‹ Guide de l'AnnamChapitre 12 sur 44 · MY-SON · texte numérisé non relu

MY-SON

Dans le f/roupe C. — Le tympan appartenant sans doute à la tour C^ est une pièce d'art de réelle valeur. C'est derrière sous la divinité que M. Pakmentier a trouvé la cachette des bijoux ^

Dans le groupe D. — La salle D ' est remarquable par ses dimensions et l'élégante composition des décors inférieurs. Peu de sculptures intéressantes ont été retrouvées dans ce groupe, à part le développement des scènes sculptées sur les édifices D' et D'^. La scène représente deux musiciens dont lun assis tape des mains sur des tambourins et l'autre agenouillé agite des sonnettes tandis que des danseuses, un poing sur la hanche, une fleur dans l'autre main, ploient leur corps au rythme de la musique.

Dans le groupe E. — L'édifice E ' présente un intérêt spécial ; il difïère des sanctuaires habituels par sa construction ; il n a pas été couvert par la voûte de briques, mais par de simples tuiles ainsi que le révèle le peu d'épaisseur des murs. C'est une grande salle à décors extrêmement simples.

La divinité de la tour E ' était un énorme linga disposé sur un haut piédestal très heureusement décoré. La face principale de ce piédestal possède un perron constitué par trois marches entre deux niches, le tout décoré de très habile façon.

Dans la même tour, un tympan curieux en forme d'U renversé, d'une très jolie décoration représente Visnu couché sur le Naga dont les tètes l'ombragent.

En E' le dieu était un ganeça à 4 bras; la statue est très belle de conservation.

En E* un ensemble important de sculptures : le dieu, un linteau, deux Dvarapalas et vm tympan.

1. On trouvera l'énumératiou et la description de ceux-ci dans le Bulletin de l'Ecole française d' Extrême-Orient ftome III. p. 663).

()N Cl IDK DK I.'a.WAM

La tour F ' abrite un linga curieux, il présente en effet un décor de chif^non et un tympan dont il ne reste qu'une partie. Son centre est occupé par une fig'ure à 10 paires de bras et à quatre jambes, la figure est vue de dos.

Rien de particulier à sig-naler dans les groupes G et H. Le groupe K n'est composé que d'une tour-porte et en L ne se trouve qu'une salle bâtie à mi-côte de la petite colline dominant le groupe B, C, D.

En M. un amoncellement de briques indique l'emplacement d'une construction dont il ne reste rien aujourd'hui.

On peut, en partant le soir, visiter les ruines dans la journée du lendemain et être de retour la nuit à Faifoo.

4° Phu-Làm où se trouve un poste de garde indigène à 28 kilomètres de la route mandarine par une route en corniche praticable aux seuls pousse-pousse ; la route traverse une région très fertile où les rizières en gradins successifs forment un aspect très pittoresque.

3° Tamky. — Poste administratif sur la route mandarine à o4 kilomètres de Faifoo, centre indigène et chinois au milieu de l'ancien Huyén de Ha-Dông, région riche et cultivée.

Les maisons Déroberl et Fiard, Leroy, y ont des représentants pour le thé.

De Tamky on peut aller voir les tours chames de Chiên-Dang (à 8 km. en avant sur la route mandarine) et celle de Kliuon(j-Mi)-Phu-Hung k '1 km. sur la route mandarine dans la direction de Quang-Ngai. On peut également de là se rendre k Bông-Miêu. Ouc-Bô, Phu-Làm et Tamky pour faire le tour de la province.

6° Tamkij. Mines d'or de Bôncf-Miêu. — Les mines d'or, exploitées par la Compagnie minière de Bong-Miêu à 28 kilomètres de Tamky dans un site montagneux très pittoresque, valent une visite. L'installation

BÔNG-MTÊL' 69

entièrement électrique est unique en Indochine. La production d'or varie entre 4 et 500.000 francs par an.

La Compaj^nie minière de Bông'-Miéu ou Bono--Miù. exploite, près du villag-e du même nom, une ancienne mine annamite qui, autant qu'on peut s'en rapporter aux légendes locales, aurait été abandonnée depuis 40 ou 50 ans environ.

Les traces d'exploitation sont d'ailleurs extrêmement nombreuses, et permettent de dire que les travaux des premiers exploitants ont été très importants et qu'ils sont très anciens.

Les indigènes se bornaient à recueillir d'une façon assez rudimentaire l'or natif qui existe en plus ou moins grande quantité dans la plupart des rivières qui descendent de la chaîne annamitique. 11 ne paraît même pas qu'ils aient connu l'usage du k sluices » par exemple ; ils se servaient sans doute uniquement de la bâtée; quelques indigènes se livrent encore actuellement à la recherche de l'or dans la région, mais sans que la proportion de métal précieux provenant de cette source paraisse avoir la moindre importance.

La compagnie actuelle occupe environ 500 coolies annamites.

Pour se rendre à la mine, de Tourane qui est le port le plus rapproché, on peut prendre : soit la voie de terre, soit la voie des lagunes; par la route mandarine on se rend d'abord k Tamky, puis on prend en ce point une route perpendiculaire à la grande route mandarine, et la mine se trouve à 27 kilomètres.

On peut emplover l'automobile, la voiture, ou tout autre moyen de locomotion, car les routes sont bien entretenues ; pourtant pendant la saison des pluies, il ne serait pas prudent de s'aventurer autrement qu'en pousse-pousse, c'est le véhicule avec lequel on passe partout quelque temps quil fasse.

La distance entre Tourane et Tamky est de 70 kilomètres environ, ce qui donne donc, pour distance totale de la mine, un chill're rond de 100 kilomètres.

(.nui-; di: i. an.na.m

On suit d abord la route - mandarine dont la mono-

1 tonie a son charme; il n'y

2 a pas bien longtemps T encore, il fallait passer

cinq bacs dans ce parcours de 70 kilomètres, et deux d'entre eux d une larg-eur de 300 et 500 mètres ; aujourd'hui leur nombre est réduit à trois, I on peut espérer qu'à la fin c de 1914 il n'en restera S^ plus que deux.

I Quoi qu'il en soit, l'acf^ ces de la mine est facile, £ en automobile le voyao^e ^ se fait en quatre heures, ■1 à condition toutefois de i ne pas être retardé au ~- passag'e des bacs ; en pousse-pousse, on peut '\ arriver à la mine en ^ douze ou treize heures si l'on ne s'arrête pas à Tamky.

Si la partie de la route comprise entre Tourane et Tamky n'a rien de particulièrement pittoresque, il n'en est pas de même de la partie comprise entre Tamky et la mine ; en certains points

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on peut, sans trop de peine, se lig-urer parcourir, non pas l'Annam, mais plutôt les régions les plus sauvages et les plus pittoresques de la Lozère par exemple, ou encore les gorges de la Romanche, en Dauphin é.

La visite de la mine elle-même, bien quelle présente surtout un intérêt pour des techniciens, n'est pas cependant sans charmes pour un voyageur profane; la surprise est grande de trouver dans une région aussi éloignée des centres habités, les méthodes les plus perfectionnées des exploitations de France et des machines si récentes, qu'on pourrait les rencontrer dans les mines les mieux montées d'Amérique par exemple.

La mine est exploitée par des galeries à flanc de coteau, le nombre de galeries ainsi faites dans lallleurement de quartz pyriteux qui coupe transversalement la montagne de Nuy-Kem, n'est pas inférieur à quinze, et encore, dans ce nombre ne figurent pas les centaines de puits et de descenderies plus ou moins profonds qui ont été creusés par les Annamites.

La partie exploitée en ce moment est située à environ 100 mètres au-dessus du niveau de la plaine où est installée lusine du traitement ; on travaille dans trois galeries dont les longueurs sont de 300, 600 et 550 mètres.

C'est au moyen de la dynamite qu'on abat le minerai et les trous de mme sont perforés, soit à la main par des mineurs indigènes, soit au moyen de perforatrices à air comprimé dans les points où la dureté du terrain rendrait le travail à la main trop long et trop coûteux.

Le transport du minerai de la mine à l'usine est fait au moyen d'un chemin de fer aérien disposé de manière à fonctionner automatiquement sous la seule action de la gravité ; la capacité de cet appareil est de 200 tonnes par 24 heures.

Le minerai, une fois à l'usine, est broyé dans des bocards qui le réduisent en grains de 1 mm. environ ; une partie du sable stérile est

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(.1 Ihi: l)i; I. AN.N AM

éliminée [)ar des appareils de coucenlralioii automatiques, et le mélang"e de pyrites et de- sahle restant est traité dans de grandes cuves en acier de 7 mètres de diamètre par une solution étendue de cyanure de potassium qui dissout l'or et une partie de lardent.

FiG. 29. — Bonj;-Micu. La halaiit-t* el le plan incliiu-.

Cliclic C.

Le fond des cuves étant muni de filtres, le liquide contenant les métaux précieux peut être amené clair et limpide dans des caisses en bois où il passe lentement sur des copeaux de zinc qui ont pour pro-

liÔNG-MlÊL" 73

priété de faire déposer l'or sous forme d'une poudre noire ; cette poudre est recueillie toutes les quatre semaines, et passe au laboratoire où elle est fondue en lingots qui sont envoyés en France sans subir d'autre manipulation.

La quantité de minerai traitée à l'usine de broyage est de 27.000 tonnes annuellement.

On conçoit aisément que les oj)érations d'extraction, de transport et de traitement du minerai rendent nécessaires aussi bien un personnel indig-ène et européen assez nombreux, qu'un matériel considérable et de l'énergie mécanique pour ainsi dire indispensable partout.

Etant donné les prix de transport de Tourane à la mine, et le prix d'achat assez élevé du charbon, il est impossible d'imaginer l'emploi de la vapeur soit pour actionner l'usine de broyage, ou le compresseur qui actionne les treuils et perforatrices à air comprimé; aussi a-t-on eu recours à la houille verte dont la région est abondamment fourme.

Jusqu'à ces derniers temps, on employait seulement la puissance motrice d'une seule cascade auprès de laquelle l'usine a été construite, mais en raison de l'absence d'eau en saison sèche, il arrivait trop souvent que l'on manquait de force en été, et que l'usine chômait au grand détriment de la production.

Or, dans la même vallée où se trouvent toutes les installations de la mine et de l'usine, une assez forte rivière, le Song-Van, a été captée et on en a utilisé la puissance motrice pour l'établissement d'une station centrale électrique ; l'énergie ainsi recueillie est ensuite distribuée partout où elle est reconnue nécessaire.

La puissance actuellement disponible à cette station est de 175 chevaux environ ; la ligne de transport de force a un peu plus de deux kilomètres de longueur totale, la plus grande partie de cette ligne est en câbles d'aluminium, les lignes secondaires seules sont en cuivre.

En somme, tout est actionné actuellement par l'électricité, seul le câbleway marche par l'action de la gravité.

Guide de i.'AiviNAM. 10

CI IDK 1)1-; 1. X.N.NAM

7" Los mines de zinc de l)uc-Bà à 12 kilomètres de Tramky appartenant autrefois à la Société des Docks et Houillères, actuellement exploitées par M. lîrizard de Tourane, sont dans une région assez accidentée, très giboyeuse ; les tigres comme à Bông-Mièu, du reste, y sont très abondants.

Fiii. .id. ^ Hdim-.Mic'u. La Station centrale.

Cliché Cu.

8° Tra-Kiêu, citadelle Chanie. — Les plus belles pièces de l'ancienne citadelle de Tra-Kiêu, qui fut au moyen âge une capitale importante du Ghampa, ont été transportées au Musée de Tourane.

Il reste cependant quelques belles statues, la plupart décapitées, et des bas-reliefs et frises intéressants. On en verra également quelquesuns dans le jardin de la Mission où le Père Bruyère en 1885 soutint

NUNG-SO.N

le sièg-e avec ses catholiques. L'on peut s y arrêter si, en allant à My-Son, on gag-e Thu-Bôn par la route.

9" Trami/, poste delà garde indigène à 60 kilomètres de Tamky, en région nioï. Route très pittoresque. On peut de là rejoindre le village de Ba-Dôn en chaise puis remonter le Sông-Thu-Bôn en passant à

Fui. 31. — Le criblage vu d"en haut. Au fond à droite maison d'un maitre niineui

Phuc-Son avec de petits sampans qui traversent des biefs successifs. Passer ensuite les gorges deThach-Bich, s'arrêter aux mines de Xông- Son et rejoindre Faifoo toujours en sampan par Thu-Bôn ou Quang- Hué.

Il est encore possible de gagner Nông-Son en sens inverse, par Quang-Hué, où la maison Delignon du Binh-Dinh possède un comptoir pour la soie. Le trajet peut se faire soit en sampan ou en pousse par la route qui mène au Huyên de Dai-Lôc. de là on gagne le poste de garde indigène d An-Diêm en région moi. Près d"An-Diêm on remarque à Tàn-My linstallation de M. Belle qui permet avec quatre

(il H)!-; DK I. AN.NAM

pompes centriluges actionnées par une machine à vapeur d'irriguer les rizières à raison de 'JOO me. à l'heure à la hauteur de 12 mètres.

10" Les mines de Nong-Son, achetées par M. Brizard à la Société des Docks, fournissent un charbon de plus en plus demandé par la Chine. Ces mines, dont l'exploitation occupait autrefois plus de 30 Européens dont les habitations existent encore, sont dans un site

FiG. 32. — I,e criblai;e vu de face.

très pittoresque et où Ton peut chasser le tigre et même parfois le rhinocéros.

Les mines de charbon de Xông-Son dans la province de Quang-Nam furent concédées par l'empereur Tu-Duc le 13'' jour du 2*" mois de la 34'' année de .son règne, soit le 12 mars 1881, à un négociant chinois qui n'avait d'autre objectif que la fourniture de combustible aux verreries et fonderies de sapèques de Canton, ainsi qu'à la consom-

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