoccupaient de la recherche d'un instrument qui, dans l'étude d'après nature, pût, tout en aidant le dessinateur, laisser une place importante au travail de l'intelligence, c'est-à-dire au raisonnement.

PRKMIKRK PARTI!

LE CADKE-ISOLATEUR

Le cadre-isolateur ou cadre-rectiflcateur , dont nous avons déjà parlé dans le Guide de V Alphabet du dessin, est un rectangle formant cadre, dont l'ouverture est divisée en quatre parties

égales par deux lignes perpendiculaires l'une à l'autre. Il représente assez bien une croisée h quatre vitres par laquelle on considérerait de l'intérieur un paysage s'étendant au delà, comme le ferait par exemple la personne représentée par la figure 26.

Le cadre-isolateur a pour but d'aider le dessinateur ou le peintre, non seulement à déterminer, devant la nature, l'ensemble du tableau et la place qu'y occupent chaque groupe et chaque objet, mais surtout à isoler le motif, à le séparer des accessoires inutiles.

L'étendue de l'ensemble visible par l'ouverture du cadre dépend de la distance maintenue entre l'œil et cette ouverture. En effet, à mesure qu'elle est plus rapprochée de l'œil, l'angle optique formé par les rayons visuels s'ouvre de plus en plus et laisse un plus grand espace entre l'extrémité de ses rayons. Pour donner le meilleur développement de V angle optique, la distance, suivant quelques-uns, doit être égale à la hauteur de la verticale centrale et, suivant quelques autres, à trois fois cette hauteur; pour nous, deux fois et demie nous semble une bonne moyenne. C'est faute de place que nous n'avons pas observé cette proportion dans la figure 26.

Pour bien voir l'ensemble d'un site en plein air ou même d'un groupe à l'intérieur, la direction du regard ne doit point varier, c'est-à-dire aller de droite à gauche ou de haut en bas.

La figure 27 représente le dessinateur étudiant, à l'aide du

Fii--.

LE MATl'.RIEL ACCESSOIRE

cadro l'ensemble d'un groupe de fabriques et cberchant la place que lès proportions de chaque partie doivent lui faire occ iper

dans le tableau.

Le cadre-isolateur, placé à quelque distance en avant d une composition plus importante, formée avec nos fabriques sur la table porte-modèles (fi-. 28), laisse voir le motif tel que la nature pourrait le présenter à nos yeux. Une maisonnette, à Tangle gauch.' du tableau, est à moitié couverte par le cadre et fait pressentir la suite du village , tandis qu'à droite une étroite bande de ciel suffit à faire éprouver l'impression d'une profondeur aérienne qui

Fig. 27.

donne au groupe l'aspect d'un tableau vrai et complet. Nous appuyons sur ce détail; car c'est là, selon nous, au point de vue artistique, un des côtés les plus utiles du cadre-isolateur.

Lorsque, dans une ville ou dans la campagne, la vue peut s'étendre sur de vastes espaces, où Ton croit voir d'abord mille tableaux tout faits, clochers de cathédrales, constructions rustiques reflétés par des ruisselets miroitants, groupes.^rarbres aux silhouettes arrondies ou rageuses, on ne sait oii s'arrêter. Eh bien, nous disons que, non seulement pour l'élève tout à fait mexperin.enté mais encore pour le dessinateur déjà capable de traduire

P1U:.MIKUE l'AliTll-

fortement un motif quelconque, c'est le moment d'avoir recours au cadre-isolateur, dont la bordure rigide, délimitant le groupe, vient dire : Cet ensemble est trop grand et se présente mal ; ces masses d'arbres ont trop d'importance par rapport à l'ensemble ; ce premier plan n'offre pas assez d'intérêt. Alors chercliez, placezvous un peu plus à droite ou à gauche, votre cadre à la main, jusqu'à ce que ces masses, ce premier plan aient, par l'effet du rac-

Fif

courci ou du développement, pris leur place dans un ensemble oii les lignes, les détails et l'effet se pondèrent, se cadencent, c'està-dire donnent le tableau. Il est bien entendu que ce tableau doit être déterminé selon la force du dessinateur ; car, s'il ne faut pas craindre la difficulté, il ne faut pas non plus entreprendre de lutter contre rimpossil)le. Nous aurons à revenir sur ce sujet à ])ropos des déljuts de l'éb'-ve devant la nature en plein air.

Uuaiid il s'auira dr fixer sui' l'album ou la toile le motif déter-

LE MATÉK11:L ACCKSSOIUI-: 2D

miné par le cadre-isolateur, on devra s'aider encore de celui-ci pour l'appréciation des proportions relatives des principaux objets, de la place occupée par le 'terrain, les fabriques, les arbres, etc.

Nous ne croirions pas avoir tout dit sur le cadre-isolaleur, si nous n'ajoutions qu'il doit être employé, même par l'élève le plus inexpérimenté, seulement pour déterminer avant l'exécution les proportions générales d'ensemble et de détails ou pour vérifier, par comparaison, si ces proportions ont été conservées dans le tracé déjà fait, mais qu'il ne doit, dans aucun cas, rester fixé, pendant l'exécution, entre l'élève et son motif, qui serait ainsi, en quelque sorte, calqué. Or le calque, sur lequel nous avons déjà exprimé notre opinion, ne constitue jamais une étude sérieuse dans le présent ni profitable pour l'avenir.

Nota. — Notre cadre- isolateur de petite dimension est préparé de telle sorte qu'il s'adapte sur l'album de pocbe dont nous allons bientôt indiquer l'usage.

Page 1