‹ Guide de l'amateur d'insectesChapitre 14 sur 32 · LÉPIDOPTÈRES A L'ÉTAT D'INSECTE PARFAIT · texte numérisé non relu

LÉPIDOPTÈRES A L'ÉTAT D'INSECTE PARFAIT

Une foule de notions diverses sont indispensables au chasseur de Lépidoplèrcj. En première ligue se placent la connaissance exacte des mœurs de ces insectes, celle des époques où ils paraissent, celle des terrains et des plantes que telle ou telle espèce affeclionne particulièrement 5 les heures de la journée où elle se montre de préférence ; l'influence exercée ^oit par l'exposition de la localité, soit par les agents atmosphériques ; mille causes, en un mot, dont la réunion lorme la théorie complète du chasseur.

S'il s'agissait de raisonner sur ces causes, il y aurait matière à un ouvrage de longue haleine ; mais conmie notre seul but ici est d'être utile aux amateurs peu expérimentés, en leur rendant les recherches pratiques plus faciles, nous nous bornerons à décrire uniquement les faits les plus connus et les mieux observés.

Pour les Lépidoptères riiopalocères ou diurnes, il est évident que la chasse doit en être faite au moyen du fdet ou de la pince à raquelLe (l).

(1) « Pour attrapop un (iiurne qui est pose, ditGodartà la fin « du premier voluiiiC de &ou ouvraijt bur ks Lépidopiiieb de i^'iuKOe,

II vaut mieux se servir de la pince à raquette que du fdet pour prendre les sésics, les teignes , en un mot toutes les petites espèces.

La plupart des sphingides, dosbombycites, des uoctuélites et des géomètres se laissent piquer sur place pendant le jour.

Il est des espèces nocturnes sur le corselet desquelles les épingles sont sujettes à glisser; telles sont les lichenées (Catocalu), !a catephia alchymista, et beaucoup d'autres encore. Pour plus de sûreté, on fera bien de les piquer d'abord avec une aiguille un peu forte, mais dont la pointe sera très-acérée. Le papillon étant une fois piqué, ou remplacera de suite cette aiguille par une épingle proportionnée au corps de l'insecte. Nous nous servons surtout avec succès pour piquer sur place les espèces un peu vives, d'un petit instrument que chacun peut se fabriquer aisément. Il consiste en 3 ou 4 aiguilles réunies ensemble l'une contre l'autre et adaptées par la tète, au moyen de cire, dans un tuyau de plume qui les maintient et ne leur permet pas de s'écarter quand on s'en sert.

« il faut s'en approclier avec précaution , et surtout lui dérober « l'orabre du filet. S'il est par terre, on pose dessus cet instru- « ment, puis on lève la g;ize pour aider l'insecte a monter. S'il est « sur une plante, sur un iroiic d'arbre ou contre un mur laiioteux, « on le prend en remontant, et on retourne de suite le fer pour que « la poche se ferme.

ï Quand l'anima! est captif, on le cerne dans un des coins du filet, « puis on lui presse doiiccnioit les cutis de la poitrine avec le pouce « et l'index. Après cela on le inque sur le milieu du corselet, de « manière que la pomie de l'épingle sorte entre la deuxième paire « de pattes. »

Mais le moyen qui nous semble préférable à tous ceux indiqués précédemment est l'emploi du flacon à large goulot (40 à 50 millimètres au moins) , préparé comme il est dit avec 2 ou 5 grammes de cyanure de P'jtassium ; on y fait entrer les noctuelles et géomètres que l'on trouve appliquées contre les arbres, on iVrme vivement le flacon et après quelques instants, on peut les piquer sans crainte d'endounnager leur corselet ef; souvent de les manquer; ua flacon bien préparé peut durer un an. On peut aussi remplacer le cyanure par le chloroforme , dont on verse quelques gouttes sur le bouchon, mais il faut le renouveller plusieurs fois dans la journée. INous préférons donc le cyanure.

Beaucoup de Lépidoptères rhopaîocères, ou diurnes, passent la nuit sur les plantes ou sur les fleurs. Telles sont les Lycénides. On pourra facilement les prendre avec les doigts, avant leur lever, et aussitôt après leur coucher. C'est ainsi qu'on prend les Lycœna hylas, argus, ajon, corijàon, etc., sur les fleurs du serpolet, de l'origan, etc., plantes que ces espèces affectionnent.

Les NympJialis populi, et Apatiira Iris et llia, ne volent guère que le malin dopns 8 jusqu'à 11 heures. Dans les belles et chaudes journées, ils reparaissent ensuite de 3 i 5 heures de l'après-midi. Ils descendent en planant, et vont se reposer sur la fiente des bestiaux, dans les routes fréquentées. Si on les manque, il faut bien se garder de les poursuivre, parce qu'ils disparaîtraient sans retour, tandis que si l'on reste tranquille, on est presque sur qu'ils ne tarderont pas à revenir.

Les Piérides volent dans les jardins, les prairies, etc.;

les Argynnes et les Mélitées se plaisent dans les avenues et dans les clairières des forêts. Elles se reposent, insi que certaines Ilespéries, sur plusieurs sortes de bugles (Ajuga repfans et pyramidalis).

Les Satyres aiment en général les endroits rocailleux et stériles.

Les Sésies s'attachent pour la plupart au bois pourri. Plusieurs espèces aiment à butiner dans nos jardins les fleurs du seringat odorant (Coronarius ph'dadelpldus).

A l'exception de trois espèces, des Macroglossa fuciformis, homhyliformis et stcUatanim, tons les Sphinx dorment pendant le jour au bas des plantes ou contre le tronc des arbres. Le soir, les uns butinent verjile crépuscule, dans nos jardins, sur les fleurs du chèvrefeuille, du phlox, de la saponaire, de la valériane, etc.; et surtout des pétunias; les autres volent, à la même heure, dans les prairies, pour y pomper le nectar des fleurs, particulièrement celui de la sauge des prés.

Les Zygènes se tiennent sur les fleurs des scabieuses, des chardons, ou au bout des longues herbes.

^Les mâles des Aqlia Tau, Endromis Versicoloray Bombyx lîubi, Quercus, Bumeti, etc., volent pendant le jour à l'ardeur du soleil, de huit heures du matin à midi pour la plupart, quelques autres plus tard. Les femelles de ces Bombyx dorment pendant le jour, appliquées contre le tronc des arbres ou cachées dans les feuilles sèches. Si l'on parvient à trouver une de ces femelles qui n'ait pas été déjà fécondée, il faudra bien se garder de la piquer, c'est un excellent appât pour se procurer des mâles ; ou aura soin, au contraire, de la

renfermer dans une petite cage de gaze bien transparente, et l'exposer dans une allée, ou dans une clairière bien découverte; on ne tardera pas à voir u:ie grande quantité de mâles vohiger à i'entour, et Ton pourra ainsi en prendre un grand nombre, sans bouger de place.

La plupart des autres Bnmbycites. et un grand nombre de Noctuélites, dorment immobiles, penckuit le .'.our, contre le tronc des arbres forestiers ; c'est alors que, pour les en faire tomber, l'usage du maillet âevient indispensable. On ébranlera donc les arbres au moyen d'un coup sec sur le tronc, à peu près à la hauteur de la main ; en même temps que l'on donnera le coup, on promènera ses regards , dans un rayon de deux à trois mètres, autour do l'arbre, pour y découvrir les espèces que cette commvition subite aurait fait tomber immédiatement sur le sol

Quand le temps est nébuleux et froid, cette chasse peut avoir lieu à toutes les époques de la journée; il n'en est pas de même pendant les heures ardentes de l'été ; à cette époque de l'année, les Bombycites et Noctuélites s'envolent, au lieu de tomber à terre, lorsque le coup de maillet a été donné. Ainsi, à partir du moment où les rayons du soleil auront acquis assez de force, ou même lorsque, par un temps couvert, la chaleur sera assez intense pour produire l'effet dont nous venons de parler, cette chasse devra être faite de grand matin, depuis quatre heures jusqu'à sept ou huit heures au plus .

Nous avons dit tout à l'heure que les Sphinx aimaient à butiner sur les fleurs, au moment du crépuscule.

ïl en est de même d'un grand nombre de Noctuélites : c'est ainsi qu'on prend sur les valérianes, sur l'origan, dans nos jardins, plusieurs espèces des genres iVoc^im, Agrotis, Polia, Hadena, Cleophana, Cucullia Dianthœcia, etc. Beaucoup volent aussi, à cette heure, sur les luzernes et les trèfles, principalement dans les prairies qui descendent en coteaux dans le voisinage des bois. ^ Il y a encore un autr3 genre de chasse qui est fort usité parmi les entomologistes du centre et du midi de la France, parmi les Lyonnais surtout.^'ll consiste , au moment de la floraison des bruyères, à étendre un drap, pendant la nuit , au milieu des clairières dont cette plante forme la végétation. Au centre et aux quatre coins du drap sont disposés des lampions allumés. Attirés par cette lumière, beaucoup de Noctuélites viennent voltiger à l'entour et on les prend facilement avec le filet, ou même avec la pince. Cette manière est excellente si l'on veut se procurer plusieurs espèces rares des genres Noctua, Agrotis, Luperina, qu'on' chercherait en vain par d'autres moyens (1). ,» i Un autre genre de chasse très-productif auquel il est aisé de se livrer quand on réside à la campagne, est la chasse à la Miellée. Cette chasse peut se faire toute l'année, mais c'est surtout pendant les mois de septembre et octobre qu'elle produit les meilleurs résultats. Elle consiste à délayer dans de l'eau, du miel , de la mélasse ou autre matière sucrée, et à enduire de cette préparation avec un pinceau, au coucher du soleil, une

(1) Les entomologistes du Midi appellent cette chasse, la chasse k la lanterne. ^

surface plus ou moins grande sur le tronc des arbres dont on a fait cho'xx d'avance. Quand la nuit est arrivée on vient inspecter avec une lanterne les arbres ainsi préparés, sur lesquels on trouve attablés, bon nombre de Noctuelles et Géomètres qui se laissent facilement piquer sur place et que l'on prend souvent aussi fraîches que si on les avait élevées. On peut renouveler plusieurs fois sa visite dans la même soirée.

Quand un endroit paraît propice pour faire une miellée, mais que les arbres manquent, comme sur les bords d'un marais, d'une prairie, d'un champ de bruyère, etc., on supplée au défaut d'arbres, en plantant des piquets qu'on enduit de la préparation miellée ou eu tendant de fortes cordes qu'on a préalablement frottées de son appât.

Les raisins très-mûrs en espalier attirent également beaucoup de Noctuelles à l'arrière-saison. En visitant les treilles, le soir, à la lanterne , nous y avons fait souvent de nombreuses et excellentes captures.

Les Phalénites aiment en général les lieux ombragés ; pour se les procurer , il faut battre les branches d'arbres et les buissons.

Du reste un grand nombre de Noctuélites et de Phalénites sont diurnes par leurs habitudes, en ce sens qu'elles volent, comme les Rhopalocères, dans les clairières des bois, dans les prairies, etc. On pourra donc les prendre, comme ces derniers, à l'aide du filet ou de la pince.

Quant aux Pyralites, aux Tinéites, aux Crambites, leur nombre est si grand, leurs mœurs sont si variées,

qu*uii votume enlier suffirait à peine à décrire leurâ habitudes. Bornons-nous à dire qu'elles volent en général sur les fleurs, par exemple sur les genêts, les bruyères, etc., dans les allées et dans les clairières des bois, et que le moment le plus favorable pour les prendre est de 2 heures à 5 ou 6 heures de l'après-midi.

ÉPOQUES ET LOCALITÉS OU IL FAUT CHERCHER LES LÉPIDOPTÈRES A L'ÉTAT PARFAIT.

Disons d'abord, en général , qu'on trouve des Lépidoptères dans toutes les saisons, même en hiver; il est vrai d'ajouter que les mois de décembre et de janvier ne fournissent que quelques Phalénites du genre Bibernia, ainsi que la Larentia brumata. Le mois de février est un peu moins stérile ; vers le commencement de ce mois, lorsque le temps est doux, on trouve sur le tronc des arbres, principalement sur le bord des allées des bois exposés au midi, VHibernia pilosaria, et dans les tallUs, vers la fin du même mois, les Hibernia leucophœarîa et progemmaria. A la même époque, on voit voler, parmi les Tinéites, plusieurs espèces de genres Cheimonophila et Lemmatophila ; mais c'est seulement dès les premiers jours de mars que la nature se réveille entomologiquement parlant. Nous ne parlerons pas ici des Piérides et des Vanesses communes, ainsi que de la Rhodocera rhamni, qui commencent à voler dès les premiers jours de ce mois \

mais pour peu que l'on se promène , le filet à la main, dans les allées ou dans les clairières peuplées de bouleaux, on est sûr de \o'\T\o\e\:\à BrejyJios parthenias. Si l'on visite le tronc des arbres qui bordent les allées des bois de Boulogne, de Vincennes, etc., on y trouvera les Cymatophora flavicornis, Xylocampha litorhiza, Luperina conspicillaris, Nyssia hispidaria, Amphydasis prodromaria, et quelquefois aussi, mais Irès-rarement, les Xylina semibrunnea, Haw, '(oculata, Germ., pétri ficata, Dup.)- Le commencement du même mois voit éclore VOrthosia populeti, qui se repose d'ordinaire sur le tronc des peupliers. Vers le 20 mars, YEndromis versicolor vole avec une grande rapidité dans les allées des bois où il y a des plantations de bouleaux. Nous l'avons pris souvent, dans les bois de Clamart, au carrefour de la petite Plaine , entre 9 et 1 1 heures du matin, et plusieurs fois aussi dans les forêts de Bondy, de Vincennes, etc. Si l'on frappe les taillis à l'aide du maillet, on trouvera , dans tous les bois, les Orthosia miniosa, cruda fambignaj, munda, etc. Enfin une charmante Phalénite éclot dans les derniers jours de ce mois, la Nyssia zonaria. Elle habite les prés humides, surtout ceux qui bordent la Seine du côté de l'est. Nous la prenions autrefois en grand nombre, près de Paris, à l'extrémité du pont d'Ivry, vers la bosse de la Marne, dans l'immense prairie située entre Maisons et Alfort. Mais elle y devient de plus en plus rare, à cause des nombreuses recherches des amateurs et par suite delà mise en culture d'une partie de la localité. Il est même à craindre de la voir disparaître entiè-

rement ainsi que cela a eu lieu déjà pour plusieurs espèces qui étaient communes autrefois, aux environs de Paris et qu'on y chercherait vainement aujourd'hui. La Zonaria dont la femelle est aptère reste tout le jour immobile sur le gazon.

Vers le 20 mars, la Brephos parthenias est remplacée par sa congénère B. notha. Cette dernière habite surtout les grands bois, ceux de Ville-d'Avray, Fausse- Repose, des Gonards près de Versailles, les forêts de Bondy, de Saint-Germain, de Sénart, etc. Elle vole, depuis 8 heures et demie du matin jusqu'à midi, dans les allées des bois, et elle se repose sur la boue, comme la parthenias. Pendant le mois de mars, VAmphldasis hirlaria peut se rencontrer sur le tronc des ormes qui bordent les routes et les promenades.

Dès les premiers jours du mois d'avril, lorsque la température est chaude, le Polyommate de la ronce P. ruhi commence à voler dans les parcs et dans les parties verdoyantes des bois. Il se pose fréquemment sur les genêts; en frappant les rameaux du genêt à balai Sportium scoparmm dans les lieux arides et sablonneux, on en fait partir la Chesias obliquata. Les allées et les clairières des bois sont animées par la présence de quelques espèces communes de Rhopalocères, tels que le Polyommatus phlœas, VArfjynnis Dia, le Satyrus scgeria, etc. Parmi les Hétérocères, la Saiurnia carpini se m.ontre dans les endroits buissonneux, dans les garennes, etc. Vers la mi-avril, VAnthocharis cardamines mâle, commence à paraître; la femelle plus tardive, u'éclot guère avant les premiers jours de

mai. C'est aussi l'époque où, dans cerialus lieux arides on voit voler la variété printanière de la Pieris daplidice, et quelquefois même, mais très-rarement, VAnthocharis belia, dont la véritable patrie est le midi de la France.

Vers le 20 avril, et même quelquefois un peu plus tôt si le printemps a été précoce, VAglia Tau mâle, vole avec rapidité, de 9 heures à midi, même plus avant dans la journée, si, dès le matin, le ciel a été couvert. Les allées et les massifs des bois où dominent les charmes , sont les endroits où il convient de le chercher; nous l'avons pris souvent dans les forêts de Compiègne, de Villers-Cotterets, de Chantilly dans les bois d'Ermenonville, et , près de Paris, dans les bois situés entre Saint-Cyr et Versailles, surtout dans la forêt de Saint-Germain, dans le voisinage des Loges, et près des stations de l'Étoile de Conflans , et de Maison Laffitte La femelle, beaucoup plus rare, doit être recherchée, à terre, sur les feuilles sèches^ ou contre le tronc des arbres.

Quant aux Bombycites et Noctuélites dont l'existence immobile s'attache au tronc des arbres, le mois d'avril en voit naître plusieurs espèces; c'est ainsi que, du 10 au -20 de ce mois, la Ctjmatophara ridens se trouve appliquée contre les chênes, les bouleaux, etc. A cetteépoque, si l'on frappe le tronc des peupliers, des trembles, on en fera tomber les Dicranura vinula et biflda les Pygœra curtula, reclusa et anachoreta, les Notodonta chaonia et trépida, VOrgyia coryli, les Acromjcla rumicis et auricoma. le Platypteryx fakula^ le Ennomos lunaria^ illustraria et illunaria^

Dans le passage du mois d'avril au mois de mai, l'Anarta myrtilU que suit immédiatemeut sa congénère arbutiy voient, la première sur les bruyères, la seconde sur les trèfles, les bugles, qui croissent dans les lieux humides. Plusieurs Phalénites communes , telles que la Fidonia atomaria, la Melanippe maculata, la Sthrenia clathrata, paraissent en abondance dans les bois, les prairies, etc... Parmi les Khopalocères, la Lencophasia sincqns, le Syrkhtiis alveolus, et sa charmante variété Lavatcrx, à taches blanches confluentes, le Thanaos taijes, le Lycœna argiohts, quelquefois même, les Papilio machaon et podaliriics, la Ncmeobiîcs hicina, et même VArgynnis evphrosyjiCy commencent à paraître dans les clairières et dans les allées des bois (1), parmi les Hétérocères, hs Euclidia 7ni et glyphica volent dans les luzernes, surtout dans les prés qui avoisinent les bois ; tandis que les Smerinthus Populi Ortliorinia palpina et Notodonta dictœa dorment immobiles contre le tronc des peupliers. ©

Dès les premiers jours du mois de mai, les allées des bois se couvrent de verdure et s'émaillent de fleurs sur lesquelles les espèces de Rhopalocères dont nous par- Hons tout à l'heure, aiment à venir se reposer. C'est le véritable moment de faire la chasse au Nemeobius lucina, qui vole tantôt sur les fleurs des bugles, tantôt sur les jeunes feuilles de chêne. (Cette espèce est trèscommune dans la forêt de Bondy). Les fleurs blanches de l'aubépine et celles du prunellier plaisent beaucoup

(1) Nous ne parlons ici que des années Mtives; généralenieat l'cclosion de ces espèces n'a iieu qu'au commencement de mai.

au Papilio podalirins , qui se trouve commuuément dans la forêt de Fontainebleau, au pré Larcher et sur les cotaux arides de Lardy et plus rarement à Bondy, rUie-Adam, Saint-Germain, etc., etc. Si l'on frappe les peupliers qui bordent le canal de l'Ourcq, dans la forêt de Bondy, on pourra en faire tomber Gluphisia crenala\ dans les parties humides de la même forêl, dans celles des bois de Meudon, de Vincennes, etc., on trouvera, en battant les baliveaux, la Thyatyra bâtis; si l'on visite, à la même époque, les clairières marécageuses des bois du Désert, à une lieue au-dessus de Versailles, en allant à Bouvier, et celles qui avoisinent l'Étang- Vert dans les bois de Chaville, on y rencontrera la Vanessa levana. Cette espèce, dont le vol est assez rapide, aime particulièrement le bord des ruisseaux. Enfin, dans tous les bois où il y a des taillis de chênes et de bouleaux, on pourra se procurer les Notodonta camelina, zigzag, et dictœoides; et dans les allées ou les quinconces plantés eu peupliers, les Notodonta tritophus et torva. En battant soit les chênes, soit les hêtres, on peut espérer de rencontrer le Notodonta carmelita, espèce très-rare dans les environs de Paris, et qui n'a encore été trouvée que dans la forêt de Bondy -, dans les lieux peuplés d'érables, de platanes ou de sycomores , on abat quelquefois le Notodonta cucullina. Les meilleures localités pour cette espèce, plutôt propre à l'Allemagne, sont, aux environs de Paris, le bois de Vincennes, et quelques parties arides de la forêt de Saint-Germain. Vers le 8 ou 10 du même mois, les deux sphinx

gazés Macroglossa fuciformis et bombyliformis butinent le nectar de la sauge des prés, de la bugle, etc., dans les allées et dans les clairières des bois humides ; particulièrement dans celle des forêts de Bondy, de Sénart, de Fontainebleau, d'Ârmainvilliers, dans les bois de Notre-Dame, etc. Dans les mêmes localités, on trouve en abondance THespérie échiquier Steropes paniscus. Cette espèce se repose principalement sur la bugle.

C'est aussi le moment de prendre la charmante variété du Syrichthus alveolus, dont nous avons parlé. Nous avons renconlré souvent cette variété dans les bois de Chaville, près de l'Étang-Vert, ^ans la forêt d'Armainvilliers, dans celle de l'iUe-Adam, ainsi que dans la forêt de Bondy. A la même époque, écloseut aussi les Melilea cinxia et arlemis, si communes dans les bois des environs de Paris. Ainsi que la Melitœa Parlhenie, commune à Fontainebleau, nous l'avons prise aussi à Vernon.

Si l'on frappe les jeunes bouleaux dans les clairières des bois, on en fera sortir les Platypterix Iinmula et lacertula. Dans les massifs, plusieurs Phalénitcs communes, parmi lesquelles nous citerons les Ephyra punctaria et pendtUaria, paraissent en abondance. La Macaria notata , la Timandra amataria ne tardent pas à leur succéder. Ces Phalénites sont diurnes, en ce sens qu'elles volent pendant le jour comme les Rhopalocères ; il n'est donc besoin que du filet pour les prendre. Il en e^t autrement, si l'on veut se procurer \qs Cyniatophora or, ocidaris,L., (octagesima, Hub.),

VAcronycta hgnstri ; c'est à l'aide du maillet, en battant les troncs des peupliers, qu'on en fera tomber les deux premières, la dernière s'attache presque toujours au tronc des frênes, arbre qui nourrit sa chenille.

Du 15 au 20 mai, le Bombyx rubi mâle vole avec ardeur dans les clairières des bois secs; VOphiodes lunaris, dont le vol est également diurne, vient presque toujours s'abattre dans les hautes herbes. Le bois de Boulogne, la forêt de Boudy, etc. sont d'excellentes localités pour prendre ces deux espèces. A cette époque, VArgymiis selene vole en grande quantité dans tous les bois. Parmi les Noctuélites, c'est le moment de réclusion des Luperina basilinea, rurea, pinastri, de la Cucullia umbratica, qui s'appliquent, comme presque toutes les autres Noctuelles, contre le tronc des arbres forestiers , surtout de ceux qui bordent les routcSj^les avenues, etc., etc., et qui sont entourés d'épines. C'est sur ces troncs que se repose presque toujours la jolie Cloantha perspicillaris, ainsi que la Pachetra leucophœa, VHadena W. Latinum[gemstx), c'est aussi la véritable époque du Notodonta hicolor^ qu'il faut chercher exclusivement dans les massifs humides plantés en bouleaux. Les forêts de Sénart, de Bondy, de Fontainebleau, de Compiègne, etc., 'offrent d'excellents endroits pour prendre celte belle espèce. On la fait tomber en frappant les baliveaux de moyenne grosseur, surtout ceux qui croissent dans un sol bien garni d'herbe, et offrent une végétation analogue à celle des forêts du nord de la France, véritable patrie de ce Bombyx,

Le Notodonta dodonxa, qui éclot d'ordinaire du 10 au 20 mai, se trouve au contraire uniquement dans les massifs des chênes. A part cette dilïérence, la recherche de cette espèce doit être pratiquée comme celle du Notodonta bicolor.

L'Erastria argentula éclot dans le même temps et vole, pendant le jour, au milieu des hautes herbes. Elle est très-commune dans plusieurs endroits des forêts de Bondy, d'Armainvilliers, etc.

Vers le 20 de ce mois, le Saiyrus hero commence à éclore ; son apparition est de peu de durée. 11 est trèscommun au bois de Notre-Dame, dans les clairières de la route impériale, près de la Queue-en-Brie; on le trouve aussi, en grande abondance, dans toute la forêt d'ArmainviUiers, surtout dans les allées humides qui aboutissent à la Pyramide , à une demi-heue d'Ozouer-la-Ferrière : on le rencontre aussi quelquefois, mais plus rarement, dans la forêt de Bondy, aux environs du Raincy et de Montfermeil, ainsi que dans les clairières ombragées de Chaville, près ^e l'Étang- Vert. Nous l'avons même pris aussi dans les bois de Clamart.

C'est aussi vers cette époque que l'on peut prendre à Fontainebleau, une géomètre assez rare aux environs de Paris, la Fidonia Concordaria, elle est assez commune certaines années, vers la mare aux Evées dans les endroits plantés de genêts.

Nous ne parlerons pas ici d'une foule d'espèces communes, telles que le Satijrus arcanius, Hesperia sylvanus et linea, les Lijcœna alexis, adonis, xaîithe, etc., etc..

Nous ne mentionnerons pas même les noms d'une quantité de Noctuélites et de Phaîéniles vulgaires dont l'énumération excéderait les proportions du cadre auquel nous nous sommes astreints. Il en est de ces espèces comme d'un certain nombre de Tortricides, Pyralites, Tinéites, etc. Ce sont des espèces dont il serait superflu de décrire l'habitat, puisqu'elles viennent d'elles-mêmes, pour ainsi dire, s'offrir par myriades aux coups du chasseur. Le Syrichthus carthami, plus rare, aime de préférence certains heux arides de la forêt de Fontainebleau, des coteaux de Lardy et des clairières de la forêt de Saint-Germain, etc., tandis que le Syrichthus sao ne se plaît que dans quelques localités restreintes . telles que les bords du canal de rOurcq, près de Sévran, dans la forêt de Bondy, les clairières arides du Vésinet , et surtout les pentes abruptes de quelques coteaux plus éloignés de la capitale, par exemple, près de Mantes, de Lardy, etc

Le Bombyx feuille-morte du bouleau Lasiocampa betulifoUa parait pendant tout le mois de mai. Pour se le procurer, il faut battre les baliveaux, dans les taillis clairs; comme la chenille vit aussi sur le peuplier, on peut trouver l'insecte parfait en frappant ceux de ces arbres qui forment des avenues, sur le bord des bois. Signalons encore deux charmantes Phalénites qui paraissent également dans le mois de mai; les Larentia pectinaria Miaria aiiUelamppe) hastata. Ces deux espèces habitent presque exclusivement les bois ; on les fera lever devant soi , en frappant les branches des arbres avec un bâton. Ce système de

chasse, ainsi que noue l'avons déjà dit, est celui qui convient le mieux- à la recherche des Phalénites.

Mais le moment le plus favorable à la recherche des Noctuélites est, sans contredit, le passage du mois de mai au mois de juin. Si la chasse au maillet devient féconde en résultats, c'est principalement dans l'intervalle qui sépare le 20 mai du 15 juin. Dans la première ic période de cette belle époque, les Lépidoptères noc- ' turnes écloseut en foule; le Harpya Milhauseri^ rare ) dans toute la France, se trouve dans les taillis de if chêne exposés au midi, au bois de Boulogne, à Vin- " cennes, dans les bois de Meudon, de Bondy, de Saint- Germain, etc. Il est suivi presque immédiatement par la belle Catephia alchimista qui se repose principalement sur le tronc des chênes et des ormes qui bordent les lisières. UAplecta herbida se repose contre le tronc des arbres dane les parties humides des bois ; VHadena atriplicis (1), au contraire, aime de préférence le séjour des jardins, contre les murs desquels on la trouve souvent appliquée.

Les Hadena thalassina et contUjua s'appliquent contre le tronc des arbres; il en est de même des Dianthœcia cuciibali, capsincola, carpophaya^ comptay conspersa, albimacula, etc. ; mais si l'on veut se procurer un grand nombre d'individus de ces Dianthœcia, sans en élever les chenilles, il faut leur faire la chasse avec le filet au moment du crépuscule, soit dans les

(1) II y a quelques années, cette espèce était extrêmement commune sur les murs et contre le tronc des ormes, sur tous les boulevards de la capitale.

jardins, soit dans les bois où croissent les plantes de la famille des Cariophyllés (1).

N'oublions pas de mentionner ici plusieurs Lithosies, les Lithosia auréola, et rubricollis, dont le vol est diurne, et qu'on trouve dans tous les bois herbus des environs de Paris. Parlons aussi de YErastria fuscula^ qui aime à se reposer contre le tronc des arbres isolés, dans les allées et les clairières des bois. •.; Le passage du mois de mai au mois de juin est aussi l'époque de l'éclosion du Limenitis camilla, qui repa rait à la fin de juillet. Cette belle espèce n'est pas rare dans les bois de Notre-Dame, près de la Queue-en- Brie, dans ceux du Désert, aux bords de la Bièvre, à une lieue de Versailles, ainsi que dans les bois de Sainte-Geneviève, à une demi-lieue de la station du chemin de fer d'Épinay. Nous l'avons prise plus souvent encore dans les rochers de Chamarante, ainsi qu'aux environs de la Tour de Poquency, près de Lardy, et dans plusieurs parties de la forêt de Fontainebleau.

La même époque voit éclore la Chelonia HebCy quelquefois aussi, lorsque l'année a été précoce, sa congénère civica. Ces deux espèces, rares aux environs de PariSj se plaisent particulièrement dans les lieux arides.

C'est aussi le moment de chercher le Smerinthus ocellata contre le tronc des saules et des peupliers. Le

(1) Nous avons déjà parlé de ce geare de chasse daus le chapitre précédent.

Smerinthns Tiliœ est commun sur le tronc des ormes qui bordent les routes et les boulevards. '3 Les Sésies éclosant pour la plupart du 15 mai au 15 juin. La, Sésia tipuliformis est ordinairement la première qui paraisse ; elle vole dans les jardins des environs de Paris, autour des groseilliers dont la chenille se nourrit; la Sésia spheciformis infiniment plus rare, vole dans les clairières marécageuses des bois plantés d'aulnes. L'asiliformis se repose contre les crevasses des peupliers ; il en est de même de Yapiformis, qui est beaucoup plus commune. La mutillœformis se plaît particulièrement dans les jardins, près des pommiers dont l'écorce sert de nourriture et de logement à la chenille. Elle butine souvent, en compagnie de la Sesia tipuliformis, sur les fleurs du seringat odorant! Coronarius pldladelphius).

Un peu plus tardive que ses congénères, la chrysidifonnis vole dans les lieux arides, et se repose sur les fleurs des ombellifères et des euphorbes. Nous l'avons prise, plusieurs années de suite, au milieu de la jetée du pont de Grenelle; elle est répandue à peu près partout, mais commune nulle part.

Une seule Zygène, plus hâtive que toutes les autres, éclot dans les derniers jours du mois de mai. C'est la Zygœna achilleœ , espèce bien mal nommée, du reste, puisqu'elle vit exclusivement sur le Lotus corniculatus, la Coronilla mimma, etc., et d'autres légumineusesf et non sur les ombellifères. Cette Zygène est commune près du Raincy, où elle présente quelquefois une variété fort remarquable chez laquelle le

jaune a remplacé le rouge ; on la trouve aussi sur la pente des collines qui environnent Lardy. Dans cette dernière localité, surtout dans les environs d'itteville et de la Tour de Poquency, on trouve en grande quantité le Lycœna Injlas, quelquefois aussi le Licœna arion.

Dans les derniers jours de mai et dans le comraenment de juin, la Melitœa dictymna vole daus les vallées et les clairières des bois marécageux. Elle est commune dans la forêt de Bondy, dans celle d'Armainvilliers, etc., etc. Sa congénère athalia est extrêmement répandue dans tous les bois, Les premiers jours du mois de juin sont signalés par l'apparition d'une magnifique espèce Nymphalis populi ; ce beau Lépidoptère estassez rare aux environs de Paris. Ou le trouvait jadis très-communément dans la forêt d'Armainvilliers, à un quart de Ueue d'Ozouer-Ia-Ferrière, près de la Pyramide; mais depuis la fameuse trombe du 18 juin 1839, qui brisa tous les gros trembles de la route, celte espèce est devenue aussi rare dans cette localité, qu'elle était commune auparavant. Les meilleures localités pour la prendre sont les bords du canal de l'Ourcq, entre le pont des Six-Pioutes et le pont de Rougemont, l'allée de Rougemont et la grande avenue qui fait face au pont des Six-Routes, sur le ccté gauche du canal en venant de Paris, dans la forêt de Bondy, celle de Compiègiie et l'allée des Mulets située à l'extrémité de la pièce d'eau des Suisses, près de la statue du cavalier Bernin, dans le parc de Versailles. Nous l'avons prise quelquefois aussi, mais plus rarement, dans

— Mei —

diverses parties des bois de Meudon, et même au bois de Boulogne. Elle vole en planant comme toutes les Nymphales, depuis huit heures du matin jusqu'à onze heures, et elle reparaît quelquefois quand le temps a été très-chaud, vers les trois heures et demie de l'après-midi. Elle se repose presque toujours sur les matières excrémentielles, particuUèrement sur la fiente des bestiaux. En même temps que la Nymphale grand Sylvain, la Thecla pruni, se montre dans les clairières delà forêt de Bondy, où croissent les prunelliers. Les coupes fréquentes qu'on a faites dans cette forêt, jointes aux investigations nombreuses des jeunes amateurs, ont rendu cette espèce assez rare, de commune qu'elle était jadis, tes clairières situées entre la Poudrette et le pont des Six-Routes, du côté gauche du canal, en venant de Paris, sont encore les meilleures locaUtés pour prendre ce Polyommate.

Indépendamment de la plupart des Noctuélites que nous avons signalées tout à l'heure, lorsque nous avons mentionné les espèces qui paraissent dans le passage du mois de mai au mois de juin, les dix premiers jours de ce dernier mois amènent l'éclosion d'une foule de Lépidoptères. Citons d'abord le Beilephila porcellus qu'on trouve de temps à autres dans les prairies ou les clairières humides des bois abondant en caille lait jaune (Galiujn verum). Si l'on passe aux Phalénites, cette époque est favorable à l'éclosion de plusieurs espèces, parmi lesquelles nous citerons la charmante Melanthia procellala, qu'on trouve de temps en temps dans les jmassifs sombres et marécageux de certains bois, dans

la forêt de Bondy, dans les bas-fonds humides des bois de Meudou; la Siona dealbata, dont la chenille vit sur la Béloine officinale. L'insecte parfait n'habite, aux environs de Paris, que certaines localités, telles que les forêts de Sénart et de Compiègne, les bois de Notre-Dame, près de la Queue-en-Brie, et surtout les bois de Fieury et de Sainte-Geneviève, où nous l'avons prise par centaines.

La Menalippe tristaia vole en assez grande quantité dans les grandes forêts de Compiègne et de Yillers- Cotterets. La Melanippe luctuata n'est pas rare dans cette dernière localité.

Presque en même temps que U Nymphale grand Sylvain et le Polyommate du prunier, on voit paraître le Satyrns dejanira. Cette espèce habite en général les grands bois, elle ne se plaît que dans les lieux ombragés. Elle est très-commune dans la forêt de Bondy, surtout dans le voisinage de Livry, dans celle de Saint- Germain, dans la forêt d'Armainvilliers, dans les bois de Sainte-Geneviève, etc. ; on la trouve quelquefois aussi dans les pans de Yincennes et de Boulogne.

Le Polyommate Chryseis commence à éclore dans les premiers jours de juin. Nous l'avons pris en grande abondance dans les clairières de la foret de Boyaumont, près de Lamorlaye, à une lieue et demie de Chantilly. Il se trouve aussi mais plus rarement dans les parties basses de la forêt du Lys, entre le village du Lys et celui de Lamorlaye ; nous l'avons pris également dans la forêt de Chantilly, principalement dans la belle route du Connétable ; on l'a rencontré aussi dans

la forêt d'Hallato, entre Senlis et Pont-Saiule-Maxence. Mais c'est surtout dans la forêt de Coinpiègnc, aux environs de Pierrefond, qu'il est tvès-commnn certaines années. Il y vole en même lemps quel' Argynnis Jno.

La Melilea mahcrna, que l'on a regardée longtemps comme exclusivement propre à l'Allemagne,"'' se trouve quelquefois, mais rarement, dans les environs de Paris. On la prend dans la forêt de Montmorency, près des étangs de la Chasse, et dans la forêt de Bondy, dans les allées qui avoisinentle dépôt de la Poudrelte, Nous avons pris plusieurs fois sa chenille sur le frêne, le troène, le chèvrefeuille, etc.

Le commencement de juin est l'époque où éclosent la plupart des Phalénites appartenant au genre Uoarmia. On trouvera la grande Boarmia roboraria appliquée contre le tronc des chênes ; la repandaria se repose aussi contre les arbres, ainsi que Vextersaria. Cette dernière était commune contre le tronc des pins qui bordaient les allées du bois de Boulogne, enlro la

. Muette et la Pyramide. On trouvera dans les mêmes localités les Cidaria picata et simidaîa.

Si l'on frappe les chênes dans les massifs des bois exposés au mid, on en fera omber la Diphtera Orion,

.espèce rare aux environs de Paris. La Xylophosia rurea et la variété alopecurus (combiista) s'attachent contre le tronc des arbres isolés, de ceux principale-

. ment qui bordent les allées des bois. VAcronycta leporina, les Aplecta tincta, advena, nebulosa, la Luperina albicolon, aiment aussi à s'appliquer contre le tronc des arbres.

Les Hepialus hectus et lupulinus se posent à l'extrémité des longues herbes, dans les allées et clairières des bois marécageux.

Vers le 10 du mois de juin, VOphiusa pastinum vole dans les bois ombragés où la Vicia cracca est abondante. La Metrocampa margaritata, VHemithea buplevraria, IdiPhorodesma bajularia et plusieurs autres Phalénites éclosent dans les clairières des forêts ; la Cabera strigillaria est commune dans les endroits où abonde le genêt à balai. Les Xylophasia polyodon et lithoxilea aiment à se reposer contre les arbres dont le tronc est entouré d'épines. On y trouve aussi, mais beaucoup plus rarement, leur congénère sublustris (musicalis), que quelques auteurs rapportent à Uthoxijlea comme variété, tandis que d'autres on font une espèce distincte.

Du 10 au 15 juin, lorsque le temps est chaud, les Satrjrus hijperanthus et Janira volent par nuées, le premier dans les bois, le second dans les prairies.

Plus tardif, VArge galatea n'éclot guère avant le 20 juin. C'est l'époque où la plupart des grandes espèces de Rhopalocères commencent à paraître.

La Limenitis sibylla vole dans les clairières des bois ombragés; elle est très- commune à Meudon, Bondy, Saint-Germain, etc., etc. Il en est de même de VArgynnis paphia, des àe.u\ Argynms Adippe et Aglaïa, vulgairement désignées sous le nom de Grands nacrés. La première de ces deux Argynnes fréquente de préférence les grands bois. Elle est très-commune dans les forêts de Saint-Germain, de Sénart, de Fontainebleau, de Chantilly, etc. Elle aime à se reposer sur les

— -reîç —

fleurs de ronces, sur celle des chardons, de la centaurée cliaussetrape. C'est aussi vers le 20 juin, quelquefois même plutôt si l'année a été précoce, que les Apatura iris, ilia et var. clytie commencent à paraître. Nous les avons pris souvent dans la forêt de Bondy, sur les bords du canal de l'Ourcq, entre le pont des Six-Routes et le pont de Rougemont, dans l'allée des Mulets à Versailles, et aux environs de l'étang de Villebon, dans le bois de IMeudon. L' Apatura Ilia est beaucoup plus répandu ; jadis on le trouvait très-communément dans les prés de la Glacière, près de Paris; mais ces prairies ayant été encloses de murs et la plupart des saules et des peupliers ayant été abattus, il est inutile d'aller le chercher dans cette localité. On te trouve dans les parties humides de presque tous les bois où il y a des plantations de saules et de peupliers, mais il se plaît particulièrement sur les bords du canal de i'Ourcq, dans la forêt de Bondy, aux environs du pont des Six Routes. Il se repose, comme le Grand Sylvain et comme le Grand Mars, sur les matières excrémentielles. V Apatura ilia var. clytie se trouve dans les mêmes endroits que ce type.

La Procris Globulariœ vole dans la dernière quinzaine de juin ; elle se plaît principalement dans les grands bois un peu humides; elle est rare dans les environs de Paris, mais on la trouve communément dans la forêt de Compiègue. Sa congénère, la Procris Statices est beaucoup plus commune et vole dans les clairières de tous les bois; elle aime à se reposer sur la gcabieuse des champs (Scabiosa arvensis).

La Zyyvena îunicerœ, fort improprement nommée dil reste, puisque ni la chenille, ni l'insecte parfait ne se * trouvent sur cette plante, éclot dans la dernière quinzaine du mois de jnin. Elle habite aux environs de Paris des localités assez restreintes, telles que les borde du canal de l'Ourcq et l'allée de Rougemont, dans la forêt de Bondy, certaines allées de la forêt de Sénart, près le carrefour Montesquieu et le carrefour des Deux- Chàteaux. Nous l'avons prise aussi quelquefois dans les environs de l'Étang- Vert, près de Châville. Elle se repose souvent sur la centaurée chausse-trape. Celle de la filipendule est extrêmement commune dans tous les bois des environs de la capitale. Quant à sa congénère trifolii, la seule localité où nous l'ayons encore trouvée est la forêt de Compiègne, dans les parties humides. Elle paraît au commencement de juin.

La Thecla lyncœus se pose sur la ronce, le serpolet; la bruyère, etc. Elle est extrêmement abondante dans tous les bois ; la Thecla W. album qui éclot quelques jours auparavant, aime en général à se reposer sur le marrube, dans les routes plantées d'ormes.

Vers la Saint- lean, le Steropes aracinthus commence à éclore. Elle est commune dans les clairières ombragées de la forêt de Chantilly, principalement près des étangs de la Reine-Rlanche, dans la forêt de Sénart, surtout dans le voisinage de la Faisanderie.

h'Argynnis phœbe se trouve dans les mêmes forêts. Elle est commune au mont de Po, sur la hauteur qui domine la vallée de Lamorlaye, oîi nous l'avons souvent prise en compagnie des Lycœna arion et œgoCf

du Syn'chthvs alveus, elle n'est pas non plus très-rare à fin de mai dans quelques localités de Fontainebleau, surtout le long du chemin de fer au pré Larcher. Plus près de Paris, nous l'avons également trouvée dans les bois de Versailles, mais elle n'y est pas commune.

La Lijcœna alsus, qui parait pour la première fois au mois de mai, reparait pour la seconde en juillet. Assez rare aux environs de Paris, cette espèce est excessivement commune sur le versant des coteaux arides qui environnent Lardy. Elle n'est pas rare non plus dans certaines parties des forets de Chantilly, de Fontainebleau et de Compiègne. j

Le Thecla acaciœ vole dans les derniers jours de juin. La seule locaUté où on l'ait encore trouvé, en deçà de la Loire, est la forêt d'Orléans, où nous en avons pris plusieurs individus. Il vole autour des buissons de prunelliers.

Dans les derniers jours du mois de juin, le Syrichthus altheœ commence à paraître. Cette espèce, plus particulière aux pays de montagnes, est rare aux environs de Paris, ^'ous la prenons tous les ans dans la forêt de Sénart, principalement dans la route de Maupertuis, aux terres de Tigery. Elle se trome dans le bois de Sainte-Geneviève, à Lardy et même quelquefois dans la forêt de Bondy.

La Callitnorpha domimila aime les lieux humides. On la trouve communément dans les prairies marécageuses situées aux environs de la papeterie d'Essonne Elle n'est pas rare non plus dans les bois du Désert, à une lieue de Versailles. On la trouve également près de

Sévran, et eu général flans les lieux aquatiques et un peu boisés, tels que les bas-fonds de Meudon, de Châville, etc.

VEmydia grammica vole dès la fin de juin dans les clairières arides des bois. Elle n'était pas rare au bois de Boulogne, ni dans les parties incultes de la Varenne Saint-Maur. On la trouve aussi communément à Lardy et dans les parties arides de la ferêt de Saint-Germain.

La LitJwsta Irrorea afîectionne les mêmes localités.

La LWiosia ancilla aime en général les lieux plantés de bruyères .

La Lithosia helveola, beaucoup plus rare, ne se plaît que dans les parties marécageuses des bois. Nous, l'avons prise quelquefois dans les clairières humides qui avoisinent l'Étang-Vert, près de Châville.

Lorsqu'on frappera le tronc des arbres pendant une matinée sombre et Iroide, ou le matin de 4 à 7 heures, lorsque la journée doit être chaude et sereine, on en fera tomber plusieurs espèces intéressantes d'Hétérocères. Ainsi, dans les massifs où les ronces et les framboisiers croissent en abondance, on en fera tomber la Noctuelle bâtis qui paraît pour la seconde fois dans le passage du mois de juillet ; nous l'avons prise plusieurs fois, avec sa congénère derasa, sur le tronc des châtaigniers, dans les taillis sombres qui avoisinent le Haras, près du carrefour de la Garenne, entre Clamart et Meudon. La Cymatophora duplaris L., (bipiincta, Rkh.), s'attache contre le tronc des mêmes arbres dans les mêmes localités. Sa congénère fluctuosa, qui a les même smœurs, est beaucoup plus rare. Nous y avons

— 1G9 — trouvé abondamment la Cleoceris vîmînalis, dont la chenille vit sur le Saule marceau(5a/?a: caprœa), et quelquefois aussi, mais beaucoup plus rarement, VOrlhosia congener (var. de suspecta).

Le Liparis v. nigrnm éclot à la même époque dans les bois un peu humides. Le mâle voie quelquefois en plein jour ; mais c'est principalement en battant le tronc des tilleuls qu'on peut se le procurer.

Le Liparis salicis est excessivement commun sur le tronc des saules et des peupliers.

VHijdrilla caliginosa vole pendant le jour à l'approche du chasseur sur les longues graminées ; elle n'est pas rare dans les clairières ombragées de la forêt de Sénart, ainsi que dans les bois de Fleury et de Sainte- Geneviève.

Les Leiœania comma et lythargiria volent en plein jour, la première dans le voisinage des mares ou des étangs et en général dans les endroits dont le sol est tourbeux, la seconde dans les clairières des bois secs.

La Boormia lichenaria s'attache contre le tronc des arbres revêtus de lichens. LdiRlelandiia albicillata vole dans les clairières humides dont la ronce et le framboisier forment la végétation. Elle n'est pas rare dans le voisinage des Haras, près de Meudon, ni dans celui de l'Étang-Vert, près de Châville. La Tephrosia crepuscularia s'attache contre le tronc des arbres, dans les mêmes localités. Les Cidaria elutata et impluviata parlent à l'approche du chasseur, lorsque celui-ci pénètre dans les bois fourrés. h'Uemithea thymiaria

[œstivaria] aime les clairières un peu découvertes,

tandis que les Ciûarla riissata, imwanata, prunata [ribesiaria), undnlata et vetnlata ne se plaisent guère que dans les parties humides et ombragées des bois.

Si le passage du mois de juin au moins de juillet est à la fois le moment le plus favorable pour prendre les grandes espèces de Rhopalocères, ainsi que la plupart des Phalénites, c'est aussi l'époque de l'éclosion d'une foule de Microlépidoptères, Pyralites, Crambites, Tinéites, etc., dont rénumération fatiguerait notre plume moins vite encore que l'attention du chasseur. Bornons-nous donc à lui signaler cette époque comme étant celle où son filet ne doit, pour ainsi dire, jamais se reposer.

Le passage du mois de juin au mois de juillet est encore marqué par l'éclosion de deux Polyommates. L'un est la Thecla qiœrcus dont la femelle, plus tardive que le mâle, n'éclot guère que dans le courant de juillet. Cette espèce est commune dans les clairières des bois arides et montueux. L'autre est la Lycœna Alcon. Cette espèce est très-peu répandue dans les environs de Paris. On la trouve quelquefois dans les clairières de la forêt de Saint-Germain, entre Maison- Laiïite et l'Étoile de Conflans.

La Procris pruni est commune dans les clairières dé la même forêt où abondent les prunelliers, autour desquels elle aime à voltiger. On la prend quelquefois aussi au bois de Boulogne.

La liklitœa parlhenie éclot dans les premiers jours de juillet, pour la seconde fois quelquefois même dès le 2l» juin, si l'année est précoce. Elle est très- coin-

mune à rextiémilé de la route du Connétable, près le clûs de la fable, dans la foret de Chantilly, sur les hauteurs du Mont-de-Pô, entre Chantilly et Lamorlaye, ainsi que dans quelques parties de la forêt de Fontainebleau.

A la même époque, une charmante Phalène, VEpione vespertaria, L., (parallelaria, Dup.), commence à paraître dans les clairières de la forêt de Sénart, notamment dans la route d'Étiolés à la Faisanderie, dans celle de la Porte aux lièvres, et près du chêne d'Antin. Il faut frapper avec une canne les jeunes pousses de tremble pour la faire partir.

L'Acidalia auroraria est commune dans les bois ombragés ; VAspilates vihicaria vole au contraire dans les clairières arides ; elle se trouve abondamment au bois de Boulogne, ainsi que dans beaucoup d'autres localités.

■ Lq. Zijgœna Minos édoi du 4 au 10 juillet; elle est commune dans plusieurs parties de la forêt de Fontainebleau, particulièrement dans la route ronde, près de la Belle-Croix et près de la croix du Grand-Maître. On la trouve encore plus fréquemment sur le versant des collines qui dominent Lardy, surtout aux environs de la tour de Poquency, près d'Itteville, etc., etc. Elle se repose souvent, comme toutes ses congénères, sur les scabieuses, les centaurées, etc., etc.

Les Lithosia quadra, complana, complamda, mesomella et Rosea, sont communes dans les clairières des bois ; souvent les trois premières s'attachent contre le tronc des arbres qui bordent les roules.

A la même époque on fera bien de frapper le tronc des arbres dans les forêts montucuses et ombragées, pour en faire tomber la Liiperina scolopacina, cette espèce est rare à Paris ; on la trouve quelquefois dans les bois de Meudon, principalement près du Haras.

C'est aussi le moment de l'éclosion du Harpya [agi. On le trouve principalement dans les grandes forêts ; il faut battre les taillis sombres pour se le procurer. Nous l'avons pris plusieurs fois dans la forêt de Saint- Germain et à Fontainebleau.

La Geometra papilionaria se plaît dans les mêmes localités ; elle vole quelquefois vers le soir, aux approches du chasseur. Il en est de même de VAngerona pninaria. La forêt de Bondy est une excellente localité pour les trois espèces que nous venons de signaler.

Vers le 8 ou le lOjuillet, quelquefois même plus lot selon que l'année a été plus ou moins précoce, le Satyrus semele vole dans les bois arides. Il est extrêmement commun à Lardy, à Kontainebieau, àSénart, etc., ainsi que dans la forêt du Vésinet. Nous l'avons même observé quelquefois sur les boulevards extérieurs, particulièrement aux environs du parc de Monceau.

La forêt de Fontainebleau et les coteaux de Lardy sont, aux environs de Paris, le domaine exclusif du Salyrus hermione, très-commun dans tout le midi et dans certaines parties du centre et de l'est de la France. 11 aime à se reposer contre le tronc des chênes, des bouleaux, etc. 11 s'abat même sur la poussière des routes et vole souvent en compagnie du S. semele.

Le Satyrus Phœdra est très-commun à la même

époque dans les clairières de la forêt d'Orléans. II se prend aussi quelquefois à Fontainebleau, plateau du mont Chauvet.

Nous ne devons point parler ici des Satyres mœra et megœra, qui éclosent pour la première fois au mois de mai et qui reparaissent ensuite en juillet et août. Ce sont des espèces trop communes pour qu'il soit nécessaire d'en faire mention. A la même époque VHeperia Actœou que l'on a crue si longtemps étrangère aux environs de Paris, vole assez fréquemment sur les collines incultes de Lardy.

Du 40 au 45 juillet, la Zygœna onobrychis commence à paraître. Celte charmante espèce était jadis très- commune dans les environs de Sèvres et sur les hauts talus qui dominent la berge du canal de l'Ourcq, près du pont de Sévrau; mais on l'y chercherait inutilement aujourd'hui. En revanche, elle est très-répandue sur les coteaux arides qui dominent Lardy (notamment dans la partie gauche du chemin de fer en venant de Paris), près d'itteville et dans les environs de la ferme de Poquency.

A la même époque et dans les mêmes localités, on trouve en très-grande quantité lnZygœnahip'pocrepidis, la Zygœna peucedani est extrêmement commune dans le bois de Yincennes, près de la porte de Charenton.

Un peu plus tardive que ses congénères, la Zygœna fausta parait ordinairement du 15 au 20 juillet. Elle est excessivement commune sur la côte des Mauduyts, près de Mantes, à un quart de lieue de la station du chemin de fer. Elle n'est pas rare mu plus sur le ver^

saot des coteaux arides qui dominent Lardy des deux côtés du chemin de fer. Nous l'avons souvent prise en compaguie de la lilinos, de Vhippocrepidis, de Vonobrychis et de la peucedaîii, sur les mamelons arides situés entre Bouret et Itteville, près de la ferme de Poquency, etc., elc

La Sesia cijnipiformis éclot à la même époque ; nous l'avons prise quelquefois à Vincennes, ainsi que la tenthrédiniformis. Cette dernière se repose de préférence sur le tithymale à feuilles de cy^rèsiEuphorbia cyparissias).

Parmi les Hélérocerès, la jolie Anarta myrtilli éclot également du 15 au 20 juillet. Elle est très-commune dans les bruyères de la partie haute du bois de Meudon, en face de l'étang de Yillcbon, ainsi que dans cehes de la partie du bois de Clamart, située au-dessus du carrefour de la Garenne. Elle n'est pas rare non plus dans la forêt de Fontainebleau.

L'Emydia cribrum se trouve aussi, mais beaucoup plus rarement, dans les mêmes locahtés.

On fera bien d'examiner l'intérieur des barrières qui bordent les allées des bois réservés pour la chasse. Souvent les jointures de ces barrières servent de retraite à certains Nocturnes, tels que VAmphipyrapyramidea, et trayopogonis, etc.

Du 20 au 25 juillet, la Lycœna Amyntas éclot dans les parties arides des bois..Il est commun aux environs de Melun, de Montargis, etc. Nous l'avons pris quelquefois, mais très-rarement, dans les bruyères du bois de Meudon.

Le Lycœna argïis se rencontre dans quelques parties de la forêt de Fontainebleau, principalement dans les environs du mont Saint-Germain et dans les allées voisines. Il se trouve aussi quelquefois , mais rarement, dans le bois de Vincennes, en compagnie du Lycœna œgon, qui est très-commun sur la terrasse, entre Charenton et Saint-Maur.

La fin de juillet voit reparaître le Papilio podaliriusy la Nijmphalis camilla, la Lycœna hylas, la Pieris daplidice, le Sijrichthus sao et plusieurs autres espèces qui éclosent pour la première fois au printemps.

La Vauesse Carte géographique brune Vanessa prorsa éclot à la fin de juillet, dans les mêmes localités que nous avons indiquées pour sa congénère Lcvana, qui n'en est qu'une variété printanière.

C'est aussi le moment de l'apparition de la Lycœna corydon. La femelle de ce Polyoramate, ordinairement noirâtre, passe souvent au bleu-cendie. Cette dernière variété est commune dans les garennes situées audessus de Lymay, près de Saint-Sauveur, à trois kilomètres de Mantes, sur toutes les collines qui dominent Lardy, et dans les clairières de la forêt de Fontainebleau.

C'est encore dans les derniers jours de juillet qu'il convient de chercher la Bryophila alijce, les Cosmia difftnis et a/finis, contre le tronc des arbres qui bordent les routes, et principalement sur le corps des ormes.

La Callimorpha liera éclot pendant la canicule. Elle était jadis très-commune au bois de Boulogne. On ne la rencontre maintenant que de loin en loin dans les

montre vers le 10 août. 11 est commun sur les hauteurs de Lardy, principalement dans la partie droite du chemin de fer en venant de Paris. Nous l'avons pris aussi sur la côte de Mauduyte, près de Mantes, dans les environs de Ponlhierry et dans le parc de Gurcy (Seine-et-Marne).

Le Satijrus arethusa paraît d'ordinaire dans la première quinzaine d'août ; sa femelle est un peu tardive. Il est très-commun dans les clairières arides situées en face de la tour du pâté de Lardy, à quelques minutes de distance de la station du chemin de fer. On le trouve aussi très-abondamment dans plusieurs parties de la forêt de Fontainebleau, notamment dans la plaine des pins, sur la route de Bouron ; nous l'avons pris également au iMont-de-Pô, dans la forêt de Chantilly. II se trouve aussi, mais rarement, dans les forêts de Sénart et du Vésinet. 11 était jadis très- commun à la varenne Saint-Maur, mais depuis les défrichements il semble avoir entièrement disparu de cette localité.

L'Hesperia comma parait à la même époque et se trouve en général dans les mêmes localités que le Satyrus arethusa.

Le Syriehthus cirsii est beaucoup plus rare. Nous l'avons pris plusieurs fois à Lardy, dans la locaUté que nous venons d'indiquer pour le Satijrus arethusa. Le S. cirsii se trouve aussi dans plusieurs parties de la forêt de Fontainebleau, aux environs du rocher Saint- Germain, vente aux Moines, etc. Cette espèce est souvent confondue avec ses congénères et appelée tantôt friiiUum, onopordij alveus, etc.

C'est dans la première quinzaine d'août qu'il convient de chercher les Eîibolia bipimcfaria et mœniaria, la Lareniia aquata, la Fidonia plumarîa, etc. La piemière vole dans tous les lieux arides, la seconde aime le voisinage des rochers. Nous l'avons prise dans la forêt de Fontainebleau, sur les hauteurs de Lardy, sur la côte de Mauduyts, près de Mantes, et dans les parties arides de la forêt de Chantilly. h'Aquata n'est pas rare dans la forêt de Fontainebleau, dans les localités indiquées ci-dessus pour le S. cirsii. Elle recherche le voisinage des genévriers dont se nourrit as chenille. La plumaria est quelquefois abondante dins les bruyères situées à mi-côte des mamelons arides qui couronnent la plaine des pins. h'Amphypyra Cinnamomea a été prise quelquefois à Fontainebleau, c'est dans les trous des gros arbres et sous les écorces que l'on pourra rencontrer cette rare espèce, elle vit cachée pendant le jour en compagnie de sa congénère Pyramidea.

, La Sthanelia hippocastanafa vole abondamment dans les bruyères à Fontainebleau, à Meudon, etc.

h'Agrotis valligera était commune autrefois, depuis le 5 jusqu'au 20 août, dans la varenne de Saint-Maur. Elle en a disparu par la même cause que le Satijnis areihiisa. On la trouve très- rarement dans les luzernes qui avoisinent certains bois arides.

Les Aspilates gilvaria et citraria sont communes dans les lieux secs et stériles. Nous les avons prises plusieurs fois dans la forêt de Fontainebleau, dans celle du Vésinet, sur la côte de Mauduyts, etc., etc.

montre vers le 10 août. 11 est commun sur les hauteurs de Lardj', principalement dans la partie droite du chemin de fer en venant de Paris. Nous l'avons pris aussi sur la côte de Mauduyte, près de Mantes, dans les environs de Ponlhierry et dans le parc de Gurcy (Seine-et-Marne).

Le Satyrus arethusa parait d'ordinaire dans la première quinzaine d'août ; sa femelle est un peu tardive. Il est très-commun dans les clairières arides situées en face de la tour du pâté de Lardy, à quelques minutes de distance de la station du chemin de fer. On le trouve aussi très-abondamment dans plusieurs parties de la forêt de Fontainebleau, notamment dans la plaine des pins, sur la route de Bouron \ nous l'avons pris également au Mont-de-Pô, dans la forêt de Chantilly. Il se trouve aussi, mais rarement, dans les forêts de Sénart et du Vésinet. Il était jadis très- commun à la varenne Saint-Maur, mais depuis les défrichements il semble avoir entièrement disparu de cette localité.

L'Hesperia comma paraît à la même époque et se trouve en général dans les mêmes localités que le Satyrus arethusa.

Le Syrichtkus cirsii est beaucoup plus rare. Nous l'avons pris plusieurs fois à Lardy, dans la localité que nous venons d'indiquer pour le Satyrus arethusa. Le S. cirsii se trouve aussi dans plusieurs parties de la forêt de Fontainebleau, aux environs du rocher Saint- Germain, vente aux Moines, etc. Cette espèce est souvent confondue avec ses congénères et appelée tantôt fritillum, onopordij alveus, etc.

C'est dans la première quinzaine d'août qu'il convient de chercher les Eiibolia bipunctaria et mœniaria, la Larenfin aqvnta, la Fidonia pluniaria, etc. La première vole dans tous les lieux arides, la seconde aime le voisinage des rochers. Nous l'avons prise dans la forêt de Fontainebleau, sur les hauteurs de Lardy, sur la côte de Mauduyts, près de Mantes, et dans les parties arides de la forêt de Chantilly. h'Aquata n'est pas rare dans la forêt de Fontainebleau, dans les localités indiquées ci-dessus pour le S. cirsii. Elle rocberche le voisinage des genévriers dont se nourrit as chenille. La phmaria est quelquefois abondante dms les bruyères situées à mi-côte des mamelans arides qui couronnent la plaine des pins. VAmphypyra Cinnamomea a été prise quelquefois à Fontainebleau, c'est dans les trous des gros arbres et sous les écorces que l'on pourra rencontrer cette rare espèce, elle vit cachée pendant le jour en compagnie de sa congénère Vyramidea.

, La Sthanelia hippocastanata vole abondamment dans les bruyères à Fontainebleau, à Meudon, etc.

L'Agrotis valligera était commune autrefois, depuis le 5 jusqu'au 20 août, dans la varenne de Saint-Maur. Elle en a disparu par la même cause que le Satyrus arethiisa. On la trouve très-rarement dans les luzernes qui avoisinent certains bois arides.

Les Aspilates gilvaria et citraria sont communes dans les lieux secs et stériles. Nous les avons prises plusieurs fois dans la forêt de Fontainebleau, dans celle du Vésinet, sur la côte de Mauduyts, etc., etc.

La Cnlucr.la [rau>ini parait depuis le 10 aoîi!, jusque daiis les premiers jours de septembre. Elle est commune à Fontainebleau ; nous en avons trouvé presque aux portes de cette ville, sur la route de Paris, un grand nombre d'individus. Elle s'applique contre le tronc des arbres , principalement contre celui des trembles et des peupliers. On la rencontre aussi sur le tronc des peupliers qui environnent la pièce d'eau des Suisses à Versailles et sur celui des arbres qui bordent la berge du canal de l'Ourcq dans la forêt de Bondy.

Avant de passer au mois de septembre, nous devons parler de quelques espèces de Lépidoptères qui paraissent pendant tout le mois d'août. Ce sont les Colias hyale et edusa. La première est extrêmement commune dans tous les champs de luzerne qui environnent la capitale ; la seconde est plus rare et aime en général les prairies élevées.

Le mois d'août voit éclore un grand nombre d'espèces communes du genre Agrotis. Telles sont le^ Agrotis tritici, aquilina, segetmn, nigricans, ftimosa, obelisca, etc. Ces espèces sont abondantes dans les champs de luzerne qui avoisinent les bois. C'est principalement l'heure du crépuscule qu'elles choisissent pour voler, i^

Enfin, si l'on frappe les bouleaux dans les grandes forêts pendant le mois d'août, on en fera tomber quelquefois, mais rarement, la Cosmia fulvago.

Si l'on visite le pied des ormes qui bordent les routes, les boulevards, on y trouvera de temps en

— Î81 — temps la Luperina lestacea^ et quelquefois aussi, mais beaucoup plus rarement, la Luperina Dumerilii. v •0 Vers les premiers jours du mois de septembre, le Lycœna bœtica commence à paraître (1). Il est commun dans les parcs où l'on cultive le baguenaudier [Colutea arborea), parliculièrement aux environs de Fontainebleau et de Rambouillet. Nous l'avons pris quelquefois voltigeant autour des baguenaudiers de l'École botanique, au Jardin des plantes.

Si l'on frappe les peupliers et surtout les trembles, on en fera tomber la Xanthia cerago. Cette espèce n'est pas rare dans la forêt de Bondy.

La Xanthia citrago vit exclusivement sur le tilleul. 11 convient de battre le tronc de ces arbres si l'on veut se procurer cet insecte.

VHyporina croceago habite de préférence les taillis de chênes et de bouleaux. Les Xanthia rufina et ferruginea ont à peu près les mêmes mœurs.

Les Ennomos alniaria ai hmaria se trouvent principalement sur le tronc des arbres qui bordent les routes.

La Cidaria tesiafa, Lin., [achatinata), Ilub., aime les endroits marécageux; on la trouve dans les parties humides des bois, à Meudon, Bondy, etc. Nous l'avons prise quelquefois dans les oseraîes, le long du canal Saint-Martin, près de Saint-Denis; mais elle n'est commune nulle part.

Vers le 20 septembre , la Xanthia gilvago et ses variétés commencent à éclore. On les trouvait en

(1) Il y a des années où ce Polyommate commence îi paraître dès les derniers jours de juillet. ^

grande abondance au bas des murs qui formaient Tenceinle de Paris, sur les boulevards extérieurs, surtout entre la barrière du Trône et le cimetière du père Lachaise, mais elles sont devenues plus rares dans ces localités.

A la même époque, si Ton frappe le tronc des pins dans le bois de Boulogne, principalement dans les environs du Rond royal , on en fera partir la Cidaria simulata, qui éclot pour la première fois à la fin de mai, pour reparaître ensuite plus abondamment eu septembre.

.■V Dans le passage du mois de septembre au mois d'octobre, la LeucaniaL. album et la. Cerasfis satelliiia éclosent; on les trouve pour la plupart du temps appliquées contre le tronc des ormes qui bordent les boulevards, les routes, etc.

La Hadena atriplicis reparaît à la même époque dans les mêmes localités que nous avons indiquées à l'article du mois de mai.

■ C'est aussi le moment de l'éclosion d'une belle espèce du genre Gortyna, sous le nom de Gortyna Borelii. Cette espèce, qui ne diffère de la lunata de Constantinople que par une taille plus petite et une couleur moins foncée, paraît être fort rare dans nos environs. Elle n'a été jusqu'à présent trouvée que par feu Borel, à qui elle fut dédiée, dans les parties humides des bois de Fleury et de Sainte-Geneviève. Cette espèce, qu'il serait fort intéressant de retrouver, car son histoire est encore fort peu connue, devra être recherchée avec soin.

Tersles preiiùers jours d'octobre, VAgriopîs aprilina commence à paraître. On la trouve souvent sur le tronc des gros chênes exposés au midi. Nous l'avons prise fréquemment dans les bois de Clamart et dans les forêts de Saint-Germain et de Bondy. On la fait tomber également en battant les taillis.

L'Hadena protea s'applique contre le tronc des mêmes arbres. Nous l'avons prise souvent au bois de Boulogne appliquée contre le tronc des jeunes ormes qui bordent les allées.

La Xanthia silago éclot à la même éqoque et se trouve dans les mêmes localités que les deux espèces que nous venons de signaler. On fera bien de la chercher dans le voisinage des saules marceaux, arbre dont les chatons servent de nourriture à la chenille de cette Xanthia.

VOrthosia pistacina se tient particulièrement au bas des arbres qui bordent les routes. Nous l'avons prise souvent sur la route de la Révolte, entre la porte Maillot et Saint-Ouen.

Les Cerastis vaccinii, polita, erythrocephala, et sa variété glabra, habitent de préférence l'intérieur des massifs. On les trouve assez souvent posées sur les feuilles sèches, au moment oîi elles viennent d'éclore.

La Xylina rhizolitha est commune dans les taillis de chênes; Xylina semibrunnea(ocnlata)est beaucoup plus rare et se trouve dans les mêmes endroits.

VHimeria pennaria est commune dans l'intérieur des massifs , on la trouve aussi le long des arbres qui bordent les routes*

Les Cidaria psiilacafa et miata [coraciara) écloseRî vers le 10 octobre. On les trouve de temps en temps dans les bois verts ; nous les avons prises quelquefois sur le tronc des pins qui bordent certaines allées du bois de Boulogne.

Dans les premiers jours du mois d'octobre une charmante Phalénite, la Collix sparsata, vole en abondance sur le genêt à balai, dans les bois sablonneux. Nous la prenions en grande quantité au bois de Boulogne, dans les environs du Bond Mortemart, dans les clairières à dpite de l'allée Molière, entre la porte d'Auteuil et la porte des Princes.

Dans les derniers jours d'octobre, la Larentia dilu taria se montre en grande abondance dans tous les taillis de chênes. V Autumnaria n'est pas rare à Fontainebleau, elle habile presque exclusivement le tronc des bouleaux.

-" A cette époque, si le temps est beau, il faut chercher le Bomhijx dumeti. Celte espèce, aussi rare que belle, est très-difficile à prendre. Le màlc vole en plein jour depiÙLi 10 heures jusqu'à 1 heure avec une telle rapidité qu'il est presque impossible de le saisir. Le bois de Boulogne était, aux environs de Paris, la localité où l'on avait le plus de ciiance de le rencontrer. Mais il habite aussi presque tous les bois des environs de Paris ; la femelle reste cachée pendant le jour dans les herbes et les broussailles.

• Les Polia chi et flavicincla éclosent à la fin d'octobre cl dans le commencement de novembre. On les trouve souvent sur le tronc des arbres qui bordent les routes.

L'Asteroscopus cassinia était commun, il y a quelques années, au commencement de novembre, sur le tronc des ormes de nos boulevards ; mais dei^uis que ces arbres ont été remblayés, celte espèce et beaucoup d'autres Nocluélites semblent avoir presque entièrement disparu de celte localité.

Les Hibernia aurantiaria et defoliaria éclosent dans les dix premiers jours du mois de novembre. Elles sont communes dans les taillis de tous les bois des environs de Paris.

h'Hibsrnia aceraria, plus tardive, éclot un peu plus tard et dure jusqu'à la fin de novembre, en même temps que les Hibernia bajaria et nqnca/praria et la Cheimatobia boreata.

MANIÈRE DE PRÉPARER & DE CONSERVER LES PAPIL- LONS & DE LES RANGER EN COLLECTION.

Les amateurs de Lépidoptères sont dans l'usage d'étaler les papillons qu'ils ont pris dans leurs chasses, ou ceux qu'ils ont reçus de leurs correspondants, afin de donner à ces insectes le port et l'attitude qu'ils devront conserver dans les boites de collections ; mais ici, trois circonstances difïérentes peuvent Représenter : 1° ou les papillons pris à la chasse auront, quoique ne donnant plus aucun signe de vie,' conservé néanmoins assez de souplesse pour qu'on puisse les manier comme s'ils étaient vivants ; dans C3 cas on pourra procéder de suite à la préparation ; 2° ou ces

insectes seront déjà desséchés ; alors, il sera nécessaire de les faire ramollir pour leur rendre le degré de flexibilité qu'ils auront perdu ; 3" ou ils seront encore vivants, et alors il faudra s'empresser de les faire mourir, de crainte qu'ils n'abîment leurs ailes par les efforts qu'ils feraient pour se dégager des étaloirs.

Pour faire ramollir les papillons, on les pique sur du grès mouillé, au fond d'un vase qui ferme hermétiquement. Observons seulement qu'il est des espèces de Lépidoptères chez lesquelles les nervures des ailes sont si épaisses, que le ramollissement ne peut avoir lieu parfois qu'au bout de ving-quatre et même de trentesix heures.

Il y a plusieurs moyens de faire mourir les Lépidoptères, le premier consiste à leur enfoncer longitudinalement, en dessous de la tête, une aiguille ou une épingle, après l'avoir préalablement trempée dans une solution de savon arsenical ou de tabac à fumer délayé dans de l'esprit de vin.

Ce moyen réussit parfaitement pour faire mourir la plupart des Lépidoptères ; mais il est insuffisant pour les Sphinx et les Bombyciles, et en général pour les grosses espèces qui ont la vie dure. Il faut donc, dans ce cas, recourir à une autre méthode, qui consiste à leur enfoncer, toujours en dessous de la tête, et dans le sens longitudinal, mais seulement à une profondeur de 3 à 4 lignes au plus, une épingle longue de 22 à 24 lignes (1) ; cela fait, on tiendra le papillon par le

(1) Nous recommandons l'usage des longues épingles, parce que si l'on se servait d'épingles plus courtes, le papillon risquerait, en

dessous du corselet, entre le pouce et les deux premiers doigts de la main , de manière à ce qu'il ne puisse faire le moindre mouvement; après on fera rougir au feu d'une chandelle toute la partie supérieure de la longue épingle dont nous venons de parler. ta chaleur ne tardera pas à se communiquer à la partie inférieure de l'épingle, et le papillon, en moins d'une ou deux minutes, sera asphyxié (i). *^

Ces deux moyens peuvent suffire dans la plupart des cas, cependant tous deux ont de graves inconvénients ; le premier, c'est qu'on est obligé de presser le papillon entre ses doigts, soit pour le tirer avec l'aiguille à tabac, soit pour le brûler, et il est rare qu'on réussisse bien sans lui enlever les poils de la poitrine et souvent plusieurs pattes. Le second résulte de ce que l'épingle qui a servi à la brûler, s'attache après le corps et qu'en la retirant on enlève presque toujours les poils du thorax. Nous préférons donc nous servir du cyanure de Potassium dont nous avons déjà parlé, page 142 Seulement, pour le cas actuel nous nous servons d'un vase en verre ou en faïence, à bords droits, d'un diamètre de 12 centimètres au moins, de manière à pouvoir y faire tenir les plus grandes espèces; un pot à confiture est excellent pour cet usage. On y ajuste un bouchon de liège fermant

se débattant, de se brûler les antennes au contact immédiat de la cliandelle.

(») 11 est inutile d'ajouter que dans ce second cas, comme dans le premier, une fois que l'insecte sera mort, l'épingle qui aura servi à le faire mourir devra être immédiatement retirée de son corps.

bien hermétiquement, car il faut éviter de respirer les émanations du cyanure. En rentrant de la chasse, on pique les papillons que l'on veut tuer, sur la partie intérieure du bouchon et on le remet sur le vase, les papillons s'agitent très-peu et ne tardent pas à s'engourdir, car il faut un temps plus long pour les tuer complètement. Lorsqu'ils ont séjourné trop longtemps dans le vase il acquèrent une raideur qui ne permet pas de les étaler facilement, il faut alors les mettre dans le ramoUissoir et ils ne tardent pas à reprendre leur souplesse.

Lorsqu'il éclot dans les vases d'éducation, soit un bombyx, soit un sphinx ou une noctuelle, etc., on les fait tomber dans le vase sans les toucher, on bouche de suite, ils ne font pour ainsi dire aucun mouvement et on peut les piquer une minute après sans craindre de les endommager ; s'ils ne sont pas complètement morts, ce qui arrive souvent, on les pique alors sur le bouchon comme il a été dit ci-dessus.

Voici maintenant la manière dont on doit étaler les papillons : « On se servira d'abord de planchettes en « bois tendre, au milieu desquelles on fera creuser « une rainure profonde au moins de huit lignes, mais « large en proportion de la grosseur du corps des « individus qu'on veut développer et garnie dans le « fond d'une petite bande de liège ou d'agave. Ces « planches devront former un peu le talus de chaque c côté de la rainure, et leur surface devra être bien « égale, dans toute la longueur de l'étaloir. On enfon- « cera, dans le miUeu de la rainure, et perpendiculai-

« rement à celle-ci, l'épingle qui traverse le corselet « du papillon ; puis on attachera, par son extrémité « antérieure , à l'aide d'aiguilles à tête de cire' ou « d'émail, une bande de papier, de façon qu'elle n'em- « pêche pas l'aile supérieure de monter aussi haut € qu'il est nécessaire ; on fait mouvoir cette aile en la « prenant légèrement au - dessous de la principale « nervure avec la pointe d'une aiguille emmanchée « d'un petit bâton ; et pour que cette aile ne se dé- « range pas, on appuie la bande dessus avec l'index « de la main gauche ; on place ensuite l'aile inférieure «. et on la retient en position, en pesant de la mêm.e « manière sur l'extrémité postérieure de la bande que a l'on arrête avec une seconde épingle. On fait la « même chose pour les deux ailes du côté opposé (1). »

On devra laisser les papillons sur les étaloirs tout le temps qui sera nécessaire pour que les ailes puissent sécher. Il faut au moins trois semaines pour opérer la dessication complète des Sphinx, des gros Bombyx,etc. ; quinze jours suffisent en général pour les autres Lépidoptères. Les individus qu'on aura fait ramollir sécheront beaucoup plus vite que ceux qui auront été étalés sur le vif. On pourra les retirer de l'étaloir au bout d'une semaine.

Les corps de beaucoup de papillons, et particulièrement ceux des Bombycites et de certaines Noctuélites tournent au gras. Le meilleur remède en pareille circonstance, est d'enduire, à l'aide d'un léger pinceau

(1) Nous avons emprunté k Godart cette description aussi exacte que concise. 1 "

toutes les parties grasses, avec de Vessèncededfron{l)f de l'essence de térébenthine rectifiée, ou mieux bien encore avec de la benzine, après quoi toutes les parties imbibées ainsi seront recouvertes de terre de Sommières; vingt-quatre ou quarante-huit heures après, ou frottera, à l'aide d'un pinceau sec, le papillon que cette opération aura fait revenir à son état naturel. Nous ajouterons cependant qu'il y a des espèces tellement sujettes à la graisse, que l'on est obligé, au bout de quelques mois, de les dégraisser de nouveau. ,^ Chez les espèces qui ont un gros abdomen, comme les Sphinx, les Bombyx, les Ecailles, etc., il arrive que les corps sont sujets à se briser, surtout lorsqu'on déplace les boîtes ou qu'on expédie au loin les papillons. Pour obvier à cet inconvénient, nous indiquerons le moyen suivant, que nous avons mis en pratique avec succès depuis longtemps, et que nous recommandons à tous les jeunes amateurs, afin qu'il se généralise : au moyeu d'une aiguille très-longue et très-fine, on introduit sous la tête, un fil qu'on fait ressortir par l'extrémité de l'abdomen, puis on coupe ce fil aux deux bouts, près de la tête et à l'extrémité du corps. Ce fil qui traverse ainsi le papillon dans toute sa longueur, ne se voit pas ; le papillon le conservera dans son intérieur, en se desséchant, et, par ce moyen bien simple, le corps quelque pesant qu'il soit, se trouvera désormais tellement soudé au orielet, qu'aucun choc ne pourra plus l'en dctacher.

(1) L'éther sulftirique ptul (également servir à cet usage, mais il opère plus lentement.

' • Avant d'introduire le fil dont il est question, dans l'intérieur du papillon, nous avons soin ordinairement de le tremper dans une préparation arsenicale ou dans une décoction de tabac, ce qui présente, outre l'avantage de luer promptement le papillon, celui de le préserver, pendant quelque temps du moins, des attaques des insectes destructeurs, que l'odeur de la préparation arsenicale ou de la décoction de tabac éloignera aussi longtemps qu'elle subsistera.

Si les antennes, le corps ou les ailes d'un papillon viennent à se couvrir de moisissure, on enlèvera celle-ci au moyen d'un pinceau qu'on aura trempé dans l'alcool ou esprit de vin rectifié ou ce qui est préférable avec de l'éther dans lequel on aura fait dissoudre de l'acide phénique bien blanc, (1 gr. pour 15 gr. d'éther).

Dans le cas oîi les antennes, les pattes ou le corps d'un papillon viendraient à se briser, on les recollerait avec une dissolution de gomme-laque dans l'alcool rectifié.

Pour prévenir les ravages que la teigne, les larves des dermestes, et celles des anthrènes occasionnent dans les collections, il faudra avoir soin : 1° de placer le meuble qui renfermera les tiroirs ou les boîtes dans un appartement sec, et,s'il est possible, exposé au nord (1); 2° d'ouvrir, pendant une ou deux minutes, toutes les

(1) On comprendra facilement l'utilité de cette double recommandation; car si l'humidité engendre la moisissure dans les collections, la chaleur du soleil ne leur est pas moins nuisible, en favorisant le développent des anthrènes, des teignes et autres agents destructeurs.

boites de sa collection, au moins une fois tous les mois, et si cela est possible, tous les quinze jours ; 3° de frap- , per doucement et dans divers sens, les parois latérales des boites, afin de rassembler, dans un de leurs angles, les molécules de poussière qui tendent toujours à se dégager du corps des papillons, on ôtera ensuite cette poussière à l'aide d'un pinceau.

5. Nous insisterons sur ce qu'on mette rigoureusement en pratique les moyens préservatifs que nous venons d'indiquer; et nous ne cesserons de recommander à nos lecteurs de ne jamais perdre de vue cet aphorisme enlomologique, à savoir : que la propreté estl'hygiène des collections. Quant aux moyens curatifs, on n'en a longtemps connu qu'un seul : c'est de plonger les boites qui renferment des insectes attaqués, dans une sorte d'étuve en cuivre, appelée necrentôme, dans laquelle on produit, à l'aide de la vapeur, une chaleur de plus de cent degrés; mais cet appareil, qui détruit en effet tous les corps vivants , dénature en même temps les ailes des papillons, soit en les fripant, soit en les faisant fléchir ; quelquefois même il altère les couleurs de certaines espèces; nous pouvons donc assurer hardiment, d'après nôtre propre expérience, qu'il en est de ce remède héroïque comme de tant d'autres du même genre qui, pour un ou deux malades qu'ils guérissent par hasard, tuent, en revanche, une infinité de gens qui se portent bien. Il est de^ç^eaucoup préférable de mettre pendant quelques jours les insectes attaqués dans le vase à Cyanure employé pour tuer les papillons et dont nous avons parlé, page 187

On détruit ainsi les insectes destructeurs sans endommager les lépidoptères qui les recèlent.

Les papillons étalés et préparcs sont rangés en collection dans des boites dont le fond est garni de liège recouvert de papier blanc; le dessus du couvercle devra être vitré pour éviter d'ouvrir la boite, car l'air que l'on aspire ou que l'on comprime en ouvrant et fermant la boite ébranle les ailes et finit même par les détacher complètement ; il est nécessaire de représenter chaque espèce par un mâle et une femelle montrant le dessus, et une seconde paire laissant voir le dessous dans les espèces ou il est utile de voir les deux côtés, comme les Polyommates, les Melitœa, etc. Les étiquettes sont faites en carte mince afin de les piquer avec une épingle n° 6 ou 7, et pouvoir les placer à peu près à la même hauteur que les papillons ; les étiquettes fixées au fond des boîtes, ont le grave inconvénient d'être souvent dans l'ombre du papillon et par suite difficiles à lire ; celles portant le nom de genre devront être plus grandes et écrites en plus gros caractères que celles indiquant le nom d'espèce ; il sera bien aussi de fixer à chaque épingle la localité et l'année par exemple, fo^S-?; POur signifier pris à Meudon, le 10 juin 1867, Ce sont de précieux renseignements, lorsqu'on désire reckercher une espèce que l'on a déjà prise.

MIGROLEPIDOPTERES

Pour chasser les Micros à l'état de Papillon, on se sert, comme pour les ftlacrolépidoptères, d'un filet de gaze légère ou de tulle à mailles très-serrées.

MAIVIÈRE DE PRE!VDRE ET PRÉPARER LES MICROLÉPIDOPTÉRES (1).

«c Le procédé suivant est celui qui nous a le mieux ce réussi pour prendre les infiniment petits Lépidop- « tères : Il faut se munir d'un flacon, ayant 8 ou 9 cen- « timètres de hauteur, et l'ouverture assez large, au « moins 3 centimètres. Ce flacon doit contenir un mor- « ceau de Cyanure de potassium recouvert de ouate, « et par dessus celle-ci un papier satiné dont les bords « sont collés au verre, le tout occupant le quart ou le « tiers inférieur du flacon. Il est essentiel d'avoir un « bon bouchon, pour que l'air ne décompose pas le

(1) Le chapitre sur les Microlépidoptères a été rédigé par M. Stainton, de Londres,; mais cette note additionnelle, qui prend naturellement sa place ici, est de M. Pologne, de Bruxelles.

« cyanure et produise de rhumidité. On fait entrer i< les papillons dans ce flacon , soit du filet dans « lequel on les a pris , ou directement, des plantes « ou feuilles sur lesquelles on les trouve posés, et on « les y laisse jusqu'au moment où on les voit tomber « au fond. Il faut alors les en retirer de suite, et les « mettre chacun séparément dans autant de petites « boites à pilules, dans le couvercle desquelles on a (( fait d'avance quelques petits trous avec une aiguille. « Comme ils ne sont qu'engourdis, ils reviennent à eux « et sont rapportés ainsi bien conservés. Si on les lais- <c sait trop longtemps exposés à l'action du cyanure, « ils se roidiraient et ne pourraient plus être bien était lés. Le cyanure de potassium est un poison violent « dont on ne doit faire usage qu'avec précaution.

« De retour chez soi, on dépose les boîtes dans un « endroit frais, et le jour même ou le lendemain, si on « veut étaler ses petites captures, ou les remet un ins- « tant dans le flacon au cyanure (opération qui est très- « facile, si les boites ont le même diamètre que le gou- <i lot du flacon), pour pouvoir les piquer.

<c Les épingles à employer doivent naturellement « être très-fines et avoir deux pointes : l'une qui sert « à piquer le papillon quand il est renversé sur le dos, « ce qui évite l'inconvénient de traverser le corps avec c' la plus grande partie de l'épingle ; l'autre, destinée «. à le piquer dans les boîtes. On pique entre la pre- « mière paire de pattes, et l'on fait passer l'épingle au ce travers du corselet, qu'il faut avoir grand soin de « conserver intact, en l'appuyant sur un papier glacé,

« que l'on perce en même temps, afin que l'épingle « dépasse de 5 millimètres environ.

«: Les étaloirs pour les Rlicrolépidoplères doivent ce être composés de deux bandes de verre d'égale épaisce seur, revêtues inférieurement de papier blanc, collées ce aux deux bouts sur des morceaux de bois, et lais- « sant entre elles un intervalle proportionné à l'épais- (.( seur du corps de l'insecte ; sous cet intervalle on colle ce de la moelle de sureau, dans laquelle passera c( l'extrémité supérieure de l'épingle.

« Les papillons se placent le dessus des ailes posé ce sur l'étaloir. Celles-ci sont mises en place avec une ce fine épingle, légèrement courbée, et sont maintenues ce ensuite par de petits morceaux de verre plus longs c que larges, dont on pose l'un des bouts sur les ailes ce dans le sens de leur longueur. Il est bon, avant de ce mettre les insectes sur l'étaloir, de déployer un peu ce leurs ailes en soufflant légèrement dessous.

ce Les nervures étant saillantes sous les ailes, offrent € prise à l'épingle sans que celle-ci perce leur tissu, et (c l'on peut poser le verre sans crainte d'enlever les c écailles de leur face supérieure; les plus petites ce espèces connues peuvent être parfaitement étalées en « suivant cette méthode (1) ; qui est aussi plus expéc( ditive que celle qui consiste à maintenir les ailes avec ce des bandelettes de papier. »

Pologne.

(1) Je possède des échantillons reçus de M. Pologne qui confirment pleinement cette assertion. (L'éditeur.)

CUEAilIiLES ET CnRYSALIDES.

Les boîtes pour recueillir les chenilles doivent ôlre de fer-blanc, mais sans trous, parce que ces petites chenilles n'ont pas besoin d'air, et les plantes conservent mieux leur fraîcheur lorsque les boites en ferblanc sont bien fermées.

Pour trouver les chenilles des Micros, il faut chercher sur les végétaux les indications de leur présence, car rarement elles sont à découvert ; ces chenilles minent quelquefois dans l'épaisseur des feuilles, ou bien creusent des galeries en-dedans des tiges, d'autres contournent les feuilles, ou même en lient plusieurs ensemble. Mais presque chaque chenille a sa méthode particulière, de sorte que l'œil exercé d'un entomologiste qui s'occupe des Microlépidoptères, reconnaît de suite que telle feuille a été mangée par telle chenille, et il nous dira non-seulement le genre, mais l'espèce à laquelle la chenille appartient. Il est vrai, qu'il y a quelques chenilles qui se trouvent plus à découvert, mais la plupart vivent toujours très-cachées, mais cachées de telle manière que lorsqu'une fois on connaît leur retraite, on les trouve même plus facilement que si ' elles vivaient tout-à-fait à découvert.

On peut s'occuper dès le commencement de l'année de la récolte des chenilles ou plutôt des chrysahdes qui se trouvent dans les feuilles sèches. En cherchant par terre, dans les bois, on trouve des feuilles de chêne qui sont pliées ou contournées d'une manière particulière, c'est qu'elles ont été minées par les chenilles du genre

Lithocolletis. Ces chenilles minent de grandes aires dans l'intérieur des feuilles, mais de telle façon que celles-ci se courbent toujours ou en haut, ou en bas, selon le côté où travaille la chenille. Celles de ce genre se métamorphosent toujours en dedans de la mine et peuvent ainsi être recueillies très-facilement à Tétat de chrysalide. Parmi la foule d'espèces qu'on jjeut recueillir dans l'hiver, nous nous contenterons de citer les Lithocolletis cramerella , quercifolîella , heegeriella , parisiella , lautella qui se trouvent dans les feuilles de chêne, L. faginella, qui se trouve dans les feuilles de hêtre, L. carpinicolella et tenella, qui se trouvent dans les feuilles de charme, L. ulmifoliella et cavella dans les feuilles de bouleau, L. schreherella et tristrigella dans celles de l'orme, L. sijlvella dans celles de l'érable, L. lantanella dans les feuilles du Viburnum lantana, etc., etc. — En même temps qu'on cherche ces espèces parmi les feuilles sèches, si on jette les yeux sur les feuilles de ronce, on peut remarquer de grandes plaques blanchâtres sur leur face supérieure, et que ces feuilles ne sont pas courbées, mais restent encore plates ; ces plaques renferment les chenilles de la Tischeria marginea, qui mangent peiidant l'hiver pour devenir chrysalides en avril et papillon en mai. Sur les mêmes feuilles de ronce, on peut observer des petites galeries entortillées, creusées par une très-petite chenille; ce sont celles de la Nepticula aurella. Les galeries que la chenille a quittées sont plus faciles à voir que celles où elle demeure encore, c'est pourquoi il faut chercher bien soigneusement celles qui ne sont que

très-peu décolorées et d'un vert jaunâtre, tandis que les galeries vides deviennent d'un blanc qui est trèsapparent.

Si, quittant maintenant les bois nous nous transportons dans les endroits marécageux, ou au bord des ruisseaux, nous trouverons attachés aux graines de joncs, de petits fourreaux blanchâtres, ce sont ceux d'une chenille qui se nourrit desdites graines de jonc, elle appartient au genre Coleophora, dont les chenilles construisent toujours des fourreaux portatifs ou de soie, ou de morceaux de feuilles; celle-ci est la Coleophora cœspititieUa\ oi\ la trouve depuis septembre jusqu'en mai, la vie de cette chenille étant assez longue; elle se métamorphose en chrysahde vers la mi-mai, et en juin ou en juillet, le papillon éclot et vole en foule parmi les joncs.

Au mois de février on doit chercher les chenilles de la Dasijcera sulphurella qui se trouvent ou dans le bois pourri, ou se cachant sous l'écorce des arbres ; la présence de leurs excréments les fait facilement découvrir. Daus les bolets, on peut trouver les chenilles de plusieurs espèces du genre Tinea.

Au mois de mars on doit examiner soigneusement les feuilles des graminées qui croissent dans les bois, ou parmi les haies, afin d'y trouver les chenilles mineuses du genre Elacldsta ; toutes les chenilles de ce genre minent ou dans les feuilles des graminées, des cypéracées, ou des Luzula et se trouvent surtout daus les mois de mars, d'avril et de mai ; les feuilles minées nous montrent une longue tache blanchâtre ou brunâ-

tre, et quelquefois elles sont un peu courbées. Pour trouver ces feuilles minées des graminées, il faut de la patience, et même se coucher par terre, afin d'avoir les yeux plus près des feuilles qu'on regarde. Vers la fin de mars, on doit regarder attentivement les jeunes pousses des plantes, c'est ainsi qu'on trouvera les feuilles terminales d'une Slellaria holostea liées ensemble, et en ôtant les feuilles extérieures on fera sortir une chenille assez vive, celle de la Gelechia tricolorella ; en même temps les pousses terminales de la Stellaria uliginosa sont entortillées d'une manière très-bizarre par les chenilles de la Gelechia fraternella. Il nous reste sans doute encore beaucoup de chenilles à découvrir, qui se cachent dans les pousses des plantes.

Au commencement d'avril, il y a beaucoup de chenilles de Coleophora qui se mettent à manger ; les chenilles de ce genre, comme nous l'avons déjà dit, construisent des fourreaux portatifs; elles attachent ces fourreaux aux feuilles des plantes, où elles pratiquent un trou, ordinairement à la face inférieure, et se mettent alors à manger le parenchyme comme les vraies chenilles mineuses ; cependant le fourreau reste toujours attaché à la feuille, et la chenille s'y retire souvent, et lorsqu'elle veut passer d'une feuille à une autre, elle se promène avec son fourreau, comme un limaçon avec sa coquille. Les endroits minés par ces chenilles deviennent toujours blancs ou blanchâtres, ou d'un brunâtre sale, de sorte qu'avec un peu d'attention, ils sont assez faciles à trouver, parce qu'au milieu d'une feuille verte , une grande plaque blanchâtre ou

brunâtre se laisse facilement apercevoir. On remarque quelquefois des taches brunâtres sur les feuilles de la Ballota nigra; en dessous de ces feuilles on trouve alors les fourreaux de la Coleophora lineolea ou de Vochripennella ; les taches blanchâtres sur les rosiers sont causées par la chenille de la C. gryphipennella, tandis que les taches d'un blanc pur sur les feuilles de la Stellaria holestea sont dues à la chenille de la Coleophora soUtariella.

Au mois d'avril, on peut remarquer que les feuilles terminales du groseillier se flétrissent. Ceci est causé par la chenille de Ylncurvaria capilella qui mange la moelle des jeunes tiges du groseillier (7?i^es ruhrum). On remarque la même chose quelquefois, aux pousses i&[mmd\&^A&VEvomj'musEuropœus, mais là, le dévasteur est la chenille de V Hyponommta plumbellus, et plus tard cette chenille quitte la tige pour se nourrir à découvert des feuilles de VEvomjmus.

Si on observe le Spartium scoparivm vers la même époque, on verra probablement quelques rameaux réunis sur une certaine longueur; à l'endroit où ils se touchent, on trouvera une chenille brune, qui est celle de la Depressaria assimilella. Vers la fin du même mois, on trouvera une chenille brunâtre à l'intérieur des fleurs du genêt à balais, celle de la Gelechia mulinella.

Au mois de mai le nombre des chenilles devient beaucoup plus grand; celle de VOchsenheimeria hir délia s'enfonce dans les tiges des Graminées, celle de la Lampronia lubiella fait de grands dégâts aux framboisiers,

en attaquant les tiges des jeunes pousses, tandis que la chenille de VHtjponomeuta padelkts se trouve à foison partout dans les haies d'aubépine, dont quelquefois elle dévore presque toutes les feuilles. Plusieurs des chenilles actives, fusiformes, du genre Cerostoma&e trouvent sur les chênes, les hêtres et sur le chèvrefeuille. Sur cette dernière plante on trouve aussi la Gelecina mouffefella, cette joUe chenille presque noire, avec une strie blanche de chaque côté, se cache entre les feuilles, d'où on ne peut la faire sortir qu'en les séparant. Dans les feuilles des graminées qui sont roulées en tube et blanchies, se trouve la jolie chenille de la Gelechia rufescens, chenille que Fischer von Roslerstamm a figurée à tort pour celle de la Gelechia tenella. Les chenilles courtes et épaisses du genre Argyresthia se trouvent au commencement de mai, dans les pousses et les bourgeons de plusieurs arbres et arbrisseaux ; ainsi on trouve VEphippella sur le cerisier, la Nitidella sur l'aubépine, et VAlbistria et la Mendica sur le prunellier, etc., etc.

Sur les feuilles de la centaurée, on peut remarquer les taches brunâtres causées par les chenilles des Coleophora alcyonipennella et conspicuella ^ et sur le Lotus, les taches blanches que fait celle de la Coleophora discordeUa, et sur VAstragalus les taches également blanches causées par la chenille de la Serenella, pendant que les feuilles de VEupatorimn cannabinum sont tachées par la Col. troglodytella, et les feuilles de la Vipérine (Echium viilgare) par les chenilles de la C. onosmella, hdiusles endroits où croit le Teucrium Cha-

mœdrys, on doit chercher la Coleophora chamcnàryella qui fait de grandes taches brunâtres sur la feuille de cette plante. Toutes ces chenilles des Coleophora dont nous venons de parler sont faciles à trouver, puisqu'elles font de grandes taches sur les feuilles, en mangeant une portion du parenchyme, et en regardant en dessous on en trouve les fourreaux ; mais il y a quelques espèces de ce genre qui mangent toute l'épaisseur des feuilles, c'est alors les fourreaux qu'il faut chercher, parce qu'ils sont la seule indication de la chenille ; c'est ainsi que sur le prunellier, on trouvera le fourreau noir en forme de pistolet de VAnatipennella, sur le chêne, celui de la Currucipennella, sur le saule, le fourreau aux oreilles de la Palliatella, et sur la Vicia cracca, celui aux plus grandes oreilles de la Lugduniella. Le temps et l'espace nous font défaut pour énumérer toutes les chenilles qui se trouvent en mai, mais nous devons appeler l'attention du microlépidoplériste sur celle du Chauliodus illigerellus, qui lie ensemble les feuilles de VŒgopodium podagraria dans les bois humides, et sur celle de la Chrysoclista Schrànkella ^ qui, aux bords des ruisseaux, mine de grandes taches brunâtres dans les feuilles de 1 ' Ep ilo bium ahinifolium .

Eu juin, on trouve beaucoup des mêmes espèces qu'en mai, m.ais en outre plusieurs chenilles de Depressaria; celles-ci sont excessivement vives, et lorsqu'on les fait sortir de leurs retraites, elles sautillent à merveille ; il suffit pour vérifier celte observation d'ouvrir une des feuilles pliées de VAnthriscus sylves-

tris, la chenille verte qui s'y trouve est celle de la Depressaria applana; la chenille noire de la Dep. liturella se trouve dans les feuilles pliées de la Centaurea nigra, et celle de Vatomella sur le Spartium scoparium et le Genista tinctoria ; les chenilles de ce genre qui se trouvent sur l'Hypericiim, hijpericella ; sur les saules, conierminella ; et sur l'angélique angelicella n'ont pas autant de vivacité que celle de Vapplana. Plusieurs espèces de Gelechia se trouvent en juin, dans les pousses terminales des plantes : par exemple sur les saules on trouve la Gelechia temerella, sur la Genista tinctoria, la lentiginosella, sur VHelianihemum vulgare, la seqvax; d'autres se trouvent dans les feuilles roulées, comme par exemple la populella dans celle du peuplier, tandis que quelques-unes minent les feuilles comme les chenilles de VHermannclla et de la nœviferella qui se trouvent en dedans de la patte d'oie et de VAtriplex. Sur ces plantes on trouve aussi quelquefois en juin les chenilles de la Dutalis chenopodiella, les espèces de ce genre portent presque toujours plusieurs stries foncées longitudinales sur le dos, caractère par lequel on les reconnaît assez facilement. C'est aussi au mois de juin qu'on trouve les feuilles de l'Imila dyssenterica minées par les chenilles de VAcrolepia granitella, et les lilas de nos jardins, défigurés par leurs feuilles tachées et contournées, œuvre des chenilles, souvent très-nombreuses, de la Gracilaria syringella. Vers la fin de ce mois on peut souvent remarquer que les feuilles du peuplier sont luisantes, comme si un limaçon y avait rampé, c'est

qu'elles sont minées par la chenille de la Phyllocnistis suffusella; en même temps que les petites mines tortueuses avec une ligne centrale d'excrément noir sont causées par celles de la Neptîcula trwiaculella sur les mêmes arbres ; une foule d'autres chenilles du genre Nepticula fout leurs mines dans les feuilles de l'aubépine, du pommier, du prunellier, du rosier, du chêne, du hêtre, etc., etc. Toutes ces mines des Nepticula restent toujours plates, les feuilles ne sont jamais courbées, mais entre la mi-juin et la mi-juillet les feuilles des mêmes arbres sont courbées par les chenilles des Lithocolletis ^ qui minent en dedans des feuilles et les font toujours courber ou en haut ou en bas ; les espèces de ce genre sont très-nombreuses, et la plupart sont très-communes, on les rencontre partout à l'état de chenilles, lorsqu'on a une fois appris à reconnaître les mines des différentes espèces.

En juillet, on peut trouver dans les feuilles du Solanum dulcamara deux chenilles qui y font de grandes taches blanchâtres, savoir: la Gelechia costella et VAcrolcpia pygmœana, et sur les sommets de VEpilobiiim hifsutum celle de la Lavenia epUohiella. En août la jolie chenille de la Depressaria depressella fait de grands dégâts parmi les semences des carottes et des panais ; et en cherchant sur les saules on rencontrera des feuilles qui sont roulées en cône par les chenilles de la Gracilaria stigmatella; les cônes des feuilles du chêne sont causés par les chenilles d'une autre Gracilaria, la Swederella ; à la même époque les feuilles du

Convoloulus arvensis sont minées en grandes taches brunâtres par la Bedellia somnulentella.

La génération automnale des chenilles de Nepticula et Litlhocolletis est beaucoup plus nombreuse que la génération d'été, et ces chenilles se trouvent à foison partout pendant les mois de septembre et d'octobre ; une seule feuille en renfermant souvent une trentaine de la même espèce, pendant que d'autres feuilles sont habitées par les chenilles de plusieurs espèces différentes. En septembre, les ombellifères ont souvent les feuilles brunies par les chenilles du ChauUodus chxrophyllellus ; laquelle vit en société et ne mange que la moitié de l'épaisseur des feuilles, dont l'autre moitié brunit, et ces grandes aires brunes dans les feuilles vertes de VHeracleum frappent l'œil de loin. Heureux l'entomologiste qui, en regardant la feuille de plus près, ne trouve pas que les chenilles l'ont déjà quittée pour se changer en chrysalides !

HIAIVIERE D'ELEVER LES CHEKILLES.

La plupart des petites chenilles de Microlépidoptères peuvent sans inconvénient être privées d'air ; et on les élève facilement dans des tubes de verre, bouchés aux bouts.

Les chenilles mineuses du genre ISepticula et du genre Lithocolletis ne peuvent pas quitter la feuille dans laquelle elles se trouvent pour entrer dans une autre. Aussi si la feuille se flétrit avant que la chenille

ait acquis tout son développement, celle-ci meurt infailliblement. L'entomologiste doit donc faire tout son possible pour conserver la fraîcheur des feuilles qui sont habitées par ses chenilles. On réussit le mieux lorsqu'on les place dans des boites de fer-blanc bien fermées ; là les feuilles conservent encore leur fraîcheur pour plusieurs journées, et ce temps suffit presque toujours à ces petites chenilles pour achever leur nourriture et être prêtes à se changer en chrysalides ; les chenilles des Lithocolletis ne donnent pas beaucoup de peine, parce qu'elles se changent en chrysalides toujours en dedans de la mine. Les chenilles de ISepiicula au contraire quittent presque toujours leurs mines et descendent par terre, où, parmi les feuilles qui s'y trouvent, elles construisent leurs très-petits cocons. Dans les boites de fer-blanc il faut chercher ces cocons parmi les feuilles les plus basses, où l'on en trouve quelquefois une vingtaine ramassés ensemble, comme si ces chrysalides aimaient la société. Pour les chenilles des Elachista, qui minent les feuilles des graminées, on se sert de tubes de verre, bouchés aux deux bouts, ou fermés hermétiquement à un bout et bouchés à l'autre ; cette chenille quitte presque toujours la mine pour se changer en chrysalide, et on la trouve attachée à la tige ou à la feuille de la graminée, sans être cachée dans un cocon.

Pour les chenilles des Gelechia^ des Depressaria, etc., etc., il faut seulement des boites de fer-blanc plus grandes que pour celles des plus petits genres, et il faut veiller à ce que l'humidité de la trop grande masse

de plantes qu'on y met n'apporte pas la moississure, car alors les chenilles meurent. Il faut donc toujours éviter la moississure et la dessiccation des feuilles -. ce sont les Scylla et Charybde du microlépidoptériste ; si les feuilles deviennent trop sèches, on perd les chenilles ; il en est de même si la moississure se développe.

Les chenilles du genre Coleophora^ qui portent toujours des fourreaux, ayant besoin d'air, il ne faut pas les mettre dans les boites fermées hermétiquement. L'éducation de ces espèces devient donc un peu plus difficile que celle des autres chenilles de Micros, et la manière de les élever ressemble davantage à celle en usage pour les chenilles des Macros- Lépidoptères. 11 faut, pour conserver fraîches les plantes qui leur servent de nourriture, baigner l'extrémité inférieure de leurs tiges dans de petits flacons contenant de l'eau, et placer ceux-ci dans des boîtes ou des pots à fleurs dont le haut est recouvert de gaze ; celles de ces chenilles qu'on trouve au printemps ne donnent pas beaucoup de peine, puisqu'en juin ou juillet éclosent les papillons. Mais celles qu'on se procure en automne exigent plus de soins, attendu qu'elles passent tout l'hiver sans se métamorphoser ; si on les garde dans l'intérieur, elles sont exposées à se dessécher et leur transformation en chrysalide est au moins fort douteuse. Aussi conseillons-nous de les garder dans les jardins, en les laissant dans des pots à fleurs recouverts de gaze, afin qu'elles soient autant que possible dans les conditions les plus naturelles, exposées

aux intempéries de l'atmosphère, la neige et la pluie, qui leur seront moins préjudiciables que la sécheresse.

H. T. Stainton.

MaunstficW, Lewishain.

DIPTERES

Parmi les divers ordres dont se compose la classe des insectes, aucun, surtout en France, ne fut dans tous les temps plus négligé que celui des Diptères, cependant aucun, sauf peut-être les Coléoptères, n'embrasse un nombre plus considérable d'espèces, nul n'est plus digne d'intérêt à l'égard des mœurs, des formes, du rôle qui lui fut assigné au sein du monde animal et végétal.

Les collections Diptérologiques n'offrent pas, il est vrai, cet aspect séduisant qui passionne les amateurs de Papillons et de Coléoptères, car, en général, dans les climats froids ou tempérés, ces insectes sont de taille médiocre et revêtus d'une livrée modeste, d'un autre côté, nous ne possédons pas en langue française, un ouvrage usuel assez complet sur la matière, les collections spéciales sont rares, d'une conservation difficile, par suite de la fragilité des échantillons et leur ten^

dance à se couvrir de moisissure. Ces inconvénients, sans doute, décourangent ceux qui ne sont pas animés d'un amour profond et sincère pour la science, pour l'Entomologie.

L'ordre des Diptères est moins homogène, dans son ensemble, que la plupart des autres. Les Tipulaires et les Pupipares qui s'y trouvent actuellement compris, paraissent, sous divers rapports, susceptibles de former des groupes assez distincts. Quoi qu'il en soit, il est facile de reconnaître l'ordre eu question au moyen de certains caractères qui peuvent se résumer en ces quelques mots : Une trompe, des ailes membraneuses; en général des Cuillerons et des Balanciei'S. Néanmoins, ces caractères mêmes font parfois défaut, mais ces exceptions sont fort rares. Ainsi, deux ou trois genres de la famille des Tipulaires, deux ou trois autres parmi les Muscides, quelques Pupipares et Phthyromyes, sont privés û'ailes, de Cîiillerons ou de Balanciers, les Œstres manquent de trompe, ou pour mieux dire n'en présentent que les rudiments atrophiés. Des variations notables distinguent les Larves et les Puppes, mais malheureusement elles sont encore trop peu connues.

Ces insectes se montrent en tout temps et en tous lieux sous nos latitudes ; on les rencontre principalement depuis les mois d'avril et de mai jusqu'en octobre et novembre, durant les heures les plus chaudes de la journée, après que le soleil a dissipé la rosée. Ils se cachent pendant la pluie, le vent, ou dès qu'un nuage vient assombrir le ciel. Les sites où règne une température chaude et humide, les clairières, les lisières des

forêts, les prairies émaillées de fleurs, les marécages, sont leurs résidences favorites. En général, plus une localité est riche en végétaux, plus ils sont nombreux et variés. On en trouve cependant encore dans certaines localités arides, calcaires, sabloneuses ou ombragées, mais jamais en aussi grande abondance, ils affectionnent particulièrement les fleurs composées, les ombellifères, les matières animales ou végétales en décompositon ; quelques espèces fréquentent les fucus des plages maritimes; il en est qui vivent en parasites aux dépens des oiseaux, des mammifères, y compris les Chauve -souris y attaquant surtout les individus jeunes ou malades, et dans l'intérieur de leurs nids. Une Tyréophore se rencontre sur les ligaments des cadavres desséchés ; une Tipule aptère, (G. chionea). parcourt rapidemraent la surface des champs de neige; d'autres, l'écume des flots. On peut recueillir un trèsgrand nombre d'espèces en renfermant dans des boîtes à éclosion couvertes, soit d'une forte gaze, soit d'une toile métalhque, des feuilles minées par les larves; des fruits, des graines attaquées, les capitules des fleurs variées, telles que chardons, bardanes, etc. Enfin, il n'est guère de substance animale ou végétale, vivante ou décomposée, qui ne puisse leur servir d'habitation, de nourriture, de berceau. Le collecteur diligent n'oubliera donc aucun point des lieux qu'il explore, s'il veut faire ample récolte.

Parmi les exotiques les moins connus, comme aussi les moins séduisants et les plus fragiles, sont les Co«sins, Moustiques et Tipules [Némocères, Macquart. Ti-

pulidi. Culicidi, Bigol.) On fera bien de les recueillir soigneusement, nonobstant l'extrême délicatesse de leurs organes et la fragilité de leurs longs pieds. La meilleure manière de les conserver est de les piquer de suite; de les coller, quand ils sont de très-petite taille. On s'est bien trouvé, pour les grandes et moyennes espèces, d'enfiler au-dessous de l'individu, une large paillette ronde proportionnée à sa taille, faites de mica ou de carton bristol mince, et vers le centre de laquelle à l'aide d'une goutte de gomme, on colle et rassemble, en les entrecroisant, l'extrémité des tibias. 11 importe de les faire très-rapidement sécher, vu leur propension à changer de couleur.

L'attention du collecteur devra s'appliquer aux plus infimes représentants de l'ordre, toujours les plus dédaignés par les explorateurs. C'est en fauchant qu'on en pourra faire moisson. On recherchera les Œstres, qui piquent la peau des mammifères pour y introduire leurs œufs, les parasites des oiseaux, les deux sexes autant que possible de chacune des espèces récoltées, ceux qui nuisent à l'homme, aux animaux domestiques, aux végétaux utiles, etc.

CHASSE

La chasse ou la récolte des Diptères n'exige pas un aussi grand appareil que celle des Lépidoptères, elle ne présente pas les difficultés ou les inconvénients inhérents à celle des Hyménoptères, car tous peuvent être

impunément saisis avec les mains nues, nul ne possédant d'aiguillon défensif ou de liqueur nuisible. Les espèces même qui se nourrissent exclusivement du sang des animaux vivants ne peuvent causer la plus légère blessure quand on les saisit. Un filet de gaze pour la chasse au vol, de toile forte, si l'on se propose de faucher, une boite foncée de liège, des épingles, une pince, sont les seuls ustensiles indispensables. Quelques personnes se contentent du filet et de la pince, remplaçante boîte par un flacon de grandeur moyenne, à large ouverture hermétiquement fermée par un bouchon de liège qu'une ganse, d'une longueur suflisante, rattache autour de son orifice. Dans ce cas, on doit se munir d'une fiole remplie d'éther ou de benzine. Il faut disposer à l'avance dans le flacon quelques bandes étroites de papier, qui le rempliront, en laissant entre elles de larges vides. Avant de commencer la chasse, on aura soin d'injecter sur ces dernières quelques gouttes d'éther et de benzine, en évitant d'en imbiber les insectes. Il est urgent, surtout par une température élevée, de renouveler de temps en temps cette opération, car on sait que ces liquides s'évaporent rapidement.

L'insecte, saisi à l'aide du filet, est pris avec les doigts ou la pince, suivant sa taille, et rapidement introduit dans le flacon, lequel doit être aussitôt rebouché soigneusement. Si, durant la chasse, on vient à s'apercevoir que l'anesthésie tend à se dissiper, on renouvellera la projection modérée d'éther ou de benzine, jusqu'au moment où, rentré au logis, il s'agira de pi-

quer à loisir des victimes parfaitement immobilisées.

La chasse à l'aide de la boîte et des épingles est sans doute p'us longue et plus compliquée, mais les insectes récoltés de cette dernière façon conserveront mieux leur nuance et leur fraîcheur. L'épingle devra toujours être enfoncée perpendiculairement au centre du corselet.

Dans tous les cas, la chasse au flacon est préférable quand elle se bornera aux très-petites espèces, à celles qu'il faut coller sur les paillettes de papier, de carton ou de mica.

PRÉPARATIOIV, EKTOIS, COLLECTION.

La préparation est simple, comme on a pu l'entrevoir par ce qui a été dit ci-dessus. Il s'agit, suivant le volume de l'insecte, soit de l'enfiler avec une épingle de 16 lignes, d'une grosseur proportionnée à sa taille (les épingles allemandes de IG lignes sont les plus convenables), soit de le coller solidement sur les paillettes au moyen de gomme arabique pure, dans laquelle on aura fait dissoudre du sucre ou toute autre substance propre à l'empêcher de s'écailler, en prenan garde de l'y ensevelir tellement qu'il ne soit plus possible de reconnaître ses caractères. Puis, on laissera sécher les échantillons pendant quelques jours dans un lieu sec, aéré, à l'abri de la poussière et du soleil. Les plus grosses espèces exigent environ trois semaines, les

plus petites quatre ou cinq jours, les moyennes dix ou

douze en été.

Quelques amateurs adroits se donnent la peine d'étaler régulièrement les ailes et les pieds, comme on le fait à l'égard des papillons; cette méthode longue et minutieuse procure, il est vrai, des échantillons plus agréables à l'œil, mais en même temps bien plus fragiles, et occupant une très-grande place dans les boîtes ou les tiroirs.

On peut, avec avantage, au lieu de coller les petites espèces, les transpercer d'un court fragment de fil ténu d'argent ou de platine, qu'on fixe sur un petit morceau régulièrement taillé, de moelle de sureau ou de liège, lequel à son tour est enfilé dans une épingle ordinaire à insecte, destinée à fixer le tout dans la collection et à rendre les échantillons maniables.

Pendant le séchage ou la préparation, la tête est sujette à se détacher ainsi que les antennes ; si cet accident survient, ou peut les recoller à la gomme. Les ailes chifi'onnées peuvent être développées avec la pince et le pinceau, les pieds rassemblés sous le corps. H faut enfin donner au sujet une tournure convenable, régulière et surtout le laisser bien sécher avant de le ranger dans les collections.

S'il s'agit de préparer des envois pour une destination quelconque, il y a, comme pour les autres ordres, divers modes de procéder. Les plus ordinaires sont;

1« Celui généralement usité, c'est-à-dire, les boîtes à fond de liège ou de bois tendre, sur lequel les épingles doivent être solidement enfoncées.

2° L'emballage dans des boîtes ou flacons , sans épingles ni collage. Or, pour arriver ainsi à de bons

— âl6 —

résultats , il importe que ces récipients soient de dimensions restreintes, solides et bien clos. On se procure de la sciure de bois non résineux, fine, exempte de poussière, rendue avant tout, absolument sèche. Les insectes, une fois morts, sont étalés sur une feuille de papier, à l'air sec, à l'abri de la poussière, pendant un temps plus ou moins prolongé, suivant leur taille et suivant la température, jusqu'à parfaite dessiccation. On dispose ensuite, au fond de la boîte ou du flacon, un lit mince de ladite sciure, puis, à l'aide d'une pince fine, on y dépose avec grande précaution les échantillons, on tamise par-dessus un peu de sciure, puis on frappe légèrement le récipient pour la tasser et la faire entrer dans tous les vides ; cette opération faite , on en répand une nouvelle couche, on dépose un second lit d'insectes, et ainsi de suite, jusqu'à ce que le récipient soit parfaitement rempli. On tasse légèrement le tout et l'on ferme hermétiquement , si l'envoi doit s'effectuer immédiatement, dans le cas contraire, au moyen d'un fort papier percé de trous d'épingles, jusqu'au moment de l'envoi, pour permettre à l'humidité de s'échapper si, par hasard, il en restait encore. Il est urgent de visiter souvent afin de prévenir les effets de la fermentation qui viendrait à se manifester. Cet accident est facile à constater d'après la coloration plus foncée , l'odeur désagréable, la chaleur qui se développent et précèdent l'apparition de la moisissure. Les flacons sont préférables aux boîtes, car ils laissent voir plus aisément l'état des choses. Aussitôt que l'on discernera les plus

légers symptômes d'un accident quelconque, il faudra vider les récipients et faire rigoureusement dessécher à nouveau la sciure et les insectes, avant de les y réintégrer.

Faute de mieux, suivant les circonstances, on peut encore, simplement envelopper les individus morts, soit par petits groupes, soit individuellement, à l'état frais, dans des papillotes serrées d'un papier souple et fin, lesquelles sont ensuite bien séchées au soleil, puis expédiées dans des boîtes bien closes, où on les dispose par lits, mais il faut éviter d'applatir les individus.

Il est prudent de laisser une ouverture close par un opercule transparent, au centre du couvercle scellé des boites à expédier, à travers laquelle les employés aux douanes, ou autres fonctionnaires publics, puissent examiner facilement leur contenu, sans l'exposer à leurs investigations toujours très-nuisibles.

Pour la disposition des collections de Diptères, chacun, comme de raison, suit sa propre inspiration, cependant, les boites légères et de dimensions moyennes, sont préférables aux autres, attendu que leur peu de pesanteur rend les transports plus faciles et les chocs moins rudes. Il est sage d'adopter une des classifications générales les plus connues, relatives à l'ordre dont il s'agit, afin de faciliter l'étude et les recherches. 11 est bon, autant que faire se pourra, de réunir les deux sexes et toutes les variétés, enfin, un certain nombre d'individus de chaque espèce, tant pour prévenir le fâcheux effet des pertes qui surviennent fréquemment, que pour avoir toujours, au besoin, des matériaux d'échange.

Ces collections sont très-facilement attaquées et détruites par les insectes rongeurs. Une attention soutenue, de fréquentes visites, des boîtes et armoires hermétiquement closes, sont indispensables.

Le gras et la moisissure sont, au reste, les accidents les plus ordinaires et les plus redoutables. Si le premier est à peu près sans remède (et beaucoup de Diptères y sont sujets), l'autre peut du moins être combattu au moyen de l'éther, de la benzine ou de l'acide phénique comme il est indiqué page 190, (l'odeur de l'éther est beaucoup moins désagréable et se dissipe plus rapidement). Il suffit d'en imprégner abondamment, et même à plusieurs reprises, en le touchant, avec un pinceau proportionné à sa taille, l'individu moisi, pour voir disparaître la presque totalité des Criptogames destructeurs. Néanmoins, surtout chez les petites espèces, il est difficile de ne rien briser, de ne rien déformer en opérant, et, presque toujours, demeure intimement collé aux téguments un lacis végétal frappé de mort, il est vrai, mais aussi désagréable à l'œil que gênant pour l'étude. D'ailleurs, les Insectes velus ou pulvérulents sont inévitablement altérés par ce traitement m extremis. Plus la moisissure est ancienne, plus il est difficile de la faire disparaître. On devra, en outre, sécher devant le feu les boîtes attaquées.

On ne saurait donc trop recommander de n'établir les collections qu'en des lieux parfaitement secs, il faut que les armoires soient un peu isolées des murailles, que ces dernières soient anciennes^ et anciennement recrépies ou peintes, que le local soit constamment

tenu à un degré moyen de température. Elles se conserveront mieux t\ la ville qu'à la campagne, mieux dans les climats tempérés et secs, que dans les autres. Il est à noter toutefois que les collections Diptérologiques sont beaucoup plus aisées à disposer et à conserver que celles de Névroptères, Orthoptères ou Lépidoptères.

J. Bigot,

Ex-Président do la Société Entomologiqiie do France (18C7)

Page 1